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L'Otram, le monde ancestral

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Posté par Kikart le 24-10-2007 à 23:39
Avatar de KikartMerci beaucoup, ça me fait énormément plaisir ce que tu me dis là :D
Je suis surtout impatient de finir cette histoire afin de tout reprendre depuis le début, car j'étais dans mon trip, j'ai pas trop fait gaffe à l'orthographe (un peu quand même ^^) et c'est hyper compliqué, donc bon...
Genre je suis derrière David Eddings, tu me paieras ça quand je passerai devant ;D

Pour info, je suis à peu près à la moitié de ma fic, en terme de chapitre et de longueur. J'ai encore du boulot ^^

J'ai pris énormément de retard, je dois terminer le chap suivant, le relire, le corriger car il est très long... Il ne sortira pas avant le week-end prochain. Si j'ai du retard (encore ^^), je le publierai le mardi ou mercredi d'après.

Patience :)


EDIT: l'écriture du chapitre 31 est enfin terminée ! Je le publierai mardi finalement, car je me laisse un petit délai pour oublier un peu les évènements de ce chap et ainsi apporter une correction plus objective, donc meilleure. En tout cas, vous l'aurez juste avant mon départ, soyez tranquille =)
Pour info, vous aurez de la lecture puisque le chap décrit une étape de la destruction des tours (donc il y aura 6 étapes). Il est et sera le chapitre le plus long, je tiens à le préciser, et je ne prévois pas de le raccourcir. Il fait 17 pages.
Vous ne vous ennuierez pas ^^
Posté par Arkantos le 21-10-2007 à 23:07
¤_¤ lulo¤_¤----->
raaaaaaaaa encore tant de temps ????c'est pas possible!!! Je pourrait pas tenir^^!...faut que je me trouve quelquechose a lire en attendant!
Tu pourra jammair rivaliser avec Eddings!!!!!!^^c'est pas possible!!enfin...je te souhaite bonne chance pour le surpasser...mais tu es quand meme bien parti pour etre un bon ecrivain  ;)
j'attend le chapitre avec impatience alors ...depeche toi!!^^
-LULO-
Posté par Kikart le 07-11-2007 à 12:12
Avatar de KikartMici beaucoup, on peut dire que tu sais redonner du moral aux gens ;D
Les vacances sont finies, j'ai eu le temps de corriger un peu mieux, ça devrait aller mieux (juste au niveau de l'orth).

Bref, bonne lecture :)



Chapitre 31 : temple de l’eau

Les plaines s’étendaient à perte de vue. Impossible de se déplacer sans que l’ennemi ne nous repère. Des arbres vivaient sans but, ils nourrissaient la nature, ils la peuplaient. Des oiseaux construisaient leurs nids et volaient, volaient, volaient… Les insectes ne se faisaient pas rare : ils gambadaient toujours dans l’herbe, coupée presque à ras. La faune ne se composait que de volatiles, d’insectes inoffensifs et de monstres à combattre.

Alors que le soleil continuait son ascension dans le ciel, les Mystik erraient en direction de la seule citadelle encore peuplée. Aïla pensait qu’il serait bon d’aller vérifier aux alentours de la ville des anges noirs, car il y avait de grandes chances pour que les tours n’en soient pas trop éloignées.


C’est après plusieurs jours de marche qu’ils rencontrèrent enfin un sol craquelé, sans herbe, manquant cruellement d’eau. Ce type de terrain, contrairement aux autres, était peu fréquent et appartenait aux êtres maléfiques. Leur forteresse ne devait plus être bien loin.
Le ciel azur s’assombrissait à mesure que les héros avançaient. L’atmosphère se faisait plus pesante ; Kuraï du ordonner plusieurs fois à ses amis de se poser quelque part car Aïla subissait des problèmes respiratoires.
Après trois haltes, Pract demanda à l’Invocateur d’envoyer un dragon pour repérer le terrain. Aussitôt, une petite bestiole mythologique s’envola.
Le druide peinait de plus en plus à recouvrer le souffle. Le bretteur, inquiété, ne savait pas quoi faire d’elle.

« Nous n’avons pas le choix, elle doit venir avec nous. S’avança Otaka. Si elle reste seule, je ne te dis pas les risques qu’elle encoure.
-Si nous devons nous séparer pour la quête des tours, nous progresserons plus rapidement, mais nous aurons plus de difficultés une fois à l’intérieur. Déduit Fred. Six donjons pour les six Mystik. Or une septième personne nous accompagne. Elle devra suivre l’un de nous.
-Tu serais le mieux placé. Tu maîtrises la terre, elle la nature. C’est en relation.
-Je ne prends aucune responsabilité. Je veux un maximum de liberté pour manier ma nouvelle arme. Pourquoi ne va-t-elle pas avec toi, Ô grand samouraï du feu ?
-La nature et les flammes ne font pas bon ménage…
-Elle m’assistera. Rappela Kuraï. Certaines plantes sont conductrices, cela me sera d’une grande aide. Mais avant, il faut déjà savoir où nous allons.
-Et si nous inversions les rôles ? Suggéra Drago. Si par exemple, Birbon explore la tour du feu –à la place de la tour de l’eau, et Kuraï celle de l’eau –au lieu du donjon de la foudre, ce ne serait pas mieux ? Cela nous conférerait de gros avantages.
-Je ne pense pas que ça soit une bonne stratégie. Reconnut l’Invocateur. Tout d’abord, ma nouvelle puissance m’attend dans le donjon de la foudre. Je ne peux donc pas voler la tour de l’un de vous, ça modifierait ton organisation. De plus, cela vous avantagerait de temps en temps, mais n’oubliez pas que les ennemis seront dans leur élément. Ce sera le cas pour les divinités, et qui vous dit que les affrontements se dérouleront sur terre ? J’imagine mal Otaka dans un combat contre le dieu du vent… On reste comme on a dit. »

Le dragon d’or revint et indiqua le chemin à ses maîtres ainsi que la distance. Plus que vingt-quatre heures et ils y seraient…




Lorsque le soleil se leva, Birbon observa la structure de la tour : style gothique, toute en noire avec de nombreux pics saillants sur les côtés et au sommet. Enorme, imposante, gigantesque, sa circonférence était plus qu’impressionnante. Rien d’inquiétant en somme.
Il venait d’arriver à destination avec les autres Mystik et les avait laissé continuer leur chemin tandis que lui neutralisait la divinité aquatique.

Pour commencer, confrontation à un problème majeur : comment entrer ? Forcément, il y avait une porte, mais encore fallait-il savoir l’ouvrir…
« Si j’étais Wildfar, que ferais-je ? Si on n’arrive pas à ouvrir une porte de l’extérieur, il faut… »
Usant dès le départ une partie de son énergie, il fit apparaître un dragon d’eau qui glissa sous la porte. Un bruit sourd résonna, un mécanisme s’enclencha et l’entrée se déboucha. Le dragon, un manche de manivelle dans la gueule, reçu une caresse sur la tête et suivit son maître.

L’histoire débute par un long couloir. De longues bandes de gravures les décorent, représentant des sirènes envoûtant des pirates ou différents mammifères marins. « Il n’a pas lésiné sur la déco. » Pensa l’élémentaliste alors qu’il franchissait le seuil de la seconde porte.
Il se trouvait en hauteur. Une échelle conduisait à un petit muret qui livrait accès à un bassin. La seconde porte se trouvait au même niveau que la première ; pour y accéder, de petites plates-formes en superpositions, lorgnant une seconde mare sur le côté. Des poissons aux nageoires de baleine et aux canines de requin nageaient sans grand but.
« Si je résonne méthodiquement, ces amphibiens ne peuvent pas vivre sans nourriture. Ces deux bassins débouchent autre part, sûrement par une voie maritime. Kuraï avait raison, je vois mal Otaka respirer sous l’eau. »

Il descendit l’échelle à l’envers pour faire face au danger et plongea dans l’étang. Son dragon à ses côtés, il était désormais en sécurité. Aucun ennemi à l’horizon et l’étendue d’eau ne menait nulle part. Après cette vérification, Birbon remonta à la surface et nagea jusqu’au petit rebord de corail –qui ressemblait plus à un muret qu’autre chose- et y grimpa. A nouveau, une mare lui faisait face, mais une mare trouble et verte. Il scruta les plates-formes qui surplombaient la pièce : des lézards, de taille humaine et debout sur deux pattes, équipés d’une dague, d’une cape et d’une peau écailleuse très résistante patrouillaient, chacun sur sa parcelle.
« Ils sont trois, autant les éviter si possible. Ce sont des gardiens créés par Wildfar, il m’est impossible de connaître leur force. De plus, je distingue mal mais il semblerait qu’un cadenas bloque la sortie. D’après toi, la clé est cachée ou c’est eux qui l’ont ? » Demanda l’élémentaliste à son dragon.

Comme réponse, la créature présenta le lac à son compagnon et elle partit agiter les hommes-lézards. Ceux-ci descendirent au même palier et la lacèrent de leurs armes, en vain.
Birbon comprit qu’il devait explorer le bassin, malgré les poissons requins. Pourquoi une clé se dissimulerait-elle dedans ? Il devait y avoir une grotte secrète, ou même un espace asséché. Il préférait aider sa créature, mais une force inconnue l’attirait vers le fond du lac. Pourquoi ne pas créer un autre dragon pour vérifier ? Bien qu’il prônait l’économie d’énergie au cas où un ennemi plus coriace l’attendrait, il n’avait pas le choix. Il pouvait aussi assécha l’étang, mais cela lui coûterait davantage de mana.
Un second fut invoqué. De teinte bleue marine, il semblait plus agressif. Lorsqu’il plongea dans l’eau, il fut directement assailli par le poisson. Birbon décocha des flèches d’eau, de formes coniques mais aussi mortelles que des flèches matérielles, pour l’aider. Une fois mort, il lui ordonna de ne pas bouger. Il appela la pauvre créature qui peinait à esquiver les assauts des lézards pour qu’elle plonge à son tour. Une invocation valait déjà beaucoup de magie, autant limiter les décès.


Les trois combattants l’attaquèrent. Manque de chance, Birbon se trouvait dans son élément…
Comment de simples soldats pouvaient-ils lutter contre un élémentaliste aussi doué que lui ? Mauvaise formulation, comment osaient-ils devrais-je dire…
Le héros esquiva un coup frontal et se replia sur le premier lac, près de l’échelle. Il sauta tellement haut qu’il faillit toucher le plafond, mais de ce fait les hommes-lézards sautèrent et vinrent à sa rencontre.
« Ils sont cons ! » Rit Birbon.
Mais il eut tort. Les monstres l’avaient rattrapé avec une vitesse ahurissante alors qu’il entamait sa chute libre. Le Mystik perdit son sourire voyant qu’il éprouvait des ennuis à parer les coups. Mais un nouveau se dessina sur ses lèvres : les lézards se positionnaient les uns derrière les autres et donc seul celui en tête de file attaquait. Rapides, mais pas futés.

Un lasso aquatique s’enroula autour du bras de l’élémentaliste et se saisit de la main écailleuse de son adversaire, lui arrachant sa dague. Aussitôt, Birbon s’enveloppa de sa fameuse couche aqueuse, un voile qui le rend invincible pendant quelques secondes, et lorsque ses pieds effleurèrent l’eau du bassin, il redécolla verticalement, surprenant ses antagonistes qui n’hésitèrent pas à le lacérer de toutes parts. Pour s’amuser, le Mystik déviait les frappes, mais certaines touchaient au but… bien que repoussées par la défense aqueuse. Il savait bien que le combat aérien n’était pas son fort ; il se félicita d’avoir pensé à cette technique avant sa feinte.

Les lézards se noyèrent comme de vulgaires insectes. Pourtant, ils n’avaient pas dit leur dernier mot. Bien que ce fût pénible, ils battirent des pieds n’importe comment et remontèrent à la surface. Birbon décocha systématiquement ses flèches… sans succès.
Il entreprit une technique plus mortelle. Plus coûteuse, certes, mais cette fois-ci les lézards ne pourraient en réchapper. Cette dépense plus importante compenserait la précédente. Il tendit les bras et comprima ses mains, difficilement. Les flots, animés par cette animosité meurtrière, se mirent à tourner. Un tourbillon se forma, amenant les hommes-lézards en son centre. Immobilisés par la force de rotation, quelque chose d’invisible comprimait leur gorge. Cela devenait intenable, ils ne pouvaient pas réagir. Leur dernière vision fut de voir leur ennemi basculer vers eux. Puis Birbon serra ses mains, comprima ses paumes, et il posa le pied sur le lac. Ses dragons le rejoignirent avec une clé. Une petite aire existait bel et bien sous la salle et elle abritait un coffre -ouvert par les dragons- qui renfermait la clé. Quittant le lac, il ouvrit la porte et passa dans la pièce suivante, à l’énigme suivante, oubliant la couleur rouge qu’avait prise l’eau après la mort des lézards…


« Les pauvres anges noirs ! Ils ne savent pas quoi faire de leurs journées ! » Constata l’élémentaliste en observant le mécanisme complexe de la salle. Gigantesque, elle contenait plusieurs entrées sur un seul et unique étage. Un dôme énorme au milieu bâchait le lieu de rencontre finale. Un gros médaillon bleu, affiché au-dessus de la porte d’entrée, verrouillait le passage. Le sol n’était constitué que de sable, formant des dunes et libérant des points d’eau ci et là.
Birbon recensa le nombre de salles parallèles. Il fit un rapide tour du dôme central et constata avec effroi quatre issues. « L’après-midi va être longue… ».
Il se dirigea vers la première et découvrit avec stupeur son étendue. Sur les côtés, de petites cascades déversaient un liquide apaisant qui donnait vie à des araignées aquatiques. Cette eau emplissait une grande cuve où roulaient des rochers prêts à écraser quiconque franchirait le barrage. Au fond, des quadrillages faisaient s’écouler l’eau, créant des tourbillons.

Le Mystik réfléchit au moyen de rejoindre l’autre berge. S’il marchait sur l’eau, il aurait à affronter les araignées, à éviter les rochers d’un léger saut, à contourner les tourbillons. Au contraire, s’il nageait sous l’eau, il évitait la première menace, mais renforçait la seconde… Ces araignées, avec leurs trois oeil rouges en plein milieu du visage, leur peau bleutée et leurs huit pattes d’une longueur démesurée, avaient toutes les cartes en main pour vaincre Birbon. Surtout à dix contre un.

Il fit un premier pas sur le lac et remarqua que les arachnides étaient immobiles. Il plongea tandis que ses deux dragons survolaient la salle grâce à leurs petites ailes. Ils ne quittaient pas leur maître des yeux. Si un événement inattendu se produisait, ils pourraient toujours l’avertir.

Les bords du bassin légèrement incurvés donnaient plus de fil à retordre au Mystik. Certes, les rochers mettaient quelques secondes à le parcourir dans toute sa largeur, mais les tourbillons absorbaient toujours l’eau et créaient de forts courant aux endroits les plus pénibles.
Coincé sur le côté gauche, Birbon attendit que le rocher s’en aille sur la droite pour prendre sa place. Il attendit que le second roule devant lui pour réitérer son déplacement. Heureusement que les rochers ne bougeaient pas simultanément. Quoique cela lui aurait facilité la tâche…

Une petite aire devant lui paraissait sans danger. Dénuée de tout rocher, Birbon croyait pouvoir s’y poser quelques instants pour définir une nouvelle stratégie. Si seulement les deux tourbillons devant lui n’avaient pas été agencés là…
Le temps pressait car le bloc de pierre revenait à la charge. Les typhons lui barraient la route ; cependant il pouvait toujours passer sous la cascade. Avec un grain de vélocité, il contournerait tous les pièges. Pourtant, malgré son fort pouvoir aquatique, il ne possédait aucun moyen de contrôler la pression de la chute d’eau. Si elle était trop forte, elle l’assourdirait et il se ferait écraser par le rocher…
Les idées se bousculaient dans sa tête, son cerveau fumait. Il détourna son regard pour observer le rocher qui n’était plus qu’à… un mètre !
Immédiatement, il plaça sa main devant lui et rassembla ses forces pour inverser le phénomène d’inertie appliqué sur la boule de pierre. Une auréole entoura sa main et propagea de minces ondes sur une courte distance, comme si un bouclier s’interposait entre la magie et le roc. Les dragons virent que Birbon éprouvait de sérieuses difficultés et ils filèrent sous l’eau. Ils se postèrent devant le rocher et poussèrent de toutes leurs forces. Mais rien n’y fit. Abattu, le Mystik se contraint à sauter hors de l’eau. Instantanément, les mygales se regroupèrent pour dévorer l’Otramien qui retombait. L’une d’elles semblait mâchouiller du chewing-gum. « Bizarre pour un insecte géant. » Il eut à peine le temps de décocher deux flèches aqueuses qu’il fut prit dans une toile. Il se posa avec violence sur le bassin, répandant des ondes qui alertèrent ses dragons. Les huit araignées survivantes s’amassèrent autour de la toile qui retenait leur proie et sortirent leurs crocs.

Prisonnier du filet, Birbon se débattait mais rien n’arriva. Il tenta d’utiliser sa magie, en vain. Il voulut dégainer son épée mais il ne parvint qu’à saisir l’extrémité de son bâton. Pas suffisant. Il se résolut à invoquer deux autres dragons d’eau qui dévorèrent les liens. Dans la foulée, l’autre duo se précipita sur leur maître et déchira deux autres endroits de la toile. Puis ils saisirent l’élémentaliste par les épaules et s’envolèrent avec, à l’instant où les mygales cisaillaient l’emplacement où il se tenait une seconde auparavant.

Birbon donna l’ordre à ses bestioles de causer quatre morts supplémentaires chez l’ennemi. Lâché en plein air, il sourit lorsqu’il vit les cadavres se joignants aux deux premiers. Les dragons reprirent leur envol pour refaire un dernier passage. Le Mystik pensait que les arachnides ne sautaient pas ; il avait tort. A quelques dizaines de centimètres de l’eau, une mygale bondit à sa rencontre et lui asséna un coup de boule qui le propulsa dans le bassin, sous l’eau, à une vitesse ahurissante.
« Je sens que la journée va bien se finir… Maugréa le héros. D’abord je rêvasse près d’un typhon, puis je manque de me faire écraser par un rocher plus fort que moi. Ensuite, je me retrouve dans un filet, sur le point d’être dévoré et je me prends un coup de tête. Manque plus que je me fasse coincer entre deux rochers et… »

Il posa le pied à terre et eut juste le temps de se tourner. Il se positionna parallèlement aux rochers, un bras vers l’avant, l’autre vers l’arrière, et sentit deux forces le frôler. Le premier roc égratigna son nez, le second rasa son postérieur. Il nagea jusqu’à la surface et grimpa sans plus attendre sur la rive.
Ses dragons l’attendaient gentiment à côté d’une sphère bleue et ils le regardèrent d’un air interrogateur.
« Je me demande parfois qu’elle expression vous afficheriez si vous vous faisiez prendre en sandwich par deux rocher trois fois plus gros que vous… enfin, que moi. » Dit-il.

Il s’approcha du globe qui flottait et l’examina. Un courant électrique le traversait, reliant les pouvoirs de la sphère du sol au plafond. Birbon prit son bâton et donna un violent coup, ce qui eut pour effet d’exploser la sphère. L’électricité s’évanouit et de la poudre bleutée s’éleva avant de se dissiper.
Si Birbon avait bien comprit, il lui fallait revenir à la salle principale. Et pour y parvenir plus facilement, il eut une idée de génie… !!
« Portez-moi. » Ordonna-t-il à ses dragons. Il traversa la pièce par la voie des airs. Forcément, c’était tout de même plus simple.


Il ne s’était pas trompé. Sur le médaillon de la porte du « boss », on pouvait y repérer quatre fragments. Le premier s’était éteint suite à la destruction de la sphère.
Alors il se dirigea vers la seconde porte et l’ouvrit.
Cette salle était encore plus grande que la précédente. Non en terme de profondeur mais de hauteur. Un toboggan gigantesque se dressait à plusieurs dizaines de mètres et touchait presque le plafond. Toute en spirale, sa pente était lisse et déversait une petite coulée d’eau qui se jetait dans le lac au pied de la structure. Une fine plate-forme flottait délicatement sur les flots, au plein milieu des poissons requins. Forcément, une seconde sphère attendait au sommet du toboggan.

Birbon pensait escalader la tour en sautant. « Pourquoi se compliquer la vie à gravir la pente alors qu’un moyen plus rapide et plus sûr me tend les bras ? » Dit-il, ironiquement.
D’un bond, il parvint à se poser au rebord du troisième étage. Il était parvenu au tiers du toboggan en une seconde seulement. Le reste serait un jeu d’enfant. Enfin… la rampe de pierre était aussi glissante que la pente, donc ses talons dérapèrent et il bascula. Du bon ou de mauvais côté, il n’en savait rien ; toujours est-il qu’il revenait à la case départ en glissant sur la coulée d’eau et non en chute libre.
Il atteint rapidement la petite plate-forme, tandis que les poissons requins tournaient autour du nouvel arrivant. Sans en tenir compte, l’élémentaliste regagna la berge et réitéra sa technique. Il ne remarqua pas que l’îlot avait légèrement plongé dans l’eau à cause du poids de la première chute. Une seconde erreur et les amphibiens se régaleraient de sa chair. Autrement dit, s’il ratait son coup et dévalait une seconde fois la pente, il y avait de fortes chances pour que la plate-forme s’enfonce totalement dans le lac… et lui avec.

Son élan ralentit lorsqu’il approcha du troisième étage. Il prit son bâton, le dévissa pour récupérer son épée et la planta dans la roche trempée. Au moins, il avait une prise solide. De son bras valide, il s’accrocha au rebord mais sa main glissa. Il était paralysé. Il ne voulait pas retourner sur la pente, ne pouvait pas sauter suffisamment haut pour se suspendre au palier supérieur et ne pouvait pas lâcher.
Ses dragons devaient le porter jusqu’au sommet. Il n’avait pas le choix. Mais, ses créatures étaient-elles suffisamment fortes pour supporter un poids si lourd sur une telle distance ?

Birbon envisagea d’invoquer d’autres dragons. Six bestioles saisirent brutalement leur maître par les épaules tandis que les quatre anciennes mordirent ses jambes. Le Mystik étala sa main sur la roche et poussa d’un coup sec. La lame de l’épée se retira violemment. Birbon eut un haut-le-cœur entre le moment de sa chute et celui de son envol : avant que ses créatures ne le stabilisent, il eut l’impression de tomber de trente mètres.
La distance que l’élémentaliste avait parcourue d’un bond paraissait incroyable. Et c’était le cas. Un héros peu expérimenté n’aurait jamais réussi ce coup de maître. Et pourtant, il n’avait accompli que le tiers de son escalade. Il remettait son avenir entre les crocs de ses dragons qui le transportaient difficilement.

Il aperçut le rebord du cinquième étage à la hauteur de ses semelles. Encore quatre et le tour était joué. Si seulement les dragons d’eau ne fatiguaient pas. Les pauvres peinaient à réaliser leur devoir…
Birbon remarqua la lenteur avec laquelle il progressait. Les étages ne se succédaient pas vite ; il avait même l’impression de stagner. La bordure du septième étage emplirait bientôt sa vue, et il doutait fort que ses créatures soient capables de l’escorter sur quelques mètres encore. Il devait songer à se poser. Ses pieds glissaient sur la pente, ses mains ne s’agrippaient pas au rebord. Il fallait trouver une solution, et vite !

Les dragons ne le supportèrent plus et le lâchèrent subitement. Immédiatement, Birbon saisit son sabre et planta la lame dans la roche. Il se retrouva dans la même situation qu’auparavant : suspendu par un bras à sept étages d’altitude.
Ses créatures vinrent se placer autour de leur maître pour lui prouver leur dévouement. Sympathique mais inutile.
Les forces du héros ne le quittaient pas, déjà une bonne chose, mais il ne pourrait pas rester dans cette position des heures encore. Le sort de l’Otram dépendait, en partie, de ses actes. Il ne devait pas ignorer ce poids sur ces épaules. Ses dragons ne pouvaient plus l’aider pour le moment et il se refusait à en créer d’autres.
Depuis toujours, Birbon développait ses capacités physiques et économisait ses aptitudes magiques. En vue d’un danger toujours plus grand, il restreignait ses forces magiques pour qu’elles le protègent. De ce fait, il attaquait sans recevoir de coup. Jusqu’à présent, non pas qu’il doutait de ses habituels compagnons, cette stratégie avait toujours marchée. Aujourd’hui, il était seul et n’avait pas le droit à l’erreur. Personne ne l’aiderait s’il faisait un faux mouvement. Ce n’était pas le moment de modifier sa stratégie !


Birbon pénétra son esprit et évalua sa quantité de mana disponible. Si sa consommation stagnait, alors il aurait une chance de vaincre le maître des lieux. Du moins c’est ce qu’il pensait puisqu’il ne connaissait pas la véritable force de son adversaire. Alors autant avoir un maximum de ressources.
Une idée lui vint à l’esprit. Il matérialisa une fine sphère de mana dans sa main libre, et l’écrasa contre la paroi. Celle-ci, pourtant résistance, s’effrita, laissant des débris qui procuraient une mince prise. Il tendit le bras dans cette direction, effleura la roche brisée de ses doigts et s’y accrocha fermement. Puis, d’un revers sec du bras, il décrocha son épée et la laissa pendre dans le vide. L’eau glissait le long de la paroi et n’avait pas eu le temps d’infester la nouvelle prise ; il fallait donc se dépêcher !
Misant sur la force de ses bras, il saisit fermement et rapidement le rebord glissant et s’élança de toutes ses forces à l’étage supérieur. Il prévoyait de se propulser de nouveau grâce à la paroi du huitième palier pour bénéficier d’un élan suffisant jusqu’au dernier. Pourtant, s’il échouait et glissait comme de nombreuses fois auparavant, il chuterait et appellerait de nouveaux dragons pour le sauver d’une mort certaine. Sa stratégie économique aurait été un échec… voire même un désastre.

Le rebord de l’avant-dernier étage s’exposa. Pour réussir, Birbon devait rester concentré. Il tendit le bras, étendit ses doigts et plaqua sa main. Une goutte de sueur perla sur son front et s’évapora avec la vélocité de l’ascension. Le Mystik ne put s’empêcher de lâcher un cri d’exclamation lorsqu’il sentit une douleur dans sa paume. Il inclina légèrement la tête et constata que quelque chose avait transpercé la peau. Une plaie maquillait sa main et l’avait complètement perforée.

Sur le coup, l’élémentaliste ne réalisa pas le motif de cette blessure, mais il remarqua très vite de larges épines qui montaient la paroi du huitième étage. Le fait d’avoir si violemment aplati sa paume sur cette rambarde avait eu pour effet de trouer sa main.
Le dernier étage se montra enfin. A nouveau, de longs et puissants pics surmontaient le rebord. Avec son niveau de célérité actuel, il ne pourrait passer au-dessus mais devrait s’accrocher au rebord. Le fait de penser à la douleur future paralysait ses membres. Habituellement, Drago aurait pu cautériser la plaie par la glace, cependant…

Tant pis ! Les autres Mystiks peinaient probablement autant que lui et il n’échouerait pas ! Même s’il devait renoncer à utiliser sa main droite pour les combats à venir. Quitte à être transpercé, autant que le pic se faufile dans l’actuelle blessure, au moins il éprouverait peu de sensations.

Soudain, il flaira des souffles chauds dans sa nuque et sur diverses parties de son corps. Des sortes de crocs mordirent ses vêtements, évitant la chair de quelques centimètres et firent planer Birbon au-dessus des pics. Les dragons aquatiques ! L’élémentaliste les avait complètement oubliés. Grâce à eux, il n’aurait pas à s’empaler sur la rambarde et il détruirait la sphère aisément.
Ses créatures le déposèrent en douceur sur le sol humidifié et attendirent la suite des évènements.
Birbon était instable : la cascade était beaucoup moins forte ici, chose étrange, mais elle restait puissante. Le moindre faux pas et il effectuerait la descente du toboggan de la mort.
Il n’osa pas s’approcher. Il ordonna à l’un de ses dragons d’éclater le globe mais il fut repoussé. Trop faible.
Alors il arma une flèche conique et la décocha en direction de la sphère flottante. Celle-ci se fractura puis libéra une lumière pure qui s’envola jusqu’au plafond.
« Mission deux, accompli. » Se congratula le Mystik.
Au moment où il s’apprêtait à descendre –par on ne sait quel moyen, le mur derrière l’ex-globe céda sous une pression intense. Une vague phénoménale déferla dans la salle et engloutit Birbon jusqu’au rez-de-chaussée.



« Vraiment, c’est malin ça ! Sont forts les anges noirs pour ce genre de conneries… »
L’élémentaliste était légèrement offusqué par la surprise, par cette touche finale, mais ce qui le troublait le plus était la vitesse à laquelle il avait dévalé l’escalier. Alors qu’il ouvrait la troisième porte, il sentait encore sa tête tourner.
Cette pièce, aussi grande qu’elle le paraissait, renfermait un mystère. Au bout d’un long couloir quadrillé flottait la fameuse sphère. Rien de bien compliqué, pourtant les couleurs de la pièce n’inspiraient pas confiance à Birbon. Certains carreaux étaient teints en jaune, d’autres en marron, en rouge ou même en bleu azur. Quel secret renfermait donc ces dalles ?

L’élémentaliste ne détecta aucun piège dans les parages. S’il se trompait, cela signifiait qu’ils étaient drôlement bien dissimulés.
Birbon posa le pied sur la première dalle. Sur la défensive, il s’attendit à voir survenir une attaque. Etrangement, il n’y eut rien ; le carreau était jaune. De même, il appuya son autre pied sur une dalle bleue et attendit.
Voyant que tout allait bien, il progressa sur le troisième carreau. Il souleva et emmena délicatement son second pied vers le pavé, son esprit toujours sur la défensive. Et le cauchemar commença…

« Rah ! C’est pas vrai ! »
Une liane aquatique visqueuse enlaçait la cheville de l’élémentaliste. Au travers de sa couleur d’un bleu parfait maculé de traînées blanches glissaient des globules rouges. La tige les aspirait… mais pour aller où ? Elle ne semblait pas avoir de source… Dans ce cas, l’eau était née toute seule. Elle émergeait de la dalle comme par magie. Pour un piège, il était plutôt réussi. En revanche, Birbon n’avait rien senti en se déplaçant sur le premier carreau. Cela signifiait-il que certains ne renfermaient de sortilège ?

Le Mystik tira sa jambe de toutes ses forces, mais la liane restait supérieure. S’il ne réagissait très vite, il se viderait de son sang.
Rapidement, il ordonna à l’un de ses dragons de flotter au-dessus de la première case, et aux neuf autres de surveiller et marquer les dalles non protégées. De cette façon, il saurait comment revenir.
Son mollet le picotait. Immédiatement, il saisit son bâton, tira son sabre et trancha la tige visqueuse. Dans son élan, il chuta sur la dalle de derrière. La liane tournoya un instant à quelques centimètres du sol et se fondit dans les motifs du carreau.
« Pfiu ! Saloperie de piège ! »

Le couloir, éclairé par des projecteurs situés au plafond qui augmentaient la température naturelle du temple, se mit à se rafraîchir et un point d’ombre apparut.
« Tiens ? »
Birbon leva la tête et bondit sur le côté. Une seconde après, un énorme rocher se fracassa à l’endroit où le héros se trouvait.
La dalle qu’il piétinait à présent brilla au point de l’aveugler. Pas une seconde à perdre ! D’un saut, le Mystik franchit plusieurs cases en direction de la sphère. A quelques instants près, une tempête ancestrale concentrée l’aurait foudroyé.
Un violent choc arrêta sa progression et le fit tomber en arrière. Etonné, il étendit le bras et tâta une sorte de mur d’acier, invisible.
« Quelle puissance ! Admira le héros. Wildfar a dû placer des barrières invisibles sur cette trajectoire pour que l’on ne puisse pas traverser les obstacles en les sautant. J’ai vraiment été bête de tomber dans un piège aussi ridicule… Hum ! Ca fait quand même mal. »

Il s’étala tranquillement sur le dos pour récupérer des forces, comme si de rien n’était. Apparemment, ce carreau-ci était inoffensif. Il profita de cet instant de répit pour appeler son groupe de dragons et l’un d’entre eux se tint à son poste. Les autres ne pouvaient pas traverser la muraille et se répandirent dans le long couloir, comme pour surveiller un quelconque danger.

Birbon évalua la distance le séparant de son objectif. Celle-ci était encore trop importante pour qu’il puisse décocher une flèche d’eau. Elles étaient puissantes sur de courts espaces, mais plus les intervalles grandissaient et plus les javelots perdaient de leur intensité. Encore fallait-il qu’ils puissent passer au travers des barricades.
Le Mystik réfléchit.
« Ce sort écarte seulement les dangers aériens, donc mes sauts ne me serviront à rien. En d’autres termes, si la hauteur de mon déplacement dépasse un mètre, ces palissades me barrent la route et me plaquent. Le problème est que mes flèches partent en ligne droite. Je n’ai aucun moyen de redresser leur trajectoire, et si je perds du temps à… Mais bien sûr ! »

La destruction du globe ne serait plus qu’une question de secondes.
Birbon se glissa sous la fine pellicule invisible qui constituait la barricade et courut le plus vite possible. Il avait bien fait d’économiser ses forces, car il devrait les dépenser maintenant.
A chaque dalle franchie, il décochait un javelot aquatique. Si une barrière se cachait, la flèche exploserait en la côtoyant. Il saurait alors à quel moment se baisser pour ne pas perdre une seconde. De plus, s’il commettait la moindre erreur, il risquait sa vie.
Précédé de tiges visqueuses, de typhons, d’avalanches d’éclairs et de flammes, Birbon plongea et se faufila sous une éventuelle palissade et continua sa progression à vive allure. Si ses affirmations se révélaient justes, il ne craindrait plus rien à l’arrivée.
Les dalles ne cessaient de briller. Un braisier infernal naissait au centre de la pièce. La fumée s’épaississait et stagnait au plafond ; des dagues de glace filaient sur les côtés en arc de cercle pour prendre à revers le Mystik. Malgré les difficultés, il parvint à les enjamber et à éluder de justesse une barrière.

A présent, une vague de flamme le rattrapait, telle une mer déchaînée qui noierait sa cible. Les épines de glace recouvraient le plafond et s’écrasaient avec fracas sur les carreaux, manquant de blesser l’élémentaliste. Des tourbillons de flammes embrasèrent les murs et s’élancèrent à la manière de spirales effrénées dans l’espoir de stopper la course de Birbon. Des éclats lumineux maquillaient le couloir, des sphères électriques dansaient en tournoyant sur elles-mêmes, prêtent à intercepter le Mytik.
Et toujours, inlassablement, la vague de flammes, alimentée en permanence par le mystérieux pouvoir des dalles.

Birbon jeta un vif coup d’œil dans son dos : s’il ralentissait, il était fichu. A cette distance, la marée ne l’épargnerait pas.
Dire que le globe ne flottait qu’à quelques dizaines de mètres seulement…

Le pied droit de l’élémentaliste se posa sur un carreau de couleur marron. Celui-ci s’enfonça légèrement et déclencha une puissante onde de choc qui ébranla les murs. Le héros vacilla et manqua de trébucher ; il posa son second pied sur une autre dalle de la même teinte.
Malgré le son titanesque produit par la magie affluent dans son dos, il put sentir une légère érosion de la roche. Fred utilisait souvent cette technique dans le passé…A présent, il ne s’en servait plus, pas depuis que Kuraï fut ressuscité. Néanmoins, Birbon avait souvent entendu ce léger craquement pour s’en souvenir toute sa vie.
Une fissure lézarda le plafond ; il avait vu juste. Dans la seconde qui suivit, tel un tremblement de terre, la voûte se sépara en deux parties et d’imposants blocs de roche chutèrent.
Le vacarme s’amplifia. Les rochers s’écroulaient sur le sol avec la puissance d’une bombe. Le plancher vibra à mainte reprise ; cela ne suffit pas à faire basculer l’élémentaliste.

Soudain, un gigantesque mur de glace s’imposa devant lui. Le héros tenta de percer l’élément de Drago de sa lame mais rien n’y fit, le bloc était trop résistant.
Un courant d’air ?! Birbon fit un pas de côté et pencha la tête en arrière. Une lance électrique se figea dans la falaise gelée, manquant d’arracher la tête du Mystik de quelques centimètres. D’ailleurs, son mouvement provoqua un nouveau dispositif de sécurité. Une mare d’huile inonda la pierre ; l’élémentaliste s’étala à terre. Immédiatement, deux lianes visqueuses s’élevèrent et s’accrochèrent à ses pieds, tandis que la déferlante de flamme -que l’on peut appeler « la marée de l’enfer »- l’atteignait.

Les globules rouges se transposèrent de plus en plus vite.
« Heureusement que j’ai restreins mes forces jusqu’à maintenant… Il est temps pour moi d’invoquer une technique de défense de niveau cinq !! »
Les mains libres, il composa une série de signes basiques qui eurent pour effet de former une ligne d’eau à l’extrémité de ses talons. La moindre unité de distance gagnée lors de l’utilisation de cette technique surpuissante lui ferait économiser une poignée de mana.


La marée de l’enfer s’écrasa sur lui. Aussi bouillantes qu’un volcan, les flammes lui léchèrent le torse un bref instant.
« Trop tard. » Sourit-il.
D’une intensité et d’une pression à défier toute épreuve, une demi-coque protectrice se referma sur le Mystik. La température, qui avait tant augmenté, perdit une vingtaine de degrés. Le brasier luttait de toutes ses forces pour percer la défense de plomb, mais cela ne servit à rien… du moins pour le moment. Assit par terre, Birbon trancha les tiges qui le retenaient prisonnier et regarda le mur de glace fondre. Lui était à l’abri dans sa demi-bogue. Seulement, dès que l’obstacle aurait fondu, il devrait s’élancer sans perdre une fraction de seconde. Son objectif planait devant lui. Une dernière barrière invisible devait se dresser entre eux, et ensuite, tout ce remus-ménage s’achèverait.

Une ouverture se dévoila. Instantanément, l’élémentaliste se rua devant lui, ignorant la pluie de rochers, les spirales incendiées voguant de mur en mur, les épines de glace -de plus en plus fréquentes- et la marée de l’enfer qui finissait de consumer sa défense ultime.
Il décocha à nouveau ses flèches aquatiques, perçut la palissade finale, plongea en dessous et darda un dernier javelot. Comme des mains assoiffées de sang et avides de massacres, la mer de l’enfer rejoignit Birbon à une vitesse ahurissante. A plat ventre sur les dalles effervescentes, il attendait l’instant de vérité.
Le javelot se rapprochait de la sphère ; la marée incinérait la peau du Mystik. La flèche frôlait la boule magique ; les flammes enveloppaient le héros. Enfin, la flèche brisa en mille morceaux le globe, créant une gigantesque onde de choc suivit d’un froid glacial. Mais Birbon se noyait déjà dans cet incendie…



« Vraiment un coup de chance. Avoua l’élémentaliste, hors de la salle, face à l’ultime porte. Heureusement que j’ai créé une couche d’eau pour ralentir les flammes car si la sphère avait été détruite un instant plus tard, s’en était finit de moi. J’ai même eu l’impression d’être incinéré… alors qu’à part des égratignures et des brûlures légères, je n’ai pas subi le martyr. Pas encore… »

Il tourna la poignée de la quatrième porte et entra, toujours précédé de ses fidèles dragons qui écoutaient attentivement ses mésaventures.
Hormis les murs rouge sang et des tableaux représentant des paysages désertiques, un pauvre piédestal régnait au centre de la pièce. Birbon ne vit aucune difficulté à anéantir la sphère posée dessus.
Le héros se plaça à portée, prêt à divulguer une dernière fois sa flèche d’eau, lorsqu’une cage d’un rayon suffisamment large pour contenir deux hommes, enferma le pilier. Le javelot disparut sans même avoir touché la cible, comme s’il était passé au travers.
« Bah ? »

La couleur des murs suinta, comme si de l’hémoglobine coulait. L’air se fit plus rare et devint une ressource limitée. Deux portes cadenassées, situées de part et d’autre de la cage, marquaient son entrée. Le Mystik brisa les chaînes d’un coup de bâton et jeta la porte à terre. A nouveau, il décocha sa dernière flèche sur la boule bleue. A nouveau, elle traversa la cible sans la côtoyer.
« Comment ? »

Un bruit de ferraille résonna. Birbon fit volte-face et vit que la porte était revenue à sa place, le cadenas restauré lui aussi.
« Même avec de la magie on ne peut pas réaliser un tel exploit ? »
Une main l’agrippa à la gorge et le plaqua contre la grille. Un poing se logea dans son estomac et déforma les contours de la cage.
L’élémentaliste tomba à genou et suffoqua. Une flaque de sang s’épaississait sous lui. Que lui était-il arrivé ?
Il regarda là où il avait reçu le coup et vit quatre trous parfaits sur son torse, comme si des épines l’avaient entamé.
Soudain, la sphère s’éleva et se figea, immobile, à un mètre du sol. Une silhouette floue se forma et un homme apparut. Grand et élancé, il ne portait aucun vêtement, sauf un pantalon rayé. Deux lanières noires se croisaient sur son torse et laissaient pendre une lourde épée dans son dos. Ses mains étaient gantées, et à leurs extrémités poussaient des pointes. Voilà donc l’arme utilisée contre le Mystik.

Le visage de l’homme était jeune mais abîmé. Des cicatrices irradiaient de ses joues, certaines encore rouges. Il avait du subir le martyre des années auparavant et à nouveau depuis peu. Des hématomes noircissaient ses pommettes jusqu’à la frontière de ses yeux, leur attribuant une teinte violacée.
Birbon se concentra sur la partie supérieure du visage de son adversaire : ses cheveux châtains rasés se dressaient sur son crâne. Son front noirci semblait avoir brûlé, et ses yeux… l’homme était aveugle. De gros fils scellaient ses paupières afin qu’ils ne puissent plus les ouvrir.
De plus, pour parfaire cette description hideuse, cette créature avait un trou à la place de l’estomac.

Le globe flotta et s’inséra dans l’abdomen du monstre. L’élémentaliste comprit, par l’intermédiaire de filaments bleutés, que la sphère répandait un courant électrique dans le corps de l’homme. De cette manière, elle devait probablement favoriser ses réflexes.

Le Mystik ne sut pas comment il devait réagir. A première vue, le démon errait lentement autours du piédestal sans tenir compte de la présence de son antagoniste.
« Il ne me voit pas et il ne détecte pas ma présence par son odorat. Il ne lui reste que l’ouïe… »

Le léger sifflement qu’émit l’un des dragons hors de la cage réveilla les instincts guerriers du monstre. Il fléchit les genoux, tira son épée d’un geste mécanique et courut vers les barreaux.
Birbon serra les dents au contact entre la lame et les barres de fer. Heureusement qu’elles étaient solides…
A la suite d’un enchaînement dévastateur, le zombi replaça son arme dans son dos et chemina, sans hâter le pas.

L’élémentaliste décocha une flèche d’eau en direction de la sphère… repoussée par deux queues de scorpion ?
« D’où sort ce truc ?!! »
Birbon effectua un rapide petit saut en retrait et se cogna contre la porte.
« Merde ! J’avais oublié qu’elle s’était rattachée toute seule. »
Mais déjà la créature le surplombait. La lourde épée s’abattit sur lui avec une force terrifiante. De justesse, le héros éluda l’assaut d’une roulade sur le côté. Il dégaina son bâton et lui asséna une frappe sur la tête. Puis, il profita de l’étourdissement du monstre pour réaliser un petit enchaînement : il sortit son sabre et transperça le dos du mort. Les deux queues de scorpion saillirent pour freiner la lame ; si Birbon n’incluait pas plus de puissance, son combo serait voué à l’échec. Son autre main tenait toujours fermement le morceau de bâton. Au lieu de frapper son crâne, il tenta de frapper le visage. Les tentacules sentirent le danger et firent barrage devant ses yeux, juste pour arrêter la frappe secondaire.

Son plan avait marché ! Il appuya fortement sur son sabre et perça la colonne vertébrale. Une tâche marron était dessinée et les queues sortaient de ce point, autant les supprimer. Il posa ensuite ses pieds sur la nuque et s’expulsa à l’autre bout de la grille pour trafiquer le cadenas. Un coup de bâton et un écrasement du pied suffirent à repousser l’obstacle de fer.

Le monstre reprit ses esprits, rengaina son épée et marcha en direction de la seconde sortie. Au bruit de son pas mesuré, Birbon s’immobilisa. Le moindre souffle pourrait être repéré par l’ouïe fine du mort-vivant.
Au lieu d’agir, il réfléchit. Pourquoi les queues de scorpion avaient-elles défendues le faciès de leur maître alors qu’une attaque plus dangereuse se profilait à l’arrière ? Le zombi ne paraissait pas avoir souffert quand la lame a mordu sa chair… les appendices s’étaient vraisemblablement repliés pour former un rempart entre le bâton et son point faible. Encore fallait-il le trouver…

Les dragons se déplacèrent. Leur mouvement attira l’attention du monstre qui lacéra à nouveau les barreaux… sans effet. Dans son élan, il brisa aussi le cadenas de la seconde porte et s’échappa à l’extérieur, toujours prêt à combattre.
« Dispersez-vous et attaquez son… euh… visage ? » Missionna l’élémentaliste.
Suivant les ordres à la lettre, les bestioles s’éparpillèrent au sommet de la salle et observèrent leur cible s’agiter toute seule. Enfin, après la démonstration, elles filèrent et assaillirent le faciès décharné.
Le Mystik, quant à lui, ne bougeait pas. Il observait, émettait des hypothèses, construisait sa stratégie. Contrairement aux autres fois, il utilisait sa magie afin qu’elle combatte à sa place. Il se préservait, mais il faisait le maximum pour ne pas épuiser ses dragons, ni pour les tuer.
« J’ai compris ! S’exclama-t-il. S’il recouvre la vue, alors il mourra. C’est pour ça que les appendices se sacrifient pour lui. La question est : pourquoi mourrait-il en ouvrant les yeux ? De plus, je ne sais pas s’il existe un quelconque moyen de couper les queues, mais je vais devoir m’immiscer dans la bataille pour lui retirer ses ligaments. »

Les queues de scorpion luttaient inlassablement contre la dizaine d’opposants. Elles les repoussaient, les éjectaient, les paraient, jamais elles ne s’en débarrassaient. Elles défendaient admirablement les yeux de leur maître, alors qu’elles n’étaient que deux à pouvoir enquiquiner les bestioles. Lui, devait attendre, bouger pour éviter les multiples assauts. Et soudain, il se remit à courir, glaive au poing, vers un ennemi qui l’imitait. L’impact fut fracassant ; le sol craqua sous les pieds de Birbon. Ils s’échangèrent une série de coups, puis le héros bondit au plafond et fit pleuvoir des trombes des balles d’eau qui explosèrent au sol. Grâce au liquide procréé, une forêt de tiges aqueuses emprisonna les talons du zombi. Désormais, il ne pourrait plus se déplacer. D’autres lianes s’agrippèrent aux queues de scorpion et les forcèrent à se courber en arrière. Les dragons d’eau se propulsèrent sur les jambes ; le mort vacilla puis tomba à la renverse.
« C’est finit… »

La pointe du sabre s’approcha des ligaments et, d’un coup sec mais précis, sectionna les liens. Les tentacules gesticulèrent. Ecrasées sous le poids de leur maître, elles ne pouvaient rien faire…
Un faisceau blanc flasha la pièce, provenant tout droit des orbites du monstre. Il se leva et fixa Birbon, aveuglé par la luminosité. Le rayon cessa et une explosion retentit, envoyant l’élémentaliste s’écraser contre un mur. Les tiges aqueuses qui maintenaient ses mollets cédèrent et la créature s’élança.

Les dragons s’opposèrent. Cela ne gêna pas le guerrier qui passa au travers sans se soucier des morsures et dégâts infligés. L’effet des bestioles se déclencha enfin ; l’aura du mort se brouilla et une fumée légèrement violacée émana de tout son corps : il était empoisonné. Birbon ne pensait pas qu’il mourrait de cet état, néanmoins il pourrait toujours s’affaiblir. Aussi, il remarqua que les queues de scorpion, remises de leur choc, titubaient dangereusement. Le poison aura au moins eu un effet positif. La sphère ne scintillait plus, aucun courant électrique ne se versait dans l’âme du monstre. Elle devait être vulnérable à présent, d’autant plus que ses « gardiennes » n’étaient pas dans leur assiette.
Le recouvrement de la vue n’aura pas tué le guerrier, il lui aura simplement volé son invincibilité.
Le Mystik repartit à la charge en créant deux doubles aquatiques. L’un assaillit le mort-vivant par une voie aérienne, l’autre par derrière et le troisième par-devant. Les premières illusions -celle du haut et de devant- transpercèrent la sphère, sans effet. Normal.
Face à l’ennemi, la première se dilata, broyée par l’énorme épée. Il fit volte-face afin de livrer le même sort à l’original. Malheureusement, il ne trouva personne. Alors, il se baissa et pivota. Le vrai Birbon avait du passer sous ses jambes sans qu’il ne s’en aperçoive.

Le mort arma son coup et allongea rapidement le bras pour transpercer les entrailles de l’élémentaliste.
Le Mystik laissa sa lame à quelques centimètres de la sphère et cracha du sang. Le bras toujours raide, il espérait trouver les forces requises pour exploser le globe, et son porteur si possible, mais il ne put pas. Il leva les yeux et regarda les orbites vides de son antagoniste. Il perçut un léger sourire, comme s’il quelqu’un ou quelque chose l’empêchait de dévoiler ses émotions.
« Une véritable machine à tuer… » Pensa l’élémentaliste, lui rendant son sourire.
Soudain, une ombre tomba du plafond, se réceptionna sur la lame et enfonça son sabre au centre de la sphère. Une expression neutre zébra le faciès du guerrier : son opposant l’avait transpercé de sa lame. Comment cela se pouvait-il ? Il restait deux doubles. Il avait forcément transpercé le vrai Birbon. A moins que les illusions eussent échangé leurs places, ce qui expliquerait tout.
La dernière vision de la créature fut de voir sa victime se transformer en une colonne d’eau, tandis que le vrai Mystik posa pied à terre. Puis il explosa, emportant les derniers débris du globe…



Pour la dernière fois il défiait le médaillon. Le dôme lui ouvrait ses portes. L’élémentaliste posa la main sur la porte métallique et s’en alla rencontrer son alter-ego…


Une vaste étendue d’eau immergea le regard de Birbon. Deux terres-pleins flottaient et reflétaient leurs ombres sur les murs blancs et le plafond voûté de corail bleu, éclairés par des lumières artificielles situées sous l’eau. Par moments et par endroits, de forts courants entraînaient le liquide en un tourbillon d’intensité variante.
Le Mystik leva la tête : le corail se nichait suffisamment haut pour qu’il puisse livrer un combat aérien.
Ses dix dragons d’eau devant lui, il se rendit sur la première plate-forme pour tâter une sorte de poussière d’étoiles bleutée. Quoiqu’il puisse se produire, il avait préservé une quantité raisonnable de mana et son corps, bien qu’endommagé, exaltait de puissance. Il découvrirait ses capacités en combat un contre un, voir si son entraînement porterait ses fruits.
Lorsqu’il effleura du doigt les cendres célestes, la poussière changea subitement de couleur, devenant ténèbres. Au lieu de se positionner en retrait, il restait là, immobile, attiré par ce changement.

Tout à coup, elle explosa, propulsant des torrents d’eau dans toutes les directions. Impassible, Birbon solidifia sa position sur la terre-battue et se laissa engloutir par les jets. A quelques centimètres de lui rayonnait la toute puissante déesse des flots, Ondine…


Les deux opposants se fixaient. La chevelure d’acier de la déesse et ses prunelles noires lui conféraient un aspect maléfique. Elle n’était vêtue que d’une tenu de combat couleur ténèbres et d’une demi-jupe ébène. Elle saisit une épée constituée d’eaux noires et laissa tomber son bras le long de son corps. Lui, attrapa son bâton ultime et toisa Ondine.
« Est-ce toi qui dois me tuer ? Dépêche-toi, ou je vais venir te chercher en premier…
-Patiente encore cinq secondes, je te prie. » Répondit-elle d’une douce voix.

L’élémentaliste ne comprit pas de suite. Ses paroles semblaient si douces comparées à son aura morbide…
« Pourquoi cin… »
Deux serpents aquatiques émergèrent du lac et se précipitèrent sur le Mystik. Instantanément, les dragons d’eau vinrent construire un barrage.
« Tant que mes dragons résistent, je n’ai rien à craindre de ces serpents. Mes pauvres bestioles risquent de se faire massacrer si je ne leur fournis pas d’ange gardien. J’ai intérêt à trouver un délai suffisant pour invoquer… »

Ondina chargea de front, sa longue lame ténébreuse prête à percer. Birbon para de justesse le coup grâce à son bâton et s’envola au plafond pour s’accrocher au corail. Sous lui, des vrilles d’eau sautaient comme des dauphins dans le lac, prêtent à le recevoir. La déesse entama un chant, les bras étendus, en plein milieu de typhons naissants. Cette savoureuse symphonie grimpa jusqu’à l’ouie de l’élémentaliste et lui brûla les tympans ; il lâcha prise. Il dégringola et sombra dans un tourbillon qui le déboussola, puis qui le renvoya dans les airs après lui avoir fait toucher le fond. A l’air libre, une vrille déchira son épaule. Ondine vint à sa rencontre et le décapita… avant de se faire éclabousser par une flaque d’eau. Elle grommela et jeta un œil sur la plate-forme derrière elle. Les jambes fléchies, les mains en position de prière, Birbon libérait de surprenantes quantités d’énergie.

La déesse redoutait le pire et signala à ses serpents d’arrêter l’homme, quoiqu’il en coûte ! La non-présence de sang lorsque la vrille lui avait déchiré l’omoplate montrait à la divinité maléfique que ce n’était qu’un clone. Depuis combien de temps avait-il commencé son invocation ?
Les bestioles réduites à néants, Birbon n’avait plus de rempart entre l’ennemi et lui. La terre trembla et une gigantesque vague s’éleva et s’écrasa contre les reptiles. Une puissante vague ralentit les serpents en les clouant dans l’eau.
Des ondes de puissance se répercutaient sur le sol. Au fur et à mesure qu’elles s’intensifiaient, Ondine ne pouvait pas s’empêcher de repenser aux paroles de son Seigneur, Myggdrar. « Contrairement à Kuraï, les Mystik nécessitent un certains temps avant d’accomplir leur invocation. Prend l’avantage dès le début du match et ne laisse pas respirer ton adversaire. » Dans quel domaine avait-elle failli ? Peut-être que son chant l’avait aveuglée, et encore ! L’idée d’être dominée lui causait des nausées. Elle devait réagir vite avant le pire…

La silhouette de l’élémentaliste crépitait. L’heure approchait. Les serpents se relevaient et se dirigeaient de nouveau sur leur proie. La gueule ouverte, ils sifflèrent et s’attardèrent à croquer le héros.
« Que font-ils ? » Se questionna la Maléfique.
Les têtes des reptiles, proprement scindées en deux, s’affalèrent dans le lac. Immédiatement, deux autres se hissèrent hors de l’eau. La divinité les ressuscitait dès qu’ils tombaient au combat… la bataille tournait forcément en sa faveur, à trois contre un. Plus pour longtemps…

« L’affrontement touche à sa fin… Menaça Birbon.
-Au contraire ! Comment peux-tu croire me surpasser alors que tu n’as même pas vu les pouvoirs spéciaux que le Seigneur m’a accordés !
-Peu importe. Tes serpents ne me font plus peur à présent. Ils représentent seulement un jouet que l’on peut casser indéfiniment. D’ailleurs, cela influe sur ta magie, n’est-ce pas ? Plus ils ressuscitent et plus ton réservoir s’assèche. Tu ferais mieux d’admettre ta défaite. »
Une femme d’une beauté extraordinaire se dressa à côté du Mystik. Une fine toge blanche masquait un corps parfait. Des yeux bleus rayonnants de douceur pénétrèrent ceux de la divinité maléfique. Sa chevelure couleur azur ajoutait de la légèreté à ses mouvements. Une épée identique à celle de son alter-ego, elle se plaça à quelques pas de Birbon, les bras tendus, défiant la Maléfique.
« Ondine, la déesse de l’eau, a répondu à mon appel… »


L’affrontement allait prendre une toute autre tournure. Son Invocation l’assistait, le Mystik n’avait plus de souci à se faire. Pourtant, il était l’élément décisif de ce match.
Les serpents plongèrent une nouvelle fois ; Ondine les rejoignit, prête à les massacrer dans l’espoir d’aider son maître à sauver ce monde. Elle ne pouvait pas fléchir. D’ailleurs, contre des ennemis si faibles, elle n’en ferait qu’une bouchée.

La divinité maléfique maugréa. Tant que les guivres renaissaient, elle combattrait Birbon seule. Et grâce à son pouvoir spécial, elle gardait nettement l’avantage.
Le héros attaqua de front. En suivant sa logique, la Maléfique penserait que l’élémentaliste feinterait au dernier moment pour l’assaillir lâchement par derrière. Si tel était le cas, il marquerait un point.
« La spirale démoniaque ! »
Deux cerceaux agrippèrent les pieds du Mystik et les fixèrent au sol. Malgré l’énergie dont il faisait preuve, il ne parvenait pas à s’en débarrasser.
« Le voile de trombes ! »
Un déluge d’eaux noires s’abattit sur Birbon, formant une couche au-dessus de sa tête. Curieusement, ses ressources magiques ne lui obéissaient plus. La Maléfique éjecta un pic enveloppé d’une spirale qui tournait à toute allure. La feinte avait échoué.

« Annulation ! » Hurla Ondine.
Le voile se dissipa sans perdre de temps et l’élémentaliste usa d’une technique de substitution, fondant dans le lac et échappant de justesse à l’assaut mortel. Il émergea dans le dos de son antagoniste, dégaina son épée du bâton et asséna une frappe frontale.
« Je vais me servir de la même technique que Kuraï, sauf que, contrairement à lui, elle me coûtera beaucoup d’énergie. En contrepartie, tu vas mourir. » Annonça-t-il clairement.

Surprise par un tel enchaînement, la fausse Ondine se retourna et vit la lame plantée dans sa chair se transformer en flaque d’eau.
Interloquée, l’air naïf, elle regarda au-dessus d’elle et sentit le tranchant mordre son crâne. Elle se téléporta in-extremis sur la seconde plate-forme et comprit que cette action n’était ni plus ni moins qu’un vulgaire mirage.
« Il aurait pu me tuer, mais il ne l’a pas fait, pensant que j’anticipais chaque coup. Décela la divinité. C’est un homme extrêmement prudent, mais s’il continue ainsi, il finira par m’av… »

Un autre tranchant chatouilla l’un de ses seins plats. Un second érafla sa jambe et un troisième perça son abdomen. Elle n’eut pas le temps d’utiliser une quelconque technique et puis, encerclée comme elle l’était, ses déplacements éventuels étaient quasiment nuls.
« C’est finit. » Articula Birbon, le souffle court.
Soudain, il lui parut que son épée s’enfonçait comme dans du beurre, jusqu’à la garde. Elle ressortit dans le dos de la Maléfique, la transperçant de part et d’autre. Elle ricana ; quelque chose clochait.
« Tu vas apprendre que je ne suis pas comme la vraie Ondine. Tu es en train de découvrir le pouvoir spécial que m’a attribué Myggdrar ! »

Le Mystik remarqua qu’il n’avait pas pénétré la déesse. Les yeux exorbités, il vit que la partie du corps blessée s’était convertie en liquide vaseux. Celle-ci se solidifia et la lame fut scellée. Impossible de la retirer.
« Nous autres, « fausses divinités », possédons toutes un pouvoir spécial. Le mien consiste à changer une partie de moi-même en vase, produit de l’élément aquatique. Elle me rend insensible, m’isole des dégâts que l’on m’aurait causés et peut emprisonner mon adversaire. Et alors, je peux le tuer sans me fatiguer. »

Elle trancha horizontalement tout en se tournant, espérant remporter la victoire. Mais, coincé dans son dos, Birbon virait aussi. Impossible donc de le toucher. Elle employa son ancien arcane et l’élémentaliste se trouva incapable de faire appel à la magie. S’il abandonnait son arme, il mourrait. Ce n’étaient pas ses violents coups de bâton qui déstabilisaient la mauvaise Ondine, cela le rendait encore plus ridicule qu’il ne l’était.
La divinité tendit la main sur les flots et des vrilles s’élancèrent. La Maléfique dansa, exposant son prisonnier un maximum face aux spirales. Il sauta sur le côté pour éluder la première, se baissa pour la seconde, se plia en deux pour la troisième et ainsi de suite. Tout en esquivant les vrilles aquatiques, Birbon réfléchissait. La divinité pouvait se transpercer elle-même, comme Kuraï. Avec son pouvoir, elle ne craignait rien. Sauf si…

Deux idées s’affrontaient dans son cerveau. Il pouvait demander à Ondine d’immobiliser la Maléfique puis de… Non. Trop risqué.
Les spirales s’accroissaient, attaquant le Mystik de tous les côtés. Malgré les quelques vrilles qu’il déviait d’un coup de bâton, il en recevait beaucoup en pleine figure. Le plus simple serait de lâcher le sabre. Mais après, il serait désarmé et son opposante posséderait deux armes. Ce n’était pas un bon coup à jouer. Des colonnes d’eau s’élevaient, provoquant des vagues qui déferlaient sur lui. Malgré ses efforts, la Maléfique n’arrivait pas à l’ébranler. La seule chose qu’elle faisait parfaitement grâce à ses multiples techniques était de causer un nombre incroyable de blessures à son antagoniste. La quantité de sang qu’il perdait à chaque instant était impressionnante. L’eau du lac se teintait déjà d’une couleur ocre. Elle finirait par le vaincre sur la durée. Ses fluides vitaux le quitteraient et sans globule rouge, il s’effondrerait, raide mort. Tant que la véritable Ondine ne les remarquait pas, elle possédait cet avantage. Pour combien de temps ?

Elle avait plus d’un tour dans son sac, mais le fait que l’élémentaliste maîtrise l’eau l’entravait. Inutile d’espérer de le noyer. De plus, elle avait renoncé à l’invocation des dragons pour obtenir les serpents. Bien qu’ils ne puissent pas être plus de deux simultanément, ils restaient supérieurs en terme de force et de vitesse. Concernant la résistance et l’agilité, les deux types de créatures s’équivalaient. De plus, les guivres ne s’éteindraient que lorsque le réservoir magique de leur créateur s’épuiserait… sauf si celui-ci mourait avant.

Elle observa ses reptiles se battre contre sa réplique. Les pauvres tombaient et réapparaissaient. Ils faisaient preuve d’une impuissance remarquable. Ondine les cisaillait avec fougue, les décapitait, tranchait, lacérait. Jamais elle ne s’arrêtait. Bah ! Il fallait d’abord se débarrasser du gêneur et ensuite elle s’occuperait de son cas. Alors elle deviendrait La Divinité de l’Eau, la seule en ce monde. Si les autres dieux en faisaient autant, l’œuvre de colonisation de l’Otram, entamée par Myggdrar, ne serait que plus facile. Sa création n’aurait même pas besoin d’intervenir… Wildfar non plus d’ailleurs.

Lorsqu’elle émergea de son songe idéaliste, elle siffla ses serpents, les invitant à dîner, puis elle chanta. S’il préparait secrètement un mauvais coup, Birbon n’aurait jamais le temps de le mettre à exécution.
Les tympans du Mystik s’immolèrent. En plus des nombreuses lésions, il devait subir un incendie au sein de son ouïe. Les yeux plissés, les dents serrées, il se concentra sur l’arme qu’il ne devait en aucun cas abandonner. Le chant, aussi insupportable soit-il, emplissait son esprit, l’obligeant à se focaliser sur la mélodie. Birbon était l’un des Mystik les plus forts psychologiquement, il ne devait pas décevoir les autres dans ce domaine. Malgré sa résistance héroïque, il n’allait pas tarder à lâcher. Ses muscles envoyaient une affluence de messages douloureux à son cerveau, l’incitant à desserrer sa prise. Pourtant, s’il laissait tout tomber, il ruinerait ses efforts et subirait le chant odieux jusqu’à sa mort. Cela ne changeait rien au problème.

Il se concentra totalement sur cette idée. Ses doigts se resserrèrent sur la garde de son épée.
« Birbon ! Dit Ondine par télépathie. Ne laisse pas cette mélodie te ronger. Nous allons en finir maintenant ! Attaquons-la ensemble ! »
La déesse se téléporta devant son ennemi qui stoppa sa symphonie. Haletant, ayant perdu une quantité de sang phénoménale, l’élémentaliste communiqua psychiquement.
« Attend ! Elle ne peut transformer qu’une partie de son corps à la fois. Attaque-la latéralement, et si elle absorbe ton coup, je tournerai mon poigné d’un quart de tour. Elle ne s’attendra jamais à ça. En se coordonnant, on peut en finir maintenant !
-Compris ! »


Les deux divinités se dévisageaient. Les serpents traçaient et n’étaient plus très loin des héros. Le temps était compté !
Malgré les apparences, la Maléfique n’avait pas prévu un tel retournement de situation et elle se savait vaincu si elle n’avait pas de bons réflexes sur le prochain combo.
Ondine chargea, entama une série de frappes dantesques qui firent trembler le sol. Des dragons d’eau pointèrent le bout de leurs gueules et déchirèrent la fausse divinité en un éclair.
Un saut, puis une téléportation sous les jambes de la Maléfique, suivit de plusieurs coups sur les côtés. Ondine ne pouvait pas feinter par derrière car Birbon était toujours attaché.

L’élémentaliste étourdit sa cible d’un puissant et vif coup de bâton. La divinité vit une ouverture et elle planta sa lame incrustée de diamants à maintes reprises dans le corps de son opposante. Libérée comme par enchantement, le Mystik pivota son poignet d’un quart de tour.

Alors les serpents disparurent et ne réapparurent plus…
Posté par Arkantos le 07-11-2007 à 22:20
¤/_¤lulo¤/_¤
dsl si j'ai pas repondu plus tot mais je n'ai pas pu acceder a internet de la semaine...^^'

Derien je savait pas que j'etait d'un si grand reconfort...c'est une grande nouvelle ^^

J'ai finit de lire ton nouveau chapitre...j'ai tres bien ruessi a visualiser le lieux(c'est pas de ta faute c'est juste que j'ai la tete en vrac ces temps ci...^^').
De tres bonne idees en matiere d'epreuves et un beau combat final contre ondine malefique.Que va t'il se passer ???-->suspense
J'ai peut etre mal vu mais y aurait'il des ressenblance a certain moment de l'histoire avec zelda ??
J'attend avec impatience la suite et encore plus le chapitre avec le donjon de notre invocateur de la foudre mais je suis sur que de toute faconmechant comme t'es tu va me faire saliver pendant et le mettre a la fin |(
Bon courage et bonne chance pour la suite de ta fic!

->LULO<-
Posté par Kikart le 25-11-2007 à 23:04
Avatar de KikartMici beaucoup =)

Je précise aussi (tant que j'y suis) que ce n'est que la première version de l'histoire. Je la remixerai quant je l'aurai terminé (pas de si tôt) avec des ajouts de chaps, de nouvelles 'fonctionnalités', énormément de modif, etc. donc toutes les remarques sont bonnes à prendre ^^

Ressemblance avec Zelda ? En effet, la première salle. Après tout, c'est un temple de l'eau. Les ressemblances seront aussi supprimées lors de la remastérisation (dixit Molock). Après... si tu vois d'autres ressemblances, je veux bien que tu me dises où et quel jeu ça t'inspire ^^ (il y en a une autre issue d'un jeu complètement différent de Zelda ; il existe sur GC et Wii, mais spa un jeu très catholique ^^).



Pour finir (ouf!), ayant eu des vacances chargées et plus de boulot que prévu à la rentrée, j'ai pris énormément de retard. Je pensais mettre le chap d'après aux alentours du 24 novembre (un samedi ! chouette !), mais ça prendra sûrement beaucoup plus de temps. Donc faudra patienter ;)


PS: tu verras que je ne suis pas méchant que ça. Il y aura 3 nouveaux chap d'ici le 1° janvier (celui que j'ai promis mais qui tarde, la parution spéciale pour mon nannif et une autre parution pour fêter la nouvelle année :p). Peut-être que le donjon de la foudre en fait partie...


EDIT: finalement, j'ai eu moins de travail que prévu (enfin, sur une période moins grande). J'ai donc plus de temps pour écrire ; du coup le chap suivant est terminé (pas corrigé). Il paraîtra vendredi soir, et je peux vous dire qu'il va être chaud ^^ (rassurez-vous, il est long mais moins que le précédent :p).
Posté par Arkantos le 12-11-2007 à 22:32
opi
mais je parlais d'allusion pour zelda je parle pas de plagiat...je me demande ce que t'entend par 'pas tres catholique'...^^
j'espere que le tempke de la foudre y sera...sur ce a plus!!!
Posté par Kikart le 08-12-2007 à 20:06  
Avatar de KikartArf, 24h de retard :/

Pas grave, j'ai fini de le corriger, il peut y avoir quelques fautes encore ^^
Il y a des parties du combat/dialogue que j'ai passé un peu vite. C'est normal, 10 pages c'est déjà bien, alors plus, quelle galère pour vous =)

Amusez-vous bien !


EDIT: j'ai oublié de prévenir que j'ai introduis une nouvelle notion que vous ne comprendrez sûrement pas. C'est juste pour préparer ma future relecture, comme ça je prends de l'avance ^^

Aussi, contrairement à ce que j'avais dis plus haut, la prochaine parution sera pour Noël, contrairement à ce que j'avais pu dire. Je coupe la poire en deux ;)


{Fiche perso}: MARIBU : de son nom complet Maribu Zinforil, il fut le premier élémentaliste à conclure un pacte avec Valco. Les Otramiens parlent beaucoup de lui, il est considéré comme une légende. Il est célèbre car il a mené beaucoup d’actions en compagnie de Valco. Son camp remporta la première guerre mondiale grâce à ses talents d’élémentaliste. Il mourut d’une manière assez spécifique et fut ressuscité par Myggdrar pour protéger la tour du feu.





Chapitre 32 : la caverne volcanique

Il venait d’arriver devant le portail. Ses compagnons l’avaient laissé seul, comme avec Birbon. Il était livré à lui-même dans un donjon dont il ignorait encore la typographie. Plus pour longtemps.
La tour s’imposait massivement. Aussi haute que ses sœurs, elle se distinguait par sa base rectangulaire, et donc monumentale. Un haut portail de fer enrobé de flammes défiait Otaka, le démon du feu. Un sceau ovale enchaîné par deux lourdes attaches retenait les portes d’entrée, empêchant quiconque de franchir ce seuil. Sûrement une protection magique.
Des flammes rouges léchaient les barreaux et dégageaient une étouffante fumée.
« Quelle défense pitoyable… ».
L’homme s’avança et enfonça son sabre dans le sceau. Une aura rougeoyante se dégagea de la lame et se transforma en lave. Une lave blanche. Elle se faufila jusqu’à la protection et la consuma, n’en laissant rien. Puis, sans tenir compte de la chaleur environnante, Otaka poussa le portail de la main et pénétra dans le donjon…


Une première porte se tint au bout d’un court couloir. Ouverte, le héros découvrit la première salle. Une imposante plate-forme rocheuse flottait sur un étang de lave. Un geyser de feu déversait sa magie jusqu’à un trou qui se situait dans le plafond et qui conduisait à l’étape suivante. De la petite corniche où il se tenait, le Mystik chercha un moyen de parvenir à cette issue. Le bloc central était recouvert de grilles et un fleuve magmatique prenait sa source deux pieds plus bas. La distance séparant Otaka de la herse n’était pas importante, il n’aurait aucune difficulté à s’y accrocher. Au pire, s’il tombait dans le fleuve, il remonterait d’une façon ou d’une autre, l’air de rien.

Il inspira une longue bouffée d’air et s’élança dans le vide. Il s’accrocha tranquillement à la grille et grimpa au sommet où il dut se mettre à quatre pattes, cause d’un plafond trop bas. Il rampa et aperçut qu’un morceau de grille manquait juste sous l’issue. Le geyser avait probablement fondu le métal. Dorénavant, il s’agirait de s’introduire dans l’échappatoire en évitant l’effusion.

La colonne de feu s’envola à ce moment jusque dans le conduit. L’élémentaliste attendit qu’elle redescende pour examiner le débouché : il n’y avait aucune prise. La seule façon de grimper serait d’enfoncer une lame dans la roche et de faire le grand écart.
Sans attendre plus longtemps, il sauta et planta sa lame à mi-hauteur. Suspendu par un bras, il vit le geyser bouillir et sentit la température monter. Aussitôt, contactant ses abdominaux, il positionna ses pieds à plat contre la paroi et fit le poirier. Puis il plia son bras et s’élança vers la sortie. Le geyser allait s’engouffrer dans le passage ; de son fouet embrasé, il saisit la garde de son sabre, le décolla de la roche et l’attira à lui.
Lorsqu’il posa un pied à terre, son arme avait proprement regagné son fourreau.

Il atterrit dans une salle cubique aux couleurs pauvres : un vert sombre parsemé de points blanchâtres. Rien de très gaie pour  passer la nuit.
Une porte de fer conduisait à la seconde étape. Otaka l’ouvrit, sans grande conviction, et haussa un sourcil.
De là où il se trouvait, il surplombait une pièce immense parsemée de poteaux noirs d’environ deux mètres. De gigantesques rochers vagabondaient de part et d’autre, heurtant violemment les parois rocheuses et se jetant sur les piquets imperturbables.
Le Mystik regarda sous sa plate-forme : au pied de l’échelle se trouvait une stèle antique.
Il descendit de son estrade, échelon par échelon et examina la pierre tombale. Des inscriptions étaient consignées dans la pierre. Malheureusement, avec le temps, elles étaient peu lisibles. Il s’intéressa à cette découverte et vit le nom de « Valco » en dernier mot. Il y avait forcément un rapprochement entre la Divinité et la victime.
Avec acharnement, il finit par découvrir une partie de la vérité : « décédé … … après son … pacte avec Valco ». Trois mots mystérieux, tout comme le nom de la personne en question. Le second terme se composait d’un trio de lettre commençant par « an ».
Puis, avec la pointe de son sabre, il enleva la saleté et découvrit le dernier mot.
Agacé, il tenta de deviner la pièce manquante du puzzle. S’il avait privilégié la culture au pouvoir durant son enfance, il aurait peut-être déchiffré l’énigme. Mais puisque, selon lui, « le mental ne sert à rien en ce monde, tout est dans les muscles et la magie », il ne comprenait pas le message laissé sur la tombe.

Le temps passait et il ignorait toujours l’identité de la victime. De plus, une grosse tache noire l’empêchait de lire convenablement.
Otaka avait atteint ses limites : cela commençait à l’agacer. Il ne pourrait plus rien en tirer, alors pourquoi perdre son temps à regarder une phrase illisible ? Avec une délicatesse hors du commun, il donna un sévère coup de poing dans la sépulture. Brisée sous l’impact, il emporta les parties indéchiffrables avec lui et continua sa route, dans l’espoir de résoudre rapidement ce mystère.


Pensant que la salle regorgeait de piège, il avança prudemment et se faufila discrètement entre les poteaux. Il évita deux ou trois rochers sans difficulté et comprit qu’il ne se passerait rien.
Cela devenait étrange. Après avoir jeté un coup d’œil au délimitation de cette salle, l’élémentaliste ne découvrit aucune porte. De même, il ne semblait y avoir aucune ouverture au plafond. C’était donc la dernière pièce du donjon. Un temple devrait poser des problèmes, des énigmes à celui qui le pénètre. A la place, Otaka apprenait de nouvelles choses sur l’identité de Valco et bien que certaines informations lui soient floues, il jurait d’aller au bout de ce mystère. Malheureusement, il ne voyait aucun dispositif pour annuler le lien magique entre la tour et le château de Wildfar. Il aimerait la détruire, réduire à néant cette construction par le feu, seulement les flammes ne pouvaient pas tout immoler.

Avant de repartir, le Mystik inspecta la pièce dans sa totalité. Si des indices concernant la stèle figuraient quelque part, ils se dissimulaient ici.
Alors il marcha, erra dans les longs couloirs de piliers, zigzagua entre eux, évita un rocher par-ci par-là et ses recherches devinrent fructueuses.

Il avait parcouru la moitié de la pièce et une nouvelle tombe s’offrait devant lui.
« Bizarre, je ne l’avais pas remarqué avant… ».
Calquant sur le modèle précédent, la pierre comportait un nom et neuf mots. Cette sépulture était probablement plus récente ; Otaka n’eut aucun mal à déchiffrer les écritures.
« Louiss Boron, décédé … ans après son premier pacte … Valco ».
L’élémentaliste sortit son fragment et compara les deux. La durée restait incompréhensible.

Malgré un grattage long et pénible pour décrypter les écritures, le Mystik battit en retraite. Il n’obtiendrait rien de plus ici.
Il parcourut la partie droite de la salle sans trouver d’indice. Il recroisa la tombe de Boron une seconde fois, en vain.

Il était coincé dans cette salle sans issue. La seule alternative possible serait de revenir en arrière, mais pour quoi faire ? Il avait peut-être manqué un détail quelconque dans les pièces précédentes. Toujours est-il qu’il décida d’explorer la seconde partie de l’aire, puisqu’il avait le temps. Ses frères d’armes ne ressortiraient pas de si tôt de leur donjon. Et lorsqu’ils se retrouveraient tous ensemble, Otaka ne supporterait pas d’être humilié pour la simple et bonne raison qu’il n’a pas pu résoudre l’énigme. Se faire battre par Wildfar de cette manière serait plus qu’un échec pour lui.

Alors il marcha lentement, franchit les poteaux un par un, évita les rochers une énième fois, inspecta les lieux comme un touriste. Soudain, il remarqua une petite pierre au loin, mitoyenne au mur du fond. Il s’en approcha d’un saut et examina cette troisième et dernière stèle. L’âge de celle-ci se situait entre les deux premières. La moitié des mots était indéchiffrable. Le nom de la personne était inconnu à Otaka. Malheureusement, il put lire correctement le passage qu’il lui manquait…

« C’est… impossible… ».

La peur s’empara de tout son corps et cloua ses membres sur place. Les yeux écarquillés, il lut, relut cette terrible phrase qui condamnait son destin. Jamais il n’avait éprouvé un tel sentiment auparavant. Des sueurs froides parcoururent sa colonne vertébrale. En concluant le pacte avec Valco, il obtenait la puissance de la divinité la plus terrifiante, mais en contrepartie il…
Un tremblement le secoua et lui fit regagner ses esprits. Un mur de pierre s’abattit juste devant la porte d’entrée -et de sortie. Il jeta un coup d’œil en arrière : une fumée rose se dégageait de la première stèle. Une aura maléfique en émanait et une seconde secousse mit Otaka au sol. Tout à coup, une lumière aveuglante s’échappa de la tombe et éclata en répandant quatre lueurs aux coins de la salle. Puis elles se réunirent à la vitesse de l’éclair et produirent un bruit sourd lors de leur fusion.
« La fête commence… ! ». S’exclama le Mystik.

A plusieurs centaines de mètres planait au-dessus de la sépulture l’imposante copie de Valco, le phénix de titane.
La température se haussa promptement. L’élémentaliste essayait de rester impassible. Difficile de ne pas trembler avec ce qu’il venait d’apprendre à l’instant. Le phénix étendit ses larges ailes qui emplirent le rayon de la pièce. De petites plumes garnissaient sa queue et deux cornes se dressaient sur son crâne mi-squelettique. Aucun doute, il était plus terrifiant et plus immense que le véritable Valco.

Otaka croisa ses mains et plia ses genoux. Son corps évacuait d’énormes quantités d’énergie. Bientôt le phénix de feu serait à ses côtés. Il prendrait l’avantage dans le combat et ressortirait vainqueur.
Tout en marmonnant des mots de pouvoir, le Mystik gardait un œil rivé sur la Démoniaque divinité. Le fait qu’il soit gigantesque ne certifiait pas sa puissance titanesque. Son corps était recouvert de métal. Le titane était un alliage léger mais très résistant. Cela augmentait d’une part sa défense, mais en plus il n’amplifiait pas sa masse. Le Démoniaque semblait surpasser Valco. Otaka espérait qu’il pourrait faire pencher la balance…

Les deux concurrents se fixaient mutuellement. Les globes terribles du monstre métallique pénétraient l’esprit de l’élémentaliste. Celui-ci s’efforçait de rester focaliser sur l'incantation. Mais, devoir supporter un regard si effroyables était difficile. Otaka tenta à plusieurs reprises d’examiner son adversaire ; à chaque fois que ses yeux croisaient ceux du Démoniaque, il baissait la tête. Jamais il n’avait vu un être si abominable. Il semblait voir sa mort dans les deux globes oculaires. Au milieu d’un sclérotique noir nageaient un iris rouge et deux pupilles grises, autrement dit : les ténèbres, le sang et la folie.

Le Mystik poussa un cri de joie et reprit espoir lorsque Valco, le phénix de feu, se matérialisa à ses côtés. Son corps, similaire à celui de son alter-ego, était recouvert de flammes rouges. Seuls sur sa tête s’agitaient des éclats blancs, le feu capable de détruire l’immatériel. Son long bec pointu s’ouvrit, découvrant deux rangées de dents blanches pointues et parfaitement aiguisées. Ses yeux rouges se discernaient du reste de la tête par une démarcation noire sur les bords. Les griffes prêtent à l’emploi, il attendait le signal de son maître.

« Bien. Je pense que nous sommes légèrement avantagés. Nous allons voir ce que tu veux, pathétique création de Myggdrar ! »

Valco s’envola au plafond et plongea en piquée à une vitesse ahurissante, des nuages de flammes protégeant ses arrières. Otaka ne perdit pas un instant et cavala jusqu’à la stèle.
Cependant, il fut obligé de s’arrêter à mi-parcours quand il vit son invocation s’immobiliser en pleine course.

Plusieurs secousses remuèrent le plancher ; le Mystik tomba de nouveau à la renverse. Une aura grisâtre se dégageait à présent de la tombe. Un cyclone de braises forma une cavité autour d’Otaka, l’enfermant dans un déluge de flammes et de crépitement. Pour agrémenter le tout, de violentes bourrasques le repoussaient ; sûrement l’œuvre du Démoniaque.

Une minute s’écoula avant que l’élémentaliste ne puisse être de nouveau libre. Et il fut interloqué en voyant la nouvelle apparition.
« Bienvenu dans mon royaume, Otaka. » L’accueillit une voix rauque.
Un mort-vivant se tenait debout sur la pierre tombale. Mince, de grande taille, il paraissait jeune, une trentaine d’années environ. Du moins, il semblait ne pas être très vieux. Un oeil totalement noir faisait vivre ce visage décharné ; un point rouge remplaçait un autre globe probablement arraché par le passé. Une chevelure brune quasiment inexistante régnait sur son crâne. Une partie de sa mâchoire avait été dévoré et l’on apercevait deux rangées de dents fracturées.
Une armure grise aux motifs d’aigle cuirassait un corps pitoyable. Celle-ci ne bardait que la partie supérieure de l’abdomen. En dessous, l’homme avait subi la torture puisque la peau ne recouvrait pas ses os ; ainsi ses côtes pourries apparaissaient. Une ceinture bronze poussiéreux clouait une large jupe de plumes qui descendait jusqu’aux genoux. Inutile de préciser que l’os du tibia était apparent lui aussi, de même pour ceux de ses pieds. Une orbe tournoyait autour de ses jambes.

« Je ne comprends pas… Chercha Otaka. Tu n’es pas…
-Si, c’est bien moi. Je suis Maribu Zinforil, le premier homme a avoir conclu un pacte avec Valco, le premier homme à l’avoir maîtrisé, à l’avoir civilisé. C’est grâce à moi s’il est la divinité la plus forte aujourd’hui.
-Mais… tu es mort depuis des siècles. Comment peux-tu savoir cette information ? Questionna le Mystik, suspicieux.
-J’ai été ressuscité et corrompu par Myggdrar dans le but de veiller à la protection de cette tour. Il s’attendait à une attaque directe de votre part et a préféré renforcé la sécurité. Il m’a mis au courant des évènements. Je sais aussi que tu es l’un des maîtres les plus puissants de Valco. Mais cela ne te sera pas d’une grande aide pour me vaincre, tu vas vite le comprendre. Assez bavardé, admire notre puissance ! Valco ! Attaque ce misérable dieu ! »

Le phénix de titane s’élança et disparut. Dans la seconde qui suivit, il planait devant l’oiseau de feu et lui donna un fort coup d’aile. Le phénix se protégea d’un voile ardent et s’éloigna. Un laser naquit dans la gueule du Démoniaque, une boule de braise dans celle de Valco. Et l’affrontement commença…

« A présent, soumet-toi à moi ! »
Maribu se retrouva en un clin d’œil aux pieds d’Otaka. Celui-ci plaça immédiatement son sabre devant son estomac ; le poing du mort-vivant heurta la lame ; le Mystik tint sa position mais ses pieds s’enfoncèrent dans le sol.
« Arf ! Il est rapide en plus ! Pensa-t-il. Puisqu’il ose me tenir tête, il va voir ce que je lui réserve ! »
Il reprit une posture digne et tendit un bras vers son antagoniste. Des sigles fantomatiques tournoyèrent sur son arme et une importante dose de chaleur s’empara de sa main.
« Tu ferais mieux d’attraper ton arme, avant que je ne te réduise en cendres !
-Chaque chose en son temps. Ne sois pas pressé de mourir. Tu m’as l’air particulièrement sympathique, j’ai envie de jouer. Pourtant, c’est paradoxal, mais je haïs les types faibles dans ton genre qui se prennent trop au sérieux. La différence de niveau est flagrante. Ce ne sont pas tes flammes médiocres qui vont m’infliger de quelconques brûlures.
-Tu es peut-être le véritable dresseur de Valco, tu es peut-être l’un des plus robustes élémentalistes de l’histoire du monde, tu n’es qu’un pantin au service de Myggdrar. Tu vas découvrir l’authentique signification du mot pouvoir ! L’empire incandescent !!! »

Une nuage rouge-orangé enroba Maribu et l’étouffa. Il masquait une partie de la pièce lorsqu’une petite luciole apparut brièvement. Puis, sous la forme d’un tourbillon, une tempête de flammes inonda la zone affectée. Les murs vibraient en ressentant la force dévastatrice de cet arcane.
Le Mystik adressa un regard complice à son invocation. Valco entama promptement une course poursuite dans laquelle il était la cible. Il virevolta dans l’immensité de la salle, le Démoniaque à ses trousses, et vira vers le feu divin. L’imposteur rattrapait son alter-ego à une vitesse ahurissante quand soudain celui-ci se volatilisa pour atterrir dans son dos. Valco émit des radiations qui obligèrent les flammes de son maître à attirer son opposant. D’un coup de griffe parfaitement placé, il envoya le phénix de titane participer à la tempête.

Le combo était encore incomplet. Les sigles dessinés sur la lame d’Otaka s’envolèrent et s’imprégnèrent difficilement dans la patte du Démoniaque, à travers le métal. Sur son sabre, les même symboles s’affichèrent.
Il était l’un des rares parmi les Mystik à maîtriser une technique de niveau six ; pourtant, contrairement à ce qu’il craignait, le résultat était prometteur. Pour un guerrier comme lui, utiliser des arcanes tels que l’anneau mystique était risqué. Il y avait toujours un haut pourcentage d’échec et celui-ci ne décroîtrait pas tant qu’il ne se serait pas amélioré. A présent, il rirait quand Maribu verrait les effets qu’elle produisait.

Un genoux à terre, le mort-vivant brandissait deux lames qu’il équipa à ses avant-bras. Sa peau fumait, mais aucune lésion n’était répertoriée. La déflagration n’avait servi à rien, sauf à infliger discrètement un sort au Démoniaque.
Une boule de feu évoluait dans la gueule de Valco tandis que Otaka grimpait sur sa crète.
« Un peu faible comme sort, tu ne trouves pas ? Provoque Maribu. Dommage, l’idée était bonne. Tu n’auras pas l’occasion de la réitérer. »
Il s’agenouilla sur l’échine de sa créature et les divinités décollèrent.


Le Démoniaque élargit ses ailes et attaqua son opposant de front. De son côté, Valco déchaîna un globe enflammé qui ricocha contre le titane. Les oiseaux se croisèrent, leurs ailes se frôlèrent, puis ils filèrent chacun dans une direction. Il avait semblé au Mystik d’avoir vu une partie du métal très légèrement fondue.
Les antagonistes s’éraflèrent lors du second passage. Mais cette fois-ci, Maribu s’était dressé et s’apprêtait à assaillir Otaka. D’un saut calculé, il se rattrapa de justesse aux plumes qui constituaient la queue de Valco.
L’élémentaliste ne se fit pas prendre de court et anticipa la manœuvre. Prenant soin d’éviter tout contact entre son invocation et son arme, il cisailla délicatement l’air de mouvement verticaux, tous esquivés. Maribu retourna sa lame de coude et la planta dans l’aile droite de la divinité pour s’y suspendre. Celle-ci évacua une dose d’énergie considérable qui déstabilisa le mort. Cependant, ses phalanges restaient clouées au manche et il put grimper.

Otaka se préparait à un face à face aérien. Par télépathie, il transmettait à son invocation l’ordre d’immoler l’intrus. Au début, il n’y croyait pas trop ; Zinforil était son premier possesseur, normal que Valco soit réticent à cette idée. En insistant sur les actes de Myggdrar à propos de la résurrection, il obtint son appui.
Les deux armes s’entrechoquèrent et Maribu se transforma en torche. Cela n’entravait en rien ses élégants mouvements. Il se battait en occupant tout l’espace : il réalisait de longs combos en se tournant sur lui-même, en frappant chaque point auquel on ne s’attend pas, en se téléportant pour atteindre les angles morts de l’adversaire, en créant sans cesse des illusions. Otaka, quant à lui, misait sur sa force physique : s’il ratait un coup, il relevait son bras par la force de ses muscles et refrappait interminablement. Il était donc plus fort, prévoyait plus aisément les techniques de ses ennemis et pouvait donc contre-attaquer. Néanmoins, il peinait sous les assauts du mort-vivant. En effet, il était trop rapide, trop solide. Il ne commettait aucune faille. Le Mystik connaissait ce style de combat et le reconnut aussitôt. Maribu se battait exactement comme Kuraï, occupant l’espace autour de lui et usant des même feintes.
« Ce n’est pas un cadeau de devoir me battre contre un second Kuraï… Maugréa-t-il. Au moins, je connais ses ruses par cœur, c’est déjà ça. Bien joué Myggdrar, mais je ne vais pas me laisser prendre de cette façon ! »

Après un revers, l’élémentaliste vit dans le reflet de sa lame la charge du Démoniaque. La cible désignée n’était pas Valco.
Zinforil balaya Otaka d’un coup de pied à ras le sol et lui administra un violent uppercut enflammé. Puis il le jeta dans le vide.
Le phénix de titane changea d’objectif. Il s’éleva de quelques mètres et chassa Valco en piquée.
« Tu vas me payer ça… » Maudit le héros dans sa chute.
Une partie de son esprit s’absenta de son corps, divisant ainsi son taux de réaction par deux. Cette partie s’infesta dans le sabre, illuminant les symboles. Pareillement, les signes gravés dans la patte du Démoniaque se colorèrent. Dorénavant, Otaka contrôlait le membre de la divinité ; il influençait ses déplacements à son bon vouloir.
Maribu se tenait sur l’arrière-train du phénix ardent et contemplait son adversaire se fracasser au sol. L’élémentaliste attira la patte du Démoniaque vers lui, obligeant la créature à se décaler de quelques mètres. Une lueur violacée émana du membre ; le sort faisait son effet. Le phénix métallique se dirigea contre son gré sur son maître qu’il embrocha. Zinforil tomba à terre, mais ne se réceptionna pas sur ses pieds comme son ennemi.


Il se releva difficilement et ajouta sans perdre un instant :
« Je ne sais de quel moyen tu as usé pour dresser mon Valco contre moi. Tu vas payer cher cette blessure !! »

Otaka sourit. Il avait énervé son opposant. De plus, il semblait que Maribu eut subi de lourds dégâts. Cela ne se voyait pas. Le Mystik était heureux de l’apprendre.
« Nous allons laisser nos dieux combattre là-haut pour éviter tes fourberies. Tu as sans doute remarqué que le sol n’était pas très solide -juste assez pour supporter le poids de Valco. Nous allons continuer notre duel seul à seul à l’étage inférieur.
-??? »

Sans crier gare, il siffla le Démoniaque qui percuta le sol de plein fouet. « Il est complètement fou ! » Pensa Otaka. Au même moment, il livra un énorme coup de poing à ses pieds et le plancher se fractura. Une seconde plus tard, les deux hommes chutèrent cinquante mètres plus bas, dans un cimetière.

Quel ne fut pas l’étonnement du Mystik lorsqu’il vit sur quoi il se tenait.
« Qu’est ce que c’est que ça ? S’étonna l’élémentaliste. Pourquoi y a-t-il toutes ces tombes ? Il y en a des centaines !
-Des milliers. Corrigea le mort-vivant. Voici le lieu où reposent tous les défunts… tués par Valco, bien entendu. Ne prend pas cet air-là ! Tu sais très bien comment ils sont morts. Tu l’as lu avant que je n’arrive.
-Ce n’était pas une ruse de Myggdrar pour me déstabiliser ?
-La réponse est autour de toi. Tous ces héros sont décédés dix ans après leur pacte avec Valco ! Et, si je ne me trompe pas, tu es dans les prochains. Il te reste encore trois ans à vivre. Tu en as de la chance. Oh ! Excuse-moi ! Valco n’aura pas besoin de s’occuper de toi puisque tu vas reposer ici dans peu de temps. »
Otaka marqua un temps de silence, comme affligé par la réalité, puis reprit aussitôt :
« Explique-moi pourquoi Myggdrar a choisi de placer ce lieu ici !? »

Il para de justesse une attaque et riposta par une éruption. La terre s’effrita et plusieurs petites explosions successives constituèrent un dôme au-dessus des pierres tombales, détruites. Sans perdre un instant, Otaka se plaça sur la défensive et courut au mur le plus proche, sautant et écrasant les faibles sépultures sous ses pieds.
« Et pourquoi ces stèles sont-elles si petites ? »

Maribu le rejoignit avant qu’eut atteint la paroi. Il effectua une attaque aérienne depuis une pierre et abattit verticalement ses courtes lames.
« Ils ne se sont pas laissés faire quand Valco voulut prendre leur vie. Je suis le premier à m’être défendu, mais devant une telle puissance d’attaque, je ne pouvais pas lutter. »

Deux fouets ardents enlacèrent les jambes du Mystik et le plaquèrent au sol. Dans son action, le mort-vivant dépêcha ses armes pour les planter dans les épaules de son adversaire au sol.
« Je ne suis rien comparé à cette divinité. Et toi, tu n’es rien par rapport à moi ! »

De ses pieds, Otaka faucha son antagoniste et lui logea un coup de pied dans la mâchoire. Proche de son mur, il tendit un bras en arrière et des lances embrasées forèrent le corps de Maribu.
« Tu n’as pas répondu à mes questions. »
La dépouille éclata, ternissant les tombes par une pluie de cendre.
« Valco n’a pas laissé beaucoup de chances à ses maîtres et les a carbonisés. Il n’y a plus que les os, ce n’est pas ce qui prend le plus de place. »
Impossible de déterminer la provenance de la voix. L’élémentaliste ferma ses yeux et perça les énergies négatives de la pièce. « Maintenant ! ». Quatre typhons illuminèrent le cimetière relativement sombre et s’associèrent en une boule de feu. Zinforil tenta d’attaquer directement puisque Otaka armait un sort -faisait semblant, mais il se prit une déflagration de plein fouet, résultat de la protection.

« Que fais ce lieu ici ?!!
-Arrrrggh ! Bien joué... Bat-toi pour de bon maintenant, ce n’est plus drôle.
-Tu ignores ma question ? Est-ce pour me révéler mon avenir et pour affaiblir mes capacités contre toi ? Sauf s’il y a un autre but ?
-Tu es un esprit difficile à cerner. Si une nouvelle t’ébranle, tu ne le laisses pas paraître et cela déstabilisera encore plus ton adversaire. Mais tu as raison sur ce point, notre stratégie n’a pas fonctionné. Nous te sous-estimions. Mais qu’importe, cela ne change rien à ton destin, tu vas rejoindre tes prédécesseurs d’ici peu de temps.
-Au contraire. Je vais me débarrasser de toi aussi rapidement que possible et j’irai combattre Wildfar. Sans lui, il n’y aura plus aucun représentant chez les anges noirs. »

Des geysers de flammes rompirent le sol.
« Tu te trompes. Wildfar n’est qu’un pion. Il n’est pas le seul à posséder tout ce pouvoir. Beaucoup d’autres rois sont passés avant et sont morts aujourd’hui, par le temps. Myggdrar a débuté son œuvre depuis des dizaines d’années, vous n’étiez pas nés. »

Brouillé par les colonnes de feu, Otaka ne vit pas son adversaire se rapprocher de lui.
« A présent, il exécute ses plans. La phase finale est entamée, le monde renaîtra sous la bannière des anges noirs. Wildfar n’est rien de plus qu’une marionnette ; quand il n’en aura plus besoin, le Maître l’éliminera définitivement… ou bien il entrera son programme génétique dans la disquette pour qu’il aille rejoindre les autres Otramiens. Autrement dit, il sera obligé de servir le Seigneur tout-puissant. »

Maribu projeta son opposant dans les airs, se téléporta derrière lui et érafla son dos, laissant deux blessures en forme de croix. Le Mystik se débattit : il se tourna et attrapa la jambe du mort-vivant. Son lasso de feu bridèrent les mains squelettiques et de son sabre, avec une grande amplitude de geste, il scinda le tibia. L’os tomba sur une tombe.
« !!!
-Le nouveau monde n’existera pas. Tant que nous serons ici, nous franchirons tous les obstacles. Deossa nous aidera à détruire votre objectif !
-Myggdrar s’est entraîné illégalement sans en avertir votre Dieu, il est désormais plus fort que lui.
-Illégalement ?
-Cela fait bien longtemps qu’il a enfreint la Loi, depuis qu’il prépare son projet. Le Conseil de Dieux ne s’en est pas rendu compte alors il a continué. Cependant, l’Otram n’a pas été analysé par le Conseil depuis des décennies.
-Pourquoi Deossa n’a-t-il pas envoyé de rapport à leur Siège ?
-Il l’a fait. Mais, tu sais aussi bien que moi que le Conseil des Dieux est à la tête de milliers de monde. L’Otram n’en est qu’un parmi les autres. Le dossier sera traité en temps et en heure, quand viendra son tour. D’ici là, Deossa ne sera plus, Wildfar vous rejoindra en temps qu’esclave, Myggdrar préparera et formera ses armées, sa Création prendra la place de Wildfar et les dirigera. »


Un énorme pic de lave se constitua au sol. Zinforil éjecta Otaka de son pied valide et l’empala sur la pointe bouillante. Dès lors, la construction explosa et répandit une énorme dose de chaleur dans le corps du Mystik. Maribu s’étala en retombant au sol et éprouvait des difficultés à se tenir debout.
« Je ne vais rien t’apprendre, mais pour passer d’un monde à l’autre, il faut l’autorisation d’aux moins deux Dieux -un de chaque monde. Alors est créé un portail qui établit un lien entre les deux univers. Cependant, si un Dieu force le passage en ouvrant lui-même un portail, sans avoir prévenu personne, alors il est en situation d’inégalité. De cette façon, Myggdrar colonisera chaque planète, engendrera des armées terrifiantes et s’emparera du Conseil des Dieux. Avec du temps, de la patience et énormément d’entraînement, le Conseil des cinq Dieux cédera sous la superpuissance de Myggdrar et sa Création. Ha ! Je ne sais même pas pour qui je parle, tu ne dois plus rien entendre avec ta blessure. »

Otaka tituba mais resta debout.
« J’ai été fortement brûlé, lacéré de toutes parts, j’ai pris des coups. Je me suis fait empalé ; j’ai un… gros trou dans le ventre… néanmoins je suis toujours vivant et en meilleur état que toi. Ricana-t-il, voyant Maribu incapable de tenir plus de cinq secondes sur sa jambe. Je vais peut-être mourir d’une seconde à l’autre, mais je te tuerai antérieurement. Je suis un Mystik, je suis plus costaud que tu ne le crois. Une dernière chose… avant de conclure ce combat, dis-moi, pourquoi as-tu répondu à l’appel de Myggdrar ?
-Si je t’assassinais, il m’aurait promu général suprême. J’aurais eu un rang presque aussi important que les Dangerp. Ne t’en fais pas. Lorsque je rapportais ta tête à Wildfar, il me réparera cette jambe et j’obtiendrai mon titre !
-Ne dis pas n’importe quoi, tu as… perdu, laisse-toi faire.
-Tu n’es pas un Mystik pour rien. Hu ! Je reconnais ta valeur en tant que guerrier. Dommage que cette histoire doit s’arrêter ici… Valco ! Achève-le ! Vite !! »


Le phénix de titane se détourna de son objectif et