COMMUNAUTES | PHOTOS | VIDEOS | ASTUCES SOLUCES | AMELIORATIONS | FORUMS | NEWS LIVE | TESTS | AVIS | HIGH SCORES | INFOS JEUX
BOUTIQUE | BLOGAMER

 114 850 membres | 4 visiteurs | 0 connecté | Chat | Rendez-vous  | Top jeux / utilisateurs | Grades | Goodies

Inscrit toi sur All Soluces et accède à tous les services gratuits, comme l'ajout d'astuces, d'avis, de high scores, la participation sur les forums, blog, communauté, photos, vidéos.

Suivez le guide !

RECHERCHE

OK

RECHERCHE ALPHA

A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z
1 2 3...

COMPARE LES PRIX

Boutique All Soluces

MES JEUX

Aucun jeu.

Inscris toi c'est gratuit -> pour participer aux forums


FANS FICS (archive)

Tales Of Symphonia : Sindaï-Partie 4 : la source du mal

  Retour à la liste des sujets - Retour aux forums


Page n° 1 - 2 - 3


Envoyer cette discussion à un ou plusieurs amis
Descendre jusqu'au dernier message

Posté par Molock le 26-11-2006 à 15:01
Avatar de MolockMerci à vous tous pour vos encouragements.
Posté par Kikart le 26-10-2006 à 14:44
Avatar de KikartJ'ai eu un peu de mal pour la fin (mais ça arrive ^^), sinon c'est vraiment super!
Mais est ce que Régal et Préséa vont retourner dans le groupe et est ce que Likaël en fera partie aussi? Les deux questions qui hantent notre esprit :p
Posté par lina38 le 07-11-2006 à 13:41
Je viens de lire ta fic et, je la trouve super, bravo, j'ai vraiment hate de savoir la fin.
Posté par Molock le 28-03-2007 à 16:13
Avatar de MolockNews :


Pas mal de chapitres ont été republiés après quelques légères corrections mais pas de modifs majeurs.^^

Reprise de la parution le 01/04/2007 et c'est une date sûre ! ('Enfin' ! Me direz-vous).


Navré encore pour toute cette attente...

Molock.
Posté par sanctis dénélica le 02-02-2007 à 17:09
ça fait un moment que je suis pas sé par là,et j'en profite pour salué le dieu molock comme il se doit,avec mon respect incomensurable

VIVE MOLOCK ET SA FIC!
Posté par brugaul le 30-03-2007 à 22:23
Ok ok molock ! ^^ Tu peux être sûr que je serai au rdv pour admirer cette suite qui sait ce faire désirer décidément. ^^'
Par contre, ne t'amuse pas à nous faire un poisson d'Avril ce jour-là ! lol
Posté par Molock le 01-04-2007 à 23:49
Avatar de MolockBonsoir (ou bonjour) à mes lecteurs.

Avant tout, je tiens à m'excuser de l'arrêt prolongé de la publication de la fic. Il y a eu pas mal d'évènements dans ma vie (problèmes d'ordinateur, de boulot, famille, peine de coeur, etc.) qui ont entravé la progression de la fic et j'espère que vous ne m'en voulez pas (presque 6 mois sans suite...).

La reprise commence donc ce soir (avec quelques difficultés car je suis encore loin d'être sortie de la gadoue) et j'espère que la suite vous plaira et sera au moins convenable.

De courtes fiches de rappel sur les personnages ont été écrites pour faciliter le remake. Désolé par contre pour le résumé manquant : pas le temps (décidément...).

Sur ce, assez de palabre, place à l'histoire :
Posté par Molock le 01-04-2007 à 23:51
Avatar de MolockChapitre 68 : coeurs déchirés.

Chapitre 69 : une amitié pour un ami.

Chapitre 70 : Xinas, le pétale derrière le fer.
Posté par Molock le 13-04-2007 à 09:21
Avatar de MolockMémo des personnages (1)

Kazathorn : Empereur suprême du Sindaï
Être de feu gouvernant le Sindaï, il est le maître des seigneurs infernaux et du monarque Albian. Anciennement retenu sous terre par une prison psychique créée par les 13 archiprêtres de Médathigh, son pouvoir est désormais libre d’entraves grâce à ses subalternes qui ont rassemblé pour lui la gemme de l’infini, le grimoire de Jalliks et les épées éternelles. Il contrôle Albian en lui faisant miroiter le sauvetage de son peuple et de son épouse. Il semble également craindre les Illuminatis…

Albian : ex-disciple de Kratos/monarque de Nyllothana/chevalier maléfique.
Premier disciple de Kratos selon les dires, il est le plus avisé et le plus chevaleresque des membres du Sindaï qu’il commande. Il a marchandé son âme à Kazathorn contre le sauvetage de ses proches congelés sur Nyllothana. Il aime ses généraux comme une famille bien qu’il ne le montre pas et hait particulièrement Celsius et Kratos, l’une pour avoir gelé Nyllothana, l’autre pour ne par l’avoir aidé lors de la guerre de Kharlan. Ces derniers temps, il se méfie plus que jamais de son souverain qui a tenté de le posséder et dont les manœuvres sont douteuses mais il souffre ne de pouvoir rejoindre ses généraux rebelles pour le combattre. Il est obligé de lui rester fidèle malgré lui pour le salut de ses proches, préférant le passé au futur.

Midahãn : ex-disciple de Kratos/général de la mer.
Elfe pure comme son seigneur, elle a également été une apprentie de Kratos qu’elle a aimé jadis. Nul ne sait si elle veut le tuer ou le reconquérir mais elle a perdu la vie en se battant contre Lloyd avant de renaître grâce à Likaël. A l’apparence assez dure, c’est une femme profondément sensible qui a appris à se renforcer pour ne plus être blessée moralement. D’une loyauté sans faille envers Albian, elle l’a aidé lorsque celui-ci est tombé dans le monde des ombres et est prête à mourir pour lui.

Likaël : ex-général de l’air/ex-séraphin du Cruxis/fondateur originel du Sindaï/ange de la mort déchu.
Individu froid en apparence, très insensible et placide, il est le plus calme et le plus sinistre des 4 subalternes d’Albian car sa violence intérieure peut exploser lors d’un combat et révéler ses envies sanguinaires. Possédant 2 visages, cela est dû à son passé obscur où il aurait connu le meilleur et le pire des sentiments humains. Ayant souvent maudi Albian après que celui-ci ait pris sa place dans le Sindaï, il s’est ravisé en voyant la bonté de celui-ci qui a sauvé son âme. Métis, c’est un demi-dieu à la terrible puissance caché. A ce jour, il ne connaît aucune défaite en combat singulier hormis celui qu’il a livré lors de l’attaque de Martel.

Yuan : ex-séraphin du Cruxis/ex-guerrier Sindaï.
L’ancien renégat a pactisé avec Kazathorn pour posséder la force de battre Lloyd, son éternel rival. Cependant, lors de son duel final, il a compris qu’il l’admirait au fond de lui et qu’il recherchait en fait à être reconnu par le héros. Débarrassé de l’envoûtement de Kazathorn par le Tayajis de Sheena (lame anti-démon qu’utilise Lloyd), il suit désormais véritablement le groupe à l’unisson mais demeure froid, calme et renfermé. Raine semble compter beaucoup à ses yeux mais le fier combattant semble ne pas vouloir se l’admettre…

---
Chapitre 68 : troubles et hésitations.


« Je la voie… Cette image me revient plus ostensiblement… Plus souvent… Et à chaque fois, j’ai l’impression de les connaître sans les connaître… Ce sont des ennemis… Je les ai vus lorsque nous avons assailli le sanctuaire de Téonia Celsius… Je voudrai m’approcher… Comprendre ce qu’il m’arrive… mais c'est comme une araignée de feu qui me piquerait de ses tentacules dès que j’y pense, ôtant ma curiosité et bridant mon pouvoir. Je n’ai le droit que de les tuer… Mais cela sert-il de tuer sans connaître ? On peut apprendre aussi bien des alliés que des opposants… »


Lorsqu’il rouvrit les yeux, sortant de sa méditation profonde, le seigneur Kudajin reprenait le contrôle de son corps au repos. Ses muscles saillants se révélant sous la lueur d’un grand brasero circulaire à proximité, il se trouvait près d’un bassin d’eau couleur mauve. Le sol carrelé de pavés bruns sur fond beige et liseré d’un ton orange foncé, le puissant seigneur luciférien se trouvait dans ce qui était la salle de bain du grand repaire Sindaï. Seul, ses yeux à la coloration plumage corbeau encore plongés dans ses pensées, il avait été visiblement hanté par une nouvelle vision.

La première avait violemment surgi peu après son intervention lors du jugement d’un des soldats… ou pour être plus précis, il soupçonnait l’attaque du groupe d’en être la cause. Il n’avait pas approuvé cette offensive à plusieurs, de nature loyale, et tandis que son tatouage de l’honneur luisait sur son épaule gauche, il se maudissait d’avoir été contrait d’unir ses forces à celles de ses comparses. Comme lors de la rébellion d’Albian peu de temps auparavant… Se remémorait-il alors l’instant ou le monarque Nyllothanien avait méprisé les maîtres des enfers au profit de ses généraux.

Ses mains croisées sous le menton, il réfléchissait à la cause et à l’origine de ces images qui surgissaient sans prévenir en son esprit. Son épiderme ocre pareil à la couleur du sang, le combattant satanique avait le torse nu par commodité. Son cuir chevelu aussi rouge que sa peau mais parachevé de mèches orangées, il demeurait ainsi absent. Relaxé, ses tendons détendus, son esprit était d’un calme plat et il tentait de sonder son for intérieur pour saisir des indices, trouver des explications, avoir des réponses.

La tête reposée, son âme ouverte aux idées les plus absurdes, il livrait passage à son imagination pour faire le pont entre le rationnel et l’irrationnel mais rien n’y faisait… Il n’avait aucune réponse, aucun lien, et cela le frustrait. Son sabre Ritaki -vrai jumeau du Krakodel d’Albian- luisant à proximité, le puissant meneur se relevait pour saisir et endosser de nouveau sa lourde armure. Couleur de nuit et au plastron renforcé par un texte maléfique en langue satanique, la cuirasse était sans conteste impressionnante avec ses épaulettes doublées.

Certainement combattant hors pair, tout dans son accoutrement et son aura témoignait plus d’un guerrier que d’un magicien et, bien qu’il posséda probablement des sorts très puissants, il devait préférer les combats rapprochés. Malgré qu’il soit déchu, cet homme servait le code de l’honneur et cela lui donnait une puissance sans aucune mesure avec ses homologues. Elle devait équivaloir l’insensibilité de Shikami ou la cruauté de Bérial, les deux lieutenants certainement les plus forts et dangereux de Kazathorn.

Shikami avait été choisi par son maître pour une raison obscure, Bérial s’était soumis car il le considérait comme son dieu et était ambitieux mais lui ?... Se demanda-t-il. Il lui était tout aussi fidèle mais il ne se souvenait pas de son passé d’antan. Bien sûr, beaucoup de diables, lors de leur passage de vie de mortel à l’enfer, perdaient leurs âmes, il le savait.

Mais lui ?... Pourquoi il ne se rappelait pas exactement de son serment d’allégeance ? Normalement, chaque seigneur infernal se soumettait à l’empereur par un pacte qui conférait au serviteur un souhait en échange de sa soumission. Or… Il n’en avait pas le moindre souvenir ! Il ne savait pas ce qu’il avait reçu en échange de sa servilité et encore moins de la teneur du traité ! C’était une page blanche en sa mémoire, un point obscur de sa conscience qu’il tentait de ranimer occasionnellement mais toujours sans succès…

Que devait-il faire ?... Qui avait-il été et pourquoi s’était-il plié devant Kazathorn ?... Il l’ignorait et ses nombreuses interrogations semblaient voguer vers les idées les plus folles et les plus abstraites.

Au même moment, un autre personnage parut. Sa silhouette digne aisément reconnaissable, Albian venait d’entrer dans la pièce pendant que la créature luciférienne achevait d’enfiler son dernier gantelet.
Son visage visiblement transfiguré par un conflit intérieur, le dirigeant Sindaï était perdu dans ses pensées. Cet ordre d’exécuter le traître Likaël était en totale contradiction avec ses motivations et ses sentiments… Il ne savait plus que faire et méditait longuement, nageant en des eaux obscures dénuées de lumière pour le guider, quand il remarqua le seigneur diable.


« Kudajin, c’est cela ? Interrogea le meneur de faction avec une politesse forcée.
-Exact. Répondit sombrement le combattant maléfique, ses pupilles fixant les siennes.
-On dit que le Ritaki… n’accepte que des individus intègres. Lança le monarque Nyllothanien, avisant son arme. Si vous le portez, c’est qu’il a reconnu en vous cette qualité ?...

-Fu… Possible. Se contenta de rétorquer le guerrier malfaisant, commençant à partir.
-……
-Albian, c’est cela ? Fit à son tour le leader luciférien, ironisant sur sa phrase avec un léger rictus. Vous devriez vous aussi posséder cette qualité puisque, même avec ses origines infernales, le Krakodel obéit aux mêmes conditions.
-……

-Même à l’apparence impassible, vos pensées vous trahissent. Vous devriez apprendre à mieux gérer vos émotions, seigneur Albian. Votre incertitude est trop palpable… Conseilla froidement le chef, sans le regarder, avant de reprendre sa route d’un pas lent.
-!! »


Figé, le chevalier ténébreux avait été surpris par cette dernière phrase. Un seigneur satanique déceler cela ?... Il n’en revenait pas. Celui-là était différent des autres… Cet homme avait apparemment un sens moral et n’avait pas l’air de le considérer en ennemi. Qui était-il vraiment ?... Un diable n’avait pas pour habitude d’avoir ce genre de caractère droit et encore moins de donner des conseils… Fermait-il ses paupières, ne sachant où se diriger. Il était pion de Kazathorn et se sentait avalé dans des sables mouvants insondables. S’il obéissait, il perdrait un ami... S’il trahissait…


Salle du cristal de Xianshis…

Une vision trouble en premier lieu… Des formes luisantes commençant à se rassembler… Un plafond abîmé lui apparaissant ensuite… Rouvrant les yeux, Zélos se réveillait lentement, posé dans un étrange lit de glace aux abords relevés en une sorte de barque. Le dos reposant sur un tissu fin le séparant de la matière froide, l’ange reprenait peu à peu possession de ses sens.

Un trouble léger en lui, son cerveau embrouillé, l’épéiste magique commençait à reprendre le fil de ce qui s’était passé. Où était-il déjà ?... Ah oui ! Il se trouvait dans les abîmes de givres et il avait risqué sa vie pour ressusciter l’esprit originel. Une sombre torpeur l’avait alors possédé après qu’il…

Son cœur serré en se remémorant aussitôt ce terrible sacrifice, l’ancien élu venait de fermer les yeux, mains posées sur son organe vital en espérant ne pas avoir fait le mauvais choix, lorsque, voyant les blocs amoncelés autour de lui, une terrible crainte le saisit.


« Nom de Dieu ! Celsius ! Se relevait-il en sursaut lorsque, une main stoppant son élan, il fut prestement renvoyé dans le creux du berceau de glace.
-Du calme ! Ordonnait une tonalité familière avant de reprendre plus doucement :

« Tout va bien… Tu n’as pas à t’inquiéter.
-Celsius… Prononça lentement l’être angélique, la maîtresse du temple penchée à présent sur lui, le regardant d’une expression rassurante.
-Tu es passé au bord de la mort. Si je te n’avais pas donné un peu de mon mana, tu ne serais plus de ce monde. Déclara l’esprit originel, dévoilant son dévouement malgré sa fierté omniprésente.

-Tu as… N’en revint pas Zélos quand, voyant l’état de la caverne, il réitéra aussitôt :
« Que s’est-il passé ?
-Une énorme explosion a ravagé la surface… Dévoila la reine du froid. J’ai ressenti l’apparition de 6 êtres maléfiques et, un instant après, l’énergie de ma maîtresse et de ses amis disparaissait dans la déflagration. Révélait-elle, fermant ses paupières avec recueillement.

-Non… Ils seraient… Crut s’étrangler l’être angélique avant de se redresser brutalement, provoquant le sursaut de la femme élémentale.
-Où veux-tu aller ? Questionna tout à coup celle-ci, sa phrase chargée d’une certaine inquiétude.
-C’est évident : voir ! Je ne peux pas croire qu’ils aient été vaincus ! Affirmait le bretteur magique tandis qu’un reflet de conviction passait dans ses pupilles, main gauche serrée de rage.

-A… Attends ! Tu tiens à peine debout ! Protesta à cet instant son hôte féminin avec une tonalité chargée de frayeur.
-Peu importe... Je dois y aller ! » S’obstinait le guerrier, repoussant péniblement sa fatigue extrême pendant que l’impératrice du givre était momentanément déboutée.

Sa bouche légèrement ouverte, ses prunelles chargées d’une angoisse désormais palpable envers l’ex-séraphin, la reine des lieux n’arrivait plus à trouver un argument pour le retenir lorsque, le fixant tout à coup d’un regard sévère, elle annonça avec dureté :


« Si tu y vas maintenant, tu ne pourras rien faire. Regarde ton état ! »
Le pas stoppé, l’épéiste magique venait de s’arrêter. L’entrée de la salle glaciaire dans son champ de vision, son âme oscillant un court instant, le jeune adulte avais stoppé, balançant à présent entre l’amitié et l’attachement de cette femme envers lui. Hagard, il était perdu entre deux antipodes quand, inclinant légèrement la tête, il se décida.


« Même si je suis faible et que mon pouvoir est loin d’égaler celui de Lloyd ou des autres… Je ne peux pas laisser leur mémoire ainsi bafouée. Même si je dois périr, même si je suis le dernier survivant, je porterai un coup au Sindaï ! Un coup qu’ils n’oublieront pas !
-Zélos ! S’opposait plus vivement l’esprit originel tandis que, ses yeux masqués par ses mèches de feu, l’épéiste magique semblait déterminé.
-……

-Tes amis… comptent-ils donc plus que moi ? Demanda soudainement l'impératrice du sanctuaire d’un ton triste. N’ai-je donc vraiment été qu’une amourette de quelques temps ?... Ai-je été comme toutes les autres femmes que tu as… Allait finir la maîtresse élémentale lorsque, des bras enlaçant brusquement cette dernière, elle fut plaquée contre le torse du guerrier.

-Idiote… Fit l’ex-élu en la gardant près de lui. Si tu n’étais pour moi qu’une de ces aventures, je n’aurais pas autant de mal à partir ! Confessa-t-il à ce moment, son visage affligé empreint d’une sincérité surprenante.
-Zé… los… N’en revenait pas la reine du froid, la glace de son cœur fondue par cet homme dont elle était amoureuse depuis toujours et pour qui elle était prête à aller au bout du monde.

Immobiles, l’un dans les bras de l’autre, ces deux personnes pourtant si différentes semblaient se retrouver enfin après une longue séparation lorsque, pris d’un frisson douloureux empoignant son cœur, comme électrifié intérieurement, le combattant céleste posa un genou à terre. Sa respiration presque coupée, terrassé par une souffrance bizarre, l’ange avait eu l’impression qu’on lui arrachait une partie de lui-même.

La femme du gel à ses cotés, le relevant en essayant de deviner son mal, l’ancien élu venait de comprendre : dorénavant, ce sentiment lui était interdit à jamais. S’il persistait… Il était probable que… Se souvenait-il des paroles d’Ethel quand remarquant soudainement l’échine de l’esprit originel jalonnée de plaies, le combattant oubliait sa douleur pour écarquiller les yeux d’horreur.


« Celsius… Ces entailles… Peina-t-il à dire tout en retrouvant son souffle.
-……
-Tu m’as… protégé ?
-Oui… » Admit l’incarnation du froid en baissant à son tour sa tête, comme honteuse.
-…… »


L’ancien traître était interloqué, médusé. Ne revenant pas d’un geste pareil de la part d’une personne normalement neutre, le trouble qui s’était emparé de lui était total. Pire encore ! Il se sentait impuissant ! Sans défense ! Que dire ?... Que faire ?... Pour la première fois, l’éternel coureur de jupon, le dragueur certifié, était dans une situation imprévue et l’attachement profond de cette personne envers lui, son abnégation, le mettait mal à l’aise.

Toujours sûr de lui, maniant les émotions avec une dextérité jusque-là sans faille, il avait toujours su tourner les femmes comme il l’entendait. Mais là… Il était comme noyé dans une mer immense sans savoir où s’accrocher, où se diriger. Partagé entre deux mondes, divisé entre le désir de venger ses amis et son envie égoïste de répondre à cet amour qu’il semblait redouter, Zélos était devenu muet. Il voulait conserver le choix, trouver une échappatoire... Mais il est vrai qu'il devait choisir entre  deux chemins désormais. Muet, sa confusion immense, l'être angélique cherchait un quelconque élément le décidant à choisir quand, posant un pas vers l’entrée de la galerie souterraine, il dit enfin :


« Je n’ai pas oublié… les moments de tendresse que nous avons partagés. Cependant, je ne peux fermer les yeux sur ce que vient de faire le Sindaï. Ils doivent payer !
-Zélos !
-Pardonne-moi… Mais l’heure est venue où il me faut commander à mon propre destin. Dirigea-t-il alors la tête vers la sortie, poing gauche serré.

-Je vois… Baissa-t-elle la tête de déception. Alors tu as fait ton choix. C’est cela ?
-Oui…
-Et tu la préfères aussi à moi, n’est-ce pas ?... Lança soudainement la maîtresse glaciaire avec une pointe rageuse dans sa voix.
-De quoi parles-tu ?

-Cesse de me mentir ! Tu crois que je n’ai pas deviné ?! Même si tu tentais de le dissimuler, je l’ai ressenti quand j’étais en toi ! Tu l’aimes toujours ! Tu aimes toujours ma maîtresse ! S’emporta Celsius, presque au bord des larmes. Qu’est-ce que cette ninja, cette invocatrice, a de plus que moi ? Dis-le moi ! Eclatait-elle brusquement de révolte, frappant un mur de son poing en gelant celui-ci autour du membre, ses prunelles gentianes chargées d’une lueur tourmentée.
-……
-Réponds-moi ! Insista-t-elle avec férocité, la glace devenant feu en elle. Est-ce… parce qu’elle est humaine ? Peina-t-elle à finir, le ton plus calme, presque désespéré.

-… Je ne te mentirais pas. Il y a de ça. Confia tout à coup l’ancien élu avec prudence. L’amour que j’ai éprouvé en toi était très grand. Il a été et sera toujours un soleil dans mon cœur. Continua-t-il tandis qu’il sentait cet étrange mal revenir dans ses entrailles. Cependant, je ne peux me cacher la face plus longtemps : Sheena… compte encore à mes yeux et cela depuis toujours. Nous nous connaissons depuis très longtemps et nous avons noué des liens que tu ne peux imaginer. Je t’ai aimé… et mon amour était sincère… Mais je ne peux plus continuer en cette voie. »


Terrassé par cette phrase, l’esprit originel était désemparé. Son amour qu'elle avait su depuis longtemps à sens unique venait d’échouer contre celui qu’éprouvait Zélos pour l’invocatrice. Son âme brisée en mille morceaux devant cette déclaration franche, elle semblait être devenue pierre. Le regard éteint, privé de tout éclat, l’esprit de la glace avait l’impression de tomber dans un abîme béante tant le choc était immense.


« Je ne t’oublierai pas Celsius. Promit l'épéiste magique avec un ton honnête, ajustant son fourreau. Adieu. »


Quittant alors l’esprit originel d’un pas lent, l’ange était en train de se glisser dans l’accès menant à la surface quand Celsius se chargea tout à coup d’un grand mana bleu. Une larme coulant furtivement sur sa joue depuis ses yeux de chalcantite, elle murmura tout à coup une phrase, relevant doucement la tête :


« Pardonne-moi… Toi aussi… vivras toujours en moi.
-Hein ?! S’exclama le valeureux, stupéfié.
-[Arcane suprême] : éternal… cryogénie ! »


Des cristaux blancs s’envolant, le sol froid parcouru d’une vague incolore, Zélos était alors brutalement enveloppé d’un cercueil de glace. Tandis que ses pensées tourbillonnaient, un étrange sommeil le saisissait et il basculait dans le néant pendant que, retombant avec un lourd fracas, le bloc rectangulaire s’immobilisait…

La main encore levée, des larmes parcourant ses pommettes, l’esprit originel était choqué. Par crainte de le perdre, son corps avait agi inconsciemment et elle frémissait d’effroi devant l’horrible acte perpétré envers l’élu de son cœur. Le ruban bleu à sa ceinture touchant ses jambes, sa cape noire inférieure figée, elle demeurait stoïque sous le choc quand, apparaissant dans des étoiles vertes, les sœurs du vent découvraient à leur tour le terrible spectacle, faciès effrayés.


« Cel… Celsius ! Qu’as-tu donc fait ? S’horrifia Séphie en posant ses mains d’horreur sur sa bouche.
-Tu l’as… Poursuivait Féerie avec épouvante.
-Méchante ! » Clamait Yutis tandis que, comme dénuée de toute vie, la reine du froid ne bougeait plus. Son esprit devenu chaos, plongée en pleine trouble, la souveraine du temple était en plein cauchemar réel quand, avisant tout à coup les trois petites filles, elle prononça lentement en levant la main :

« [Arcane… suprême] : éternal… cryogénie ! »
Une nouvelle bourrasque de cristaux secouait à cet instant toute la caverne…
Posté par Molock le 02-04-2007 à 10:42
Avatar de MolockMémo des personnages (2)

Martel : déesse du mana de Tessévaran/âme incarnée en Lloyd.
Elle est la divinité du mana et de Tessévaran. Ressuscitée jadis grâce à l’espoir de Lloyd, elle a été abattue par Likaël et ne survit plus que dans le corps du héros qui l’a acceptée en lui, leur union permettant alors aux deux de survivre (Lloyd avait été fatalement blessé). Elle semble profondément attachée à son hôte et elle l’aide de son pouvoir lorsque celui-ci est en danger, comme lors de l’attaque des diables sur Nyllothana ou celle de Yuan au temple glacé. Cependant, ce pouvoir a un prix à payer et tous deux le savent : si la déesse demeure en lui, ils mourront car le corps du brave ne supportera bientôt plus leurs pouvoirs cumulés.

Lloyd : héros de Tessévaran/fiancé de Colette/ange.
Vainqueur d’Yggdrasill, il est le meneur incontesté du groupe contre le Sindaï. Bien décidé à empêcher Albian à conquérir le monde, il veut aussi inconsciemment l’arracher aux griffes de son empereur démoniaque. Son âme éternellement liée à Colette, l’élue de son cœur, il semble troublé par la bonté infinie de la déesse incarnée en lui. Chargé d’une grande abnégation et d’un courage sans faille, ces deux qualités compensent largement une érudition très superficielle selon son ancien professeur d’école. Très apprécié de tous, il est prêt à tout pour aider ses amis et inversement.

Colette : ancienne élue de Sylvarant/Illuminati (race particulière d’ange).  
Cette jeune fille douce et d’une gentillesse infinie est la moitié de Lloyd qu’elle aime fidèlement et profondément. Egalement chargée d’abnégation, c’est une personne à la témérité surprenante quand elle s’y sent forcée. Elle s’est révélée être une Illuminati quand Albian menaçait la vie de son fiancé et a réveillé une force secrète enfouie en lui.Ayant surpris récemment un monologue de son fiancé envers Martel ('Je ne veux pas d’une autre déesse'), elle souffre intérieurement qu’il ne se détourne un jour d’elle et l’enchanteresse Avamaën la réconfortera. Elle s’est, depuis, remise de ses craintes mais son œil inquiet tombe de temps en temps sur son épéiste cher dont elle aimerait qu’il la prenne dans ses bras.

Zélos : ancien élu de Tesséha’lla/ange.
Eternel don juan dont la luxure et le dévergondage collent à sa peau, il aime séduire les femmes et se prend à être LE grand personnage de Tessévaran. Après la victoire contre le Cruxis, il a vécu avec Sheena pendant un an avant que, croyant à une tromperie, celle-ci ne le mette à la porte. En voyage depuis deux ans, il a retrouvé Lloyd fortuitement et est désormais de son groupe. Pendant son voyage, il a revu Celsius et, l’ayant vaincue, a formulé trois vœux dont celui de passer une nuit avec elle. Attaché à elle, son cœur semble cependant pencher vers la ninja de Mizuho envers qui il lui a tout raconté et s’est réconcilié amicalement. Bien que d’apparence libre et détachée, il sait aimer ses proches mais le cache par son attitude désinvolte. Il a hébergé l’âme de Celsius après que celle-ci fut tuée par Albian et a apparemment sacrifié quelque chose de très cher en lui pour permettre sa résurrection…

Sheena : ninja de Mizuho/future chef du village/invocatrice.
D’un caractère vif et trempé, c’est une jeune fille à la grande sensibilité cachée. Elle a un faible pour Zélos mais ne sait comment réagir avec son comportement dégagé. Elle semble avoir accepté l’excuse de la méprise avec la princesse Hilda et cette 'aventure' qu’il a eu avec l’esprit originel de la glace, celle-ci ayant eu lieu après qu’elle l’ait mis dehors. Elle se prend à rêver à une vraie réconciliation entre eux mais n’ose reconnaître son erreur… Son bras cassé par le seigneur-diable Zéphamos a été soigné mais Raine doute d’une complète guérison…

Celsius : esprit originel de la glace.
Présumée coupable du gel de Nyllothana, elle suscite l’interrogation de tous. Abattue par Albian dans le passé, Zélos a abrité son âme à l’image de Lloyd envers Martel avant de permettre sa résurrection. L’épéiste magique semble connaître la vérité sur ses actions véritables depuis qu’il a abrité son esprit mais demeure muet. Celsius a été vaincue jadis par Zélos et a accepté de réaliser trois vœux : lui apprendre ses techniques secrètes de glace, demeurer fidèle à Sheena quoi qu’il arrive (?) bien qu’il ne soit pas invocateur et de lui offrir une nuit d’amour. Depuis ce jour, Celsius aime profondément Zélos et semble prête à tout pour l’aider et le protéger.

---
Chapitre 69 : une amitié pour un ami.


Une grande vallée profondément ancrée dans la montagne… Les glaces recouvraient une immense capitale elfique. Depuis les sommets des montagnes non givrées, Khidon-Shrill semblait figée par le temps, pour l’éternité. Ses maisons et bâtiments somptueux en verre transparent, leurs jointures de lianes métalliques étaient souvent d’un vert étincelant ou d’un teint turquoise et se terminaient en pointes tombantes.

Le pavage des rues composé de briques blanches et vertes, les demeures paralysées par le carcan froid révélaient une beauté morbide assez déconcertante, reluisant sous les rayons célestes. Une sorte de tour dépassant les autres, ses balcons étaient bordés par des rambardes d’un bleu acier et l’on pouvait y voir, enfermés dans l’étreinte gelée, certains des habitants de la cité.

L’attaque avait été visiblement foudroyante et il n’y avait pu avoir de résistance. Les toitures crénelées au ton ardoise, une muraille flavescente assez haute encerclait toute l’agglomération mais elle n’avait pu stopper la matrice glaciaire : celle-ci dépassait largement le mur, s’épanchant sur lui pour inonder la localité de son étreinte figée. Les conifères au vert éternel des hauteurs fouettés par un vent du Nord, il semblait que toute vie s’était arrêtée. Ce lieu était mort… Aucune existence, pas même le moindre mouvement d’une fourmi, n’était palpable.

Le ciel d’un bleu éclatant, un soleil morne éclairait de ses rayons tièdes cet endroit si beau et si triste. Sur les falaises rocheuses, la brise légère soulevait une mince poussière neigeuse et dévoilait de temps à autres l’herbe jaunie qui se trouvait en dessous. Parmi les rocs gris parsemés de lichens verdâtres qui composaient les hauteurs, une forme dressée s’y trouvait. Dominant le panorama, un énorme rocher érodé allongé sur sa gauche et un sapin à sa droite, un individu familier siégeait.

Une chevelure brune assez longue soulevée par la houle, ses yeux de teint bigarade posés sur la métropole, cet homme était d’une placidité étonnante. La cuirasse d’or qui recouvrait ses habits blancs étincelant sous l’astre solaire, il était comme absorbé par sa vision méditative, se trouvant dans les pensées d’un autre temps, d’une autre époque, d’un autre monde. Cette vue lui était connue mais il n’en ressentait pourtant pas le moindre trouble. Il s’était débarrassé de la plupart de ses émotions… De presque toutes ses émotions… Sauf…


« Je suis surpris que tu sois ici. Je ne pensai pas que tu portais de l’intérêt à cet endroit. Argua tout d’un coup une voix connue, une silhouette apparaissant depuis l’ombre d’une forêt de résineux plus à l’arrière.
-… Je voulais savoir… ce qui donnait tant de volonté à mon maître à vouloir protéger à tout prix cet endroit. Pensez vous que c’est un tort… seigneur Albian ? Interrogea sans se retourner l’interpellé.
-……

-Vous avez reçu l’ordre de me tuer, n’est-ce pas ? Poursuivit Likaël, n’adressant pas un seul regard à son ex-mentor, les feuillages voisins frissonnant sous le souffle venteux. La toison foncée de l’ange soulevée en même temps que la chevelure chalcantite du seigneur Sindaï, ce dernier prenait une nouvelle pause lorsque, ouvrant la bouche, il confia :  

-Oui… J’ai reçu cet ordre. Avoua le chef, ses prunelles d’encre ne quittant pas son général de l’air désormais déchu lui aussi.
-Alors… qu’attendez-vous ? Insista l’être angélique. Votre renégat est à portée de main et vous n’attaquez pas ?... » Argua avec désinvolture le rebelle, levant la tête vers les cieux tout en fermant les paupières, se laissant cajoler par le vent frais.

Il ne semblait point le craindre ou craindre son futur… ou s’en moquait-il ? Le dirigeant elfe étonné par son comportement si calme et indifférent, il ne savait comment le prendre quand, un souvenir le saisissant, il demanda soudainement :
« Likaël… Est-ce toi qui nous as guidés dans le monde des ombres ?
-!!

-Tu penses que je n’ai pas vu cette forme qui s’est mêlée du combat ? Tu as été rapide mais j’ai cependant saisi l’identité de cette aura.
-Fu… Je vois que votre perspicacité ne s’est point émoussée… Fit d’un rictus l’ex-séraphin. Je pensai avoir pourtant été assez prudent.
-Comment connais-tu ce monde ? Personne ne peut le connaître sans y avoir été ou avoir fréquenté ses gardiens ! Interrogea le roi, ses paroles assurées.
-……

-Et comment se fait-il que Nyllothana n’ait pas gelé alors que mon pouvoir n’agissait plus ? »
Toujours aussi serein, demeurant fixé par le lointain, l’ancien subalterne laissait écouler quelques secondes et semblait se perdre dans un monde connu de lui seul lorsque, prenant sa respiration, il se retourna légèrement vers son mentor.


«… J’ai ouvert temporairement un canal d’outre-monde afin que votre pouvoir -bien que bridé- puisse atteindre cette planète et continue de la protéger. » Dévoila le lieutenant désavoué, son œil visible empreint d’un éclat de franchise.
Son armure étincelant alors avec les émeraudes de ses jambière, les nuages ayant révélé de nouveau le disque d’or, le commandant céleste ne paraissait pas mentir et affichait une grande assurance. Ses traits révélant une vérité impossible à contester, le renégat Sindaï dévoilait dans toute sa clarté une nouvelle stupéfiante. La verdure couleur paille emmêlée de neige inclinée sous une bourrasque temporaire, une branche d’un sapin de proximité frôlant le mystérieux révolté, ce dernier confessait pour la première fois quelque chose et pas la moindre ! Il connaissait bien le monde des ombres !  

Abasourdi, le suzerain restait sans voix quand, déglutissant, il reprit :
« C’était bien toi… En ce cas… Comment ? Comment as-tu pu faire une telle chose ? Seul un dieu… ou un diable suprême le peut ! N’en revenait pas le chevalier maléfique, dépassé d’une telle prouesse, cherchant une explication.
-Il existe aussi une autre race capable de faire pareil miracle… Lança tout d’un coup le rebelle avec sérieux.
-Une autre race ?

-Un ange de la mort. » Dévoila tout d’un coup son antagoniste avec un visage plus sombre, les traits empreints d'une rectitude toute épreuve.

Le mental terrassé à cette révélation stupéfiante, le commandant de l’ordre avait les prunelles écarquillées. Des créatures pareilles existaient ?! S’ahurissait-il, déconfit. Certes il existait des êtres divins ou diaboliques et un monde des ombres aussi… Mais qu’un peuple originel puisse être né là-bas, dans ce pays froid, ingrat, dangereux et sans lumière… Avalait-il sa salive en digérant la nouvelle tant bien que mal. Jamais en plus de quatre mille années il avait envisagé chose pareille !


« Anges de la mort… ou métis de l’une de ces trois races peuvent accomplir ce genre de technique. Cela est assez pratique … Continua l’ex-général céleste, embrassant de nouveau l'horizon.
-Alors tu es… un sang-mêlé ?! N’en revenait pas Albian, un blizzard se levant alors.
-……

-E tu crois que cela m’importe ?! S’exclama le dirigeant. Tu es et reste Likaël pour moi ! Tu le sais ! Je me fiche des races et des origines et j’ai autant de considération pour toi que pour Xinas, Sertjen ou Midahãn ! Soutint le combattant Sindaï, le poing pressé sur le cœur.
-Merci… maître…
-Reviens avec moi Likaël… Pria le héros souillé en tendant sa main. Je ne veux pas te perdre comme les autres… Implorait le brave avec une lueur presque suppliante dans ses prunelles, révélant qu’il tenait profondément à lui malgré ses fautes.

-Je ne le puis… Il le faut…
-Likaël… Se désola le monarque d’une petite voix, yeux empreints de déception.
-Je suis… le fruit de l’union d’un dieu… et d’un ange de la mort. Révéla à cet instant le traître. Mon cristal du Cruxis n’était qu’une couverture : je n’ai jamais eu besoin de l’utiliser. Retira-t-il aussitôt la gemme de son corps pour le tendre vers le chevalier obscur, dégageant en même temps une faible aura au ton glycine.
-Hein ?! S’interloqua le guerrier maudit.

-Mes pouvoirs mi-lumineux mi-ténébreux et mes yeux navels… sont le résultat de ce métissage interdit. Mais ces capacités innées ont été aussi un prix lourd à payer : dieux et anges de la mort m’ont rejeté. Confessa à ce moment le général félon pendant que les conifères étaient, cette fois, giflés par le blizzard. J’ai été exclu du royaume divin dès la naissance et on s’est servi de mon pouvoir pour provoquer la destruction... Parut s’énerver l’être angélique, ses dents serrées et son visage contracté de haine et de souffrance.
-……

-Et finalement, la solitude a été le seul réconfort… jusqu’à ce qu’on m’offre une chance.
-Le Cruxis… Devina le seigneur elfe.
-Oui… Approuva l’apostat. Le Cruxis…
-Navré… S’excusa involontairement son ex-chef en inclinant la tête.

-Pfu… De quoi ? Cela est de ma faute. Si j’avais été moins naïf, j’aurai vu clair chez les personnes qui m’ont utilisé… Déclara son interlocuteur de sa froideur habituelle, une veine visible sur sa joue tandis qu’il sentait une obscure colère remonter en lui.

-Dans ce cas… Cela veut dire que lors de nos combats… Tu ne combattais pas avec ta vraie force ? Comprit tout d’un coup le dirigeant Sindaï, une goutte de sueur coulant sur sa joue.
-Comme vous-même reteniez la vôtre. Si je fais appel à ma pleine puissance, je prends de grands risques et il en est de même pour vous car Nyllothana serait alors sans protection. » Répartit au tac au tac le général félon en fermant les paupières, comme s’amusant de la situation.

-Exact… Ne contesta pas le leader, incapable de le mettre sur la touche.
-Le projet initial de Mithos de fonder l’age des demi-elfes me séduisait… mais son obsession de ressusciter Martel a fini par me lasser. J’avais la puissance de l’abattre aisément mais il était bien entouré en permanence. Dans l’impossibilité de le supprimer directement, j’ai alors fondé le Sindaï originel pour lui résister sans me dévoiler.
-Et Yuan ? Releva son comparse. Tu ignorais qu’il était agent double ?

-Yuan jouait un double jeu si aisé qu’il n’était pas possible de le deviner… Et Mithos devait connaître mon secret -ou le soupçonner- car il m’avait ordonné dès mon arrivée d’être le plus discret possible : je n’avais pas le droit de fréquenter les autres 'camarades' angélique. J’étais le remplaçant obscur du séraphin mort -Martel- et il voulait aussi qu’on ne sache pas qu’elle avait été remplacée. Peut-être qu’il redoutait des protestations de ses autres compagnons ? Quoi qu’il en soit, j’ai donc intégré son ordre mais Kratos a été finalement mis au courant car il était le bras droit de Mithos avant l’arrivée de Pronyma, une vipère très dangereuse.

-Yuan ne te connaissait donc pas ?
-Jusqu’à notre rencontre à la Moria… non. Je l’ai observé de loin mais j’avais ordre d’être une ombre et ombre j’ai été. De toute façon, à part peut-être Kratos, aucun de ces 'demi-elfes améliorés' n’était digne d’intérêt. Ils ne connaissaient même plus les émotions. J’ai donc monté le Sindaï mais vous êtes arrivé et vous connaissez la suite…
-Je t’ai vaincu… Mais…
-Fu… » Sourit en coin l’ange, comprenant que la question de leurs forces cachées restait en suspens.

Une nouvelle période de silence suivit. La surface laiteuse en train de reluire, la houle s’estompant, les deux anciens camarades de combat se fixaient de nouveau. Un écureuil observant la scène avec attention, les faisceaux solaires transperçant les résineux pour éclairer la place, l’ange et le chevalier s’observaient attentivement. Mais ce n’était pas avec haine… Ils s’estimaient réciproquement et il n’y avait plus de rancœur ou de hiérarchie.

Ce n’était que deux individus qui brisaient leur statut Sindaï pour se voir comme des personnes égales… Des anciens frères d’armes… Des camarades… Des amis…  Ils comprenaient qu’ils étaient amis ou du moins l’avaient été malgré les circonstances. Mais leurs destinées les opposaient décidément à chaque fois et un jour, il faudrait trancher. Devraient-ils écouter leurs cœurs ou cette rivalité réciproque qui les avait toujours quelque part opposés ? L’un et l’autre reconnaissaient maintenant en son prochain un homme brillant et nul doute que amitié et désir de lutte cohabitaient en leurs âmes quand, rompant cet instant, Albian se décida à questionner son homologue :


« Que comptes-tu faire maintenant ? Rejoindre le groupe de Lloyd et m’affronter toi aussi ?
-Vous connaissez déjà la réponse… Se contenta de dire l’ex-subalterne, faisant quelques pas vers le bord de la falaise en dédaignant alors son compagnon.
-Likaël… Je ne veux pas avoir à te tuer… Confia le brave, révélant son estime.

-Moi non plus seigneur… Mais je ne peux laisser Kazathorn ou ses sbires continuer à vous commander. Tant que je le pourrai, je ne vous combattrai pas directement. Mais si vous m’y contraignez… Avertit-il en lui adressant à cet instant un regard embrasé, annonçant clairement qu’il serait inexorable.
-En ce cas, il en sera ainsi. Rétorqua le commandant Sindaï en lui tournant le dos à son tour. Si mes généraux doivent me vaincre, c’est que c'est ce qu'il doit se passer

-Toujours aussi fidèle à vous-même… Remarqua le renégat. Vous ne craignez pas votre propre mort…
-Non car je décide moi-même de mon destin. Assura le meneur de l’ordre. Personne ne me détournera de ma ligne de vie. » Dévoila-t-il un petit sourire, prêt à se sacrifier pour sa raison de combat. Le soleil dans son dos, son visage partiellement illuminé de côté par l’astre chaud, cet homme décidément ancré en sa foi d’un monde meilleur pour les siens.


« Likaël… Si tu me le permets, je voudrai te poser une dernière question.
-Oui ? Releva son camarade antique.
-Est-ce que… Est-ce que tu penses que Kazathorn exaucera mon souhait si je lui donne la victoire ? Ferma-t-il un instant les paupières, comme craignant la réponse.
-Vous le savez comme moi, inutile de vous voiler la face : cette voie est sans issue. Il vous détruira quand il n’aura plus besoin de vous. Parla sans détour le traître.

-Je m’en doutais… Mais je ne peux plus faire marche arrière… Parut s’assombrir le chevalier. Il ne me reste plus qu’une voie à suivre. S’obstina-t-il en faisant un pas vers l’avant, écrasant la couche blanche alors que des feuilles voletaient aux alentours.
-A cause des elfes… Ou parce que c’est le fils de Kratos ?

-Les deux. Affirma le souverain avec une tonalité plus dure.
-Votre haine envers lui est-elle vraiment fondée ? Questionna l’être angélique, croisant ses bras. Il a été votre maître et je ne crois pas qu’il vous ait vraiment abandonné lorsque ce portail dimensionnel vous a aspiré pendant la guerre. Il est possible qu’il n’ait pas eu le temps de vous aider, tout simplement.

-Peut-être que je me trompe… mais de toute façon, il est trop tard : si son fils se dresse contre moi, je le détruirai. Si le père s’en mêle, je le terrasserai aussi ! S’engagea-t-il en serrant son poing.
-Puisse le temps vous permettre de trouver vos réponses.
-Merci… Mon ami… » Semblât s’incliner à son tour le héros ténébreux avant de se volatiliser dans une explosion embrasée….
Posté par Molock le 13-04-2007 à 09:32
Avatar de MolockMémo des personnages (3)

Xinas : ex-disciple de Kratos/ex-général de la terre et du feu.
Droit comme un samouraï, c’est un guerrier d’honneur dont la sincérité et la loyauté n’ont d’égaux que ceux de son seigneur dans le Sindaï. Anciennement ennemi du groupe comme ses compagnons, il a changé de camp lorsque Colette l’a sauvé alors que des diables allaient l’éliminer. Désireux de payer sa dette d’honneur en aidant l’ancienne élue et ses compagnons à vaincre le Sindaï, il est désormais prêt à payer de sa vie pour l’aider, elle ou ses amis, et le regard de fidélité qu’il lui jette quelquefois en dit long sur l’immense respect qu’il lui voue. Il semble avoir pardonné à Likaël d’avoir 'favorisé' sa trahison depuis que ce dernier l’a arraché de la dimension sanguinaire où il l’avait plongé. Malgré son apparence de brute, ce colosse a un grand cœur derrière ses muscles robustes et est très ami avec Sertjen depuis toujours.

Sertjen : ex-disciple de Kratos/ex-général de la forêt/Naïjên.
Naïjên (demi-elfe métissé avec une sorte de renard), il a intégré le Sindaï dans le seul et unique but de revoir son maître de jadis, Kratos. A l’apparence juvénile d’une quinzaine d’année, il possède un cœur très pur malgré son statut et sa fausse destruction de Tiweïrâ prouvera sa bonté intérieure. Capable de se transformer en Maô-Naïjên (monstre incroyable à la puissance titanesque) sous certaines occasions, son apparente faiblesse cache sa puissance cachée. Il aime Miyana qui l’aime en retour et est très attaché à Lloyd ainsi qu’à Xinas, les considérant inconsciemment comme des grands frères. Il semblerait qu’il ait attaqué le monde du seigneur-diable Garwenda dans un passé ancien mais il aurait perdu la mémoire (?). Nul ne sait aussi pourquoi il conserve une apparence aussi jeune alors qu’il possède un cristal du Cruxis et qu’il pourrait revêtir une jeunesse plus optimale (18 ans)…

Miyana : prêtresse-exorciste de 3ème ordre.
Jeune fille sainte à la vivacité explosive, elle est originaire de Médathigh, cité souterraine où Yggdrasill avait apparemment préparé la base de son projet de résurrection de Martel. Elle et ses parents sont des survivants de la ville, anéantie par Kazathorn. Aimant faire la fête et dépensière, le groupe se charge de garder la bourse pour éviter des folies de l’adolescente. Elle haïssait les anges depuis la tromperie d’Yggdrasill mais la découverte des héros lui a fait comprendre qu’ils n’étaient pas tous mauvais. Si son potentiel physique est peu développé, sa force magique s’est singulièrement accrue et elle peut invoquer maintenant des sorts très puissants. La 'fontaine de l’aube' est sa dernière botte secrète, dévoilée contre Garwenda, et il semble qu’elle n’ait pas révélé encore tout son potentiel. Au début méfiante envers Sertjen en qui elle avait identifié l’énergie ayant attaqué son village de naissance (Tiweïrâ), elle est tombée amoureuse de lui et ils se sont déclarés leurs sentiments. Actuellement avec lui sur Nyllothana, ils cherchent un moyen de rentrer sur Tessévaran…

Génis : magicien.
Eternel premier dans les cours et l’utilisation de la magie, le meilleur ami de Lloyd est resté le même mais la cicatrice Mithos lui a laissé de nombreuses séquelles : il n’ose plus sympathiser facilement avec des gens et particulièrement Sertjen qu’il adore mais qu’il n’ose pas aborder. Devenu à présent le disciple d’Avamaën, une enchanteresse qui a rejoint le groupe, il est lentement initié aux prémices des techniques originelles des elfes. Ennuyé par ailleurs par cette 'seconde sœur' qui la couve encore plus que Raine, il s’arrange pour être surtout avec ses amis d’enfance, Lloyd et Colette. Il voudrait être libre comme l’homme-renard et vivre une amitié sans borne avec lui mais…    

Avamaën : enchanteresse elfique/chef du village de Sitérias.
Jeune femme à l’apparence d’une trentaine d’années, son physique est voisin de celui de la déesse de Tessévaran. Elle a perdu son petit frère plus jeune, celui-ci tué par une amanite, et le petit métis qu’elle forme lui rappelle souvent ce dernier avec un caractère rebelle en plus. Douce et compatissante à l’image de la fiancée de Lloyd, sa bonté semble égaler celle de la divinité arboricole et elle sait apaiser les douleurs de chacun comme lorsque Colette craindra pour les sentiments de son aimé. Elle possède le pouvoir originel des elfes qui est de commander la forêt avec l’essence du mana et se révèle être une combattante redoutable. Capable de lire dans le futur comme de nombreux congénères avec une préparation secrète, elle sait utiliser ses connaissances forestières à son avantage. Très attachée à Génis qu’elle protège presque au point de l’étouffer quelques fois, elle ne survivrait pas si elle revivait la même tragédie que celle qui lui a laissé une profonde souffrance : la perte de son petit frère.  

Raine : professeur à Isélia/guérisseuse.
D’un caractère trempé, elle est une femme franche et sans détour qui ne prend pas de gants quand elle dit ce qu’elle pense. Grande sœur de Génis qu’elle a élevé, elle est très cultivée et passionnée d’archéologie au point de posséder un 'mode ruine' où elle devient folle d’extase tellement elle est avide de connaissances. Crainte aussi pour sa cuisine qualifiée de 'suicidaire' selon ses compagnons, c’est une personne cependant très posée et réfléchie qui sait gérer les situations périlleuses et qui a bon fond quoi qu’on en pense. Ses relations avec Yuan, l’ancien renégat, sont assez floues mais elle semble avoir pour lui un faible particulier (discussion de Triet, sauvetage lors de son duel contre Lloyd, ses soins attentifs et son attention envers lui lorsque le groupe le retrouva blessé après l’attaque des diables sur sa base…).

---
Chapitre 70 : Xinas-le pétale derrière le fer.


Base du général Xinas…

Comme un coup de fouet cinglant sur la peau, tout le monde venait d’apprendre de la bouche de l’ex-général l’acte de Celsius. Albian avait vu l'esprit originel fabriquer la matrice glaciaire et le doute qui avait jusque-là fait hésiter toutes les pensées n’était plus permis : elle était bel et bien impliquée dans le gel de Nyllothana !

La terrible appréhension déjà ressentie dans le cœur de tous se transforma alors en une douloureuse réalité. Tandis que l’annonce de cette nouvelle avait l’effet d’une bombe, le groupe était devenu silencieux, incapable de dire le moindre mot, et l’invocatrice elle-même ne parvenait plus à articuler une syllabe. Traversés d’un choc mortel, le visage livide, aucun ne pouvait digérer cette effroyable nouvelle maintenant confirmée par le colosse. Envahis d’un froid étrange, leurs membres étaient comme tétanisés quand le guerrier imposant reprit :


« Dans un passé ancien, on raconte qu’elle aurait vaincu l’esprit de la glace de Nyllothana et pris sa place.
-Nyllothana ?! C’est impossible ! Contestait Sheena dont le cœur était encore divisé quand Génis la coupa :

-Tu oublies les paroles de cet Albian : elle le pouvait avec le téléporteur des abîmes de givre, celui fabriqué par les elfes et dont nous avait déjà parlé Martel.
-Je… Je ne peux croire une chose pareille ! Elle était… si dévouée... si serviable... Ne comprenait pas l’invocatrice complètement bouleversée, se sentant trahie au plus profond d’elle-même, lorsque le bretteur dévoila son opinion :

-Nous faisons tous des fautes et, même si je ne peux totalement croire à sa culpabilité, il n’est pas impossible qu’elle ait fait aussi involontairement une erreur dans son passé, comme moi. Affirma le héros en repensant au village incendié d’Isélia dont il portait toujours et encore la croix des victimes.
-Lloyd… Lâcha la combattante avec les prunelles écarquillées, à la fois émue et déboutée de sa prudence.

-Je ne veux pas être pessimiste mais fabriquer une telle matrice tient plutôt du volontaire. Signala Xinas avec fermeté.
-Peut-être a-t-elle fait une erreur lors de l’incantation ? Suggéra l’épéiste. Après tout, on peut tous se tromper.
-Quel optimisme… Fit-il d’un léger rictus en coin avant de se lever pour poursuivre :

« Téonia Celsius, la gardienne des glaces des deux mondes, a fait naître cette chose il y a près de 10 ans de cela et le monde de Nyllothana est lentement mais sûrement gelé par sa faute. Si elle éprouvait le moindre repentir, elle l’aurait depuis longtemps renvoyé au néant.

-Vous… S’énervait le brave, ses traits devenus durs, quand l’enseignante  coupa court à l'explosion :
-Racontez-nous la suite.
-… Tout ce que je sais, c’est que la chose de Téonia a gelé nombre d’elfes dont l’épouse du seigneur Albian elle-même et qu’il a pactisé avec Kazathorn pour inverser le sort : il veut la sauver, même au prix de son âme.

-Son… épouse ?! Ah oui… Sertjen en avait déjà parlé à Lloyd.
-Oui petite. Se retourna-t-il vers l’ex-élue qui se tenait les mains enchâssées l’une dans l’autre, comme par supplication. Il avait une femme sur Nyllothana jusqu’à ce qu’elle soit congelée avec le peuple qu’il considère comme sa famille. C’est le moteur de sa détermination.
-On dirait… le combat de Mithos pour sa sœur. N’en revint pas le héros avec les sourcils écarquillés.

-Et il paraîtrait donc qu’Albian serait originaire de Tessévaran ? Interrogea le petit demi-elfe.
-Il l’est : il a été un disciple de Kratos. Cependant, au cours de la guerre de Kharlan, il aurait été projeté dans une sorte de couloir dimensionnel interstellaire. Il serait alors tombé sur Nyllothana où il a vécu ensuite pendant tous ces millénaires. »


Le récit de l’homme-renard ainsi authentifié par son ancien compagnon, tous s’éloignèrent avec le pas lent et l’esprit confus : Celsius était effectivement la responsable de tout ce désastre et, même si Albian avait un caractère noble, il demeurait un ennemi mortel qui resterait fidèle à son empereur quoi qu’il arrive…

Conseillant de se détendre, leur hôte devenu plus accueillant déclara alors qu’ils étaient ici chez eux et qu’ils pouvaient vaquer à loisir. Approuvant son conseil, la bande se sépara et chacun décida de son travail à accomplir.

A la recherche de Yuan pour finir ses soins, Raine s’était pour sa part rapidement éclipsée. Génis -obstinément suivi par Avamaën- était mené quant à lui par l’ex-général dans une salle d’entraînement spécial. Sheena, elle, préféra s’éloigner dans un autre couloir sans vouloir visiblement discuter avec ses compagnons : son âme complètement remuée, elle ne voulait parler à personne. Zélos absent... Celsius la traîtresse... Cela faisait beaucoup trop pour son esprit et la ninja avait besoin de recul.

L’épéiste se retrouva ainsi seul, regardant les monts couverts de cette neige qui tombait en continue…  


« Lloyd… Retentit tout à coup une voix familière dans sa tête tandis qu’il sentait comme un courant chaud parcourir tout son être, recouvrant son corps jusqu’à la pointe de ses doigts tel un rayon de soleil d’été l’enrobant de ses rayons.
-Martel… Prononça-t-il simplement son nom, peu enclin à la conversation.
-Tu es bien songeur. A quoi penses-tu ?
-……

-Tu n’as pas apprécié mon intervention, c’est ça ?... Demanda la maîtresse du mana avec une tonalité désolée.
-Yuan… aurait pu le payer de sa vie. C’est cela que je blâme. Déclara-t-il en fronçant ses sourcils au teint noisette, visage sévère, serrant une rambarde de ses mains en contenant une certaine colère.
-Mais tu aurais pu mourir ! Tu te moques donc à ce point de ton existence ?
-Non… Des gens m’attendent et comptent tous sur moi. Je ne peux les décevoir. Affirma le vainqueur d'Yggdrasill.

-Colette… C’est cela ?
-Oui déesse Martel : Colette.
-……
-C’est à vous de m’ignorer maintenant ? Reprit le guerrier, maintenant plus détendu et disposé à discuter.
-Lloyd… Je ne veux pas que tu meures. Déclara tout d'un coup la divinité avec une voix pure.

-Pourquoi ? Parce que votre existence est liée à la mienne ? » Continuait-il avec un ton plus doux, regard vers le lointain, quand sa vision se brouilla un instant.
Passant son bras sur ses yeux, le brave supposa la fatigue. Ses prunelles regardant alors sa main, il venait de retrouver une vue claire que la déesse arboricole poursuivait :


« Lloyd… Si je le souhaitai vraiment… Je pourrai aspirer ta vie pour renaître aussitôt.
-Mmmm… Se renfrogna le brave, pinçant ses lèvres de contrariété.
-Rassure-toi... Je n’ai aucune intention de le faire. Si quelqu’un doit mourir... alors ce sera moi. Je te protègerai jusqu’à la fin...
-M… Mais pourquoi ? Rougit légèrement de gêne son hébergeur, tête baissée à présent vers les pics plus bas.  

-Tu ne devines pas ?… L’incita-t-elle à réfléchir d’une voix douce.
-Dé…. Déesse Martel… Bégaya le valeureux en comprenant avec stupeur le sens de ces dernières paroles, chamboulé par cette phrase paradoxalement précise et indirecte.
-Lloyd… Il y a aussi un autre chemin pour toi : tu peux mourir à cause de ma présence en moi, je peux aussi me sacrifier pour te permettre de vivre, t’utiliser à l’inverse pour renaître ou…
-Ou… ?

-Il y a une quatrième solution : que tu deviennes un…
-Lloyd ! Si on allait se balader ? La neige est magnifique ! Surgit tout à coup la jeune fiancée du sauveur mondial, ignorant qu'elle avait interrompu la conversation à un moment crucial.
-Pou… Pourquoi pas ? Se rasséréna l'adolescent, heureux de cette échappatoire opportune. En avant ! »


Ainsi, les deux amoureux s'écartèrent de la vitrine, le bretteur mené par Colette qui avait visiblement repris courage depuis qu’elle avait surpris cette 'autoconversation' avec la déesse sur Nyllothana. Cela l'avait effondrée pendant un long moment mais la petite Illuminati était tenace ! Elle se battrait pour le garder et même une déesse ne lui ferait pas renoncer !

Planant dans les airs tel un fantôme, la déesse à l'habit teint ortie était devenue spectrale. Derrière eux, les voyant s'éloigner tandis que son coeur était comme comprimé, l'impératrice du mana ne savait plus que penser lorsque, fermant les yeux en baissant légèrement la tête, elle lâcha :


« Cette petite… est très forte. Lloyd... Quelle que soit ta décision, je te protégerai malgré tout et, si cela doit arriver, t’accompagnerai dans la mort. »


Plus tard, l’ancien général revint avec le duo des mages de la salle d’entraînement et décréta l’heure du dîner. Revenue aussi discrète qu’une ombre, l’invocatrice était déjà au salon et demeurait discrète. N’ayant pu mettre la main sur Yuan, Raine avait, quant à elle, une mine sombre au même titre que sa soeur d'armes. Zélos... La future cheftaine   s’inquiétait de plus en plus pour lui et le repas fut assez morne malgré une nourriture copieuse servie par le guerrier, également débrouillard en cuisine.

Echangeant avec le petit demi-elfe des critiques sur ses recettes, le colosse débattait avec lui son point de vue sur la sauce pouvant accompagner au mieux la viande de bœuf braisée quand, voyant que le moral de certains n’était décidément pas au beau fixe, il se leva soudainement.


« Bon… Puisque nous sommes dorénavant alliés pour défaire Kazathorn, je crois qu’il serait utile de parler stratégie. Annonça le renégat Sindaï en posant les mains sur la table avec un faciès déterminé.
-Attendez ! Avant toute chose, on aimerait en savoir un peu plus sur vous. Interrogea Lloyd à la fureur du professeur qui avait souhaité parler.

-C’est juste… Je crois que je dois m’expliquer. Il est vrai que j’ai oeuvré pour le Sindaï et que mes fautes sont lourdes à expier.
-Nous vous écoutons. S’inclina Raine qui tapotait les doigts sur la table, un regard mauvais vers son ancien élève insolent qu’elle avait envie de baffer.

-Comme vous le savez, je suis aussi un disciple de Kratos. Mais si j’ai absolument voulu devenir son disciple c’était pour acquérir la force d’arrêter la folie du chef du Cruxis. Commença le combattant. Une… personne chère à mes yeux était en train de mourir et tandis qu’elle agonisait, le mercenaire Kratos alors séraphin du seigneur Yggdrasill est venu me proposer un marché.

-Un cristal du Cruxis pour vous en échange d'autre chose... Devina la guérisseuse.
-Exact. Admira-t-il la perspicacité de la demi-elfe. Seule une exsphère spéciale pouvait la sauver… mais ce ne serait qu’un court sursis car elle devrait alors devenir une élue… Je ne compris alors pas ce qu’il voulait dire et, de fil en aiguille, cet ange me dévoila peu à peu que son corps hébergerait la déesse Martel et qu’elle disparaîtrait tôt ou tard.

-Il vous a révélé cela ?! S’exclama le brave, étonné que son père ait fait une telle confession.
-J’ignore pourquoi mais il ne semblait approuver les procédés de son maître. Quoi qu’il en soit, j’ai joué le jeu et l’exsphère a été greffée… mais je n’avais pas l’intention qu’on sacrifie cette personne... J’ai donc fait en sorte de demander à l’être céleste de me former, sous couvert de pouvoir l’escorter jusqu’à la tour du salut.

-Et en fait… Comprit l’ancien traître du Cruxis.
-Oui. C’était un faux prétexte pour acquérir un grand potentiel et pouvoir faire face aux anges le moment venu. Je crois que Kratos l’avait deviné mais, néanmoins, il me forma pendant notre périple et l’entraînement fut redoutable mais efficace car lorsque nous parvînmes au siège du Cruxis, j’étais plus fort que mon mentor.

-Que s’est-il passé ensuite ? Interrogea le petit magicien.
-… Un ange, prénommé Rémiel et qui me bassinait à chacun sceau libéré avec son 'blabla' a tenté de convaincre ma jeune protégée de se livrer au dernier sacrifice mais il a reçu mon poing dans la joue à titre de remerciements. Inutile de dire que son discours soporifique était plus lourd que si j'avais été saoul… »


Tous se retinrent de rire mais beaucoup imaginèrent le 'faux père de Colette' en train de recevoir le punch du colosse.


« La suite est moins amusante… Lut-il dans les visages de ses camarades. Une horde d’anges nous a assaillis et, contre toute attente, la perle de mon cœur a été enlevée. J’ai affronté des nuées de serviteurs du Cruxis et attaqué seul leur quartier général. Et après moult affrontement, je parvins à une salle où ces ordures se préparaient visiblement à finir le 'rituel' avec leur prisonnière. Inutile de dire que le combat a été âpre et difficile pour arriver jusque là…

-Et mon… père ? Osa demander le rejeton. Il vous a…
-Non !! Coupa avec virulence l’ex-général, sentant la fureur monter. Il est resté passif jusqu’au bout car il n’osait pas se rebeller contre Yggdrasill ! Et quand j’ai enfin arraché leur victime à ces bourreaux, ce dernier a failli me tuer mais je me suis échappé. Il était fort… Trop fort… Pesta avec rage le noble combattant, poing serré. Quel dommage que je n’ai pu le tuer à l’époque…

-Que s’est-il passé ensuite ? Demanda Lloyd, plongé en pleine scène.
-Kratos nous a coupé notre retraite, peut être malgré lui ?… Quoi qu’il en soit, impossible à le raisonner, nous nous sommes battus et j’ai été grièvement blessé malgré mon niveau supérieur. J’ai -cependant- réussi a me téléporter de justesse avec ce qui était alors ma seule et unique raison de vivre…

-'Etait' ? Releva le mage juvénile.
-Mithos a détruit son cristal du Cruxis pendant notre affrontement et, quelques années après, sa maladie l’a emporté dans… l’au-delà… Préféra se taire Xinas, posant sa paume sur sa figure pour retenir les plaintes de son esprit.

-C’est… triste. S’apitoya le petit ange.
-Par la suite, j’ai juré d’avoir ma revanche pour détruire toute cette organisation. Quelques années après, j’ai de nouveau assailli seul la tour du salut et massacré tout ange croisant ma route. Je n’en voulais pas spécialement à Kratos mais au Cruxis et particulièrement à Mithos Yggdrasill. Nous étions alors de forces égales et nous sommes battus au sommet de la tour du salut pendant un jour et une nuit. A l’aube, nous étions épuisés et il semblait que cela finisse par un match nul quand, le sol affaibli se rompant sous mon poids, j’ai été précipité dans le vide.

« Je me voyais déjà mort mais un autre individu ailé m’a alors sauvé avant de me dire qu’il se chargerait un jour de Mithos. Cet homme était Likaël… Le quatrième séraphin et aussi l’homme qui m’a permis de rentrer dans le Sindaï et de connaître Albian après que celui-ci lui ait ravi la place. Un jour, il m’a retrouvé -j’ignore comment- et m’a proposé de rejoindre leurs rangs. Comme j’avais une dette envers lui, j’ai aussitôt accepté. Le Sindaï m’offrait alors une noble cause à défendre, une occasion de trouver ma voie…
  
-Je vois… Réalisa le héros. C’est lui qui a parlé de toi à Albian, c’est cela ?
-C’est juste… Approuva le grand guerrier. J’avais une dette envers cet ange et je voulais aussi la payer… comme je paie maintenant celle que j’ai envers celle qui fut autrefois l’élue de votre monde. Poursuivit-il, visage tourné vers Colette qui se sentit rougir devant telle droiture.
-……

-En te voyant Lloyd, j’ai l’impression de voir ton père : ce regard franc et droit, cette noblesse de caractère…
-Vous me trouvez des points communs avec lui ?! Je ne lui ressemble pas du tout ! Se dégoutta le héros, plissant un cil.
-Ah ?… S’étonna leur hôte, légèrement débouté. Bon... Revenons-en au sujet principal : notre plan d’action.  

-Bonne idée. Approuva l’enseignante, impatiente de pouvoir s'affirmer. Que proposez-vous ?
-Si nous menons une attaque de front, nous courons toutes les chances d’êtres vaincus avant d’atteindre Kazathorn et l’épée éternelle.
-Vous pensez à une infiltration ? Devina le petit mage.
-Bien vu. Mais depuis votre dernière incursion, la mine doit être maintenant sous très bonne garde. Supposa l'ex-dirigeant. Il nous faut donc une diversion.
-Une guerre… ? Imagina le bretteur.
-Exact. Approuva Xinas d'un mouvement de tête.

-Je vois… Likaël en avait parlé aussi. Mais avec quelle armée ? Demanda l’enchanteresse en sortant de son silence.
-Bonne question : presque tout la partie Tesséha’lla est détruite et Sylvarant est une grande cambrousse.
-Hé ! Isélia n’est pas une cambrousse ! S’opposa Lloyd en entendant le colosse parler ainsi.
-Peu importe comment on le formule : cela reste ce que c'est...

-Vous… Murmura le petit demi-elfe sur le point de le rôtir vif.
-Je peux, si vous êtes intéressé, m’introduire dans Moria et libérer les nains faits prisonniers par le Sindaï.
-Vous… feriez cela ? S’exclama Colette, surprenant en ces paroles une bravoure insondable.
-Sans problème. Certifia leur allié d'un rictus malin. Je connais bien les lieux et ces seigneurs de je ne sais quoi ne me font pas peur.

-Et pour le reste ? Je ne crois pas que ce sera suffisant. Intervint pour la  première fois la ninja. Tiga et les miens viendront certainement aussi mais…
-J’ai eu des échos sur la fuite du roi de Meltokio avant la destruction de la ville : trouvez-le et vous pourriez peut-être rassembler une autre armée. Conseilla le leader traître.
-Je m’en charge ! Annonça Lloyd avec fougue. Il me connaît et sera certainement coopératif.

-Ben voyons… Ironisa le petit mage en prenant une apparence septique.
-Tais-toi Génis ! Renvoya l'offensé avec virulence.
-Je viens aussi ! Se leva l’ex-élue, empreinte d'un visage intrépide.
-Ok Colette. Accepta son compagnon. Tu ne seras pas de trop.
-Je… Je peux aussi donner mon appui avec l’armée de la paix.

-Yuan ?! S’exclamèrent-ils tous à l'apparition du métis devant l'entrée de la pièce.
-Notre base de Tesséha’lla a été détruite... mais il me reste de nombreux hommes à Sylvarant et de nombreux ptéroplans. Avec nos usines souterraines, nous pourrons rapidement monter une armée aérienne de soutien.
-……

-Quoi ? S’emporta le sang-mêlé, peu à l'aise en se sentant fixé de stupeur.
-Nous apprécions. Le soutint l'enseignante pendant qu’un léger sourire revenait sur ses lèvres. Ce sera avec plaisir.
-Hum… » Prit-il une apparence plus froide, regrettant un peu ses paroles.
A cet instant, un grand choc secoua toute l’installation. Encore en proie de cet étrange heurt, toute la bande était ahurie et hébétée quand, passant son énorme tête à travers une vitre cassée, un énorme dragon sombre aux écailles noires et d’or dévisagea la troupe.


« Les dragons seront aussi à vos cotés.
-Flamèchh ! » Explosait de joie le demi-elfe, précipité sur la grande meneuse des dragons pendant que ses frère d'armes se sentaient mis au placard…
Posté par Molock le 13-04-2007 à 09:42
Avatar de MolockMaintenant... la cerise sur le gateau.


Chapitre ultimate (1/2): l'armageddon d'un monde.

Chapitre ultimate (2/2): adieu... Tessévaran...


Mémo des personnages (4)

Flamèchh : reine des dragons.
Les discussions à son sujet vont bon train dans la gent draconique. Ses origines perdues dans l’antiquité, elle prit la place de son ancien leader lors de circonstances particulières ou elle l’abattit. Elle et Yuan sont apparemment liés par un passé lointain et la grande créature semble y être attachée. D’un caractère violent et impulsif comme ses congénères, elle est néanmoins prudente et sait utiliser sa tête. Capable de parler l’elfe ou le langage commun des gens de Tessévaran, elle renferme aussi une puissance insoupçonnable, crainte de ses congénères. Waïdjorr, le dragon qui affronte Lloyd au début de l’histoire et qui fut la monture d’Albian, était l’un de ses fils.  

Préséa : bûcheronne.
Ancienne cobaye du projet Angelus, elle a été libérée par Kate, une chercheuse qui faisait des expériences sur elle et qui a aidé le groupe lors de la guerre contre le Cruxis. Elle avait perdu ses émotions et sa mémoire mais un serti-clef fabriqué par Lloyd lui a permis de retrouver ses perceptions et son âme. Bien qu’elle ait gardé un parlé mécanique, elle est devenue plus 'humaine'. Elle apprécie Génis sans se douter qu’il a eu (et a encore ?) une certain affection envers elle. Souvent côtoyée par Régal, elle mène un combat parallèle contre le Sindaï jusqu’au jour ou peut-être…

Régal : lutteur/ex-directeur de la société Lézaréno (anéantie).
Toujours en quête de l’expiation, il a cependant ôté ses chaînes bien que le combat de jambes demeure son domaine de prédilection. Libéré par Préséa lorsque le Sindaï le retenait dans la mine de la vallée de Toïze, il forme avec elle un tandem complet et est sa grande protégée, l’image de son ancien amour, Alicia, se reflétant en elle. Après l’attaque sur Ozette, on perdit la trace du duo jusqu’à ce qu’ils sauvent le conteur lors des éruptions monumentales qui dévastèrent les alentours de la mine.

Ethel/Liren/Taïjana : déesses du mana de Nyllothana.
Elles forment un trio protecteur sur la planète originelle des elfes, bien que l’on soupçonne l’existence de nombreuses autres divinités arboricoles sur ce monde. Ethel a accepté de remettre à Lloyd l’un de ses enfants car le héros a réussi les trois épreuves sacrées qui lui ont été infligées (il est question d’un héros elfe qui aurait également réussi il y a longtemps…). Ethel est également la sœur de Martel, à l’image de ses comparses. Elle confie ainsi Niatahun (sa fille encore en forme de graine) au brave dans l’espoir qu’il sauve son monde. Ethel guide également Zélos pour permettre la résurrection de Celsius, lui révélant que seul une lourde offrande lui permettra de sauver l’esprit originel…

Métayon et Jedden : kaiser des phénix pour l’un et prince de l’ordre des elfes noirs pour l’autre.
Nos informations disent seulement que ces deux êtres démoniaques, alliés au Sindaï, possèderaient une force équivalente à celle d’Albian voire de l’empereur Kazathorn…
Posté par Molock le 13-04-2007 à 09:39
Avatar de MolockChapitre ultimate (1/2) : l’armageddon d’un monde.

Une terre embrasée… L’image d’une déesse hurlant de douleur... Des yeux de sang répandant la mort et la désolation… Tessévaran était la proie du pouvoir gigantesque de Kazathorn… Les arbres s’asséchaient, le sol s’ouvrait en des milliers de failles, des volcans entraient en éruptions par centaines… Des gens périssaient dans des fins plus moins atroces… Des villes étaient à feu et à sang… Les campagnes étaient ravagées par les immenses pouvoirs meurtriers de l’empereur suprême… Un cataclysme mondial impossible à mesurer… Un génocide impossible à dénombrer… Une extinction impossible à stopper…

C’était la fin ! La fin de l’humanité et de la flore passée… Tout disparaissait dans les feux de l’enfer pour ouvrir une nouvelle ère : celle des démons et de futures guerres incessantes parmi les forces du mal. Le chaos et la destruction allaient pouvoir régner sur ce monde sanguinaire où barbaries et carnages seraient désormais la clef de la survie. Le pouvoir et la force commanderaient les faibles et seuls la trahison et la ruse permettraient aux plus grands de devenir ou de rester les maîtres…

Des fleuves de feu évaporant les rivières pures… Des incendies géants transformant les forêts en des champs de cendres… Des tremblements de terre changeant les steppes en des canyons arides... Et de ces défilés surgissaient chaque seconde des centaines et des centaines d’êtres sataniques avides de massacres, de tueries, de domination et de dévastation… L’extinction totale du genre humain était imminente et rien ne pourrait l’arrêter…

Tessévaran serait complètement anéanti pour permettre aux créatures du mal d’établir leurs nouveaux territoires démoniaques... Humains comme elfes, nains ou animaux seraient soumis ou exécutés… Des tornades avalant mers et perforant l’écorce terrestre partout sur le globe, des éclairs écarlates confortaient l’embrasement de la nature, pilonnant le terrain de leurs charges tueuses.

Parcourant les continents à une allure infernale, l’être maléfique suprême soulevait la poussière à son passage, faisant exploser toute région rencontrée et répandant les germes du chaos tandis que ses plus fervents serviteurs achevaient son travail.
Bérial… Shikami… Kudajin… Nilleïm… Jussian et Vitenki étaient ses précurseurs et devaient s’assurer que rien de l’ancienne époque ne survivrait. Chacun se rendait à ce qui serait le nid de la plus complète disparition humaine, le siège de ce qui serait l’extinction de l'humanité et le berceau de leur nouveau domaine.

Bérial serait le feu destructeur, Shikami le vent mortuaire, Kudajin le dragon annihilateur, Nilleïm le flot de l’élimination, Jussian l’arbre du sang et Vitenki le froid du crépuscule Tessévarien. Les plus grands représentants du royaume de la méchanceté absolue et de la douleur luciférienne incarnée se répandaient sur les pays comme les dix fléaux de l'Egypte. L'apocalypse qui allait éclater serait teintée d’hémoglobine… Le mal l’emporterait et entraînerait toute vie dans un précipice au fond recouvert des flammes du désespoir et de la souffrance éternelle…


Asgard…

La cité antique battue par un vent glacial, les nombreuses éoliennes et pales de moulins tournaient à un rythme soutenu. Les enseignes comme celle de l’entrée de la ville ou de l’auberge 'Chez Fresco' ballottées en continue, une ambiance étouffante régnait dans le petit bourg. La terre jaune et craquelée révélant son aridité avancée, les villageois se hâtaient de rejoindre leurs demeures de pierre ou leurs maisons troglodytes, chassés de l’extérieur par cette brise de mauvais augure.

L’air était saturé de cette senteur maléfique et la peau des gens se mettait à picoter. Leur instinct leur disait qu’il se préparait quelque chose de malsain et qu’il ne fallait pas s’exposer, braver cette menace invisible et impalpable qu’ils ressentaient dans leurs entrailles. Le pas rapide, se pressant dans les rues, chacun était impatient de rentrer chez soi et l’attroupement régulier qui siégeait devant le magasin 'La tornade' avait disparu. Ses poutres en train de craqueler doucement, l’échoppe extérieure surmontée de 4 éoliennes vertes était la plus sujette aux bourrasques qui se levaient et son propriétaire se hâtait de ranger ses marchandises disposées sur le comptoir.

L’étoffe rouge rosée remballée, le responsable s’était prestement esquivé pendant que son enseigne verte suspendue faisait des mouvements capricieux, giflé par la brise, en même temps que les autres. A l’établissement du 'Bon air', le patron rapatriait à l’intérieur de son hôtel la carte des menus pendant que son moulin aux extrémités beiges tournait à toute allure.

Plus loin, du côté des demeures creusées dans la terre, le demi-elfe Harley observait avec inquiétudes les signes précurseurs de ce qui semblait être un danger imminent. Sa chevelure rousse soulevée par le souffle, son habituel short brun plissé aussi par les caprices venteux avec sa veste pourpre, il tenait à la main son bonnet vert, le regard anxieux. Près de lui, ses amis Aisha et Linar à la même toison saphir mais avec un peu plus de longueur pour la jeune fille. Sa robe bleu clair et son haut couleur ciel tout aussi éprouvé, celle-ci était angoissée pendant que ses compagnons voyaient l’ambiance se dégrader avec un œil craintif.

Quelque chose de terrible allait les frapper et leurs estomacs se nouaient pendant que leurs gorges devenaient sèches. Dominant la localité depuis les marches conduisant sur le promontoire supérieur, bordé par les arches de pierre, le maire -toujours dans sa tenue azur presque blanche- ressentait lui aussi le prélude d’un désastre et il usait ses sandales brunes en des allées et venues répétitives, interrogeant les cieux de son regard anxieux. Appuyé sur sa canne, le chef du village avisait chaque parcelle de sa localité et voyait celle-ci se vider quand, ses prunelles s’ouvrant en grand, il vit que le fond du ravin se cristallisait.


« Qu’est-ce que… ? » Lâchait le vieil homme que, soudainement, les bords du gouffre se recouvraient aussi en cette matière transparente aux reflets bleus, s’étendant sur ses flancs en remontant vers les logis.

La surface du roc recouverte d’une couche glacée, le dirigeant d’Asgard croyait halluciner quand, d’énormes cristaux surgissant soudainement du précipice pour s’élancer vers le ciel, le vieillard vit la matière froide grimper de plus en plus. Près de la faille, le jeune trio avait également assisté au phénomène qu’il donnait aussitôt l’alerte. Linar comme hypnotisé par cette scène incroyable, il demeurait figé de stupéfaction que, réveillé par son ami Harley, il se précipitait sur le sentier pour alerter les habitants du coin.

L’adolescente partant quant à elle prévenir les villageois établis sur les estrades supérieures, le sang-mêlé assistait avec effroi à cette glaciation étrange qui paraissait provenir du centre de la terre. L’atmosphère devenue glaciale, le jeune homme voyait de la neige perler des cieux et ses os, aussi transis que sa chair, semblaient être devenus pierre. A cet instant, la vision d’une fleur de cristal en train d’éclore au fond de la crevasse le dérida : là, en bas, une personne énigmatique sortait de ce végétal bizarre et s’élevait, drapée d’un long vêtement opaque qui ne révélait que sa figure.

Les herbes bordant le ravin en train de se recouvrir de glace, la populace désertait vers les sommets pendant que le métis scrutait le mystérieux être qui venait clairement en ennemi. Toujours en train de s’élever, caché par son voile énigmatique, l’agresseur arrivait maintenant au seuil du bourg, le garçon demeurant près de la falaise sans détacher l’assaillant de son point d’horizon.


« Qui êtes-vous ? Questionnait-il la forme voilée tandis que les premières maisons disparaissaient sous la couche brillante ascendante.
-Un gamin qui ose me tenir tête… Voila qui est courageux… Ironisa l’inconnu à la tonalité féminine.
-……
-Mais le courage ne te suffira pas pour me battre ! » Déclara l'obscure attaquante en le rejoignant soudainement en un éclair, l’ayant frôlé tandis qu’il devenait statue de glace.

Les cris affolés des fugitifs ameutant l'assaillante, la créature continua sa lévitation en même temps que la cristallisation du terrain, survolant les marches du grand escalier qui amenait à l’immense dalle vert clair bordée de statues. Les survivants rassemblés là, le maire était détaché du groupe et faisait front à cette personne malfaisante qui congelait leurs domiciles.


« Que voulez-vous, être maléfique ? Demanda-t-il à l’énigmatique personne. Que pouvez-vous vouloir à un village tranquille comme le nôtre ?
-Mon nom est Vitenki. Se présenta l’inconnue. Maintenant… Disparaissez ! » Refermait-elle son poing à la couleur mercure, la glace grimpant à une allure brutalement accélérée pour encercler les rescapés…


Hima…

La grande montagne à la couleur bauxite où siège le tout petit bourg de Hima…Composé uniquement de l’auberge 'Aux échos' en forme de chalet et où seraient situés quelques sites d’exploitation miniers, cet endroit reculé servant d’étape aux voyageurs entre Luin et Izoold vivait également une situation atout aussi dramatique en cet instant. Des nuages noirs recouvrant le soleil, un cyclone enrobait entièrement la localité et les rares audacieux qui avaient essayé de fuir avaient été découpés nets par des lames invisibles.

Un sifflement continue assourdissant les malheureux miraculés, on aurait dit que des cris déchirants accompagnaient les mugissements de la tornade.

Dominant le mont où, jadis, les sauveurs de Tessévaran s’étaient envolés vers la tour du salut à dos de dragon, un autre individu, visible de dos, était présent. Une longue cape marine bordée de blanc cachant sa partie dorsale, on ne voyait que l’arrière de sa tête où coulaient des cheveux de teint turquoise taillés en carré. Impassible, insensible au sort de ces surfaciens, il regardait avec détachement le spectacle qui s’offrait à lui : des dizaines de fantômes verdâtres en train de sortir des courants venteux, les êtres morts-vivants agressaient les aventuriers qui osaient les défier. Des hurlements terrifiants déchirant les alentours, des corps sans vie s’écrasaient sur la terre ocre à chaque instant, le sang se mélangeant au terrain pour s’écouler ensuite dans le vide.

Des résistants protégeant la grande demeure de bois, ils luttaient désespérément contre les formes transparentes incroyablement nombreuses, succombant les uns après les autres. Des mages tentant de chasser les créatures par leurs magies salvatrices, les guerriers essayaient de trancher en vain les revenants et finissaient par rejoindre le royaume de l’autre monde.

Les flancs rouges de la montagne en train de s’effriter, les assiégés tombaient peu à peu. La boutique du vendeur d’objet dévastée, il n’en restait qu’un morceau d’étoffe couleur chicorée avec un cadavre ensanglanté sur le tapis au ton de l’herbe. Le bric à brac qui le côtoyait complètement dispersé, la pancarte couleur corail de l’entrée avait été salie du plasma d’une des victimes. Les infortunés luttant de toutes leurs forces contre cette invasion mortuaire, les héros survivants formaient un cercle et contenaient tant bien que mal les forces ennemies  qui venaient de tous les côtés.

La crainte et le désespoir se lisant sur leurs visages, les rebelles se battaient pour repousser sans cesse cette mort inévitable qui transparaissait au travers de ces créatures venues de l’au-delà. Venant du chemin montagneux, depuis les houles de la tourmente ou du ravin, les esprits immortels étaient pareils à un fleuve intarissable et dévoraient la vie des valeureux malgré la ténacité de ses derniers. Incantations et coups d’épées fusant depuis le toit du cabanon, des lumières jaunes, vertes et bleues trouaient les apparitions morbides venues achever les assiégés.

Les derniers rescapés refluaient au milieu du sommet de la toiture pendant que l’ouragan semblait se refermer sur eux, planches arrachées et pierres voltigeant tout autour. Couverts de blessures, la sueur sur leurs fronts, la respiration haletante, les braves sentaient une horrible terreur saisir leurs entrailles comme une main qui leur aurait empoigné les tripes. L’adrénaline grimpant au cerveau, le cœur battant comme un possédé, chacun d’entre eux vivait un cauchemar vivant plus épouvantable qu’une fin qu’ils avaient involontairement hâte de voir arriver.

Mais ils ne pouvaient se résoudre à se laisser abattre ainsi… A offrir leur vie à ces revenants sans en emporter le plus possible avec eux… Ils vendraient cher leur peau et on lisait en leurs visages qu’ils videraient jusqu’à la moindre parcelle de leur être jusqu’à l’achèvement final. La baraque en train de s’effondrer sur ses flancs, ses anciens occupants perdant du terrain, ils sentaient les bras froids et translucides des spectres frôler leurs jambes avant qu’ils ne les tuent. Mais le traquenard se refermait sur eux comme un piège à loup et ils sentaient maintenant l’horreur les gagner, s’infiltrant dans leurs muscles et faisant frémir leurs jambes.

Les os glacés, les traits se serrant, les yeux s’ouvrant d’effroi, les rares rescapés étaient désormais collés les uns aux autres, dos à dos, leur cercle de défense plus que jamais fermé.

Les membres des âmes mortes s’allongeant alors en vertical, enfermant les malheureux en une sorte de cage ronde aux barreaux d’ectoplasmes, ces derniers se gardaient d’une attaque du ciel lorsque, se dévoilant depuis les hauteurs, le commandant des esprits se montra.  
Ses prunelles masquées par sa toison aigue-marine, l’individu considérait silencieusement ces renégats lorsque, dressant sa main mercure, il l’emplit d’un éclat opaque.

Un cercle noir recouvrant le haut de la prison spectrale, les prisonniers ouvraient la bouche de panique que, frappés par une lumière obscure, ils sentaient leur épiderme baigné d’une froidure tétanisante. Comme brutalement paralysés, têtes levées vers le haut, ils avaient l’impression qu’on leur extirpait les viscères que, les bras des revenants s’enroulant soudainement autour d’eux, ils étaient à leur merci. Les tentacules transparents devenant alors comme la clarté sombre, leurs énergies aspirées, les captifs condamnés traversaient un moment effroyable lorsque, les serviteurs du démon se colorant de rouge, ils s’introduisaient brutalement en leurs victimes pour dévorer leurs âmes…


Izoold…

Les flots frappaient les fondations des passerelles de bois avec vigueur… Depuis son étalage, le marchand de poisson sentait ses ligaments le lancer pendant que la toile surplombant son magasin était secouée par le vent. Un vent annonçant le malheur… Se disait-il avec une crainte mordant ses entrailles. Plus loin, sur les pontons, une femme aux cheveux roux et au tablier blanc bordé de bleu était en train de sermonner un pêcheur en train de s’amarrer. Bronzée, cette personne ceinturée d’un ruban rouge, sa toison recouverte d’un fichu gris avec une rayure ocre, avait une tonalité vive et le malheureux Max en prenait de toutes les couleurs.

Toujours vêtu de son éternel pantalon marin et de son pull brun, le matelot répondait vaguement à ses questions tout en resserrant les cordes qui assureraient le bon ancrage de son navire. Lui aussi, comme tant d’autres collègues, avait ressenti un profond trouble dans les couches supérieures et la nuit serait terrible… Son instinct avait depuis longtemps fait ses preuves et les cumulus capricieusement découpés plus au large en étaient un signe précurseur.

Les deux plates-formes principales ballottées par l’eau, le bois craquait en continue pendant que chacun se préparait à des activités post-nocturnes. Les hommes se retrouvaient à la taverne, les femmes lançaient la coutumière bouillabaisse revigorante capable d’assouvir le plus féroce des appétits et les enfants rentraient chez eux pour aider leurs mamans quand ils ne devaient pas faire leurs devoirs. Sur les bords du village, les poissons suspendus habituellement séchés au soleil étaient récupérés par leurs propriétaires et l’aire d’observation, à l’extrémité opposée de la ville, se désertifiait.

On ne voulait pas affronter les débuts de ce qui serait un ouragan sensationnel et, déjà, la voûte céleste devenue sombre faisait rouler les tambours de sa colère prochaine. De petites gouttes d’eau s’écrasant sur les avancées branlantes et les maisons de la localité côtière, les embarcations remuaient progressivement de plus en plus fort en faisant tressaillir leurs coques dans un bruit éprouvant. L’ouragan arrivait droit sur le petit bourg et celui-ci allait essuyer une formidable tempête…

Les cloisons des demeures vibrant sous la puissance de la houle, le beuglement du souffle devenant de plus en plus fort, la bourrasque qui s’abattait sur les régions du Sud serait d’une intensité extraordinaire. Les légères ondées devenant pluie, la terre était martelée par le liquide froid et des flaques se formaient sur le terrain devenant boueux. Le fanion écarlate à l’entrée du village s’arrachant sous la violence de la brise, les habitations claires devenaient brunes foncées avec le déclin de la lumière.

Abritée sous un porche de l’une d’entre elle, sa longue tresse au teint gentiane traversée par le vent venant du large avec sa robe azur, Clara constatait d’un œil effrayé le progrès de la tourmente. Les lampes à huile secouées dans tous les sens, la barque de la crique happée par l’élément liquide, Izoold était avalée dans les mandibules invisibles de cette houle qui devait aussi sonner le glas de son destin irrémédiable…

L’obscurité se répandant comme un voile, une noirceur inhabituelle accompagnait cette fois la pénombre coutumière à un typhon ordinaire. Ce n’était pas une opacité habituelle mais des ténèbres maléfiques visiblement répandus par un être malveillant. Les alentours disparaissant progressivement, les plaines et les forêts lointaines s’effaçaient rapidement, avalés par cette occultation démoniaque.

Le fléau entourant petit à petit le hameau naval, les malheureux animaux qui étaient ingérés par l’assombrissement maudit poussaient des cris sinistres avant que l’on n’entende des bruits de crépitement. Les bateaux en proie à une mer maintenant très agitée, les amarres se rompaient les unes après les autres sous la virulence de l’élément déchaîné. Des ondes négatives hérissant les chiens et les chats, la populace commençait à s’effrayer devant cet ouragan non naturel. Ce n’était pas normal !

L’un des enfants en train de jouer à l’extérieur malgré la pluie qui devenait averse, sa mère venait précipitamment le chercher et le recouvrait d’un ciré gris pour le ramener à l’intérieur quand, son attention attirée par l’horizon, la villageoise remarqua avec effroi l'obscurité totale qui enrobait toute cette zone d’habitations.


« Que… Qu’est-ce que… » Balbutiait-elle que, surgissant soudain de la brume opaque, un tentacule de feu la désintégrait brutalement, son gamin retombé en arrière, choqué.

A cet instant, une silhouette apparut sur la mer. Flottant au-dessus de l’océan démonté, la créature à l’allure satanique scrutait le petit port avec une expression satisfaite et paraissait ravie d’avoir piégé ses proies que, levant sa main droite, elle faisait surgir de son brouillard une véritable nuée de ces appendices flamboyants.

Ceux-ci s’engouffrant dans les cheminées, portes, fenêtres et autres ouvertures, Izoold était envahie en un éclair et sa populace carbonisée. Des fuyards tentant de s’échapper par la terre, ils se retrouvaient coincés par la zone sombre et étaient dévorés par elle quand ils n’étaient pas rattrapés et brûlés vifs par ces espèces de lianes infernales. Rampant comme des anguilles, se dressant comme des cobras ou plongeant comme les faucons, les flammèches vivantes traquaient partout leurs victimes pour les volatiliser en cendres.

Les maisons incendiées, les quais d’amarrages disloqués par les flots incontrôlables et les environs engloutis par cette purée de pois, le bourg côtier et ses habitants étaient rayés de la carte du monde…


Oasis de Triet…

Dans les dunes chaudes à la couleur du blé mur, la vision de la ville-étape de Triet s’offre à nous. Ancrée dans un bassin comparable à l’intérieur d’un bol, la cité du désert offrait alors son étang éclatant et ses murs de terre sèche à la morsure du soleil qui rayonnait entre les feuilles des palmiers des alentours. Les marchants s’affairaient dans la petite rue commerciale du bourg, les bédouins entraient et sortaient de la localité, les passants discutaient ou se désaltéraient au puits quand ils ne buvaient pas un thé sous les toiles de quelques amis vendeurs.

Les armes ferrées de l’armurier brillant sous la clarté éclatante, le sol semblait rôtir sous la sécheresse et toute terre ne se trouvant pas près du lac vital était craquelée. Des caravanes ambulantes en train d’approvisionner les négociants, grossistes et détaillants ; ceux-ci débattaient ferme pendant qu’enfants de nomades jouaient avec les bambins citadins. L’étable abandonnée devenue délabrée, la patronne du 'Mirage' regardait les gens depuis sa terrasse. Masquée par un parasol, elle se reposait un moment tant cette journée était caniculaire et ne pensait pas avoir de clients pour l’auberge avant ce soir.

Les gouttes perlant de son corps bruni par l’astre solaire, la responsable hôtelière essayait de s’éventer et poussait de temps à autres un soupir de lassitude.
Tout à coup, son attention attirée par une chose curieuse, elle vit que les élévations de sable entourant la ville s’effondraient peu à peu sur elles-mêmes en plusieurs endroits. Ses sourcils froncés, son cœur s’accélérant, la femme d’age mûr s’était relevée avec inquiétude et avisait ce phénomène avec anxiété que, surgissant avec imprévisibilité, d’immenses formes sombres s’envolaient vers le firmament en renversant le terrain.

Formant d’abord des tiges compactes, les étranges choses faisaient penser d'abord à des pointes. A cet instant, se divisant au bout pendant que d’autres tiges poussaient sur les côtés, les extrémités obscures affichaient une apparence hostile sous la forme de gueules écarlates et gonflées, munies aux dents acérées. Comparables à des dionées gobe-mouche, les bouches claquaient avec appétit et continuaient de grossir pendant que les sommets des arbres devenaient des coussins violacés, libérant un pollen toxique.

L’agglomération noyée sous un nuage verdâtre, les tentacules vivants se jetaient aussitôt sur des villageois tétanisés et les avalaient prestement tandis que le poison faisait tomber les autres malheureux. Les essences nuisibles toujours en croissance, des centaines de végétaux surgirent soudainement dans le bourg, démolissant les maisons pour éteindre dans les morsures fatales les fuyards qui tentaient de sauver leurs vies. Certains agrippés par des lianes, ils étaient aussitôt ramenés au cœur des arbres carnivores et disparaissaient dans un orifice central au sommet de certaines des plantes.

L’attaque avait été brutale et les survivants étaient encerclés par cette véritable forêt de la mort. Contemplant au loin ce sinistre spectacle, un individu perché sur l’une de ses créations se délectait de la terreur humaine et l’on pouvait lire dans ses yeux cyans une perfidie sans égale. Que ce soit hommes, femmes, enfants, bébés ou vieillards, les apparitions sordides n’avaient aucune compassion et dévastaient les murs et les demeures, chassant toute chose munie de deux pattes.

A un endroit, une femme cachée dans un grenier voyait son toit arraché et sa tête était happée par l’une des bouches des appendices voraces. A un autre, les lianes démolissaient les cloisons d’une habitation pour attraper une famille entière et les larguer dans les gueules affamées. Ailleurs, de rares résistants tentaient de mettre en échec les agresseurs floraux mais ils étaient tôt ou tard aspirés par les orifices à l'appétit insatiable qui sortaient du sable en permanence.

Un gigantesque bois carnassier en train de coloniser Triet, on ne pouvait plus voir la ville de l’extérieur et ses habitants voyaient le disque jaune s’effacer sous la voûte forestière naissante qui se chargeait sans cesse davantage de gosiers faméliques. Se battant à coup d’épées, de bâtons, de magie ou de pierres, les humains tentaient de résister à la folie meurtrière des bois prédateurs mais leur destin se scellait inexorablement et ils ne pouvaient y réchapper : le piège s’était refermé et il n’y avait plus que la mort par empoisonnement ou digestion.

Dans le bassin clair, une autre flore prenait naissance et ceux qui s’étaient réfugiés sur le ponton furent prestement pris entre deux feux, entre les lianes maritimes et terrestres. La passerelle de bois s’effondrant sous l’assaut des végétaux, les villageois tentaient alors de nager mais ils disparaissaient peu après dans le lac, happés par des tentacules sous-marines. Recluse dans son auberge, la dirigeante de l’établissement hôtelier tremblait, cachée derrière son comptoir, que sa toiture était percée par l’une des tiges en quête de nourriture.

Un poêlon saisit discrètement, la rebelle attendait que la forme reptilienne arrive que, se défendant, elle fracassait de son arme improvisée la menace. Un instant hagard, la plante s’écroulait alors à terre et la patronne allait aussitôt se retirer que, traversant le trou fait dans le toit, un étrange individu écarlate se présentait devant elle.


« Quel courage pour une humaine… Ironisa l’être démoniaque dont le corps était en grande partie masqué par la pénombre.
-Qui êtes-vous ? Se recula la prisonnière, devinant un assaillant extrêmement redoutable.
-Jussian, seigneur infernal et un des lieutenants de son éminence ; Kazathorn.
-Kaza… ?! Ne compris pas la propriétair