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FANS FICS (archive)

L'Otram, le monde ancestral

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Posté par Molock le 05-12-2006 à 21:47
Avatar de MolockEnfin nous découvrons le dieu du bien ! Un chapitre superbe qui fut un pur régal ! J'ai bien aimé le 'coup des dessous' avec l'infirmière au début. Apprendre que Kuraï a été un ange noir a été une surprise mais sans vraiment l'être non plus car son caractère froid et peu sensible devait bien avoir une origine obscure. La suite est attendue avec impatiente !
Posté par Kikart le 01-03-2007 à 12:14
Avatar de KikartJoyeux Noël à tous!! comment ça en avance Oo


{Fiche perso}PISTOS : roi, ami de Pracad, qui a sombré dans le mal. Il rendit service à Wildfar qui en échange lui donna de nouveaux pouvoirs. Il s’intéresse à Kuraï, et tentera de le tuer après la grande guerre. C’est un ancien moine à la longue barbe blanche et aux yeux gris, qui se bat avec un cimeterre.




Chapitre 20 : l’amour du mal

Les combats journaliers reprirent, tout comme l’entraînement de Kuraï. Les cinq autres Mystiks le croisèrent, discutèrent quelques temps avec lui.
« Tout comme Wildfar, notre roi nous a proclamé officiellement « garde du corps du héros ». Annonça Fred, une lueur d’enthousiaste crépitant dans ses yeux d’un bleu profond.
-Et cela consiste en quoi ? Répliqua l’Invocateur, intrigué par la nouvelle fonction. Vous allez me suivre partout où je vais ou bien c’est juste occasionnellement ?
-Nous avons le même rôle que les Dunguer. Intervint Drago, avant de laisser l’un de ses compagnons dire une bêtise. Wildfar se bat en solo, son clan protecteur n’intervient que sur sa demande. Il en est de même entre nous. Pourtant, nous avons trouvé une mission qui nécessite d’aller à Trapaïs, environ trois jours de marche. Nous ne serrons pas revenu avant un long moment, très long même. Je te prie d’avance de nous excuser pour cette obligation.


-Euh, il n’y a aucun problème. Faites ce que vous souhaitez, vivez comme si de rien n’était. Je risque de ne pas réclamer souvent votre aide. Mais pourquoi Pracad a-t-il décidé de vous attribuer ce titre honorifique ?
-Etant l’un des combattants les plus puissants de ce monde, tu devrais comprendre que tu es un élément extrêmement précieux pour la lutte contre les anges noirs.
-Mouais. Je peux me débrouiller tout seul, même si une éventuelle attaque se prépare à l’horizon. Vous ne tuez plus pour votre compte mais pour gagner de l’argent, ce qui sert à faire évoluer la cité. Terminez votre mission, revenez sain et sauf, et ensuite on verra ce que l’on fait. »


Sans s’adresser un mot de plus, les cinq gardiens protecteurs s’en allèrent, laissant Kuraï seul sur une surface désertique dépourvue de monstre.
Soudain, il sentit une sorte de picotement, comme si l’on enfonçait doucement une épingle dans son organe vital. Il n’y fit pas attention, croyant que sa dernière arcane eut été trop puissante, et marcha jusqu’à découvrir de nouveaux ennemis.



« Tempête ancestrale !!!!! »
Le groupe des trois monstres de niveaux 25 et plus s’écroulèrent, puis disparurent dans un nuage de poussière. « Tit tit tit ». L’épaule droite massacré et encore sur les nerfs, l’épéiste se retourna et envoya un rayon destructeur qui se perdit au loin. D’un seul coup, il crut ne jamais s’être senti aussi ridicule et sortit sa puce électronique.
« Oui patron, que se passe-t-il ? Ironisa le bretteur.
-Je dois te voir dès que possible. Ce n’est pas important, mais il vaut mieux que je te mette au courant. Rejoins-moi dans le château salle 8. »


L’élémentaliste savait qu’il devait rentrer immédiatement au palais. Si Pracad ne le contactait que rarement, ce n’était pas pour rien. Et vu la profondeur de l’entaille causée par les crocs impressionnants du cerbère, il valait mieux se faire soigner sur le champ.
« Mais que m’arrive-t-il ? Songea l’épéiste. Comment ais-je pu me faire avoir par cette technique de débutant ? »



De retour au manoir, Kuraï monta aussitôt voir son roi. Celui-ci fut surprit de le voir si tôt et constata avec effroi sa blessure. Comme une mère avec son fils, il le poussa jusqu’à l’infirmerie, bien que le héros râla sans cesse.
Là, il fut soigné en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et retourna avec son souverain dans la salle 8.
« Je sens que quelque chose ne va pas ces temps-ci. Dit-il. Tout le monde parle d’un mystérieux cavalier parcourant le monde sur une panthère à dent de sabre. Apparemment, ce cavalier visite toutes les villes dans le but de trouver une personne. J’ai contacté différents patriarches pour recevoir une description, si mince soit-elle, de la personne en question. Voici le croquis que je viens de terminer. »

Il présenta son œuvre à son ancien élève, qui analysa le portrait. Une chevelure blonde retombait sur de larges épaules. Une armure de fer abritait un corps de muscles et une épée en peau et à dents de requin se nichait dans son dos. L’individu devait être grand, peu âgé, environ une vingtaine d’année. Kuraï observa plus longuement son visage : ses grands yeux d’un noir pur étaient chaleureux. Une cicatrice coupait son œil droit et une autre en croix se trouvait sur sa joue gauche.

« Il ne te fait pas penser à quelqu’un ?
-Si, mais c’est impossible. On ne peut pas faire revenir un mort. Ca ne peut être lui.
-Pourtant il faut bien croire le contraire. Maliarmus, l’ancien amant de ta sœur Yusha, est de retour, et il la cherche.
-Elle ne l’aimait plus à la fin de sa vie, je ne vois pas pourquoi il la recherche…
-Moi non plus, mais tout cela ne m’indique rien de bon. Nous verrons le comportement qu’il adoptera le jour où il nous rencontrera.
-Mais que veut-il à ma sœur ? Elle ne se laissera jamais séduire une seconde fois par un type pareil. Elle l’a même laissé mourir sans rien faire, et après sa disparition, elle n’avait pas l’air d’être triste…
-Des questions sans réponses. Soupira Pracad. Si jamais tu le croises lors d’une de tes promenades de santé, comme tu dis si bien, conduis-le ici.
-Et si le pire vient à se produire ? Les cinq Mystiks ne sont plus là, il n’y a plus aucun défenseur très compétent dans l’art du combat si jamais il se produs…
-Nous saurons que faire. Coupa le monarque. Repose-toi cet après-midi, récupères des forces, cela ne te fera pas de mal. Et surtout, n’en dis rien à ta sœur. »


Après un hochement de tête, ils se séparèrent.
A la sortie, Kuraï alla se poser dans un café et se prit un double cocktail alcoolisé pour oublier ses problèmes.
L’après-midi passa, et l’épéiste rentra chez lui, se reposer sur la terrasse qu’il s’était faite construire.


Le lendemain, il ne se réveilla que très tard, son esprit endormi par les effets de l’alcool.
Il mangea quelques croissants et sorti de chez lui. Il fut surprit, en ouvrant la porte, de voir son roi, le poing levé, prêt à la frapper.
« Je me doutais que tu dormais encore. Dit-il en ricanant. J’espère que tu es form…oula, tu ferais bien d’aller te laver les dents car ton haleine est…
-Hmm ? Ah oui, exact j’ai oublié.
-Retrouve-moi dehors juste après, et dépêche-toi. »


Après avoir baillé une seconde fois, mais pas en face de Pracad cette fois-ci, il partit à la salle de bain. Deux minutes plus tard, toujours aussi peu réveillé, il sortit. Ses yeux s’étrécirent quand il vit le cavalier nomade. Il s’approcha doucement du petit groupe de guerriers qui s’était pressé autour de l’arrivant et contempla celui-ci de loin. Aucun doute, c’est bien Maliarmus.
Le bretteur se fraya un chemin et parvint devant lui, Yusha et son souverain.
« Te voilà enfin ! Fit-il. Tu te souviens de Maliarmus, l’ancien amant de ta sœur ?
-Bien sûr que je me rappelle de lui. Mais comment se fait-il que tu sois vivant ?
-C’est une longue histoire. Répondit le solitaire de sa voix douce. Pourquoi ne pas aller en parler chez Yusha ? Ou même chez toi Kuraï si tu m’y autorises.
-Mais bien sûr, Yusha sera ravie de nous accueillir chez elle, allons-y. »


Le bretteur du supporter le regard noir de sa sœur pendant qu’ils marchaient. Pourtant, il savait bien, vu la mine réjouie qu’elle affichait au départ, qu’elle était heureuse de parler de cette histoire chez elle.
La panthère resta attachée dehors à regarder son maître parler à l’intérieur de l’habitation.
Assise sur son lit, la jeune fille était fascinée par ce qu’avait fait Maliarmus.
« Et quand Wildfar a eu besoin de moi, il me ramena dans le monde des vivants par une technique de résurrection, ou plutôt un parchemin je crois. La promesse que je lui avais faite m’a servie de ruse et ainsi, j’ai pu lui échapper. Je savais qu’un jour ou l’autre, il me rattraperais. C’est pour monter une résistance que je suis venu ici, et aussi parce que je connais beaucoup de monde.
-Et bien ! Quelle histoire palpitante ! Frémissait Yusha. Tu m’impressionnes drôlement !
-Attend que je me batte à tes côtés et tu oublieras ce récit devant mes exploits. Dit-il sérieusement.

-Mais comment a-t-il pu convaincre Myggdrar et Wildfar de le ramener à la vie alors que dans son esprit il pensait le contraire. Songea l’Invocateur. Je n’aime pas ça,  je ferai bien de le tenir à l’œil.

-Vous ne voudriez pas nous laisser tous les deux ? Demanda la jeune guerrière. J’aimerai parler avec lui, si cela ne vous dérange pas.
-Non, pas du tout. Viens Kuraï, laissons-les ensemble. »


En sortant, le héros caressa la dent de sabre. La panthère plissa les yeux et poussa quelques cris lorsque les deux hommes s’éloignèrent.
« Je trouve ça bizarre qu’il ait pu berner le plus puissant des anges noirs et son dieu juste par la parole. De plus, Yusha est princesse, et j’ai l’impression qui veut tout faire pour rester seul avec elle et la draguer. Cela ne m’inspire pas confiance…
-Et ta sœur tombe dans son piège. Je ne sais pas ce qu’il veut, mais j’ai quand même une petite idée.
-Dis toujours.
-S’il arrive à regagner la confiance de ta sœur, peut être parviendra-t-il à se marier avec elle. Il deviendra prince, et si ses intentions sont mauvaises, il montera ta sœur contre toi. Il pourrait la forcer à te tuer sans que toi tu ne puisses rien faire. Tu n’affronteras jamais la personne qui compte le plus pour toi.
-Pas bête. Je ne pensais pas à tout ça, mais on verra l’entraînement cet après-midi. J’irai seul avec lui, et nous découvrirons qui il est vraiment… »



Le temps défila à grande vitesse. A peine sorti de table, le bretteur retourna chez sa sœur. Il frappa, entra et retrouva les amoureux en train de parler.
« Frérot, qu’est ce que tu veux ?
-Ca te dirait de venir combattre quelques monstres dehors, pour nous montrer ton talent si exceptionnel soit-il. Rétorqua-t-il au nouvel arrivant.
-Yusha, me ferais-tu l’honneur de nous accompagner ? »


Il eut juste le temps de faire sa proposition que la jeune fille était déjà dehors. Ils franchirent les limites de la ville ensemble, et quelques mètres plus loin, avec des yeux d’aigle, Maliarmus aperçut un monstre puissant, que même Kuraï ne voyait pas. Yusha était folle de joie de découvrir les capacités de cet homme et pressa les deux combattants. Devant cet élémentaire de feu relativement fort, le vagabond sortit une grande épée et peau et dent de requin. A peine positionné, il était déjà au corps à corps.
Esquivant les jets de lave de la bête, il concentra une attaque qui donna un aspect bleuté à son arme. Un bruit aigu retenti et Maliarmus dévoila sa technique : une simple attaque tournoyante. Le monstre, lacéré, n’opposa aucune résistance et reçut tous les coups de plein fouet. Lorsque le bretteur mit un pied à terre, l’élémentaire de flamme s’effondrait, tranché en huit parties.


« Ouah tu es super fort Maliarmus !!! S’exclama Yusha.
-Ce monstre n’était pas à la hauteur, je n’ai pas pu dévoiler tout mon talent. Pardonne-moi.
-Il est bon, mais il n’a rien d’extraordinaire…Il va voir la raclée que je vais lui mettre ! Pensa l’élémentaliste. Bon à mon tour maintenant. » Dit-il tout haut.


Il matérialisa deux lames de coudes qu’il s’ajusta et observa la plaine désertique. Tout à coup, il vit un monstre apparaître. Entouré d’un halo de lumière, cet élémentaire d’eau venait d’être ressuscité. Dommage qu’il soit tombé à cet endroit, il n’allait pas tarder à repartir.
Kuraï savait que la créature était plus puissante que la précédente, affrontée par l’autre guerrier. Ne laissant le temps à quiconque de faire cette remarque, il bondit face à l’ennemi. Des dragons d’eau sortaient du sol et tentaient d’agripper l’une des jambes du héros tandis que deux jets aquatiques en forme de lame se dirigeaient sur sa tête. Le héros sauta dans les airs, évitant chaque offensive, et érafla sérieusement la bête. Après avoir donné une dizaine de coups dans les deux secondes qui suivirent, il enfonça ses lames dans le corps aqueux de l’élémentaire. Il sentit que l’eau affluait en masse dans le corps du monstre pour compresser ses poignets et broyer ses os. Astucieusement, il fit exploser ses armes avant, répandant un courant électrique dans la créature. Immédiatement, la terrifiante tempête ancestrale s’abattit sur elle…
Posté par Molock le 25-12-2006 à 18:07
Avatar de MolockMais qui est donc cet ancien amant ?... Hmmm... Suspens suspens ! Je sens qu'il n'a fini d'en faire baver à notre héros-XD. Le chapitre suivant est désiré ARDEMMENT-lol.
Posté par Kikart le 01-03-2007 à 12:14
Avatar de KikartEt c'est enfin là que l'histoire débute réellement :D (enfin me direz-vous).


{Fiche perso}:MYGGDRAR : dieu de l’enfer. Il est le créateur de l’Otram avec Deossa et possède tous les pouvoirs liés au mal. Il prend soin de Wildfar qui est son disciple, et veut lui enseigner les plus puissants arcanes qu’il connaît. Mais en contrepartie, l’ange noir devra lui dévoiler toutes ses capacités pour savoir s’il est digne de recevoir les nouvelles techniques. Futur adversaire de Kuraï? Piste à trouver en s'aidant des petits indice du texte.




Chapitre 21 : le piège se referme

Les jours passèrent sans que personne ne les ai vu s’écouler. Depuis combien de temps Maliarmus était-il à Krackor ? Une semaine ? Deux semaines ? …Trois peut être ? Pourtant, Kuraï ne s’était toujours pas habitué à sa présence. Complice avec son roi, il lui rapportait chaque fait impliquant le cavalier nomade.
Yusha succombait au charme du jeune homme jour après jour et en était allé jusqu’à mal parler à son frère, chose qu’elle n’avait jamais faite. Le processus se déroulait comme prévu, la seule faille pouvait être causée par le mage, mais surtout par l’élémentaliste.
Chaque matin, lorsque le héros passait devant l’habitation de sa sœur, il restait caresser la panthère à dent de sabre quelques minutes.
« Je connais la vérité, mais je ne sais pas pour autant qui est ton maître. Avoua-t-il à l’animal. Qu’est ce que tu fiches dans cette histoire ma pauvre ! Je ne sais pas d’où tu viens, car Maliarmus n’a jamais eu de monture aussi imposante que toi. Mais je connais ta véritable identité ; tu as été métamorphosé pour nous tromper car tu prépares un mauvais coup avec ton acolyte. »


Ne percevant aucune réaction irrégulière de la part de la panthère, il jugea que sa stratégie n’avait pas fonctionné et qu’il avait peut-être tort. Le monarque cheminait tranquillement dans la rue et s’arrêta devant son ancien élève.
« Prends garde ! Prévint-il. Si tes affirmations sont vraies, cela peut prouver l’exactitude de ta stratégie. Autrement dit, si ce que tu penses des intentions de Maliarmus se révèle être correct, alors cela signifie que ce n’est pas un Otramien. Dans ce cas, comme tu viens de le préciser, sa monture n’est peut être pas animale. On ne peut contrer un sortilège de métamorphose ou de modification d’apparence –magie encore plus puissante- une fois lancé. L’envoûtement ne peut-être brisé que si la nouvelle incarnation de la victime le souhaite ou un certains temps après l’accomplissement de sa mission.
-Donc ?
-Cette dent de sabre pourrait confier à son maître ce que tu as énoncé. » D’un geste de la main, il effaça la mémoire de la panthère. « A présent elle a oublié ce que tu as dis durant ton monologue. Partons…maintenant. »

Les deux hommes rentrèrent au château pour élaborer une stratégie infaillible contre l’éventuel imposteur.


15h30. Kuraï, posté sur le toit d’une maison mitoyenne à celle de Yusha, guettait la sortie du futur couple. Grâce à une ouverture minuscule aussi grand qu’une mine de crayon, l’œil collé contre la peinture du petit rebord, il pouvait voir chaque déplacement sans qu’on ne puisse le remarquer. Forcément, il ne prenait pas de gros risques à les épier de cette façon, mais il se demandait ce qu’il ferait ensuite. Dans une plaine avec des arbres, une forêt, un sol vallonné ou une montagne, il aurait eu plus de facilités, mais dans une zone désertique où l’on peut voir à des kilomètres à la ronde, ce serait difficile.
Heureusement, Pracad lui avait donné une mini-carte électronique qui lui serait d’une grande aide lorsqu’il aurait perdu de vue son objectif. D’ailleurs il le poursuivrait uniquement grâce au moyen de cette merveille, et ferait intervenir ses sens si besoin pour mieux le guider.

15h50. Toujours pas signe de Maliarmus, ni de Yusha. L’Invocateur pense que les deux tourtereaux font ce que font habituellement les grandes personnes lorsqu’elles sont ensemble dans le même lit. Se résignant à penser à de telles choses, il s’endormit.


16h10. Enfin ! Le grand guerrier et sa compagne se sont enfin manifestés ! Le claquement de la porte ne fit point bouger l’élémentaliste perché sur le toit de l’habitation voisine. Pourtant, lorsque les cibles eurent le dos tourné, il sursauta et se massa le postérieur. Il retira une longue mais fine aiguille dont le bout était rouge feu. Il chercha du regard qui avait pu faire ça et fut alerté par les grands signes de son roi. Il comprit que Pracad n’avait fait ce geste que pour le réveiller.
Aussitôt, il bondit avec légèreté sur plusieurs toits avant de sauter sur les remparts gardés par quelques soldats. Ceux-ci comprirent immédiatement la situation en voyant l’attitude de l’espion et donnèrent les positions du jeune couple aussi loin qu’ils pouvaient les voir. Kuraï confirma les dires en suivant les directions sur son écran.


Le duo marchait vite dans la zone désertique, il semblait y avoir un événement urgent et le héros devait trouver ce que c’était avant qu’il ne soit trop tard.
Maliarmus guida sa future femme dans une forêt humide. Voilà que le désert s’estompait pour laisser place à la végétation plus ou moins tropicale. L’Invocateur pensait qu’il aurait plus de facilité dans ce milieu, car suivre son objectif dix kilomètres derrière n’était pas la meilleure solution. Pourtant, il n’avait pas le choix. Il ne fallait pas se faire voir, mais il ne devait dévoiler son aura que sur la place où il était, ce qui représentait un effort considérable, car à la moindre faille, son ennemi saurait mentalement qu’il est pisté.


Il matérialisa un shuriken d’où émergea un dragon électrique. Malgré sa petite taille, il était aussi résistant que les plus imposants, mais aussi plus discret. Il partit aussitôt en repérage en longeant le sol et en se concentrant un maximum pour ne dégager aucune énergie.
Face au bois, il stoppa net et se dissimula derrière un arbre épineux. Une créature similaire à lui mais d’un rouge couleur feu vint se poster de l’autre côté du même arbre et attendit.

Même au bout de plusieurs longues minutes, le monstre de flamme ne bougeait pas. Kuraï perdit patience et comprit que ce n’était qu’un pion que le cavalier avait envoyé pour surveiller ses arrières. Soit il flairait le guet-apens, soit il préférait laisser un guetteur. A présent, il était pris au piège. Les dragons voient loin, mais cela vaut-il pour les dragons de feu ?
L’élémentaliste favorisa la prudence et fit un long détour. Au lieu de rentrer directement dans la forêt, il passera par les plaines et attendra à la sortie. Mais pour le moment, il suivra les déplacements sur son capteur. Mais le dragon qu’il avait envoyé ne pouvait pas bouger, car au moindre mouvement, il faillirait à sa mission.
Cette situation délicate l’embarrassait. Il ordonna mentalement à sa créature de n’attaquer que lorsqu’il le lui dirait, et pendant ce temps, créa un second dragon à partir du premier. Il se mit à pourchasser sa sœur par l’extérieur du bois, ce qui lui permit de doubler l’allure.


« Mais où m’emmènes-tu ? Réponds s’il te plaît.
-Quelque part, dans un endroit secret. » Répondit le cavalier. Son plan marchait à merveille, la jeune guerrière ne se doutait de rien. « Tu ne seras pas déçu, je te le garantis ! ». « Oh non, tu ne le seras pas. » Pensa-t-il.

Une quinzaine de minutes plus tard, Yusha en prit plein la vue. Une cascade gigantesque qui tombait dans un petit lac entourant un îlot. L’endroit était grand, magnifique, et le soleil ne faisait qu’accentuer l’effet.
Tout à coup, Maliarmus perçut une aura délicieuse émanant de sa fiancée. Il eût envie de la saisir, de la déshabiller et de se jeter dans le lac avec elle. Mais il chassa cette idée de sa pensée. S’il avait été Le Maliarmus, il l’aurait fait, mais puisque ce n’était pas le cas, il dût se concentrer sur sa mission. Pourtant, cette envie le perturbait. Ce corps avait le pouvoir d’obliger l’individu qui le possède de faire des choses auxquelles il ne songerait même pas. Le mort avait-il une influence sur le possesseur de son corps ?
Il leva son bras et de l’îlot surgit un chemin dallé entre deux murs de pavés. La tireuse regarda ce qui venait de se produire ; elle ne put rien distinguer dans la pièce qui suivit à cause de son obscurité. Elle se sentit moins rassuré.

Celui qui se disait être son amant la prit par la main et la guida jusqu’à l’entrée.
« Après toi, ma douce. Dit-il. Le trésor dont je voulais te faire part se trouve dans ce petit temple. Je te précède le pas. »
Elle ne répliqua rien et avança avec prudence. Trois marches plus bas, elle tentait de percer les ténèbres de ses yeux émeraudes, mais n’y parvint pas.

Au-dessus d’elle, Maliarmus murmura dans une petite puce quelques mots qu’elle ne put comprendre. Elle s’attendait au pire et ses mains s’approchèrent de ses deux uzis contre ses hanches.
« Maliarmus, ici Maliarmus. L’intrus sera neutralisé, le piège se referme. »
D’un geste de la main, quatre statues de pierre apparurent sur les murs, deux de chaque côté.
Il accompagna Yusha jusque dans la salle obscure et l’éclaira grâce à un sort de feu. Une boule flamboyante en main, il traversa la pièce, autrefois réservée pour tendre des embuscades. Les crânes et les os jonchaient le sol, de gros rats noirs émergèrent des orbites, attirés par la lumière. Nombre de victimes avaient trouvé la mort. La jeune fille traînait des pieds, le pas lourd. Le guerrier la rejoignit et le couple s’avança jusqu’à la porte gigantesque du fond et le cavalier l’ouvrit.
Ce lieu était encore plus immense que la précédente salle, bien que personne ne put en définir les limites.


« Restes ici Yusha. Ordonna Maliarmus. Voilà ce que je t’ai promis. »
Il désigna l’autel plus loin et plus particulièrement ce qu’il y avait dessus. Un globe teinté de couleurs claires, telles que le blanc et le rose, reposait sur un socle. Mais quels étaient les pouvoirs de cet objet ?
Le cavalier le prit d’une main et passa l’autre dans sa nuque.  
Plus aucun doute, que des certitudes. La tireuse saisit ses armes à feu et les pointa sur son amant.
« Pourquoi fais-tu cela Yusha ? Ricana-t-il. Pourquoi veux-tu viser mon tibia ? Cela ne te servira à rien. Cadre plutôt ton tir sur ma tête ou mon cœur, hin hin hin !!
-…Qui es-tu réellement ? »
Des yeux rouges s’ouvrirent dans la pénombre et un cri déchira le silence. Une arme pointée dans cette direction, l’autre sur l’individu, la guerrière ne savait plus que faire.
« Tu ne me reconnais pas ? Sourit-il. Je suis… ». Et à ce moment, sous le contrôle de cette personne, la nouvelle créature bondit sur la jeune femme…



Après avoir sentit une énorme quantité d’énergie émanant du centre de cette forêt, Kuraï y pénétra de force quel que soit le prix à payer pour elle et pour lui. Il voulait absolument épargner sa sœur, mais il n’avait plus le choix, ce qu’il ressentait était de mauvais augure.
A l’opposé de ce bois, la créature de flamme se retourna et s’apprêtait à filer dans la direction du héros, quand les deux dragons de foudre lui barrèrent le passage. Peut-être qu’un seul des deux électriques ne survivrait, il le fallait pour anéantir cet ennemi, certes faible, mais dangereux en cas d’attaque surprise.


Et il arriva devant le nouveau temple. Les gargouilles s’agitèrent de suite et lancèrent un premier assaut. Kuraï sentit qu’une épée de Damoclès lui transperçait le cœur, et il s’écroula sur le sol, haletant, passant sous les griffes acérées des statues vivantes. Dans ces ruines se passait ce qu’il prévoyait antérieurement avec Pracad. Mais là il était seul. Il se releva, les yeux d’un rouge sang écarlate –ils ne pouvaient pas être plus vifs- et matérialisa un sabre à deux lames. A peine créé et l’une des gargouilles chuta, morcelée en quatre. Déjà dans les airs, il fondit sur la seconde qui lui planta ses crocs dans le crâne. Le double du bretteur disparut, se transformant en une centaine de petites boules électriques qui électrocutèrent ce monstre. Une autre partie des sphères se dirigea sur la troisième qui explosa tellement l’impact était important. Les dernières furent orientées sur la survivante, mais à la grande surprise de l’Invocateur, celle-ci reçut les globes énergétiques dans ses ailes, mais rien ne se produisit. Pourtant, une boule, qui avait fait exprès de passer dans le dos de la cible, redevint Kuraï. Il trancha la gueule de pierre de son sabre et courut dans le temple sans perdre un instant.


Alors qu’il ouvrait les gigantesques portes, un frisson d’horreur l’envahit. Le bras d’un homme près d’un autel était tendu. Et au bout, Yusha était maintenue à la gorge par cet individu.
La colère qui affluait en lui ne pouvait s’accentuer et il perçut le danger de suite.
Une immense épée s’abattit sur l’épéiste qui l’esquiva d’un pas sur le coté. Il envoya son sabre, dans l’abdomen de l’ennemi, qu’il fit exploser. Il s’approcha rapidement de son adversaire et conçu une sphère foudroyante dans la paume de sa main, d’où s’échappèrent une bonne dizaine de rayons électriques. Le mort-vivant autrefois ressuscité par l’individu encaissa toutes les décharges et mourut pour de bon sous le choc, son apparence répandue en plusieurs parties sur les dalles humides.

L’Invocateur matérialisa à nouveau un sabre à deux lames qu’il pointa en direction du nouvel antagoniste et prononça :
« Lâche ma sœur, Kilram, et viens m’affronter ! »
Le mage sourit et jeta Yusha contre l’une des extrémités de la pièce.
« Je ne ferai pas comme les deux précédentes fois, je vais en finir pour de bon avec toi ! »


Le séraphin créa un sceptre de rapidité et accommoda son incantation. Kuraï évalua rapidement l’endroit. Quelques chandeliers étaient accrochés aux murs, trois grands lustres pendaient au plafond. Voyant des prises si aisées au-dessus de lui, il matérialisa un grappin et l’envoya se loger en plein centre juste avant que la déferlante de flammes ne l’atteigne. Il fit dérouler sa chaîne pour descendre un peu en rappel et se balança jusqu’à son antagoniste.
Le pouvoir contenu dans l’arme du magicien se déclencha et son corps devint brouillé. Le héros comprit que son alter-ego sortait le grand jeu et dévoilait toutes ses capacités. Il trancha latéralement le mage, mais comprit vite que ce n’était qu’une vulgaire illusion. Il se transperça la poitrine aussitôt lorsqu’il vit qu’il était tombé dans un piège si idiot. Kilram maîtrisait parfaitement le surplus de vitesse conféré par son arme, mais le contrer n’était pas si difficile que cela. La lame pénétrant sa chair, Kuraï employa la même technique que celle contre les gargouilles. Tout son corps se transforma en boules d’électricité qu’il concentra autour de lui pour exploser et les envoyer en tous sens.


L’ange noir ne redoutait un tel arcane et put parer les quelques sphères qui étaient dirigées sur lui. Et l’erreur fut commise. L’Invocateur décela sa position grâce à ses contres : il sortit de l’une des boules et asséna un coup latéral à Kilram. Celui-ci eut juste le temps de relâcher son incantation, ce qui ralentit la puissance de frappe du sabre dans un tel brasier. L’épaule entamée, le séraphin retomba sur ses pieds, à terre, et arma une épée de mana.
L’élémentaliste envoya un shuriken qui manqua sa cible de peu avant de se prendre la déferlante de flammes. Son sang bouillonnait, comme si le feu était entré dans son corps, provoquant une baisse d’énergie importante d’au moins 15 points. Il ne devait pas se faire avoir une seconde fois, car même si ses points de vie tombaient à 0, c’est son énergie qui lui permettrait de rester sur pied. Au contraire, s’il n’en a plus, c’est la mort assurée, quelque soit la quantité de ses PV.


Alors qu’il tombait comme une feuille morte, Kilram lança, par la pensée, son épée gigantesque de mana. Lorsque Kuraï reprit ses esprits, il était trop tard. La lame allait le perforer. Trop soucieux de connaître le résultat de cette attaque, le mage ne faisait pas attention au shuriken.
Un nombre indéfinissable de dragons électriques sortirent de cette arme et s’infiltrèrent dans le corps de leur antagoniste, tandis que d’autres le déchiraient à plusieurs reprises en passant au travers. Pendant ce temps, la pointe du cimeterre s’introduisit dans la chair de l’Invocateur et tout le mana qu’il contenait fut transféré dans son corps.

Les duellistes s’effondrèrent, chacun leur tour, dans un hurlement commun de douleur. L’un avait l’impression d’avoir les entrailles déchirées, l’autre sentait encore les dragons mordre dans son cœur. Alors que Kilram se relevait, le shuriken explosa, propulsant toutes ses particules dans les jambes du séraphin, qui s’écroula à nouveau par manque de force. Et tandis qu’il ne le regardait pas, l’élémentaliste s’appliquait son sort de soin.
Soudain, les deux rivaux eurent la même idée. Le mage fit pousser de longs pics autour du chandelier qui se situait au-dessus du héros ; Kuraï envoya une sphère électrique dans le noyau du lustre au-dessus de l'ange noir. Au même instant, par un simple fil de connexion, ils transférèrent une décharge électrique sur la chaîne retenant les ornements pour qu’elle lâche prise et laisse l’objet déchoir sur l’ennemi.


Les jambes du guerrier furent transpercées, le magicien reçut de plein fouet le lustre et fut gravement électrocuté.
De nouveau immobiles au sol, les deux hommes ne savaient plus quoi faire pour piéger l’autre. Puis le bretteur, malgré ses jambes mutilées, savait que pour prendre l’avantage, il devait user de sa technique favorite. Mais pour cela, il devait se blesser avec son sabre à nouveau. C’est pourquoi il planta son arme dans son abdomen et assaillit son adversaire de ses sphères électriques. Il ré-apparut aisément et tenta de transpercer Kilram qui supporta tous les assauts sans rien dire.
« Ca ne sent pas bon. » Marmonna l’épéiste.
Effectivement, l’ange surgit par derrière, ses grandes ailes noires dévoilées, et repoussa son l’attaquant de son double coup de sceptre. Il fondit sur son alter-ego à la vitesse d’un faucon et le plaqua contre l’autel, la lame de son poignard coincée sous la gorge de son opposant.

« Ca y est Kuraï ! J’en ai terminé avec toi !!!
-Ne parle pas plus vite que tu ne penses.
-!!! »

Par un coup de pied magistral, le héros renvoya son ennemi à l’autre bout de la salle et bondit lui aussi pour lui asséner le coup de grâce.
Un noyau de puissance se créait dans les mains de Kilram, dans lequel on pouvait voir un cimetière où ressuscitait des zombis et autres goules cauchemardesques. Le héros se préparait à recevoir l’arcane suprême, car dans sa lancée, il ne pouvait pas faire grand chose et ce serait sûrement sa dernière chance de tuer son alter-ego !
« Arcane ultime : démons célestes, esprits tr… »
Filant comme l’éclair, le dragon de foudre, seul survivant du combat contre la créature de feu à l’entrée de la forêt, perfora le séraphin en plein cœur et s’autodétruisit, envoyant toute son énergie électrique à l’assaut de cet organe vital.


Le Dunguer dû arrêter son incantation.
« Un dragon en plus des précédents, ça fait trop. » Pensa-t-il.
Sans défense pendant un court instant, l’élémentaliste profita de cette ouverture pour frapper latéralement Kilram. Les deux lames du sabre sectionnèrent le visage et la partie supérieure de son buste qui éclata pour couronner le tout.
Les ailes de l’ange noir se désagrégèrent, son corps s’affaissa et se volatilisa en particules de poussière. C’en était fini de lui……du moins pendant cinq jours…
Posté par Molock le 10-01-2007 à 21:01
Avatar de MolockTrès bon chapitre !! Un vrai nectar à lire !!!


Le moment où Kuraï reçoit l'aiguille dans l'abdomen pour le prévenir --> Mdr. Pareil pour le paragraphe précédent avec ce que font 'les grandes personnes'.^^

L'intrigue et le pistage du prétendu amant de Yusha est bien fait aussi. On voit la prudence du héros et ses interrogations. On découvre aussi l'hésitation du mystificateur devant la beauté de la soeur de l'élémentaliste (dommage qu'il fasse pas ce qu'il pense-XD).

Les descriptions --> Rien à redire. Ni trop peu ni trop gros.

Le combat --> Génial avec beaucoup de rebondissements. La nouvelle technique du bretteur est bien trouvée aussi et malgré un ou deux passages confus, j'ai été en total émerveillement. A quand la suite ?

Kikart a acquis le titre --> Virtuose de la plume.
Posté par Hageru le 13-01-2007 à 11:00
Avatar de HageruCette fan fic est superbe ! Des combats génial, plein de techniques enfin .... c'est excellent ! La suite est pour bientôt j'espère ?
Posté par Triss le 18-01-2007 à 11:34
De mieux en mieux! Continue comme ça ! :)
Posté par Kikart le 01-03-2007 à 12:15
Avatar de KikartToujours plus nombreux au niveau des comms, merci ça fait plaisir ^^


{Fiche perso}:DEOSSA : dieu du bien. Il a créé l’Otram avec Myggdrar et est le maître du paradis. Il n’aide personne et laisse les Otramiens se débrouiller seul, contrairement à l'autre divinité. Il n’intervient que si le maître de l’enfer fait son apparition sur l'Otram ou si la sphère de vie est en danger, auquel cas il doit la protéger.



Chapitre 22 : la fin de l’Otram (1/4)

Alors qu’il était toujours dans le vieux temple, l’épéiste se dirigea en hâte vers sa sœur, qui reprenait peu à peu ses esprits. Toujours consciente, elle avait reçu de grands dommages.
« Excuse-moi….Kuraï…je n’ai…pas su découvrir…le véritable…….but de Kilram…
-Ne t’apitoie pas sur le passé. La réprimanda-t-il. N’importe qui aurait pu tomber dans son piège. Son seul objectif restait mon anéantissement, et en te détruisant il pensait m’affaiblir. Rentrons à présent, nous sommes tous deux en mauvais état. »

Alors qu’il l’aidait à se relever, l’élémentaliste songea à ce qu’avait prononcé Wildfar lorsqu’il était captif. « J’ai prévu autre chose pour toi. » Avait-il dit. Mais il était sûr de tuer Kuraï, alors pourquoi aurait-il pris cette précaution ? Le cible principale de 'Maliarmus' n’était pas l’Invocateur ? Qu’elle était-elle alors ?

Soudain, alors que Yusha avait passé son bras ensanglanté autour du cou de son frère et qu’elle se tenait sur ses deux pieds, un grondement attira son attention. Le bretteur lui indiqua de ne prononcer aucun mot et tous deux sortirent dans la salle antérieure. Il reposa délicatement la blessée par terre et l’entoura d’un halo bienfaiteur pour ne pas qu'elle soit agressée par d'éventuels rats.
Il monta l’escalier aussi vite qu’il l’eut pu et huma l’air à la sortie.
Il redescendit, manquant de tomber, tua tous les rongeurs par son aura et resta auprès de sa sœur.

« Nous allons camper un petit moment ici, grande sœur. Je vais te soigner autant que possible, mais la sortie est bloquée. Des hordes de démons sont en marche dans l’Otram et certains groupes se dirigent vers Krackor… »


-


L’ange se mit à la fenêtre de son bureau et observa les paisibles plaines de l’Otram. Plus loin derrière cette ville se trouvaient les montagnes, et notamment le 'passage sans retour'. Là où il était dit que les esprits rôdaient après leur mort, c’était en ce lieu. C’était aussi là que se trouvait la 'source de l’ossement'. Lorsqu’un individu possédant de mauvaises intentions se rend à cet endroit et prononce une certaine formule magique enseignée par le tout-Puissant Myggdrar, des os apparaissent comme par enchantement.
Pourtant, les deux Dieux, la créature de feu protégeant les anges noirs et le sanctificateur soutenant le reste du monde, n’avaient jamais engendré un tel espace prévue pour cette monstruosité. Ils se renseignèrent l’un et l’autre mais ils ne trouvèrent aucune réponse. Pire encore, ils n'avaient pas les capacités requises pour supprimer ce lac appelé 'source de l’ossement'.
Se pourrait-il qu'un démon encore plus fort que la divinité de la mort existe en ce monde ?


« Cette terre, aussi paisible et calme qu’elle a pu être, va désormais donner naissance au chaos. »
Wildfar quitta son bureau et se rendit dans le laboratoire de préparation, là où son armée se préparait à fouler du pied ce monde.
Après avoir invoqué à la source une quantité impressionnante d’ossements, les anges noirs étaient parti ramasser les squelettes pour les emmener au laboratoire de préparation. Grâce aux magies anciennes et à l’aide de son dieu, le roi des séraphins maléfiques avait donné une seconde vie à une armée de démons. De chaque os naissait un diable à la queue fourchue et noire comme le reste du corps. De la taille d’un Otramien, ils avaient de petits yeux triangulaires rouges et deux cornes saillaient de leur front. Les bras recouverts de pics, ils semblaient surpasser la défense et la force de n’importe quel adversaire.


Sur la passerelle en hauteur se trouvait Wildfar, dans toute sa splendeur. Les quatre Dunguer restant contrôlaient l’armée pour ne pas qu’il y ait de débordement. Sur ordre de son maître, Pirãomäl ouvrit les deux magnifiques portes. Les troupes rugirent quand la liberté leur tendit les bras. Pour la première fois, ils virent en face d’eux des plaines, des arbres. Ils croyaient tous sans exception que les gigantesques portes les appelaient pour sortir.
« Si je vous ai ressuscités, c’est pour que vous fassiez subir aux habitants de cette terre ce que vous aviez vous même enduré avant de mourir ! Tonna le monarque. Tuez tout ce que vous trouverez sur votre passage !! Ne laissez personne s’échapper ! PERSONNE !!!! »


Sur ce, les hordes de démons partirent en courant en n’ayant qu’un seul mot à la bouche : détruire.
Derrière eux, d’un rideau de magie noire, s’échappèrent des centaines de milliers d’orcs qui emboîtèrent le pas à leurs prédécesseurs. Leurs petites taille d’environs un mètre trente était compensée non pas par leur force personnelle, mais par leurs techniques de groupe. Ils savaient se montrer très efficaces à plusieurs par la coordination de leur frappe, de leur lancer et de leur magie, noire ou blanche. La peau verte, le nez crochu et de longues dents jaunes, des anneaux d’argent partout sur le corps, armés d’une multitude de petites massues à lancer, équipés d’épées ou de bâtons pour les magiciens, vêtus d’un simple drap pour recouvrir leur taille, voilà ce qu’ils étaient réellement.


Une fois qu’ils furent tous sorti –environ quarante minutes de défilé- , Namqueck s’approcha de son chef.
« Combien sont-ils ?
-Un peu plus de deux millions. Lui répondit-il sérieusement. Le monde sera à nos pieds dans peu de temps.
-Mais pourquoi vivre sur une terre où il n’y a plus personne ? On aurait pu traiter en esclaves le monde entier !
-C’est ce qui est prévu, ne t’inquiètes pas. Mais c’est plus compliqué que ce que tu viens d’énoncer. En rendant visite à Myggdrar, je lui ai demandé de créer un second monde, vide, sans rien à l’intérieur. Chaque opposant tué se retrouvera dans cet univers dépourvu de quoi que ce soit. Ils seront nourris par notre Dieu pour qu’ils puissent subsister un long moment. Puis, lorsque le monde sera sous notre contrôle, tous ces habitants reviendront sur cette terre, tous sans exception, mais tous dépourvu de leur énergie. Et là, ils ne pourront plus rien faire ! Mais en contrepartie, lorsque l’Otram sera à nous, je devrais donner à notre Seigneur un certains nombre d’esclaves.
-Et comment comptes-tu accéder à ce 'second monde' pour les libérer ?
-En prononçant une formule spéciale, tous les habitants de cette terre désolée atterriront juste devant notre cité, et ils n’auront que la force de se tenir sur leur jambes. Ensuite, par le biais de certaines tortures spirituelles, je ferai d’eux mes esclaves. Vois-tu cette carte ? C’est elle qui connecte leur monde au leur. Je peux n’importe quand dire la formule, et…hop ! Les voilà tous à mes pieds !!!


-Mais si jamais tu te fais voler cette disquette ? Et si la carte ainsi que la formule étaient proférées par quelqu’un autre que toi, que se passerait-il ?
-Cela dépendrait de ses intentions. Si elles sont mauvaises, le résultat serait le même. Si elles sont bonnes, ce serait l’effondrement de notre empire.
-Alors envoyons la Légion tuer Kuraï ! Plus personne ne pourrait s’opposer à toi !
-Deux failles dans ton texte, Namqueck. Tu es jeune et puissant mais tu ne réfléchis pas. Pas assez du moins. Une trop grande partie de la Horde serait décimée avant d’avoir raison de lui. Après, il faudrait recréer de nouveaux démons, ce que l’on fera. Mais pour leur redonner la vie, il faut des anges noirs puissants qui connaissent ces incantations. Or vous, les Dunguer, êtes les seuls à pouvoir réaliser cela. Mais pour ne pas que vous vous retrouviez tous épuisé –donc arrêt momentané de la production- , il faut éviter les dangers majeurs, donc éviter Kuraï. Seconde faille : tu oublies aussi les deux imbéciles Takajy et Jungix. A eux trois, ils pourraient diviser l’Armée par dix, voire même l’anéantir. Il faut rester vigilant. Cela dit, l’heure de gloire approche… »


-


Les deux millions de démons se répandaient avec joie sur la plaine. Déjà souillée par le sang de quelques pauvres guerriers isolés, elle faisait parvenir l’écho des pas de la Légion jusqu’à l’autre bout du monde. Quiconque y prêtait attention pouvait entendre l’environnement trembler. Mais personne ne pensait à une telle chose, sauf un individu.
Soudain, d’énormes barrières des ombres violettes encerclèrent les troupes. Huit soldats, quatre orcs et quatre diables, reçurent un fort message psychique de la part de leur créateur, leur indiquant ce qu’ils devaient faire. L’un des nominés prit la parole, et s’exclama avec une voix très violente pour que tout le monde puisse l’entendre.

« Le Seigneur Wildfar vient de me contacter mentalement. Tonna le diable. Cette armée doit se dissoudre en huit parties égales pour répandre le chaos plus vite et de façon plus efficace ! Sept serviteurs et moi-même seront les chefs de ces groupes, qui seront sous notre commandement et qui devront exécuter nos ordres. Dépêchez-vous, créez des groupes mixtes pour une victoire écrasante sur les vivants ! »

Dans un mouvement impensable, les troupes maléfiques obéirent et s’organisèrent. Il semblait que les démons savaient exactement ce qu’ils faisaient, puisque les groupes prochainement formés seront équitables, au niveau de la race et du nombre. Pendant ce temps, les Désignés se trouvèrent enveloppé d’un halo aux teintes pourpres tandis que leurs armures prenaient une couleur similaire à leur aura.
« La destruction n’est que le début de notre règne… » Grogna l’un des chefs. Et les troupes s’élancèrent à toute allure dans la plaine qui allait connaître un jour nouveau.


-


« Je dois l’avertir ! »
C’est ce que se dit Rigam mot pour mot. Le garde quitta sa position, c’est à dire sur la muraille encerclant la cité de Krackor, pour aller parler à son roi. Il déboula dans la rue principale si vite qu’il renversa plusieurs personnes sur son chemin. A une vitesse de pointe qu’il n’avait encore jamais égalée, il fila à travers l’avenue et ne s’arrêta qu’en bas des marches du grand édifice. Il s’adressa aux deux sentinelles devant la porte et apprit que Pracad se trouvait dans la salle de méditation.


Dans cette pièce qui ressemblait plus à une bibliothèque qu’à un endroit de réflexion, le monarque lisait une revue. Lorsqu’il entendit frapper à la porte, il ordonna l’entrée du nouveau venu. Dès que le garde apparut, la dizaine de personnes présentes vit leur roi sortir précipitamment.
« As-tu des précisions à m’apporter sur cette énergie négative ? Questionna-t-il.
-Maître ? Comment est ce qu… ?
-En tant que souverain, je perçois aisément les forces en présence sur la terre de ce monde. J’ai décelé l’endroit d’où cela venait, c’est pour cette raison que je me suis rendu dans ma bibliothèque.
-Une menace va s’abattre… pardon, s’est abattue il y a peu et ce danger parcours les plaines dans huit directions différentes. D’après mes sens aiguisés, une horde de diables et d’orcs représente ce périls. J’ai comme l’impression qu’ils veulent détruire toute vie sur l’Otram, mais je n’en suis pas sûr.


-Si ce que tu ressens est totalement vrai, il faut se préparer à résister. La troisième guerre mondiale n’était rien par rapport à ce qui nous attend. A présent, l’ennemi est chez nous. Je fais passer le message aux autres rois pour s’organiser.
-Dois-je demander à tous les guerriers de s’apprêter à une future attaque ?
-Oui, tous, même ceux qui ne sont pas aptes au combat. Tous doivent combattre pour notre survie.
-Mais…que peut-on faire sans Kuraï, et sans Yusha ? Vont-ils bien ? Pouvons-nous nous défendre sans leur aide ? Est ce seulement envisageable ?
-Si Maliarmus est vraiment une des personnes que nous soupçonnions, il se peut que, même si l’élémentaliste était avec nous, il ne puisse pas faire grand chose dans son état. Pour ce qui est du reste, nous n’avons plus une minute à perdre. Dispersion ! »


-


Les pas durs d’un guerrier imposant résonnait sur la grande place. Jamais la cité Diajohammer n’avait été si mouvementée. Les démons n’allaient plus tarder, les défenseurs étaient fébriles. Tous avides de combat mais tremblant de peur, ils allaient partir à la rencontre même de l’envahisseur, leur roi n’ayant pas souhaité se faire battre sur son propre terrain.
« Si nous vainquons l’ennemi, alors le monde entier reconnaîtra la valeur de cette cité. » Dit celui-ci dans sa salle de réunion.
Une longue table rectangulaire en bois entourée d’une douzaine de chaises se trouvaient au milieu de cette pièce. Des tableaux de combattants célèbres ornaient les murs, parmi lesquels Kuraï était représenté, sabre à la main. Des meubles par-ci par-là décoraient le lieu, un grand tapis rouge, sous la table, protégeait le sol de toute saleté extérieure, mais aucun rideau n’était accroché aux deux fenêtres.
Seulement, sur les douze sièges, un demeurait vide. Le lustre pendant au-dessus de la table vacilla.
« Que fait-il bon sang ! Nous avons besoin de lui ! S’excita le roi, perdu dans ses dizaines de papiers, représentant tous diverses stratégies à adopter.
-Sans lui nous sommes perdu, n’est ce pas ? Questionna l’un des conseillers.
-Quoi qu’il arrive, nous sommes perdus. Rétorqua un homme, qui devait visiblement être l’un des archers les plus forts de la ville.
-A quoi bon résister s’il n’y a aucune échappatoire ? Reprit le premier conseiller. Nous souffrirons moins lors de notre mort. Je suggère de nous rendre et de reformer un groupe avec tous les guerriers de l’Otram les cinq jours après notre mort.


-Mais si l’on meurt, reviendrons-nous jamais ici ?
-Je crains que Wildfar ait un plan derrière la tête. Il serait capable de tous nous faire souffrir éternellement. Battons-nous jusqu’à la défaite, jusqu’à la mort ! »

Les portes s’ouvrirent brusquement. Un guerrier très musclé entra, sa double lame attachée dans son dos par une sangle.
« Cela aidera les futures victimes de cette Légion. Finit-il. Plus on en massacrera, mieux ça vaudra pour la prochaine ville sur la liste, et ainsi de suite.
-Par Deossa tu es enfin arrivé Jungix ! S’exclama le roi. Prends place, vite !
-C’est inutile, Terofinol. Les démons sont désormais visibles dans la plaine, au loin. Dois-je sonner l’assaut ?
-Je pense que le moment est venu, bien que plus vite que prévu. Conseillers, nous irons sur les murailles pour repousser l’assaillant par nos forces magiques. Une fois à nos portes, nous combattrons la Mort au corps à corps. Que la force soit avec vous ! »

Jungix tourna les talons et sortit son arme.
« Akou, viens avec moi, montrons à ces choses qu’il existe des hommes aussi forts que les Dunguer. »
L’archer se leva d’un bond et lui emboîta le pas. Il tenait fermement son arc, sans qui il n’était plus grand chose. Sa magie qui lui permettait de créer des flèches à l’infini lui serait d’une grande utilité. Dans la rue, le Destructeur restait songeur. « J’ai un très mauvais pressentiment, mais s’il arrive le moindre problème à l’Otram, retournez sur Terre par n’importe quel moyen. » Avait dit Kuraï la dernière fois qu’il l’avait vu. Comment pouvait-il être au courant ?

Prenant la tête de l’armée, placé devant les portes, il regarda vers l’est. Il ne se faisait que très peu de soucis pour l’élémentaliste. Il ne pouvait pas mourir, et si son état était critique, il trouverait le moyen de fuir. Mais qu’en était-il de Takajy ?


-


Le corps inerte d’un diable tranché en deux s’étalait par terre. Immédiatement, celui qui avait causé cet acte sauta en l’air et traversa la marée noire en s’élançant sur les têtes démoniaques. Alors qu’il voyait enfin le bout de ce fleuve mortel, il fut violemment percuté par un boomerang. Ce héros se rattrapa sur ses mains et tomba. Toujours aussi maladroit, il se releva et vit qu’il avait glissé sur les marches de son palais.
« C’est impossible que l’on soit déjà ici !! »
Puis il cria haut et fort :
« Vivants de Haromeld, tous sur les côtés, vite ! »
Juste avant de bondir en l’air, le roi de cet homme sortit de son palais et adressa un signe au samouraï.
« Je suis prêt Takajy, attaque coordonnée quand tu le souhaites. »

Le Saboteur bondit dans les airs et retomba en accompagnant du bras une traînée d’épines de glace. Aussi magistrales les unes que les autres, elles s’élevaient très haut dans le ciel – dépassant de justesse la taille des habitations- et filaient comme l’éclair. Les démons, empalés en brochettes de centaines d'individus, ne savaient que faire devant cette magnificence et se replièrent hors de la cité. Ceux qui prirent la fuite temporairement le payèrent de leur vie.
Le roi, qui était resté dans son château pour préparer longuement un arcane surpuissant, déchaîna sa fureur et nettoya la rue principale. Au moment où les épines explosaient, projetant dans toutes les directions les pointes de glace plus acérées que jamais, un dos d’âne énorme fila sous terre et balaya les démons sur son passage. Lancées dans les airs par ce phénomène, les créatures lucifériennes n’eurent pas le temps de retomber car un terrible orage suivi d’un torrent aérien de flammes les fit disparaître, ne laissant que de la poussière.
Le sol, encore quelque peu glacé connu une déferlante de flammes et d’électricité. Lorsque ce moment fut venu, Takajy fit quelques signes des mains et les mit par terre.
« INVOCATION !!! »
Les trois éléments combinés, trois créatures titanesques prirent forme, chacune imprégnée des ressources des trois magies. La tête pyramidale, les yeux ovales, leurs corps teintés de jaune, de rouge et de cyan, elles martelèrent le sol de leurs massues avant de se lancer dans la mêlée.


Parvenues au dehors, elles causèrent un véritable carnage. La dextérité avec laquelle elles maniaient la masse était impressionnante, tout comme leurs capacités magiques. Rien que par leur aura, elles pouvaient déclencher une tempête de l’un des trois éléments. Les diables furent les plus touchés, les orcs, englobés par une sphère magique, avaient moins de difficultés à contrer les assauts adverses. L’augmentation de leurs caractéristiques leur admettait la possibilité de rivaliser au corps à corps, bien qu’ils soient vite vaincus. Les lances atteignaient les invocations. Sans broncher, elles faisaient volte-face et semèrent la panique dans les rangs ennemis par leur volonté de vengeance.
Les yeux de l’une d’entre elles devinrent rouges, d’abord foncé, puis de plus en plus lumineux. Lorsque la couleur prit une teinte très clair, la créature poussa un cri si aigu que les monstres à proximité d’elle s’écroulèrent, morts sous le choc. Elle explosa quelques secondes après, provoquant un déluge de flammes, une nappe glacière et une avalanche d’éclairs.

« Espérons que l’on tienne bon. » Se dit le samouraï, alors qu’il rejoignait les autres habitants de la cité dans le carnage.


-


La situation ne cessait d’empirer. Les tremblements terrestres se faisaient de plus en plus fort, ce qui signifiait que la Horde présente à la surface arrivait encore et toujours. Kuraï ne pouvait plus attendre. Il lui fallait sortir pour massacrer tout ces démons. Mais il savait bien qu’il n’aurait aucune chance, et encore moins dans son état actuel.
Comment pouvait-il sortir d’ici ? Comment pouvait-il renvoyer sa sœur, à moitié morte, à Krackor ? Il devait appeler à l’aide, mais qui pourrait répondre à son appel ?
Soudain, il écarquilla les yeux. Les cinq Mystik ! Avec les évènements, ils devaient être en route, et même malgré la longue distance séparant le héros de son groupe, celui-ci ne tarderait sûrement pas. L’Invocateur décida de contacter mentalement l’un d’entre eux.

« Fred ? Fred, c’est Kuraï, est-ce que tu me reçois ?
-Oui…bzzzzzzzz…raï je te re…bzzz
-Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais je te capte très mal. Je ne sais pas où vous êtes, ni comment vous vous déplacez, mais je suis avec Yusha, et nous sommes tous deux très mal en point. Nous sommes dans la forêt de Firamir, en plein centre je présume. Nous sommes abrités dans un petit temple, mais nous avons besoin de renfort, et vite !
-Nous……bzzzzzzzzbzzbbzzzzz….nade….bbbzgggzggzzz……arrivo…bbzzzggghhhzzz… »


Le signal n’était vraiment pas bon, et l’élémentaliste ne pouvait qu’attendre. Il se rassit et patienta le temps qu’il faudra. Tout à coup, un grognement attira son attention. Il lança immédiatement un simple éclair à son maximum de puissance, désintégrant l'orc dissimulé...
« Alors là, c’est la mouise. » Marmonna le bretteur.
Il se remit debout d’un bond et avança prudemment vers la seule échappatoire. Deux autres créatures similaires déboulèrent dans les escaliers. Malheureusement pour eux, ils le regrettèrent.

La surface n’était plus du tout la même. Le bois était à moitié détruit, les arbres laissaient passer aisément la lumière du soleil entre leurs feuillages. Les orcs courraient dans la même direction, ne se préoccupant pas encore du nouvel arrivant. La majorité des diables leurs emboîtaient le pas, mais l’autre partie volait grâce à leur petite ailes, habituellement repliées sur leur dos. Seuls les plus intelligents avaient compris comment les déployer, les autres ne vivaient que pour le corps à corps.

« Combien sont-ils ? Pensait tout haut l’Invocateur. 10 000 ? 20 000 peut-être ? Non, sûrement bien plus en comptabilisant ceux qui sont à l’extérieur. »


Sortant de ses pensées, il éluda involontairement une boule de feu de justesse en avançant d’un pas. Immédiatement, une flèche vint se loger entre ses deux pieds. Plus par réflexe qu’autre chose, il sauta sur le côté juste avant qu’elle n’explose. Il eut à peine le temps de se remettre sur pied que trois autres tirs enflammés fonçaient sur lui. Il bondit dans les airs, évitant un emprisonnement terrestre –technique qui consiste à immobiliser les pieds de l’adversaire quelques secondes-.

« Ces monstres sont drôlement bien coordonnés ! »
Sous lui, il vit un guerrier le rejoindre. De même à l’est et à l’ouest, un lancier et un samouraï s’élançaient vers lui. Il comprit de suite qu’un quatrième se nichait derrière son dos. Le poignard du dernier atteint son omoplate, mais Kuraï fit comme si de rien n’était. En réprimant une grimace de douleur, il saisit le bras de la créature et la projeta violemment contre celle qui montait. Puis il étendit les bras et, de ses paumes apparurent deux sphères électriques. La lance et le sabre se heurtèrent à ces obstacles, les lames puis les orcs se désagrégèrent.


Quand il vit que son ascension avait atteint une certaine altitude et que sa vitesse regressait, le bretteur jeta un coup d’œil vif en direction du sol. Une trentaine de diables, démons dépourvus d’intelligence pour la plupart, attendaient sagement que leur proie redescende.
Le héros jeta un shuriken matérialisé qui se figea dans le crâne de l’un des ennemis. Celui-ci s’écroula net en arrière et disparut, rongé par des flammes vertes -signifiant son décès- . Les autres ne comprirent pas immédiatement ce qu’il s’était produit, et furent dévorés dans la seconde qui suivit par des dragons avides de massacre.


-


L’immense onde de choc se répercuta de démon en démon sur la plaine anciennement verdoyante. Nombre d’ennemis périrent suite à cet assaut imprévu. Les griffes acérées, un antagoniste volant se dirigea sur le causeur de ce trouble, mais se vit réduit en cendre avant même d’arriver à proximité.
Jungix, plus déterminé que jamais, venait de détruire plus d’une demi-douzaine de milliers de démons. Pourtant, leur nombre ne semblait fléchir, contrairement aux défenseurs. Terofinol portait bien son titre de roi. Il balançait sort sur sort, tous plus puissants les uns que les autres. Il s’était mis en tête un objectif simple : la destruction d’un nombre inimaginable d’assaillants. Jungix, lui, était plus réservé. Il n’hésitait guère à faire des attaques de zone, comme l’exploit qu’il avait accompli précédemment, mais il préférait veiller sur ses soldats, ce qui restait et resterait à jamais le plus important à ses yeux.

Un diable tenta de carboniser Akou. Celui-ci répliqua par ses flèches explosives, qui traversaient même le jet de flammes pour atteindre sa cible. L’archer, à la vue d’une marée d’ennemis aérien, changea de technique. Ses tirs n’étaient plus enflammés. Il utilisait ce que l’on appelait des flèches de lumière. Lorsqu’elles font mouche, l’ennemi disparaît instantanément, projetant autour de lui des étincelles lumineuses qui handicapent ses alliés proches de lui. Cela consomme beaucoup de mana, mais il n’avait pas le choix.
Alors qu’il se concentrait pour abattre une vingtaine de volatiles d’un trait, il ne vit pas la déferlante de flammes lui arriver par derrière.
Composant rapidement quelques signes, le Destructeur plaqua ses mains au sol et une colonne de terre bloqua l’arcane.
Lorsque Akou laissa échapper sa flèche au point stratégique qu’il désirait, Jungix s’agrippa au monticule de terre –après avoir pris soin de lacérer l’orc magicien- et s’élança à la hauteur des attaquants aériens dans une série de cabrioles. Il lâcha la même attaque de zone qui fonctionna tout aussi bien, et retomba en même temps que les cadavres. Il leva la tête vers l’archer et leva son pouce en guise de remerciement. Alors qu’Akou lui rendait la pareille, il remarqua l’expression grave du guerrier. Il se retourna et aperçut des magiciens volants accompagnés de chutes de pierres. Ces rochers prirent forme une fois au sol pour devenir des créatures de pierres mesurant trois fois la taille d’un Otramien. Des flammèches verte sur le corps, ils faisaient trembler la terre lorsqu’ils étaient au trot. Les mages, morts-vivants à casque pointu recouvrant l’essentiel de leur tête et vêtus de vêtement amples, bien qu’ils soient encore loins, armaient déjà des sortilèges.


« Les renforts arrivent. Marmonna Jungix, l’air déconcerté. Les races ennemies se multiplient à présent. Voici le siège des magiciens Eredars et des Infernaux… »



Un grand Merci à Molock pour toutes ses corrections. Je l'ai énormément embêté avec ça, et s'il n'y a plus aucune faute depuis un moment, c'est grâce à lui. (je me devais de souligner ce point :D)
Posté par Molock le 12-02-2007 à 15:36
Avatar de MolockAvec plaisir Kikart mais maintenant, je pose les pieds sur le fauteuil et place aux critiques cinglantes, cigare aux lèvres-XD.

Un chapitre très sympathique ma foi ou le clin d'oeil à Star Wars fut marrant 'Que la force soit avec vous'. On sent la difficulté des combats et j'ai bien apprécié le moment où Wildfar conçoit et organise ses armées démoniaques. On découvre aussi ses plans ! Le retour des Mystic est également signe d'une suite prometteuse avec l'arrivée des anciens alliés de Kuraï. Vivement la partie 2 !!

Histoire toujours aussi fun. Ta fic est pour moi LA best de ce site alors continue !
Posté par Kikart le 01-03-2007 à 12:08
Avatar de KikartAller hop, période de vacances, accélérons la production !


{Fiche Perso}:MALIARMUS : ancien amant de Yusha, il perdit son duel face à Wildfar et mourut devant les yeux de sa fiancée, qui n’éprouva aucune peine. A présent, il est de retour, encore plus puissant. Il essaye de reconquérir le cœur de Yusha et y arrive parfaitement bien. Ses intentions sont inconnues, les paroles qu’il sort sont parfois douteuses et Kuraï et Pracad s’interrogent sur sa vraie nature. Qui est-il vraiment ?





Chapitre 23 : la fin de l’Otram (2/4)

L’ange noir contemplait ses travaux de résurrection. Le nombre d’ossements ramenés augmentait sans cesse ; à présent, les Acolytes travaillaient de jour comme de nuit, se relayant de temps à autre. Namqueck, qui comprenait de moins en moins la situation, demanda à son maître :
« Les deux millions de démons précédemment envoyés sur la plaine ne seront pas suffisants ? Tu as dû raffermir tes troupes avec quelques centaines d’Eredars et d’Infernaux, et à présent tu œuvres encore à leur création ainsi qu’à celle d’autres créatures ?
-Parfaitement. Répondit froidement le leader angélique. Aujourd’hui, il y a environ 450 000 habitants sur l’Otram, ce qui veut dire que chaque personne devra tuer environ cinq démons pour vaincre mon armée. Ce n’est pas assez, loin de là ! C’est pour cela que je renforce les effectifs.
-C’est plus sage, en effet. Approuva le magicien. Mais crois-tu que toutes les nouvelles créatures que tu crées produiront un nouvel effet dans ton armée ? Je veux dire, est ce que les morts déjà présents ont besoin d’être motivés de nouveau ?
-Vois cet écran au fond de cette salle. En haut se trouve le nombre de survivants dans l’Otram, et en bas le nombre de démons restant. En envoyant dans la bataille de nombreux guerriers en plus, les humains ne pourront éviter l’inévitable. Des hommes tels que Kuraï, malgré son état critique, Jungix et l’abruti de samouraï causent un nombre de pertes inimaginable. On se doit d’être prudent.

-Ainsi Kilram est décédé ?
-Malheureusement. Mais cela ne fera qu’accroître sa soif de vengeance, et donc sa puissance. Le spectacle qui se passe en cet instant même sur ce monde lui est dédié. L’ère de la liberté touche à sa fin, la nôtre commence… »




La rue principale regorgeait de défenseurs. Tous avec des casques, des plastrons et des lances pour la plupart, ils fonçaient droit sur la porte principale, là où l’ennemi massacrait sans cesse les vivants. Le samouraï était fier de son attaque combinée avec son roi, car grâce à eux, la cité respirait de nouveau. Mais pour combien de temps ?
Le monarque s’était créé des ailes de lumière pour survoler les rangs adverses facilement et ainsi engendrer de nouvelles ouvertures, et pour lui ainsi que et pour les habitants, tous devenus des guerriers. Il esquivait aisément les jets magiques car il ne rencontrait aucun obstacle, contrairement aux attaquants au sol qui ne pouvaient que brandir leur bouclier, s’ils en avaient un.

La muraille était de nouveau attaquée. Les assaillants avaient trouvé l’astuce, tous agressaient ceux qui se situaient dessus, les plus costauds chargeaient. Heureusement, Takajy se retrouva, par maladresse comme d’habitude, sur le rempart. Il fit émerger des épines de glace lorsque les diables les plus forts se précipitèrent, tête la première, contre la pierre.
Les démons reprenaient le dessus. Combien y avaient-il de résistants encore debout ? Au moins 15 000, sachant que Haromeld faisait partie des villes les plus peuplées. Le Saboteur remarqua qu’il ne restait plus qu’un géant invoqué par son roi et lui-même, mais celui-ci n’allait pas tarder à tomber à la vue du nombre incroyable de ses blessures.
Il fallait réagir, et vite. Le héros invoqua une vague glaciale qui enveloppa tous les combattants, alliés et ennemis à l’extérieur. Les déplacements de ces créatures s’en virent ralentis, leurs coups beaucoup moins puissants, leurs sorts mettaient trois fois plus de temps à se préparer, tandis que les défenseurs gagnèrent en vélocité et puissance.
Par manque de mana, Takajy revint sur ses pieds pour chercher un magasin. Son roi l’aborda.


« Excellente attaque. Complimenta-t-il. Mais cela n’est pas suffisant, je le crains. Que vas-tu faire ? Nous avons besoin à nouveau de toi à l’Est.
-Mon mana est à sec. S’excusa-t-il. Je vais chercher quelques potions de mana, mais je ne sais pas trop où aller.
-Tu n’en as déjà plus ? Tu en dénicheras dans la tour de la Science, dans le coffre au rez-de-chaussée. Prends-en un maximum pour éviter de faire des allers-retours inutiles.
-Dans ce cas, je te confie les trois quarts de mes fioles de santé. Distribue-les aux plus nécessiteux, elles ne m’ont pas encore servi jusqu’à présent. »

Il jeta une cinquantaine de petites boules qu’il remplacerait sans plus tarder. A peine saisies, le roi s’en alla immédiatement pour les partager.
Le Saboteur accourut jusque dans la tour de la Science et ouvrit le coffre secret comme s’il s’agissait d’une vulgaire porte. Les sortilèges de protection ne se déclenchaient que si une personne étrangère à la cité tirait la porte blindée. Mais cette précaution ne servira pas à grand chose, à part repousser violemment quelques démons si ceux-ci venaient à être trop curieux si l'heure de la défaite devait à sonner.
Le samouraï déglutit avec difficulté quand il vit la quantité restante de fioles de vie et de magie. Il les saisit toutes et s’enfuit avec. Il glissa les boules de mana dans les bourses accrochées à sa ceinture et en avala trois. Il gardait les autres dans ses bras pour les répartir dans les troupes survivantes. Ce serait maintenant ou jamais…

A nouveau, le patriarche vint à sa rencontre.
« Takajy, vite ! Un groupe de diables volants arrive au Nord-Est et un autre multiracial par le Nord-Ouest. Je m’occupe des volatiles, va à la rencontre des seconds et anéantis-les avant qu’ils ne viennent prêter main-forte à ceux déjà présents !
-Bien, mais donne encore ces potions à ceux qui en ont besoin, ce sont les dernières.
-Déjà ? Rétorqua-t-il tandis qu’il réceptionnait les objets.
-Il faudra tenir par nos propres ressources. Les mages doivent surveiller leur magie et entrer en position de méditation, s’ils connaissent la technique, pour recouvrer leur mana !
-J’en prends conseil. Maintenant, va et détruis ! »

Le saboteur s’élança dans la rue et dû grimper sur les toits pour gagner du temps. Deux groupes étaient en approche, mais le nombre y était. Le monarque y arriverait, mais Takajy pourrait-il en faire de même ?
Sans plus réfléchir, sourire aux lèvres, il empoigna fortement son sabre et s’expulsa vers le groupe d’arrivants…




Calciné jusqu’aux os, l’Eredar chuta. Subissant un sort de ralentissement, les coups que portaient Jungix surprenaient toujours ses adversaires par sa rapidité de frappe. Quel paradoxe ! C’était à croire que le sort lancé précédemment ne faisait pas effet. Et c’était le cas, mais l’Infernal n’en savait rien. Accompagné par un mage, le guerrier ne subissait aucune attaque venant des magiciens antagonistes. Il pouvait donc se concentrer totalement sur les Infernaux et attendre que les Eredars chutent ; mais lorsqu’il en avait l’occasion, il n’hésitait pas à sortir ses attaques enflammées, élément qu’il avait fini par maîtriser facilement, du moins les techniques pour novice. De cette façon, il ne manquait jamais de mana, puisque ce qu’il dépensait était regagné au corps à corps contre les géants de pierre.

Un tremblement terrestre attira son attention. Il détourna le regard et vit un Infernal s’écraser devant ses yeux. Erreur de débutant, il ne prêta pas attention à ses arrières et un géant vint l’attraper à la taille. Il serrait de plus en plus fort, mais Keya, la magicienne, accentuait son sort de protection, de sorte que Jungix ne percevait aucune douleur face à cette étreinte.
Il reprit l’avantage sur son adversaire, lui saisit les bras et le projeta devant lui au sol. Sans lâcher les membres rocheux du monstre, il se souleva grâce à sa force surnaturelle, s’appuyant sur les bras rocailleux, et abattit son talon sur la tête de la créature. Même la pierre ne résistait pas face à ce coup dévastateur ; l’Infernal n’avait plus de 'visage'.


C’est alors que Keya se fit exclure loin derrière les premières lignes de défenseurs. Le Destructeur se retrouvait seul contre un Infernal, qui fut aussitôt rejoint par quatre compagnons et deux Eredars. Aucun doute, la menace la plus dangereuse était Jungix.
Les golems abattirent leur bras en même temps. Le héros terrestre se créa une armure de boue sphérique qui résista à l’assaut, mais dès que les sorciers enverraient des sorts de type feu, il serait à découvert.
« Bien que je ne la maîtrise pas bien, je dois y recourir. » Pensa le héros.
Il se mordit le doigt pour qu’il saigne. Il traça sur son autre bras une croix avec quatre points entre chaque trait d’hémoglobine et plaqua ses mains à terre. Magiquement, le sang s’évapora dans le sol et fila. A ce moment, il sentit une forte dose de chaleur l’enrober. Il brisa son armure boueuse et regroupa toute la quantité restante devant les flammes, qui cessèrent lorsque que la protection se vaporisa.

Jungix ramena sa main droite devant son front, le majeur et l’index dressés, et de l’autre pointa le sol. Soudainement, de grosses mains aux longs doigts crochus émergèrent de la terre et agrippèrent les Infernaux qu’ils maintinrent. Les Eredars, ne pouvant échapper à cet événement imprévu, furent attirés au niveau de leur antagoniste. Soulagé que cette botte secrète ait marché, le Destructeur saisit sa double-lame et lacéra les Infernaux avec une dextérité impressionnante. Alors qu’il finissait de s’occuper du dernier, un trait lumineux le foudroya. Paralysé sur place, il répliqua peu après d'une sphère enflammée qui atteint le golem de plein fouet. Insensible à cet élément puisque lui-même né de la substance du feu, il ne bougea pas.
Quand le gros guerrier reprit ses esprits, l’Infernal n’était plus et un Eredar gisait, l’Otram souillé par son sang. Le second réalisa enfin ce qu’il venait de se produire, mais il rejoignit son frère dans l’au-delà, s’il y en avait un pour eux.


« Ma technique n’est pas encore finalisée. Comprit le héros. Ils n’auraient pas dû être en mesure de manier un quelconque sortilège ! »
Un rugissement terrifiant l’alerta. Une marée glaciale se déversa sur sa position, alors qu’il esquivait d’un bond en retrait.
« Oh mon Dieu ! Tout sauf ça… »




A Krackor la situation n’était pas meilleure. Le combat n’avait été entamé que depuis peu de temps, mais déjà Pracad perdait espoir. Sa cité n’était pas très puissante. Elle n’était reconnue que grâce aux actes héroïques de Kuraï.
Le monarque lança un sort dit « ultime » sur les volatiles. Il semblait que les diables furent comprimés dans une salle symbolisée par deux plafonds de radiations brûlantes. Tous tombèrent comme des mouches lorsque les rayons atteignirent leur corps.
Le monarque afficha une grimace quand il vit l’étendue de la Horde à ses portes. Une quinzaine de cités avaient été dépossédées de toute forme de vie, il ne fallait pas ajouter celle-ci à la liste des trophées !
Les pertes avaient été considérables du côté de Wildfar, car seulement la moitié des effectifs était parvenu à la cité de l’élémentaliste.


Il s’enfuit par un sort de téléportation et se retrouva à la sortie de la ville. Les ennemis ne l’avaient pas encore remarqué, ce qui signifiait que sa stratégie était parfaite. Vu que les défenseurs restaient cloîtrés dans la rue principale et qu’ils ne pouvaient pas prendre à revers la Légion, Pracad se devait de faire quelque chose, risqué au niveau de la magie, certes, mais extrêmement efficace. Il assembla ses mains devant son corps comme s’il priait et prononça une formule dans une langue ancienne. Mentalement, il adressa un message à un maximum d’officiers.
« Je viens de recevoir un message de notre roi ! Cria l’un d’entre eux. Lorsque nous pourrons, nous devrons nous introduire en courant dans les rangs adverses pour les prendre à revers. C’est notre seule chance ! »
Ainsi, des ondes de choc d’une puissance alarmante ébranlèrent les démons. Toute la partie centrale se retrouva écartée du reste de la troupe et s’envolèrent. La foudre blanche accompagnée d’une puissance divine les secoua et tous disparurent. Au moins 10 000 assaillants s’évanouirent d’une seule attaque, la force d’un roi dépassait tout entendement !


Sans ressource magique, Pracad avala une vingtaine de boules de mana pour recouvrer tout son mana. Il pouvait très bien recommencer cette technique une seconde fois, mais cet arcane est une technique à double tranchant. En contre-partie des effets fulgurants qu’il peut produire, l’utilisateur perd automatiquement trente points d’énergie, et une fois à zéro…
Il lui fallait se ménager pour pouvoir aider la population à reprendre le dessus. Encore sonné par l’onde magistrale, les orcs se faisaient empaler sans la moindre résistance. Pendant une minute, les résistants déboulèrent dans le désert et encerclèrent les démons. Les guerriers devant, magiciens en retrait, le nombre d'adversaires se réduisait à vue d’œil.
A présent, le souverain avait un champ de vision empli de flammes vertes. La troupe démoniaque avait été divisée en deux : la moitié des effectifs reprenait leurs esprits et ré-engageait la bataille, l’autre avait péri.


Une déferlante de flammes atteint Pracad, seul être vivant à l’extérieur du groupe. Touché en plein cœur par cette technique assez répandue chez les anges noirs, le monarque s’affaissa, accablé par la douleur. Un guerrier orc, hache à la main, le décapita. Le roi s’étala par terre, dans une marre de sang.
D’autres escouades démoniaques survenaient et allaient prendre les défenseurs à revers pour les encercler. Tel est pris à son propre piège. Les habitants de Krackor avaient-ils encore une chance sans leur roi ?
L’assassin orc se figea, comme bon nombre de ses compagnons. Ils ouvrirent tous la bouche au même instant et des bulles d’eau se dévoilèrent. Le liquide aquatique satura la gueule des opposants, dégoulina le long de leur armure. Plus aucun doute possible, ils n’allaient pas en réchapper.
Soudain, le corps inanimé de Pracad fut pris de frissons. Pendant un court moment, les démons crurent qu’il était revenu à la vie, mais très vite son corps explosa, pulvérisant les créatures les plus proches.

Les autres n’y comprenaient plus rien. Une confusion totale régnait dans leur groupe. Pourtant, s’il y avait eu quelques diables intelligents -donc qui auraient pu voler-, ils auraient de suite compris la supercherie. Du ciel s’abattit une pluie d’anneaux de lumière qui laissaient une entaille de belle envergure à chaque fois qu’ils frôlaient un ennemi. Un fort courant électrique passa dans les plaies des blessés qui s’effondrèrent automatiquement.
Les survivants levèrent la tête et quelque chose auquel ils n’auraient jamais cru apparut. Trois anges, une longue épée à la main, traversaient les airs pour frapper les rangs adverses.

Les nouveaux venus s’infiltrèrent avec une facilité déconcertante chez les démons. Des sorts d’eau, de glace ou encore d’ombre percutèrent avec force les archanges, mais rien n’y fit. Les lanceurs de sortilèges, dont deux Eredars qui s’étaient égarés, périrent dans l’instant qui suivit.
Plus personne ne leur faisant face, deux des trois silhouettes volèrent à toute vitesse pour débarrasser la ville de la Légion. Quand ils arrivèrent, ils furent surpris de ne trouver plus un seul antagoniste. Les défenseurs, un peu moins d’un millier, crièrent victoire en sautant en tout sens, criant, s’embrassant, se serrant dans leurs bras. Ils ne furent pas étonnés de voir les deux êtres angéliques devant eux.

« Alors chef, qu’est ce que ça fait cette technique ? Questionna l’un des officiers.
-C’est magnifique. Rétorqua le troisième ange qui approchait à vive allure. Les créatures n’ont même pas compris l’arcane que j’avais utilisé. Quels naïfs !
-Monseigneur, la guerre est loin d’être finie. Prévint un lancier.
-Je le sais. Rétorqua Pracad alors que ses deux doubles munis d’ailes magiques se réunissaient autour de lui. Technique de réanimation, de clonage et triple assaut des larmes d’Elune -la Mère Lune, l’une des grandes légendes de l’Otram, ancienne co-créatrice de ce monde tuée par Myggdrar-, Wildfar ne les a sûrement pas préparés à recevoir de tels coups. Ironisa-t-il. Nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers. Leur but est l’anéantissement de toute vie, par conséquent la cité ne craint rien. Notre devoir est d’aller aider nos coéquipiers pour limiter les pertes.
-Non, chef. Je ne pensais pas aux autres en disant cela, mais à nous-mêmes. »
Un cri strident déchira les cieux et apeura les défenseurs.
« Combien sont-ils ? Demanda le roi sans oser se retourner.
-Cinq, sauf si ma vue me fait défaut. Vous êtes l’un des rois les plus puissants, Wildfar a donc envoyé des troupes en conséquence. Osa un officier.
-Ne perdez pas espoir. Dit sagement Pracad. Nous allons tous mourir, c’est certain, mais renvoyons-les d’où ils viennent !! Tombons vaillamment dans la bataille, arme à la main, et faisons-leur payer toutes les souffrances qu’ils nous ont fait subir jusqu’à présent ! »

Le roi et ses doubles firent volte-face et tous les défenseurs aperçurent une marée noire composée d’ennemis déjà vaincus et des terrifiants Infernaux. Au-dessus d’eux planaient cinq majestueux dragons -ou plutôt ce qu’il en restait, car il n’y avait que le squelette-, que l’on appelait Wyrm des Glaces. Tous les résistants foncèrent tête baissée dans la mêlée avec la certitude qu’ils ne tiendraient pas plus de cinq minutes face à ces monstres.

Et ils avaient raison…


Encore merci à Molock pour ses corrections, de moins en moins nombreuses à présent !
Posté par Molock le 01-03-2007 à 12:18
Avatar de MolockWildfar : 'et l’abruti de samouraï' : ptdr !

Lorsque l'on croit que Pracad est tué, grand choc mais on voit avec plaisir que c'est une supercherie.

Les batailles : super !

La fin du chapitre : dramatique à souhait. ^^

Bref on n'attend qu'une chose : LA SUITE !!!

Ravi de corriger un écrivain talentueux et assidu. ^^ Je devrais faire un effort de mon côté d'ailleurs car question publication... XD
Posté par Triss le 13-03-2007 à 14:10
:l
Oui...
C'est bien...
Et même très bien... parfait, quoi...

Mais il y a quelque chose qui me turlupine:
Ta fics finira-t-elle dans trois chapitres ?

Par pitié ! Dis moi que non!!!
Posté par Kikart le 23-03-2007 à 13:40
Avatar de KikartMaintenant, la production passe à environ 3 chapitres par mois. Et oui, on accélère, on fonce, on carbure, on bourrine à mort, on...bref ! bonne lecture :p


{Fiche perso}:LES TROIS : les guerriers de pierre les plus puissants de leur époque. Réanimé par Wildfar, ils auront pour tâche de détruire toute vie sur l’Otram avec la Légion. Le trio aura raison de Kuraï rapidement, leur force n’ayant aucune limite. Equipé d’une faux, d’une énorme épée et d’une lance surpuissante, ils seront considérés de nouveau comme les monstres les plus puissants de cette ère.





Chapitre 24 : la fin de l’Otram (3/4)

Malgré ses faiblesses, tous ceux qui osaient lever la main sur Kuraï se retrouvaient tranchés ou foudroyés. Un Infernal égaré eut le malheur de vouloir piétiner le bretteur de tout son poids. Dès sa réception sur le sol, il sut qu’il avait raté sa cible. Insensible à la magie de feu, aux faibles sorts aquatiques et à la magie électrique, il s’inclina face à la tempête ancestrale concentré qui le submergea lui et d’autres démons.
Epuisé, un réservoir de magie presque vide, Kuraï se replia dans le temple. Ceux qui eurent le courage de le pourchasser se virent récompensés par un aller simple vers le royaume du néant grâce à une projection électrique.


L’épéiste, maintenant à l’abri pendant un petit moment, s’allongea, la partie supérieure du buste redressée pour guetter l’entrée en même temps.
« T’inquiète pas petit frère, je suis là. » Confia une voix douce.
Il sentit sa vie et une partie de son énergie revenir en lui tandis que Yusha usait de ses sorts de soin et de guérison. Les violentes blessures qu’avait reçues l’élémentaliste s’estompèrent et disparurent, emportant une faible quantité de douleur. Déjà soulagé, il ferma les yeux et respira sereinement.
« Je vais bien, grâce à toi. Je peux désormais rester à ton chevet le temps que tu regagnes des forces. As-tu des potions de mana sur toi ?
-Oui, sûrement. Mais juste deux ou trois, pour ne pas manquer de magie dans les moments difficiles.
-Donne-les moi. Tu dois te reposer. Je vais attendre les cinq Mystik à l’extérieur et nous partirons nous réfugier quelque part, sur Terre peut être, comme je l’avais conseillé à Jungix et à Takajy.
-Il est hors de question que tu sortes mainten… »

La pointe d’une lance atteignit Yusha entre les deux yeux, une dague lui perça la gorge. L’auteur de ce crime –un orc- ricanait en bas de l’escalier, satisfait d’avoir touché le point faible du épéiste. Mais il ne put pas ricaner longtemps : il fut lacéré jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de lui. Après s’être vengé, il revint vers le cadavre de la tireuse. Elle était bel et bien morte, aucun doute là-dessus. Serrant les dents après avoir avalé les trois boules de mana, il laissa la dépouille dans le temple et sortit lentement hors de ce lieu, pour aller semer le trouble parmi les rangs démoniaques.
« Là, alors là, ça va être la boucherie ! » S’énerva-t-il.

Plus déchaîné que jamais, l’élémentaliste grimpa les marches quatre à quatre, mais toujours à l’allure mesurée.
La tension n’avait jamais été aussi élevée dans l’Otram jusqu’à présent. Le bretteur exaltait de rage alors qu’il se retrouva face aux Trois, les trois plus puissantes créatures de Wildfar.
Ces statues mesuraient près de trois mètres. Toutes vêtues d’une énorme robe de pierre comme les faucheurs, elles ne possédaient aucun visage, on ne voyait qu’un trou noir, enveloppé d’un capuche. La première était munie d’une gigantesque faux, l’autre d’une longue lance et la troisième d’une épée mesurant les deux tiers de sa hauteur. Même un guerrier aussi puissant que l’Invocateur ne parviendrait pas à les tuer sans une quelconque difficulté. Mais avait-il un niveau suffisant pour s’en débarrasser, seul ?


Les trois arrivants formèrent un triangle autour du héros et joignirent leurs mains. Immédiatement, tous les autres démons présents dans ce coin de la forêt s’éloignèrent, de peur de ne pas en ressortir vivant, et donc de faillir à leur mission.
Des connecteurs matérialisés sous forme de fils lumineux lièrent les Titans. Une lueur verte brilla faiblement dans leurs bras, puis dans tout leur corps. L’aura se répandit sur les cordelettes magiques, et un triangle circonscrit dans une ellipse apparut au-dessus de Kuraï. Celui-ci commençait à perdre patience, et, de nouveau en forme, il voulait, il devait venger sa sœur en les pulvérisant.
Un défilé d’éclair s’abattit sur lui par le biais de ce signe qui planait sur sa tête. Aussitôt, l’élémentaliste se retrouva à trois endroits différents derrière ces monstres de pierre. Il tenta, en simultané avec les doubles qu’il avait produit par sa vitesse phénoménale, de transpercer leurs gorges, mais impossible : la lame se bloquait à cause du bouclier d’énergie émeraude.

Le premier Trois brandit sa lance et s’élança avec une vélocité telle qu’elle surprit le bretteur. Il para la pointe avec son sabre et fut expulsé à plusieurs dizaines de mètres.
Soudain, il vit son agresseur propulser un second –muni de sa faux- tandis que le dernier préparait une incantation.
La faux lima l’air et décima net quelques arbres. Accroupi, Kuraï ne comprit qu’au bout d’un certains de réflexion où se trouvait leur point faible et comment l’atteindre. Il avait une stratégie, mais elle était très compliquée, et surtout risquée. Elle exigeait un « auto-suicide », ainsi qu’une excellente vitesse. Chacun de ses mouvements devait être coordonné.  
Une titanesque boule de feu fut crachée par le Trois qui volait dans les airs. Son subordonné, avec son épée, bondit à sa rencontre et pénétra la sphère de flammes d’un trait. L’arcane, qui paraissait être d’une puissance déconcertante, retomba une pluie de globes de feu plutôt petits. Dès lors que ceux-ci percutaient le sol, des squelettes, plus petits qu’un nain –c’est à dire environ un mètre-, émergèrent du sol, tous munis d’une faux adaptée à leur taille.


Devant cette armée ridicule, Kuraï étouffa un gloussement. Comment un guerrier si puissant pouvait-il concocter une magie si pittoresque ? Il créa une sphère électrique dans la paume de sa main et la dépêcha sur ses nouveaux adversaires. Anéantis du premier jet, l’Invocateur vit que quelque chose n’allait pas. C’était trop facile, beaucoup trop.
Les Trois, sous-rois du royaume des morts, travaillaient la réanimation et les sorts de destruction massive. Contrairement à ce qu’il lui avait semblé au premier abord, le héros réprima un frisson. Il devait agir avant que les tas d’os reprennent vie !

La magnifique faux trancha de nouveau le vide, sectionnant d’autres troncs d’arbres dont des épineux. Comme prévu, une quantité suffisante d’aiguilles se décollèrent et, emportées par la mince intensité de vent, filèrent en direction du « visage » du Trois. Conducteurs d’électricité, Kuraï fit circuler un fort courant entre elles, en espérant que cet arcane servirait à la destruction de l’un des monstres de pierre.
Sans faute pour le moment, le transfert électrique aboutit dans le non-faciès du faucheur, qui fut immobilisé sous le choc.


Désormais, il ne fallait pas traîner. L’élémentaliste accompagna le tranchant de sa lame jusqu’au trou noir et l’enfonça profondément. La créature démoniaque émit un cri aigu qui alerta ses compagnons. Ayant prévu la réaction, l’épéiste sortit une dague accrochée à son ceinturon et se transperça l’estomac avec. Tout à coup, il disparut, laissant place à une centaine de petites sphères électriques. Dirigées par sa propre volonté, les trois quarts visèrent le second Trois tandis que le reste prenait pour cible le dernier.
Le possesseur de l’épée démesurée réceptionna la quasi-totalité des boules foudroyantes dans son non-visage et fut incapable d’établir le moindre geste.
Celui qui restait écarta la moitié des effectifs restant d’un coup à revers avec sa lance. Mais une sphère atteignit son but. Le monstre se raidit sous l’effet et fut paralysé un court instant. Une seconde boule allait atteindre son but, mais elle s’évapora, dévoilant Kuraï, en chair et en os. Le héros, de retour, enfonça sa lame de la même façon, donc très profondément, puis cala ses pieds sur la robe de pierre et s’envoya en arrière.

Il retomba sur ses jambes et déclencha une tempête ancestrale concentrée. Le terrifiant rideau s’affaissa au sol et vaporisa tout ce qui se trouvait dessus.
Les squelettes bénéficièrent de la surprise. Leur ennemi les avait oubliés, et cela lui coûterait cher, très cher.
Ils se saisirent des jambes du bretteur pour le clouer au sol. C’est alors que, perçant la terre, des mains de zombie lui agrippèrent les chevilles, le serrant de plus en plus fort chaque seconde.
La fumée engendrée au beau milieu des Trois se dissipa, laissant une vision d’horreur à l’élémentaliste.
« C’est pas vrai ! Mes attaques leur ont rien fait ?!?»
Il tenta de lâcher un rayon destructeur mais sa paume refusait d’invoquer ce sort. Les mains aux longs doigts crochus, en plus de maintenir immobilisé leur cible, l’empêchaient d’utiliser toute attaque magique ? Sans recours aux sortilèges, l’Invocateur se savait fini. Il essaya de briser l’étreinte… mais sans succès. Il tenta de faire exploser son aura, mais rien n’y fit.

Pour la première fois dans sa seconde existence, la crainte s’empara de lui. Si lui aussi était prisonnier, tout serait fini. Etait-ce la fin de l’Otram ? La fin de ce monde ? L’histoire palpitante de cette terre si spéciale devait-elle s’arrêter là ? N’y en aurait-il que pour Myggdrar et les anges noirs ?
Non ! Jamais ! Même mort, Kuraï ferait n’importe quoi pour détruire tous ses ennemis.
La faux se prépara à trancher latéralement, la lourde épée se leva, la lance s’apprêta à partir en ligne droite.
Que restait-il au héros ? Plus rien.

Soudain, une idée lui vint à l’esprit, bien que trop tardivement. En effet, ce fut trop tard. Les Trois s’élancèrent sur leur adversaire et celui-ci vit les lames l’atteindrent………quand un choc ébranla la scène.
Les monstruosités de pierre semblèrent surpris de constater que leurs attaques n’avaient eu aucun effet. Des centaines de dragons, échappés de la lame du sabre de l’élémentaliste, maintinrent les armes adverses dans leur état actuel. Certaines créatures électriques avaient même pénétré les faux visages des Trois. Le bretteur venait de faire l’impossible, il le savait, mais lorsqu’il faiblirait –dans peu de temps-, s’en serait fini de lui.

Il crut fuir face à la mort en lâchant son sabre. Lorsqu’il frôla le sol, il explosa, détruisant de nouveau les petits squelettes. Pourtant, les mains terrestres ne ressentirent rien, ce qui le laissait dans l’embarras.
En détruisant son sabre, il détruisit ses dragons, ce qui provoqua un bel éclatement qui expulsa plus loin les guerriers de l’au-delà.
Certes, ce qu’il avait fait n’était pas une véritable attaque magique. Il utilisait son mana pour créer des Léviathans électriques, rien de plus. Cela n’était ni un coup normal, ni un arcane. C’était le don que Volt, la divinité électrique, lui avait confié.
Sans arme et sans mana, Kuraï fixa droit dans les yeux -enfin ce qu’il pensait être les yeux- ses adversaires. Sa dernière heure était arrivée.

Déjà, avant même que les lames ne l’effleurent, il sentit quelque chose comprimer fortement sa taille. C’était fini !
Mais, à sa grande surprise, il fut subitement arraché du sol et projeté dans les airs.
« Attention ma poule, ça va swinguer ! » Prononça une voix qu’il connaissait bien.
Il reprit ses esprits et vit Fred, accompagné des quatre autres Mystik. Se déplaçant dans les airs au moyen d’un grand nuage créé par Pract, guerrier élémentaliste maîtrisant le vent, ils venaient de retrouver l’Invocateur pour le sauver à temps.
« On dirait bien que nous sommes arrivés pile poil à l’heure. Sourit Otaka.
-Loué soyez-vous, j’ai cru ma dernière heure arrivée !
-Contre ces Titans, tu ne peux rien, du moins pas grand chose. Dit-il en balançant une déferlante de flammes. Les cinq tiges incandescentes accompagnées de flammèches enveloppèrent les guerriers de pierre, qui demeuraient indemnes. Tu vois cela ne sert à rien. Et même en plein visage, ou plutôt ce qu’il en reste, il leur faut subir énormément de dommages.
-Merci, j’avais cru comprendre…
-Où est Yusha ? Demanda Birbon. Elle va bien ?
-Justement, oublions-la. L’aventure est finie pour elle. Rétorqua Kuraï d’un air désolé. »

Tous se turent, montrant leurs condoléances.


« -De toute façon, ça arrive un jour ou l’autre. Réalisa Fred. D’après ce que l’on a appris, Wildfar a créé un nouveau monde pour y envoyer les morts dues à cette guerre. Donc tous les Otramiens en vérité. Ta sœur se trouve parmi les nôtres à l’heure qu’il est. Mais ne te fais pas de souci. Tant que nous sommes toujours vivants, nous avons le moyen d’inverser le processus. Il nous faut juste du temps.
-J’espère que Jungix et Takajy ont suivis mon conseil…
-Les deux guerriers légendaires ? Ils doivent être en train de s’amuser, cela ne fait aucun doute. Bref, où allons-nous Pract ?
-Où nous le pourrons. Il faudrait trouver un endroit serein et calme pour se reposer. »

Tout à coup une bourrasque d’une violence effrayante bouscula le nuage. Le mage aérien ne put rien faire tellement l’œuvre était forte, et tous furent éjectés au loin…

Les Trois, fiers de cette action, se mirent en route pour Krackor…




Congelés par ses attaques, les démons tombaient par dizaine. Takajy faisait alors face à un très gros groupe, un demi-millier de créatures lucifériennes, mais personne ne lui résistait. Les corps s’écroulaient mais ne disparaissaient pas dans un cercueil de flammèches vertes. Cela l’inquiétait fortement, car cela voulait dire que des Nécromanciens ne se trouvaient pas si loin du lieu de combat.
La Horde n’avançait plus. Devant un ennemi si coriace, elle concentrait toute son attention sur lui.

Le samouraï décapita un orc, puis enfonça son sabre dans la terre et s’appuya sur le manche. La tête à l’envers, il écarta violemment les jambes pour frapper deux diables volants qui venaient à sa rencontre. De nouveau sur pied, il décocha une épine de glace en direction du premier et perfora le second.
Soudain, il vit que tous les ennemis qu’il avait tués se relevaient. Les Nécromanciens ! Ces soldats avaient la capacité de faire renaître un mort pour qu’il combatte à nouveau. Une armée bien entraînée composée d’une dizaine de ces manipulateurs et d’une dizaine de diables serait invincible. C’était exactement le but des Nécromanciens présents : constituer une petite troupe indestructible pour détruire un maximum d’adversaires. Seulement, avec Takajy pour antagoniste, la partie n’était pas gagnée !

Aussitôt, celui-ci s’élança sur eux. Les morts-vivants dressèrent un rideau de fumée noire qui repoussa le Saboteur. Il comprit que le corps à corps dans ce cas là serait difficile, car bien qu’inefficace dans ce mode de combat, les Nécromanciens étaient d’excellents mages…protecteurs.
Le samouraï se recula vivement. Il dressa des barrières de glace pour empêcher la Légion de s’enfuir de tout côté et il avala une pilule de mana. Les démons avançaient, sans cesse, tout en se préparant à recevoir la moindre entourloupe. Celle-ci serait parée, et ils pourraient achever leur adversaire sans qu’il ne puisse avoir le temps de réaliser son erreur.
Mais justement, ils le sous-estimaient gravement, et cela serait la dernière erreur qu’ils commettraient…


A l’opposé, le monarque laminait les orcs par des attaques de lumière toutes plus fantastiques les unes que les autres. Cela allait des simples cerceaux lumineux jusqu’aux faisceaux du jugement. Des lances sortirent du sol et les orcs se trouvant à proximité ne purent y réchapper. Pourtant, ils n’avaient pas été sa cible, du moins au départ. La première armée qu’il était parti combattre se trouvait dans le ciel, comme lui. Mais elle avait été rejointe par une seconde escouade terrestre, à présent disparue.
Les diables ne savaient pas faire grand chose. Ils ne maniaient pas la magie –sauf quelques sorts