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Fan fic : Children of Symphonia

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Posté par Lina_Gs le 22-12-2007 à 13:49
Avatar de Lina_GsVoila, cette fanfic relate l'histoire d'une fille de notre planète qui attérit sur Sylvaha'lla, le monde réunifié de Sylavrant et de Tésséa'lla. Lisez ses multiples péripéties dans un univers qu'elle ne connais pas et qui est totalement différent du sien. Comique, épique, émotionnel, fantastique, cette fanfic vous fera perdre toute notion du temps...
Posté par Lina_Gs le 22-12-2007 à 13:52
Avatar de Lina_GsEt pour commencer, voici le prologue :

Prologue : L’arrivée.


  C’est une nuit calme et sans nuage qui s’annonce, un vent léger souffle dans l’obscurité. Une silhouette encapuchonnée se dirige vers une petite bâtisse lugubre. On distinguait le bruit d’une cascade pas très loin, et un autel en chaîne était érigé près de l’entrée du bâtiment. Le petit bâtiment était aussi fait en bois, des charpentes aux murs. Quand aux fenêtres, il n’y en avait pas : la maisonnette était close. La seule entrée possible était une porte coulissante, légèrement opaque. La silhouette s’était arrêtée en bas de marches accédant à cette porte. Elle hésita et pourtant, elle monta. Le bruit grinçant des marches résonnait dans la nuit. Devant la porte, une voix provenant de l’intérieur l’invita à entrer. La silhouette fit coulisser la porte.

  A l’intérieur, une tout autre atmosphère régnait : la bâtisse n’était composée que d’une seule pièce ; sur les murs étaient dressées des étagères, sur lesquelles reposaient un nombre incalculable de bougies ; le sol était couvert de tatami à la fois très solides et moelleux quand on marchait dessus ; dans le fond de la pièce, un paravent était ouvert, sur lequel des inscriptions étaient marquées à l’encre noire, et juste devant, un petit autel, orné seulement d’un miroir à pied et d’un coffre gravé. Enfin, dans le centre de la pièce, une femme était assise, les yeux fermés, les mains jointes. De chaque côté, de l’encens montait au plafond. La silhouette s’assis en face de la femme et se décapuchonna.
« - Désolé de te déranger, Soria, mais j’ai besoin de savoir…
-          Le futur de notre monde ? Non, tu ne me déranges pas. »
La femme nommée Soria avait répondu très calmement à l’homme devant elle. Soria se leva et se dirigea vers le paravent, et plus précisément vers le coffre. Elle l’ouvrit et sortit des petites bougies rondes. Elle les disposa tout autour de l’invité et d’elle-même en forme de cercle puis vient se rasseoir.
« - Tu veux donc connaître le futur des évènements… Bien. Prépare-toi. »
Soria referma les yeux et joignit ses mains différemment de celle de l’homme. Lui aussi s’était mis en état de méditation.  

  La lumière des bougies allumées éclairait le visage des deux individus. Celui de l’homme était plutôt carré, la peau un peu terne, maculée de cicatrices, cheveux bruns et des yeux verts pétillants. Quand à Soria, elle avait un visage fin, des traits fins, des cheveux blonds, avec des yeux mauves étincelants. Un silence s’était installé et, avec les encens et les bougies, il pesait dans toute la pièce. Plusieurs minutes passèrent avant que Soria prenne la parole :
« - Le monde… Court un danger… Un très grand danger… Je vois un sceau que l’on brise… Je vois une fille… Je vois… Un démon qui renaît… Je vois… un départ et une arrivée… Le début et la fin d’un destin…
-          Explique-moi, Soria ! De quoi s’agit-il ? Qui est la fille ? Pourquoi un démon ? Répond-moi !!
   - Je… Je… Aaaahhh, soupira Soria. Tu m’as fait perdre ma concentration, je n’ai pas pu voir le reste de la vision.
      - Oh, je suis désolé Soria mais…
   - Cette vision… Prend-la au sérieux cette fois. J’ai comme l’impression qu’elle n’est pas insignifiante.
      - D’accord. Je reviendrai te voir prochainement pour prendre de tes nouvelles et, euh, pour une petite séance aussi. Combien je te dois cette fois ?
   - Rien, je te l’offre.
      -Merci, bon, ben, bonne méditation et, euh, à bientôt.
   - Oui, au revoir, Baldwin. »

   Baldwin se leva, se ré-capuchonna et sorti de la salle de méditation, à la fois content de ne pas avoir à payer, et inquiet de l’étrange vision qu’eut Soria. Après avoir entendu le bruit des pas s’atténuer petit à petit, Soria rangea les bougies qui ont servi à la séance de méditation dans le coffre gravé et se regarda dans le miroir.
« - Quelle étrange vision. Je n’en ai jamais eu de pareil. Espérons, pour une fois, qu’elle soit erronée… »

_


   « - Bon voila pour l’exemple. Maintenant prenez vos stylos et écrivez : Si a est différent de 0, -b sur a est la valeur qui annule ax + b. Si x appartient à l’intervalle –b sur a et plus infini alors… Mlle Ayate… Mlle Ayate !... MLLE AYATE !!!
- Aïe ! Oui Madame, je suis désolée, je ne me rendorerai plus en classe, Madame. »
Le professeur avait jeté un bout de craie sur la tête de la jeune Emi Ayate, 17 ans, qui dormait sur sa table.
« - Eh, Emi, tu devrai arrêter de dormir comme ça pendant son cours !
- Ouai, je sais mais depuis une semaine, je n’arrive pas à dormir, et quand j’y arrive, c’est seulement pendant les cours. Je n’arrête pas de refaire le même rêve étrange et ça m’agace !
   - Et c’est quoi ton rêve ?
- Tu vas trouver ça glauque mais bon, tu l’auras voulue : je rêve que je suis dans une pièce blanche, très lumineuse, avec une douce chaleur, et une petite brise fait légèrement flotter mes cheveux et mes vêtements. En face de moi il y a une femme très belle qui me tend la main. A chaque fois je me rapproche un peu plus de sa main mais je me réveille toujours avant.
   -Effectivement, il est glauque ton rêve. »

   A la fin de la journée, Emi rentra seule chez elle. Comme on était en plein hiver, elle enfonça son bonnet bleu marine sur sa tête et se mit à courir pour ne pas rater son bus. Ses cheveux noirs, long derrière, court juste au dessus des yeux, renforçait le regard perçant que donnaient ses deux yeux gris clairs, légèrement bleuté. Elle avait le corps mince et fin, et avait un sens de l’équilibre incroyable : en effet, elle est championne nationale de gymnastique. Elle portait encore son uniforme de lycée (une jupe grise plissée qui lui arrivait au genou, une chemise blanche, une veste bleue marine et des chaussettes hautes blanches) qu’elle cachait sous un manteau noir. Aujourd’hui, le bus était bondé mais Emi avait réussi à se trouver une place assise au fond du bus. Et puis elle devait descendre au terminus, ce qui représentait encore une heure d’attente. Au fur et à mesure des arrêts, le bus se vidait, jusqu’à ce qu’elle se retrouve seule dedans. « Bon ben je peux faire un petit somme alors ? » se dit-elle. Elle ferma lentement les yeux, ayant pour seule vue lassante le conducteur de dos et tous les sièges vides autour d’elle.Une lumière blanche… Une douce chaleur… Une légère brise… Emi se retrouvait une fois de plus devant la femme. Cette fois elle la voyait de plus près. Elle était très belle. Emi regarda autour d’elle : rien, juste eux deux. Sur le sol des inscriptions bizarres étaient apparues. La femme tendit sa main vers Emi en lui affichant un sourire tendre. Emi tendit la sienne. Elle se rapprochait de plus en plus de la main de la femme. D’un geste vif, Emi l’attrapa et…

   Elle sentait un côté de son visage très froid, l’autre lui picotant. Emi ouvrit les yeux doucement. Ce qu’elle voyait n’était pas ce à quoi elle s’attendait : de la neige. Emi se leva en se frottant la tête. Oui elle ne rêvait pas, elle était autre part qu’à Tokyo ! Elle regarda autour d’elle pour en savoir un peu plus mais, avec toute cette neige, elle n’y voyais pas grand-chose.
« - Mais je suis où, là ?... Pas à Tokyo, c’est sûr… On dirai une plaine enneigée… En tout cas, il fait très froid ! Je ferai mieux de me trouver un endroit chaud et vite ! Il commence à neiger… »
Effectivement, la neige commençait à tomber et le vent légèrement à souffler.
« - Mais n’empêche que j’ai une veine incroyable ! Il y a une… euh, un… on dirai des ruines ou quelque dans ce genre… Ben je ferai mieux d’y aller, au cas où… »
Elle se dirigea donc vers la sorte de temple, ou de ruines, peut importe, afin de trouver de quoi se réchauffer et peut-être de l’aide. Le vent soufflait de   plus en plus fort, et la neige ne s’arrêtait pas de tomber : un blizzard se préparait. Emi arriva de justesse dans les ruines. Elle soupira un instant et s’appuya contre le mur rocheux. Elle en profita pour balayer les lieux d’un coup d’œil : on aurai vraiment pu penser qu’il s’agissait d’une grotte ordinaire, avec ses stalactites et ses pentes glissantes (il y avait même un petit lac gelé !) mais ce qui faisait intrus c’était quatre grandes statues de bois émergeant du petit lac. « Etrange, se dit-elle, et si j’allais voir ça de plus près ? ». Emi se leva et pris les chemins glissants qui menaient aux statues.
« - Gr ! »
Emi se retourna, mais ne vit rien. Elle continua son chemin. Pourtant elle aurait dû voir des petits yeux perçants dans l’obscurité de la grotte.
« -Gr !! »
Emi se retourna par surprise.
« - Mais qu’est ce que c’est que ces loups bizarres ? »
Elle s’appuya contre le mur : une meute de Fenhrir, des petits sans doute, avaient suivi Emi, affamés. Ils l’avaient encerclés. Ils étaient une petite bande de 5 Fenhrir mais semblaient très costauds.

   Le sang d’Emi ne fit qu’un tour : elle s’empara un bâton près d’elle et s’en servit comme arme. Elle se mit en garde. Les Fenhrir avançaient lentement, un à un, quand l’un d’eux bondit sur Emi. Elle lui asséna un bon coup dans la mâchoire et, au bruit, des dents ont dû être cassés. Il retourna dans le cercle de sa bande, laissant la jeune fille essoufflée contre le mur. Elle était sans doute restée longtemps dans la neige lors de son arrivée, et avec la levée du blizzard, la température avait chutée. Elle risquait de faire de l’hypothermie. Les Fenhrir se rapprochaient de plus en plus, l’air menaçant. Un autre Fenhrir sauta dans sa direction : Emi lui mit un coup dans la nuque, assez fort pour qu’il ne la blesse pas, mais pas assez pour qu’il reparte. Elle faiblissait et ça, les Fenhrir le voient très bien. Le cercle se resserrait autour d’elle et les petits nuages blancs qui sortaient de la bouche d’Emi se faisaient plus réguliers. Cette fois, un Fenhrir sauta sur le bâton de la jeune fille et y planta sa mâchoire. Il posa une patte sur une des extrémités du bout de bois pour s’en servir d’appui. Il tenta de le lui arracher des mains mais Emi persistait. Elle donnait des coups de pied dans le flanc de l’animal mais en vain. Le Fenhrir essayait même de lui mordre les mains ! Elle se débattait avec le peu de force qui lui restait mais fini par être blessée au bras gauche par l’animal et lâcha sa seule défense face à la meute. Emi se laissa donc doucement glisser contre le mur glacé des ruines, appuyant sur la blessure avec sa main droite, totalement épuisée de la lutte et par le froid persistant. Les Fenhrir n’étaient qu’à un mètre environ d’Emi. Elle pouvait déjà sentir leur souffle chaud sur ses chevilles. Elle se colla le plus possible contre le mur et ferma les yeux lentement sur la meute…

   « - Lame foudroyante !!! »
Une voix puissante résonna dans les ruines, puis le bruit sourd d’un coup de tonnerre. Emi entrouvrit les yeux et vit deux Fenhrir couché sur le côté, et le reste de la meute fuir les lieux. Elle leva péniblement la tête et apperçu une chevelure rousse flamboyante avant de perdre connaissance…
Posté par Lina_Gs le 22-12-2007 à 19:52
Avatar de Lina_GsEt voici à la suite le premier chapitre de Children of Symphonia


CHAPITRE 1 : L’apprenti


   « -Suis-je morte ?... Suis-je vivante ?... Oui, je vis encore… Cette chevelure rousse, je l’ai déjà vue… Mais où ?... Dans la rue, à Tokyo ?... Non, autre part… Et sa voix… Il faut que j’ouvre les yeux… »
La vision d’Emi était trouble, puis redevient de plus en plus nette. La première chose qu’elle vit était… Un plafond…
« - Ouh là là ! Ma tête… Mon bras… Où suis-je ?
-Tu es dans une chambre d’hôpital à Flanoir.
   -A Flanoir ? Mais je suis où, dans quel pays ? Aaahh ma tête… Sa résonne…
- Tu es à Falloir, dans le monde de Sylvaha’lla… Mais tu viens de quelle planète, ma belle ?
   -La Terre… », dit elle dans un ton très ironique.
Elle avait l’impression de parler au plafond jusqu’à ce qu’un homme très séduisant se penche sur son visage. Il avait les cheveux long, d’un roux flamboyant, ses yeux d’un bleu océan, un bandeau blanc noué au niveau du front et les joues légèrement rosies par le froid hivernal qui régnait à l’extérieur.
« - Tu sais, tu n’es pas obligé de me répondre sur ce ton, ma jolie. »
Emi venait de se rappeler où elle avait déjà vu cette chevelure rousse. Et elle connaissait bien ce jeune homme, mais pour être sûre d’elle, elle engagea une nouvelle fois la conversation :
« -Dites moi, qui êtes-vous ?
-Moi ? Tu ne me connais pas ?
   - Non, désolée.
- Tu viens vraiment d’une autre planète !
   - Hum…
- Je m’appelle Zélos Wilder, l’un des Héros de la Réunification, mais aussi ex-Elu de Tésséa’lla, se présenta-t-il d’un air fier.
   -Ah. C’est bien ce que je pensais…
-Comment ça « C’est bien ce que je pensais » ? Tu t’attendais à mieux ? Mais mieux que moi, il n’y a pas ! se vanta-il.
   - Non, ce n’est pas pour ça. C’est une histoire longue et compliquée…
- Mais peut-être que si tu me donnais ton nom avant de faire ton discours, ma belle, ça sera plus facile, tu ne trouves pas ?
   -Mmm… Si. Je m’appelle Emi Ayate et je suis ravie de faire votre connaissante, Monsieur Zélos.
-Appelle-moi Zélos tout court, le « monsieur » devant me donne l’air plus âgé que je ne le suis… »
Emi se releva sur son lit, cala un oreiller derrière son dos et commença son petit récit, en parlant du rêve qu’elle a fait dans le bus (en expliquant ce qu’était un bus), de son réveil dans la neige, comment elle a attérit dans ce qui se révélait être le temple de Celsius, et de l’attaque de la meute de Fenhrir. Emi prenait son temps, faisant quelques pauses, et narrant le plus précisément possible ce qui lui est arrivé. Pendant ce temps, Zélos écoutait attentivement, sans même détourner ses yeux de ceux d’Emi, ce qui contraignait parfois cette dernière à regarder la lampe posée sur la petite table de chevet sur sa gauche. Une fois son récit terminé, un silence tomba dans la chambre, jusqu’à l’arrivée de l’infirmière. La pauvre ne venait que pour changer les bandages du bras gauche d’Emi et au lieu de ça, Zélos n’arrêtait pas de la draguer, provoquant du bruit qui donna encore plus mal à la tête d’Emi ;  un chat est venu manger le repas de la jeune blessée, qui était resté près de la fenêtre ;  les médecins ont été forcé de faire sortir Zélos de l’hôpital et la pauvre fille n’as pas eu le droit de se faire changer son bandage à cause du tumulte. Privée de repas et de soins, elle posa alors sa tête sur son oreiller et soupira :
« - Et je sens que ce n’est pas encore fini… »

   Le lendemain matin, Zélos revint voir la jeune fille qui, déjà se portait à merveille. Elle faisait quelques étirements de jambes sur son lit lorsqu’il entra.
« - Booooonnnnjoooouuuur, belle demoiselle ! Comment te portes-tu ?
-Oh, largement mieux, juste encore mon bras qui me lance un peu.
   - Tant mieux, et tu penses rentrer quand chez toi ?
- Je ne sais même pas comment je suis venue ici, alors pour repartir ça va être de la tarte !
   - Ah la la… En tout cas, je ne suis responsable de rien !
- A part « l’oubli » de l’infirmière de changer mon bandage au bras, marmonna-t-elle.
   - A part quoi ?
- Non, rien. Mais alors, qu’est-ce que je vais devenir ?
   - Ben, tu peut devenir plein de choses tu sais… Avec un corps comme le tien, tu peux faire danseuse et ça rapporte, avis d’un connaisseur en la mat… Ehhh ! (Emi lui a lancé son oreiller mais l’as raté)
- J’aime pas danser !! C’est fait pour les pinbèches !
   - Des pinbèches, peut-être, mais très sexy… Mais fais attention !  (Elle vient de lui lancer l’oreiller du lit d’à côté et l’as encore raté) Bon, et si je te faisais visiter Flanoir ?
- Sérieux ?!
   - Oui, mais à condition que tu ne me tiennes pas la main ni le bras, et que tu ne me fasses pas gaspiller de l’argent pour rien.
- C’est O.K ! »
Après avoir revêtue ses vêtements secs et chauds, ainsi que son bonnet, ses gants et son manteau, Zélos faisait découvrir à Emi la ville enneigée, Flanoir. Les routes et trottoirs de la ville étaient entièrement en pierre sombre, ce qui ressortait avec la blancheur de la neige tombée la veille. Toutes les maisons étaient faites en bois vernis, sans doute du chêne. Elles étaient couvertes d’un petit manteau blanc sur les toits et les rebords de fenêtres. Des petits stalactites s’étaient même formés sur les gouttières ! Les enfants couraient les rues, bataillant avec la neige ou construisant des bonshommes avec un nez de carotte. Ce qui est sûr, c’est qu’ils étaient tous emmitouflés dans des gros manteaux de laines accordés à leurs petits bonnets à pompon sur leurs têtes. Cependant, Emi avait le regard rêveur, à travers ses mèches noires. Elle n’en revenait toujours pas de se trouver dans un autre monde, très différent de celui qu’elle a connu. A Sylvaha’lla, les gens sont heureux de vivre, malgré leurs problèmes, contrairement à Tokyo où le travail est le seul mot à la bouche. Après tout, peut-être qu’Emi ne partirai pas tout de suite…
« - Au fait, monsieur Zélos, Que faisiez-vous au temple de Celsius ?
-Moi ? Oh, pas grand chose…
   - S’il vous plaiiiit !!, lui dit-elle, les yeux légèrement humide et les mains jointes devant elle.
- Aaaahh… Je ne peux résister plus longtemps à tes beaux yeux, ma chérie. Bon, je venais au temple de Celsius pour, hum, rendre un hommage, hum, en souvenir du passé.
   -Pourquoi ? Que s’est-il passé avant ?
- Rien. Et si je te payais une glace, qu’est ce que t’en dit ?
   - Euh, on est en hiver et vous me proposez une glace ?
- Hé, hé, hé ! Mais en tout cas, moi, je pars demain matin.
   - Quoi ?! Et…Et moi ?
- Toi, ben, je ne sais pas.
   -S’il vous plait, laissez-moi venir avec vous !
- Je ne sais pas trop, je n’ai pas envie d’avoir un petit pot de colle, surtout quand il y a de belles femmes dans les parages (Zélos fait un clin d’œil à une femme qui passe sur la gauche)
   - Mais c’est… Injuste ! Je n’ai même pas de quoi me défendre au cas où, et je ne connais quasiment pas cet endroit !
- Je suis désolée, ma belle, mais c’est comme ça…
   - Et si vous m’appreniez à combattre ! Je vous serai utile si on se fait attaquer et comme ça, je pourrai découvrir le monde !
- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée… Vois-tu, ma mignonne, je préfère rester en solitaire et…
   - Je pourrai vous faire avoir la clé des chambres d’auberge que vous voulez !
- Marché conclu !
   - Super ! Et on commence quand ?
- Ben, ce soir, peut-être… Si je n’ai pas une autre occupation… Hé, hé, hé…
   - Vous êtes vraiment… Répugnant. »
Zélos resta cloué sur place, tandis qu’Emi continua de marcher, les bars croisés derrière sa tête.

   La ville de Flanoir était assez ordonné, pour ainsi dire : à l’entrée de la ville étaient installés auberges et hôpitaux pour les gens de passage et visiteurs car, au plus haut point de la ville, une immense église était dressée. L’énorme bâtiment était un mélange de bois, de pierre et de métal, orné de vitraux splendides représentant pour la plupart des scènes de la guerre de Derris-Kharlan, d’autres de la régénération et des Elus, et enfin des nouveaux vitraux ont été mis en place pour illustrer le voyage des Héros de la Réunification, qui a eu lieu il y a maintenant deux ans. Un large et solide balcon, situé juste en face de l’église, donne une vue extraordinaire sur toute la ville : a cette hauteur, les passants ressemblent tous à des petites fourmis de couleurs rouges, vertes, bleues, noires, marrons, roses ou blanches. En descendant à gauche du balcon, on arrive aux petites habitations de Flanoir, mais en descendant à droite, on arrive à un passage plus mouvementé car c’est là que les commerçants s’installent. Emi était, justement, dans cette partie de la ville agitée. Les yeux ébahis par toutes ces choses, elle ne savait pas si elle devait regarder à droite ou à gauche, mais son regard fut attiré vers une vitrine, où figuraient des armes. « Wouaouh ! Ils sont… Magnifiques ! ». La jeune fille collait son visage sur la vitre pour mieux apperçevoir deux katanas, défaits de leurs fourreaux. Les lames brillantes et sans une seule égratignure montraient bien qu’ils étaient tout neuf, et qu’ils ne demandaient qu’à être utilisés. Les manches des deux sabres étaient identiques : sur le bois vernis était soudé un dragon en argent, un tissus mauve enlacé sur chacun des manches, et quand au pommeau, il s’agissait une plaque de bronze sertie de dragons également qui contrastait avec la lame du katana. Emi n’hésita pas un instant et entra dans l’armurerie. La boutique était peu éclairée mais on pouvait clairement distinguer toutes les armes qu’il y avait. Des lances, toutes différentes les unes des autres, étaient fixé sur le mur de gauche ; dans le fond, une grande armoire, dont les portes étaient vitrées, renfermaient toute sorte de projectile (kunai, shuriken, petites bombes, aiguilles, petites dagues, …). Une porte à droite de l’armoire devait donner sur la réserve de la boutique. Sur la droite était situé le comptoir, où se trouvait un vieil homme en train d’astiquer des arbalètes. Emi s’approcha de lui :
« - Euh, excusez-moi monsieur... »
Le vieil homme sursauta et se retourna vers elle, sa main droite sur son cœur.
« - Mais tu es folle de me faire peur comme ça, fillette ! J’aurai pu mourir !
- Désolée. Je voudrai savoir, les katanas dans la vitrine là-bas, combien coûtent-ils ?
   - 100 000 flouz petite.
- Quoi ?! Ohhhhhh… Il ne voudra jamais me les acheter, c’est sûr…
   - Parce que tu comptais les acheter ! Ha ! Ha ! Ha ! Je suis sûr que tu ne sais même pas t’en servir, gamine.
- Vous n’êtes qu’un vieux schnock ! Bien sûr que je sais m’en sortir et je vais vous le prouver ! »
Emi se dirigea vers la vitrine où étaient exposés les katanas et les pris, chacun dans une main. Elle se mit en plein milieu de la pièce et détourna les yeux du vieux. Elle prit une grande inspiration et souffla un bon coup. C’est bon. Avec sa main droite, elle fit tourner le katana une fois, deux fois, trois fois pour s’échauffer et fit de même avec le gauche. Après tout, ses parents tenaient bien une école de Kendo, elle a dû en apprendre des choses, non ? Mais c’est quand elle allait passer aux choses sérieuses pour clouer le bec du pépé que des cris venant de dehors attirèrent leurs attentions.
« - Qu’est ce qu’il se passe ?
- peut être des monstres qui ont réussi à entrer dans la ville. C’est la troisième fois ne deux semaines. Alors tu me rends mes katanas et tu dégages : je ne veux pas qu’on vienne piller ma boutique !
   - Désolée grand-père mais je dois te les emprunter. Promis je te les rendrai ! »
Emi sortit à vive allure de la boutique, des katanas fermement tenus dans ses mains.

   Dans les rues, les gens courraient se réfugier dans leurs maisons et fermaient leurs portes. Emi réussi à demander pourquoi un tel tumulte à un passant : « Des monstres ! Des monstres dans la ville ! ». Emi courut dans le sens inverse des habitants de Flanoir jusqu’à ce qu’elle sente une pression sur son bras droit.
« - Mais que fais-tu ici ? »
C’était Zélos. Il avait sorti son épée et avait l’air à la fois inquiet et furieux.
« - Quoi « qu’est-ce que je fais ici » ? Je suis venue t’aider à tuer les monstres qui sont entrés à Flanoir.
- Non, tu vas mettre ta vie en péril ! Ce n’est pas un jeu !
    - Je suis ton apprenti oui ou non ? Alors laisse-moi t’aider ! Fais-moi confiance ! »
Emi regarda Zélos droit dans les yeux et ne détourna pas le regard.
« - Très bien. Mais fais attention : ce ne sont pas les mêmes Fenhrir qui t’ont attaqués hier. Cette fois, ce sont des adultes !
- O.K, je vais essayer. »
En effet, on voyait la meute de Fenhrir à l’entrée de la ville, en train de hurler : ils étaient trois fois plus gros que ceux qui l’ont agressés dans le temple de Celsius et, pour couronner le tout, ils étaient encore plus nombreux, environ treize à vue d’œil. Zélos avait fermé les yeux et se concentrait pendant qu’Emi examinait la meute.
« - Mais qu’est ce que tu attends ?! Attaque-les !
- Mais… Ils sont gros !
   - Je t’avais prévenue mais tu ne m’as pas écouté ! Alors tu fonces dans la meute, je te couvre ! »
Emi hésita un court instant mais serra fortement les katanas du vieux de la boutique et courut vers un Fenhrir, le plus proche. Le Fenhrir l’aperçut et fonça vers elle, un deuxième le suivit. Le premier Fenhrir bondit sur Emi mais celle-ci lui asséna un coup vertical avec le katana de gauche, fit une esquive latérale et planta le katana de droite dans le deuxième Fenhrir.
« - Pyro enfer !! »
Le sort de Zélos toucha quatre Fenhrir d’un coup. Il se concentra alors pour une deuxième offensive.
« - Maman ! Maman !! MAMAN !!! Ouinnnnnnnnn !!! »
Une fillette était restée dans une impasse et était menacée par un Fenhrir. Ce dernier s’apprêtait à dévorer la gamine ! Emi courut le plus vite possible vers le Fenhrir. Elle prit son élan, sauta sur le mur de gauche, en blessant le Fenhrir avec le katana de droite, et se posta entre la fillette et le Fenhrir. De la bave coulait entre ses crocs aiguisés, et ses babines retroussées effrayaient la fillette. Blessé, le Fenhrir tenta de donner des coups de pattes qu’Emi bloqua et planta le deuxième katana dans son torse. Quelques éclaboussures de sang atteignirent la petite fille. Emi se pencha vers elle et les essuya.
« - Tu va bien, petite ?
-Ou…Oui, je vais bien. Merci madame !
   - Ah… De rien. Maintenant, dépêche-toi de rentrer chez toi.
- Oui madame ! »
La petite fille courut vers le centre de Flanoir en courant près des murs. « Madame… Je ne suis pas si vieille que ça, tout de même ! Je ne vais avoir mes dix-huit ans que dans deux semaines ! ». Elle rebroussa chemin et retourna au combat. Grâce au sort « Pyro enfer » de Zélos, celui-ci avait tué environ les deux tiers de la meute. Il ne restait que cinq Fenhrir et ils encerclaient tous l’ancien Elu de Tésséa’lla.
« - Un petit coup de main serai la bienvenue, apprenti ! »
Emi fonça droit sur un Fenhrir et glissa en dessous, vu qu’avec le froid, les pierres étaient devenue glissante. Elle en profita pour blesser le Fenhrir au ventre et s’arrêta juste au pied de Zélos.
« -Me revoila !, dit-elle dans un ton entousiate.
- Ouai, j’ai vu ça. »
Emi affichait un sourire bête, et cela se voyait d’autant plus que ses cheveux étaient en arrière à cause de la glissade. Zélos lui tendit la main pour l’aider à se relever en soupirant.
« - Maintenant, on peux dire qu’il en reste quatre.
- Oui. »
Emi et Zélos étaient dos à dos. Les quatre Fenhrir avançaient lentement, en grognant légèrement. L’un d’eux attaqua, mais le beau rouquin lui fit goûter au tranchant vertical de sa lame, suivi par une offensive horizontale. Et un de moins. Quand à Emi, elle esquivait les attaques d’un des trois derniers Fenhrir mais fini par glisser sur son dos et passa en dessous, le tout en l’entaillant profondément. Elle se releva rapidement et retourna auprès de Zélos. Celui-ci préparait un autre sort.
« - Lances de lumière ! »
Une lance blanche et lumineuse tomba du ciel et s’abattit sur un Fenhrir, le mettant K.O. Il n’en restait plus qu’un : Le chef de la meute, mais aussi le plus gros. Il hurla avant de se jeter sur Zélos, qui perdit momentanément connaissance. Emi, qui avait fait un pas de côté, essaya de le secourir mais le Fenhrir bondit sur elle, la propulsant au sol. Le chef de la meute avait ses deux pattes avant de chaque côté de la tête de la jeune fille, sa gueule grande ouverte sur cette dernière. Emi avait réussi à parer les crocs de l’animal avec les katanas et posait de toutes ses forces pour le repousser mais la puissance de la mâchoire était largement supérieure à celle de la demoiselle. Cependant elle tenait bon… Jusqu’à ce que la lame des katanas se fissure et se brise, le Fenhrir repoussé en arrière.
« - C’était de la camelote ?! Pff… Il m’a bien roulé, le vieux ! »
La salive du Fenhrir ne cessait de couler, signifiant bien la faim de celui-ci. Il allait sans aucun doute attaquer une nouvelle fois et, sans arme, aucune chance qu’elle n’y résiste…
« - Aaaawou !! »
L’animal poussa un effroyable cri de douleur. Effectivement, Zélos lui avait planté son épée dans le flan gauche, très profondément dans le corps du Fenhrir. Il s’écroula sur le flan droit et laissa partir son dernier souffle. Emi resta assise par terre et leva la tête vers le ciel. « Heureusement que Zélos était là sinon… ».

    « - Tu te débrouilles pas mal du tout, pour une première fois. »
Zélos lui tendit la main et l’aida à se relever.
« - Mais c’est grâce à vous si je suis aussi encore là, pour la deuxième fois.
- Je sais, je sais… Je suis trop bon et trop beau pour laisser une jeune femme comme toi en détresse.
   - Ca ne marche pas avec moi, monsieur Zélos !
- Hum… Mais en tout cas, je ne suis pas déçu de te prendre comme apprenti.
   - Merci ! Mais, euh, maintenant, qu’allons-nous faire, monsieur Zélos ?
- Et bien… Direction Meltokio !! »
Posté par Lina_Gs le 23-12-2007 à 15:20
Avatar de Lina_GsCHAPITRE 3 : Le Festival du Colisée



Après le départ « magique » de Benjamin, Emi rentra dormir à l’auberge, enfin, dans la salle à manger de l’auberge. Elle fit un petit tour devant la chambre : la porte était toujours piégée. La jeune fille passa donc une nuit comme la précédente : la tête reposée dans ses bras, sur la table. Le lendemain, ce ne fut pas l’aubergiste qui la réveilla, mais les cris d’une voix familière :
« - Ouvrez-moi la porte ! »
Les quelques personnes présentes dans l’auberge accoururent vers la porte de la chambre et coupèrent la corde. Zélos sortit alors de la pièce, le visage pourpre, les poings serrés. Il se doutait de l’identité de la personne ayant fait le coup et se dirigea vers Emi. Il posa brusquement ses mains sur la table et la regarda droit dans les yeux :
« - C’est toi qui a piégé la porte !
- Cela se pourrai, lui répondit-elle, un petit sourire narquois du bout des lèvres.
- Et en plus, tu m’as usurpé mon épée avant de t’éclipser !
- D’abord, je l’ai « empruntée », pas volée ; puis, tu l’as bien cherché aussi ! »
Emi croisa les bras, détourna la tête et attendit le petit déjeuner. C’était des tartines grillées avec de la confiture de fraise, accompagnée de bacon et de jus d’orange. Une demie heure plus tard, les affaires préparées, Zélos et Emi se mirent en route vers l’ancien pont de Tésséa’lla, et plus précisément vers Meltokio. Cependant, ils s’y rendirent à PIED car le ptéroplan a été mis en réparation avant qu’ils n’entrent dans l’auberge de Sybak.

*Début du flash-back*

« - Votre moteur a souffert, et l’aile gauche est à refaire. Il va falloir que j’exporte quelques pièces d’Altamira donc, je pense que vous pourriez le récupérer dans… Trois jours, diagnostiqua le mécanicien.
- Trois jours ?! Mais je dois me rendre au plus vite à Meltokio ! J’ai une affaire des plus urgentes !
- Et ben, prenez le pont.
- Mais il est immense !
- C’est le seul moyen d’aller à Meltokio en ce moment, monsieur.
- J’espère au moins que ce n’est pas un rendez-vous avec l’une de tes conquêtes, taquina Emi.
- Non, désolée ma belle. Même si j’aurai bien voulu…
- Cela veux dire que je vais enfin dormir tranquille ! Youpiii !! !
- Et combien coûte la réparation ?
- Dix mille flouzs, payable d’avance.
- C’n’est pas donné… Mais il le faut… »

*Fin du flash-back*

La route menant au pont n’était que d’une centaine de mètres environ, mais le passage était inaccessible : une groupe imposant de personnes protestaient envers les gardes postés à l’entrée du pont. Les poings levés, les voix huant les soldats, la protestation empêchaient Emi et Zélos de faire ne serai-ce qu’un pas devant eux. Il devait y avoir, approximativement, une trentaine de personnes. L’un d’eux débattait avec le capitaine des gardes du pont :
« - Vous n’avez pas le droit de nous interdire l’accès !
- Si, j’en ai le droit… Sur votre race, j’ai tous les droits ! Ha ! Ha ! Ha !
- Vous faîtes de la discrimination raciale envers les demi-elfes ! Vous vous croyez vraiment tout permis !
- Et alors ? Tout le monde s’en fiche de votre sort, sale demi-elfe ! »
Emi regarda Zélos, ne comprenant pas vraiment la situation qui se déroulait devant eux. Elle lui agrippa le bars et exerça une petite pression. L’ex-Elu fixait la scène attentivement, le regard presque vide. Elle exerça alors une pression plus forte.
« - Aïe ! Mais ça fait mal !
- J’ai pas vraiment compris pourquoi ces soldats ne veulent pas que toutes ces personnes empruntent le pont ?
- C’est à la fois très simple et très compliqué : ils ne veulent pas les laisser passer car ce sont tous des demi-elfes.
- Des demi- elfes ?
- Oui, des personnes ayant du sang d’elfe et du sang humain dans leurs veines… »
Au même moment, le demi-elfe tomba au milieu de la foule, les soldats ricanant derrière leur chef. Zélos réagit au quart de tour et se fraya un chemin vers le demi-elfe. Celui-ci était blessé au bras. Zélos lança les premiers soins, Emi se dirigea vers le capitaine, la rage au ventre, sans que l’ex-Elu ne puisse l’arrêter.
« - Comment pouvez vous être aussi cruel envers les demi-elfes ? Ils sont comme bous !
- Alors chérie, tu viens à la rescousse des pauvres petits demi-elfes sans défenses ? Ha ! Ha ! Ha !
- Ouai, je viens à leur secours, et surtout pour te botter tes grosses fesses, sale… »
D’un coup, la main droite de Zélos se plaqua sur sa bouche, l’autre posée sur son épaule gauche.
« - Désolé, elle est un peu sur les nerfs en ce moment. On ne fait que passer…
- Ouai, il y a intérêt… Allez, circulez ! »
La tenant toujours par l’épaule et l’empêchant de parler, Zélos entraîna Emi sur le pont, tout en lui chuchotant un truc dans ce genre à son oreille : « Je sais : moi aussi ça me met hors de moi la façon dont ils traitent les demi-elfes, mais si tu commence avec ce capitaine, bientôt tu te retrouvera avec toute l’armée de Sylvaha’lla à te trousses et tu ne pourra pas retourner chez toi ! Alors tâche de te tenir à carreaux en attendant, O.K ? ». Emi acquiesça et il la lâcha. Elle poussa un gros soupire de colère et se tourna vers la droite : derrière la barrière de métal, une immense étendue d’eau bleue turquoise s’offrait sous ses yeux ; une légère brise faisait virevolter ses longs cheveux noirs de jais ; des mouettes volèrent au-dessus de sa tête, pendant que Zélos était trop occupé à écrire dans un carnet, déjà bien rempli. Emi n’y prêta pas attention et tailla un petit sprint. Elle aimait sentir le vent frais sur son visage. A bout de souffle, après avoir couru cinq cent mètres, elle s’appuya contre la rambarde et observa l’océan, le temps que Zélos la rattrape tranquillement. Il la regarda tendrement et elle lui répondit en affichant un sourire chaleureux sur son visage. Ils continuèrent ainsi le peu de chemin qui leur restaient vers Meltokio.

« Wouah ! C’est très… grand ! » s’exclama Emi en passant les portes de la capitale. Devant elle, une grande avenue se prolongeait jusqu’au château, qui trônait dans les hauteurs de la ville. Des petits jardins verdoyants étaient entretenus vers le milieu de la ville. Les rues étaient noires de monde à cette heure-ci, et de soldats également. Il y en avait environ cinq tout les cinquante mètres, et le nombre était largement doublé lorsqu’on se rapprochait du palais royal. Ils continuèrent à marcher un peu plus dans l’avenue : la grande majorité des habitations avaient l’air très spacieuses, il y avait même un quartier pour les personnes très riches ! Et inversement, il y avait aussi un quartier pour les personnes pauvres de la ville. Tout était délimité par la richesse dans la ville. Il y avait également un quartier de commerce, « un peu comme à Flanoir » pensa Emi, et un Colisée pour affronter divers monstres et combattants en tout genre. Emi avait remarquée que la plupart des personnes se promenant dans les rues étaient en groupe de deux ou trois. Lorsqu’elle allait demander pourquoi à Zélos, son regard s’arrêta sur un panneau d’affichage où le mot « Recherché » était écrit en grosses lettres. Sous l’avis de recherche, un portrait était fixé : il représentait un homme aux cheveux châtains foncés, quelques peu ébouriffés, légèrement tombant devant des yeux verts émeraude, le reste de son visage était caché par des bandages pourpres. Sous le portrait figurait le nom de l’homme recherché : « Shawn Graves, dit le voleur pourpre ».
« - Je me souviens qu’un ami avait lui aussi son visage sur ce même panneau…
-Mais il était moins bien réussi que celui-là ! »
Une voix masculine jailli derrière eux, une voix que l’ex-Elu de Tésséa’lla connaissait très bien. Ils se retournèrent et virent un jeune homme brun, les yeux marron, un grand sourire sur son visage à la fois enfantin et adulte. Il portait une sorte de chemise rouge à manches longues, des épaulières en métal fixées de chaque côtés, un pantalon bleu foncé serrés à la taille par deux grosses ceintures en cuir où pendaient deux épées, l’une à la lame bleuté, l’autre rougeoyante. Ses mains, gantées de blanc, étaient posées sur ses hanches, et des protèges tibia, du même métal que les épaulières, étaient accrochés sur des bottes en cuir marrons. Le jeune homme ne devait pas avoir plus de dix-neuf ans, vingt à tout casser.
« - Lloyd ! Ca fait un bail que l’on ne s’est pas revus ! Comment vas-tu ?
- Je vais bien, merci. Et toi ? Tu as revu Sheena depuis tout ce temps ?
- Euh non. J’ai essayé mais elle était constamment en mouvements par-ci, par-là.
- Ah, je vois…
- Et toi ? Que fais-tu ici ? Tu n’es pas avec Colette ?
- Si, justement. Je voulais venir à Meltokio pour participer au Festival du Colisée mais Colette m’a suivi et elle ne veut pas que je combatte pour de l’argent, même si elle sait que je peux l’étaler en deux secondes !
- Donc mon petit ange est ici ! Je suis content, dit-il avec un petit sourire.
- Oui, elle est à l’église près du château.
- Tant mieux, j’ai des affaires à régler au château avant d’aider cette demoiselle à retourner chez elle. »
Il adressa un signe de main vers Emi. Celle-ci était ébahie devant Lloyd, un peu gêné de son attitude. Elle reprit ses esprits et lui tendit la main.
« - Bonjour, je m’appelle Emi Ayate. Je suis ravie de vous rencontrer !
- Lloyd Irving, moi de même. Euh, tu as des vêtements étranges…
- Oui, je sais, je sais, je comptais y remédier…
- Oh ! Je pense que je vais vous laisser, sinon Colette va se demander où je suis pas…
- Eh ! Lloyd ! Te voila enfin ! »
Une jeune fille, à peine plus âgée qu’Emi, courait dans leur direction. Ses longs cheveux blonds, attachés avec un ruban bleu foncé, flottaient comme un drapeau derrière elle. Ses yeux étaient d’un bleu océan profond, qui lui donnaient vraiment l’air d’un ange. Elle portait une petite veste à manches longues blanches aux bordures de la même couleur que son ruban. Sa petite veste ouverte laissait voir un haut blanc, ainsi qu’un magnifique collier en or, serti d’un cristal rouge. Sa jupe bleu foncée flottait également au gré du vent, deux chakrams fixés sur deux petites ceintures à sa taille. Elle portait de petites bottes blanches, légèrement retombantes sur ses chevilles, avec un petit talon.
« - Je t’ai cherchée partout, Lloyd ! … Oh ! Quel plaisir de te revoir Zélos ! Comment te portes-tu ?
- Très bien, mon petit ange. Mais dis moi, tu as changé de tenue ? Elle te va à ravir, cette petite jupe bleue.
- Tu trouves ? Merci beaucoup… Oh ! Bonjour ! Je suis Colette Brunel, s’adressa-t-elle à Emi avec un charmant sourire.
- Et moi Emi Ayate, enchantée.
- Quelles touchantes retrouvailles, mais je suis pressé, désolé. Si vous comptez rester en ville, au lieu de prendre une chambre d’auberge, venez chez moi, proposa Zélos.
- Oui, bien sûr. En attendant, on va voir quelques matches au Colisée, tu veux venir avec nous, Emi ? suggéra Lloyd.
- Non merci, je vais plutôt visiter la ville. Je viendrai peut-être un peu plus tard.
- Pas de problème. Alors à tout à l’heure !
- A tout à l’heure ! »
Lloyd et Colette accompagnèrent Zélos sur la grande avenue jusqu’au Colisée, et Emi prit la direction des boutiques de commerçants : elle avait en tête de changer de tenue et trouver une arme à sa mesure.

   Aujourd’hui, un nombre incalculable de spectateurs attendaient dans les gradins du Colisée, cette grande bâtisse de pierre et de métal où se rencontrent combattants épiques et magiciens en tout genre : c’était le Festival du Colisée. Il durait une semaine, tous les ans. Li Festival du Colisée a été instauré par le Roi après la réunification des deux mondes afin d’établir une puissante armée basée sur les compétences des soldats, et non pas sur leurs races. Ainsi, elfes, demi-elfes, humains, tout le monde était libre d’y participer, surtout que s’ils arrivaient à remporter cinq matchs de suite et à battre le champion du Colisée, ils gagnaient la somme de trente mille flouz. En parlant du champion, il se nommait Nelden, c’était une montagne de muscles ; à lui seul, il était capable de soulever cinq soldats de la garde royale, avec l’équipement complet ainsi que les armes, ce qui équivalait environ à trois cents kilos. De plus, il encaissait très bien les coups physiques et était capable de briser une lame de zanbatô (gigantesque sabre aussi long que lourd, causant d’énormes dommages au cavalier et à sa monture). Des centaines de participants se présentaient alors chaque jour, et d’autant plus que le Colisée ne fermait pas : on pouvait aussi combattre la nuit ! Parmi les spectateurs se trouvaient Lloyd et Colette, Héros de la Réunification du monde de Sylvaha’lla. Lloyd était très content de venir au Festival du Colisée, même s’il aurai voulu y participer en tant que combattant. Il affichait un grand sourire bête, en hurlant des « Super ! » et des « Youpi ! » et en agitant ses bras dans tous les sens. Quant à Colette, elle n’était pas du même avis : elle pensait que ce « Festival » était de la violence gratuite pour les personnes présentes. De plus, toute cette mascarade n’avait lieu que pour de l’argent. A la fin d’un énième combat entre un elfe et un pathétique épéiste, Lloyd se rassit.
« - Vraiment, j’adore ces combats ! J’ai pu mémoriser certaines techniques que je pourrai améliorer avec mes glaives matériels.
- Et tu trouves cela amusant, des gens qui se battent, qui risquent peut-être leurs vies à amuser la galerie ? Pas moi, en tout cas…
- Mais, Colette ! »
Une acclamation assourdissante stoppa leur dispute : la foule encourageait les nouveaux combattants qui entraient dans l’arène : d’un côté avançaient fièrement un couple d’elfes, tout deux archers ; de l’autre, une jeune fille à la longue chevelure noire flottant dans son dos, une épée à sa hanche gauche. Lloyd et Colette se regardèrent dans les yeux et eurent la même pensée : « Est-ce bien .. ? ». Le commentateur des matchs s’approcha des combattants et tendit son micro :
« - Alors ? Vous êtes prêts à vous affronter ? Mais d’abord, dîtes-nous vos noms, questionna-t-il en tendant le micro vers le couple d’elfes.
- Nous sommes Flora et Davy, et nous comptons bien remporter la récompense !
- Oh ! Oh ! Voilà ce qu’on appelle « être ambitieux » ! Et vous, mademoiselle ?
- Je m’appelle Emi Ayate, et si je combats aujourd’hui, c’est juste pour m’éclater un peu et rembourser une dette.
- Espérons que vous tiendrez votre promesse ! Combattants, préparez-vous ! Et… Commencez ! »
Lloyd et Colette avaient vus juste : Emi, qu’ils connaissaient à peine, venait se battre en public pour gagner la récompense ! Leurs regards fixaient alors la jeune combattante, espérant qu’elle s’en sorte. Le couple d’archers avaient pris l’initiative et lançaient une pluie de flèche sur Emi. Celle-ci les esquiva allègrement en exécutant des saltos arrière, se réceptionnant parfaitement. Flora et Davy arrêtèrent quelques secondes leur offensive pour reprendre d’autres flèches, mais Emi en profita pour se fondre sur eux et empoigna son épée, qu’elle extirpa de son fourreau. Flora, qui était la plus proche, se dépêcha de lacer quelques flèches à une vitesse fulgurante, pendant que Davy s’armait. La jeune fille les fit ricocher sur sa lame flamboyante et se précipita sur l’elfe. Elle donna un premier coup d’épée vertical, qui fut esquivé, puis un coup de pied destiné à Davy, qui perdit momentanément son arc. Elle continua avec un coup de coude dans le ventre de Flora, qui la fit se pencher en avant. Emi leva alors la lame… et coupa en deux l’arc dont elle se servait. Sans arme, elle ne pouvait plus se battre. Entre temps, Davy avait récupéré le sien et pointait vers Emi. Cette dernière fit une esquive sur la droite et découpa, par la même occasion, son arme de jet. Le groupe désarmé, éffondrés sur le sol, Emi rangea son arme. Le combat n’avait même pas duré cinq minutes ! Contraints à l’abandon, Emi fut-elle donc déclarée vainqueur, le public l’applaudissant sur son retour. Lloyd et Colette n’en revenaient pas : cette Emi se battait drôlement bien. Un autre combat avait déjà été enchaîné quand cette dernière arriva vers les Héros de la Réunification.
« - Re-bonjour.
- Oh ! C’est toi qui vient juste de combattre à l’instant, non ?
- Euh, oui, pourquoi ?
- Tu es très forte, pas plus que moi, c’est sûr mais tu es très forte…
- Lloyd ! Arrête de te vanter ! Mais il a raison : tu te bat très bien. D’où viens-tu ?
- C’est très compliqué mais, pour faire court, je viens d’un autre monde et je comptais repartir chez moi avec l’aide de monsieur Zélos.
- Si tu attends après lui, tu peux toujours faire ta vie ici !
- Hein ?
- Ce que Lloyd veut dire c’est que Zélos peut t’aider mais il mettra un peu de temps, peut-être.
- Ah, je vois… En attendant, je veux gagner la récompense pour le rembourser.
- C’est bien de ne pas penser à son profit personnel et de penser aux autres, Emi, félicita Colette. Et ton prochain combat a lieu quand ?
- Dans quelques minutes. Je dois y aller.
- D’accord. Bon courage, Emi !
- Merci Lloyd. »
Emi repartit par le même chemin par où elle était arrivée et descendit en direction de l’entrée de l’arène, l’air sûre d’elle.

   Les combats s’enchaînaient et ne se ressemblaient pas pour Emi : son premier match était contre un groupe d’elfes, son deuxième contre un groupe de magiciens (qu’elle metta K.O en les cognant l’un contre l’autre), son troisième un lancier coriace, et son quatrième contre un mage épéiste dragueur et endurant. Pour le battre, Emi a dû avoir recours à ses charmes pour l’amadouer et lui donner un bon coup entre… Bon, passons. Pour son cinquième match, elle devait se battre contre le champion du Colisée, Nelden. Lloyd n’avait manqué aucun match depuis celui d’Emi. Il avait une très grosse envie pressante à force de boire des litres et des litres de limonade et à rester assis sur son siège. Une pause de quelques minutes était instaurée avant d’entamer le dernier match, peut-être décisif. Il ne tenait plus en place et ne cessait pas de gesticuler, jusqu’à ce que Colette lui dit d’y aller. Il la remercia du fond du cœur et couru aux toilettes publiques, pendant que Zélos s’appropriait sa place.
« - Alors, ce Festival, qu’en penses-tu, mon petit ange ?
- Pour moi, c’est de la violence gratuite mais…
- Mais ?
- La fille qui t’accompagnait, Emi, se défend très bien.
- Emi ? Emi participe au Festival ?!
- Oui. Tu n’étais pas au courant ? »
Zélos serra son poing gauche devant son visage rouge. « Elle est intenable, cette fille ! Bientôt, il faudra que je la tienne en laisse ! ». Des acclamations assourdissantes coupèrent le fil de sa pensée : les deux combattants, Emi et Nelden, venaient d’entrer dans l’arène. « Voyons voir si elle a fait quelques progrès depuis notre combat avec la meute de Fenhrir à Flanoir… ». Zélos et Colette fixaient la jeune fille, de dos, face au colosse, de l’autre côté du stade. « Le combat a déjà commencé ? » questionna Lloyd, revenu de son passage au petit coin. Ils hochèrent de la tête pour seule réponse, et s’assis donc à la droite de Colette. Le commentateur faisait l’éloge du champion du Colisée dans un premier temps :
« - Et voici le champion du Colisée, Nelden !
- Grrouuuuaaaahahhhhhh ! cria-t-il
- Nelden a une carrure que même les plus grands guerriers n’atteindront jamais ! Il pèse plus de 256 kg, tout en chair et en muscles ! Et en face de lui, la jeune demoiselle qui a réussie à se hisser jusqu’à lui, Emi Ayate !
- …
- Cette belle jeune fille est parvenue en finale en usant de ses charmes et de ses multiples talents ! Et maintenant, quelques mots à votre adversaire, Nelden ?
- Je vais t’écrabouiller !
- Moi aussi, enchantée, répondit-elle d’un ton un peu angoissé.
- A présent, que le match commence ! »
Le commentateur s’éclipsa de l’arène, laissant le terrain libre à Nelden et Emi. Cette dernière entamait fort le combat : elle se rua vers la montagne de muscles, la main droite prête à tirer l’épée de son fourreau. Le champion du Colisée réagit immédiatement et balança son poing en sa direction. Emi esquiva l’attaque frontale en exécutant un saut en hauteur latéral. Nelden donna un coup avec force dans les côtes gauches de la demoiselle, qui tomba au sol. Le colosse n’arrêtait pas d’enchaîner les offensives, ne laissant guère de choix à Emi que d’éviter les coups. Quand l’occasion lui en fut parvenue, Emi entailla le poignet droit de Nelden, qui semblait ne rien sentir. « Si tu crois me faire mal avec ce petit cure dent, ma belle, c’est loupé ! » lui dit-il. Emi se leva brusquement et courut vers lui, son visage se retrouvant près du sien. Elle allait planter son épée luisante dans son torse lorsqu’il la prit de court et l’attrapa à la gorge, la plaquant contre le mur d’enceinte de l’arène. Il serrait son cou lentement avec une seule main, Emi tentant désespérément de se dégager de son étreinte.
« - Tu préfères déclarer forfait maintenant ou mourir tout de suite ?
- Aucun… des deux choix !! »
A cette réponse, elle planta profondément son épée dans la main de Nelden, la tournant pour lui infliger plus de dégâts. Le champion cria de douleur, relâchant sa prise. Un mince filet de sang coulait le long de la bouche d’Emi, qu’elle essuya du revers de sa manche. Le colosse tenait sa main ensanglantée et, prit de colère, fonça vers la demoiselle. Celle-ci fit une roulade sur la gauche, manquant de peu de se faire écraser par cette montagne de muscles. Elle se releva tant bien que mal et empoigna son épée à deux mains. Elle appuya de toutes ses forces sur le manche et entailla le côté droit de Nelden, avant de se retourner et d’enfoncer la lame froide dans le torse du champion. Il resta un moment en face d’Emi, sans bouger, le sang coulant lentement le long de son corps, jusqu’à ce qu’il cracha par terre le liquide rouge qui restait dans sa bouche avant de s’écrouler au sol. Le match se termina immédiatement…

A la sortie du Colisée, Lloyd, Colette et Zélos attendaient Emi pour la féliciter. Celle-ci arriva tranquillement, un sac plein d’argent dans ses mains. Une foule sortait du Colisée au même moment : la nuit venait de tomber. Emi, étonnée, marcha plus vite vers ses compagnons, quand elle se fit bousculer et tomba sur la pierre froide. Se massant les fesses, une main se tendit vers elle :
« - Je suis désolé, je ne vous avait pas vue.
- Ce… C’est pas grave.
- Vous êtes Emi Ayate ? Belle prestation aujourd’hui.
- Euh, merci. Et vous, qui êtes-vous ?
- Andrew Faithbourg, commandant en chef de l’armée de Sylvaha’lla. »
Emi leva les yeux, et se retrouva face à face avec un beau jeune homme…
Posté par Lina_Gs le 07-01-2008 à 11:49  
Avatar de Lina_GsCHAPITRE 4 : L’ombre et la féline.


« - An… Andrew Faithbourg ? »
Emi prononça le nom du jeune homme d’une voix gênée. Ses joues rosirent légèrement pendant qu’elle attrapait la main qu’il lui tendait. Andrew Faithbourg était un peu plus grand qu’Emi, châtain très clair, presque blond, un bandeau rouge attaché au front. Des yeux couleur or brillaient derrière quelques mèches. Il portait une armure claire et légère, qui lui couvrait tout son torse. On pouvait néanmoins distinguer un haut moulant du même rouge que son bandeau. Son pantalon noir et ses bottes marron foncé contrastaient avec son armure. Une longue cape pourpre volait derrière lui. Il avait tendu sa main droite à Emi, pour l’aider à se relever, étant donné que sa gauche empoignait le manche d’un immense zanbatô posé sur son épaule en biais. Il lui adressa un sourire charmeur :
« - Vous êtes bien plus jolie de près, mademoiselle.
- Euh… Merci… Mais, mes amis m’attendent là-bas et…
   - Je comprends : vous ne voulez pas les faire attendre plus longtemps. Peut-être qu’on se reverra, si vous restez quelques temps à Meltokio.
- Oui, sûrement !
   - Alors à bientôt, Mlle Emi. »
Andrew tourna les talons, laissant Emi lui adresser un signe de main discret. Dès qu’il ne fut qu’un petit point, elle retrouva ses esprits et retourna vers Lloyd, Colette et Zélos. Lorsqu’elle se planta devant eux, ils avaient tous un petit sourire narquois du bout des lèvres :
« - On dirait que tu a tapé dans l’œil de ce garçon, Emi, dit l’ex-Elu de Tésséa’lla.
- Euh, non ! C’est… C’est pas vrai ! répliqua-t-elle en rougissant.
   - Mais oui, je te crois ! Mais au fait, comment as-tu fait pour avoir une épée en si bon état et en si peu de temps ?
- Euh… Ben… En fait… Quand j’ai fait mon petit tour, j’ai vu cette belle épée en vitrine d’une armurerie et, euh… J’ai mis la note sur ton compte…
   - Sur mon compte ?! Oh toi je vais te….
- Mais comme je n’ai pas besoin de l’argent que j’ai gagné, alors je te le donne. Comme ça, tu pourras payer la note.
   - Mmm… »
Emi lui tendit le sac de pièces, qu’il fini par prendre. Il proposa alors à ses invités de passer la nuit chez lui. C’est ainsi qu’Emi se retrouva dans la « maison » de Zélos. Elle était tellement grande qu’elle ne méritait pas le nom de « maison » mais plutôt de manoir. Lorsqu’on pénétrait dans le manoir, on arrivait directement dans le salon. Les meubles en bois étaient très présents : commodes, tables, chaises, buffets ; mais aussi quelques plantes vertes imposantes. Sur les murs étaient accrochés de magnifiques tableaux, dont un représentant une belle femme. Il s’agissant sans doute d’un portait grandeur nature car le tableau s’étalait sur tout un pan de mur. Au fond de la pièce se situait un renfoncement vitré qui laissait passer facilement la lumière, à l’occurrence celle de la lune. Sur la droite, un grand escalier en bois montait vers les chambres luxueuses. Elles étaient très spacieuses, les lits contre un des murs, une grande armoire dressée en face de celui-ci. De nombreux tapis coloraient le sol carrelé et froid. Un sofa aux coussins bleus était placé sur le petit balcon devant les portes des chambres, légèrement entrouvertes. Dès leur entrée, un majordome vint à leur rencontre et les emmena directement à leurs chambres à coucher. Cependant, un problème se posa : il n’y avait que deux chambres, dont l’une était celle de Zélos, laissant le droit qu’à une seule chambre pour trois personnes. Zélos proposa à Emi de dormir sur le sofa mais, étant déjà à cran d’avoir dormi deux nuits de suite assise devant une table, d’avoir vaincu sa peur de l’altitude et s’être battue  toute l’après-midi, Emi protesta et demanda que ce sois lui qui s’y colle (Lloyd et Colette étaient du même avis que la jeune fille). Du coup, Colette et Emi dormirent dans la chambre d’amis, et Lloyd dans celle de l’ex-Elu (il en profita bien pour s’étendre de tout son long sur le lit). Quant à ce dernier, il dormit donc sur le sofa, avec un petit coussin en guise d’oreiller et une petite couverture, qui ne lui couvrait même pas jusqu’aux pieds !

   Le lendemain matin, le petit déjeuner fut servi au lit pour nos jeunes invités, sur une table près du sofa, le « lit clandestin » de Zélos. Quelques minutes plus tard, ce fut Emi qui sortit la première, avec un beau visage radieux et souriant, puis Colette et Lloyd, un peu endormi. Zélos, lui, avait des cernes sous ses yeux et un air grognon, ce qui montrait qu’il avait passé une très mauvaise nuit de sommeil. D’ailleurs, après leur passage, il alla se recoucher dans son lit, en prenant soin de laisser sur le sofa la petite couverture, à moitié par terre.
« - Alors, Emi, que vas-tu faire aujourd’hui ? questionna Colette.
- Et bien, je ne sais pas trop, je dois avant tout autre chose trouver un moyen de retourner chez moi…
   - Ahhh, d’accord ! Tu veux qu’on aille à la bibliothèque du château ?
- Euh, on a le droit ?
   - Bien sûr, on y a accès, comme ça, on t’aidera à chercher, n’est-ce pas Lloyd ? »
Lloyd, pendant que les deux demoiselles discutaient, tentait à pas furtifs de s’éclipser mais se fit prendre en flagrant délit. « Et moi qui voulait encore aller au Festival ! » pensa-t-il. Le jeune épéiste acquiesça à la demande de Colette. Ils laissèrent donc l’ancien Elu se reposer de sa dure  nuit et se dirigèrent vers le château, au cœur de Meltokio. Après un court instant de marche, ils arrivèrent devant les imposantes portes d’entrée du palais royal. Des gardes les firent entrer, en prenant soin de noter leurs noms et les conduisirent à la bibliothèque. Tous les couloirs étaient immenses, autant de longueur que de hauteur ; le sol carrelé de marbre était couvert par un tapis rouge sang, brodé de fils dorés de chaque côté ; les grandes vitres lumineuses encadrées par des rideaux du même rouge que les tapis ; les pierres grises clairs ressortaient des murs froids ; de hautes colonnes de marbres soutenaient les étages, où l’on y accédaient à l’aide de larges escaliers, également de marbres. Le soldat les firent s’arrêter devant une porte en chêne gravée et l’ouvrit : à l’intérieur de la pièce, tous les murs étaient couverts d’étagères où reposaient des centaines et des centaines de livres, de tailles et de couleurs différentes. Des petites tables de travails étaient disposées dans le centre de la bibliothèque sur lesquelles étudiaient déjà deux autres personnes. Le plafond était haut au dessus de leurs têtes, et les étagères presque aussi grandes. On accédait aux ouvrages en montant sur une échelle. La bibliothèque était très éclairée par les larges fenêtres, mais aussi par des petites torches fixées sur des piliers devant les étagères. Le soldat sortit de la bibliothèque silencieusement, laissant Lloyd, Colette et Emi au milieu de tous ces livres. « Bon, commençons à chercher ! » s’enthousiasma l’ange. Lloyd prit le premier livre à sa portée et le feuilleta, Emi et Colette se dirigèrent vers les étagères et cherchèrent plutôt dans le coin « Histoire de Tésséa’lla », étant donné que la bibliothèque n’a pas été archivée. Pendant près de trois heures, ils arpentaient les divers rayons à la recherche d’un moyen quelconque ou un cas similaire qui pourrait donner une piste à la jeune demoiselle, mais en vain. Ils avaient passé en revue pratiquement tous les ouvrages de la bibliothèque, de « Histoire de la Guerre de Derris-Kharlan » à « L’étude des sceaux », en passant par « Expériences paranormales ».
« - Il y a que dalle dans ces bouquins… protesta Lloyd.
- Oui, rien du tout qui pourrait se rapprocher de près ou de loin à ton cas, Emi.
   - Mmm… »
L’air abattue, Emi descendit de la table où elle s’était assise et referma le livre qu’elle feuilletait.
« - Cela te dirai de faire les magazins avec moi ? proposa Colette.
- Euh, je ne sais pas trop…
   - C’est parti ! »
Colette prit Emi au poignet et la tira vers la sortie. Lloyd regarda silencieusement la scène. « Ouai ! Je vais pouvoir aller voir d’autres matchs au Colisée ! » se réjouissa-t-il dans sa tête.

   Dans les rues de Meltokio, les deux jeunes demoiselles visitaient les magasins et les divers stands qui se présentaient à eux. Il y avait foule aujourd’hui car c’était jour de marché. Les stands étaient envahis, faisant le bonheur des commerçants. Mais partout où elles passaient, les habitants les regardaient bizarrement, ou plutôt, regardaient Emi bizarrement à cause de son uniforme de lycéenne bleu marine et gris, et Colette l’avait remarquée.
« - Après, si tu veux, on ira te trouver une nouvelle tenue qui te fera passer un peu plus inaperçue, d’accord ?
- Je suis partante » lui répondit-elle avant de jeter un rapide coup d’œil à droite, vers un stand de nourriture, puis à gauche, vers des poissons appétissants. Elles finirent par entrer dans un magasin de tissus et de coutures : des rouleaux de soie, de coton et de laines pendaient un peu partout dans la boutique (du plafond aux murs), mettant une touche très colorée dans la pièce ; des bustiers de mannequins traînaient dans un coin, en face du comptoir où une femme était en train de ranger sa recette. Elle avait les cheveux roux, tirés en un chignon tenu par deux grosses aiguilles. Des lunettes bleues turquoises étaient posées sur son nez, et des dizaines de bracelets en or cliquetaient à ses poignets. Lorsqu’elle vit les deux jeunes filles, elle se précipita à leur rencontre :
« - Bonjour, chères clientes ! Je suis Cinthya, couturière en chef et tenancière de la boutique. Que puis-je faire pour vous, mes demoiselles ?
- Euh, bonjour, mon amie voudrai avoir une nouvelle tenue un peu plus… discrète, expliqua Colette.
   - Mmm… Je vois… Je vais y remédier tout de suite ! Viens par ici, ma chérie ! »
Elle tira Emi par le poignet et l’emmena dans une pièce derrière son comptoir. Là, elle lui prit ses mesures et en profita pour lui poser des questions à propos de ses goûts. Cela ne dura pas plus de dix minutes avant que la couturière ne commence à se mettre au travail et fasse sortir Colette et Emi de sa boutique, « Pour garder ma concentration » disait-elle. Elle les pria de revenir une demi-heure plus tard, « Car son travail était vite fait, très bien fait » se justifia-t-elle. Surprises, les deux jeunes filles restèrent une bonne dizaine de secondes devant le seuil du magasin, avant de se regarder dans les yeux et d’éclater de rire, pour on ne sait quelle raison. Elles allèrent donc passer le temps qu’il fallait à bavarder gaiement sur un banc, tout en mangeant une glace (chocolat noisette pour Emi, vanille pour Colette). Une demi-heure passa tranquillement, et les deux demoiselles se résignèrent à retourner chez la couturière. Tout en marchant, elles continuaient à discuter et à plaisanter. Emi détourna rapidement la tête pour revoir le stand de poisson, qui lui donnait drôlement faim. « Il doit être pas loin de midi » se dit-elle. D’un coup, elle se cogna contre un homme costaux en armure flamboyante et tomba par terre. « Mais qu’est ce que j’ai fait pour toujours me retrouver les fesses par terre ?! »
« - Vous n’avez rien de cassé, mademoiselle ? »
L’homme, qui avait une voix grave mais chaleureuse, lui tendait sa main droite.
« - Non, ça peut aller, merci.
- Faîtes attention la prochaine fois, hein ?
   - Oui, monsieur. »
L’homme lui tapota l’épaule gauche avant de partir. Emi le regarda un instant et se retourna vers Colette.
« - C’est le Général Keisuke Seiru, général de l’armée de Sylvaha’lla.
- Ah ? Mais comment connais-tu son nom ?
   - Moi, Lloyd, Zélos et d’autres de nos amis jouons un rôle dans l’armée mise en place par le Roi pour protéger Sylvaha’lla des monstres, qui sont de plus en plus nombreux ces temps-ci. Si tu veux, on est à la fois des généraux et des politiciens. C’est dur mais cela en vaux la peine pour un monde réunifié meilleur. Et, dans notre cas, on se doit de connaître tous les hauts fonctionnaires de l’armée.
- Ahh, je comprends mieux mainte… »
Soudain, elle senti une présence, ou plutôt une aura qui la fit se taire. Elle lui donnait des frissons et elle transpirait. Son regard était fixe et vide. Colette ne cessait de lui demander ce qui n’allais pas, mais en vain. C’était comme si tout ce qui se trouvait autour d’Emi était silencieux, figé. Elle ne percevait que le bruit de sa respiration rapide et un frôlement de cape. Une silhouette sombre encapuchonnée passa à sa droite. Elle la fixa, jusqu’à ce qu’elle croise son regard froid et ténébreux, rempli de haine. Là, en l’espace d’une fraction de seconde, le bruit des passants et des commerçants refit surface, ainsi que la voix de Colette qui lui demandait de revenir à elle.
« - Emi ! Emi ! Tu vas bien ?!
- Ou-oui, j’ai juste eu comme une coupure…
   - Une coupure ?
- Oui : je n’entendais plus rien et j’ai vu une silhouette noire qui m’a fait froid dans le dos.
   - Une silhouette noire ? Mais il n’y a aucune silhouette noire qui est passée près de nous. Tu es sûre que tu vas bien ? Que tu n’es pas fatiguée ?
- En fait, j’ai un peu faim, dit-elle pour esquiver la question.
   - D’accord, alors après avoir été chercher ta nouvelle tenue, on retournera chez Zélos.
- O.K. »
Elles rentrèrent dans la boutique de couture pour récupérer la commande mais Emi était perdue dans ses pensées. Elle était sûre à 100 % d’avoir aperçut une silhouette sombre et glaciale. C’était très inhabituel…
« - Alors, ma belle, contente de mon œuvre ? »
Emi sortit de ses pensées.
« - Ah, euh, oui oui, elle est superbe, vraiment un travail de pro !
- C’est normal, je SUIS une pro ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! »

   La nuit était tombée, la lune éclairait allègrement les rues de Meltokio. La ville était silencieuse, une légère brise fraîche faisant bouger les feuilles de la cime des arbres. Sur un des balcons du château de Meltokio attendait un homme accoudé sur le rebord. Il se résigna à rentrer dans sa chambre. Les rideaux pourpres virevoltaient à l’intérieur de la pièce. Une armure était placée sur une chaise, l’homme était assis sur son lit, son visage dans ses mains. Une petite silhouette s’approcha silencieusement de lui. L’homme, surprit, leva les yeux.
« - Harumi ?! C’est bien toi Harumi ?!
- …
   - Réponds-moi, Harumi ! Tu vas bien ?!
- … Père… Pour tout ce que tu as fait… Tu mérites… La mort…
   - Harumi ?! Mais qu’est-ce que tu racontes ?! La… la mort ?
- Adieu… Père… »
L’homme regarda sa fille, terrifié…
Pendant ce temps, Emi était seule dans la bibliothèque du château et continuait à chercher un moyen de retourner dans son monde dans les ouvrages qu’ils n’avaient pas encore regardé. Elle était assise devant un bureau, une petite lampe éclairant la page qu’elle lisait. « Pff, non seulement il y a rien dans ce bouquin, mais en plus il est très barbant ! » pensa-t-elle, tout en refermant l’ouvrage. Elle s’étira les bras et bailla. Il était plus de onze heures du soir. Emi avait enfilé sa nouvelle tenue, confectionné en une demi-heure. Elle avait une jupe plissée couleur lilas, une tunique courte blanche plissée à manches courtes, une ceinture en tissu violine, des gants plissés lilas, ainsi que des chaussettes plissées de la même couleur, recouverts par des bottines blanches. Elle avait nouée ses cheveux noirs de jais avec un ruban violet, laissant deux mèches de cheveux retomber sur ses épaules. Une cape lilas était placée sur le dossier de sa chaise, ainsi que l’épée d’argent dans son fourreau. Emi posa « Le grand livre des voyages » sur une pile d’autres livres à droite qu’elle avait lu et prit « Moyens de voyager » sur une autre pile à sa gauche. Un soldat ouvrit la porte à ce moment et lui demanda de sortir du château, l’heure étant largement dépassée. Emi reposa le livre sur la table, accrocha sa cape sur ses épaules, relevant ses mèches de cheveux, et son arme à sa hanche gauche. Elle sortit de la bibliothèque et aperçut Zélos, Colette et Lloyd, qui l’attendait. Ils allaient la complimenter sur sa nouvelle tenue, mais ce fut un cri horrible qui résonna dans tous les couloirs du palais.
« - Mais, qu’est-ce… »
Tous les soldats aux alentours accoururent en flèche aux étages du dessus, cherchant la source du cri. Les quatre visiteurs se regardèrent dans les yeux avant de les suivre, le cœur battant à tout rompre. Ils montèrent plusieurs escaliers, visitèrent plusieurs chambres (ils s’abstiennent de voir la chambre du Roi et de sa fille, même si Zélos n’était pas contre pour celle de la Princesse). Située à l’arrière du cortège, Emi prit un tout autre couloir, glacé et peu éclairé. Certes, toutes les pièces de ce couloir étaient des chambres mais la jeune épéiste avait un pressentiment. Elle arpentait lentement le long couloir vide en direction de la seule chambre encore inexplorée, dont la porte était légèrement entrebâillée. Le regard suspicieux, elle poussa la porte, et ce qu’elle vit lui faisait froid dans le dos : au plein milieu de la chambre, près du lit, gisait dans une mare de sang le cadavre d’un homme à forte carrure, lequel était tenu dans les bras d’un autre homme. Emi s’approcha silencieusement et fini par distinguer les visages des deux antagonistes : c’était Andrew Faithbourg, le jeune garçon qu’Emi avait involontairement bousculé, qui tenait le Général Seiru. Ses vêtements étaient couverts du sang de son supérieur, dont le corps était livide, les yeux clos.
« - Andrew ?... »
Le jeune soldat tourna sa tête en direction de la demoiselle : il pleurait.
« - Je… Je ne l’ai pas tué… Ce n’est pas moi !
- Ou-oui, Andrew, je te crois mais, qui l’as tué ? Et Que fais-tu ici ?
   - Le Général voulait me voir personnellement dans sa chambre à onze heures et demie ce soir alors je suis venu mais…
- Mais quand tu es arrivé, il était déjà mort ?
   - Non. Il a poussé un hurlement et je me suis précipité ici… Sauf que je suis arrivé trop tard… »
Emi détourna sa tête d’Andrew, ne voulant pas pleurer devant lui. Elle se dirigea vers le balcon pour chercher des indices du meurtrier mais les soldats, Zélos, Colette et Lloyd firent irruption dans la pièce. La réflexion du capitaine de la garde ne fit qu’un tour : il empoigna Andrew, le jeta face contre le sol et le menotta, le traitant d’assassin et de meurtrier. Il allait le ruer de coups mais les deux épéistes l’en empêchèrent de justesse.
« - Non ! Arrêtez ! Ce n’est pas lui l’assassin ! tenta Emi.
- Dégage ! Ce ne sont plus tes affaires, gamine ! répliqua l’un des soldats. Il était seul dans la pièce avec le cadavre de notre Général Seiru dans ses bras ! Et tu dis que ce n’est pas lui qui l’as tué ?!
   - Oui ! Ce n’est pas lui ! C’est quelqu’un d’autre !
- Et qui ?! Personne ! Alors on l’embarque ! »
Le soldat traîna Andrew hors du lieu du crime, le reste de la troupe le suivant. Il ne restait qu’Emi, Colette, Lloyd et Zélos dans la chambre ensanglantée. Lloyd s’approcha de la jeune fille et posa sa main sur son épaule :
« - Ne t’inquiète pas, je suis sûr que ce n’est pas lui…
- Je sais mais, si ce n’est pas lui, qui est-ce ? Il n’a pas pu se suicider tout de même ?!
- …Non… Il a mérité… son châtiment… »
Tous se retournèrent vers le balcon.

   Accroupie sur le rebord du balcon de la chambre, une silhouette fine les observait. Ses yeux dorés resplendissaient dans l’obscurité. Elle tenait quelque chose de long dans ses mains. Une chose gigotait derrière elle.
« - Qui es-tu ? dit Colette.
- … L’assassin du Général Seiru…
   - L’a-assassin ?!
-… »
Le meurtrier du Général fit un bond en arrière et tenta de s’échapper. Le sang d’Emi ne fit qu’un tour et se lança à sa poursuite sur les toits de la ville. Le tueur s’élança agilement sur les tuiles des maisons, suivi de près par la jeune épéiste. L’assassin s’arrêta au dessus des portes de la ville, sur le rebord en pierre solide, Emi en face sur un toit. Les nuages, qui masquaient la lune, se dissipèrent, laissant à la jeune demoiselle la possibilité de connaître l’identité du meurtrier du Général Seiru. Au moment propice, elle distingua le visage de l’agresseur : en fait, ce n’était pas un agresseur, mais une agresseuse très étrange. Elle était très jeune, elle ne devait pas avoir plus de quatorze ans, elle portait une robe mauve foncé légèrement bouffante, ses yeux dorés flamboyaient dans la nuit, ses cheveux mi-longs également mauve foncé étaient lisses, mais ce qui avait d’étranges chez elle, c’est qu’elle avait de petites oreilles, les pupilles et une queue de chat.
« - Mais ?!... Qui es-tu ?
- … Seiru… Harumi Seiru…
   - Seiru ? Mais alors… Tu as tué ton père !
- … Il l’a mérité… Sa mort… Et toi aussi… Pour me barrer ainsi la route ! »
Sur ces mots, la jeune Harumi s’élança sur Emi, la pointe ensanglantée de sa lance droit vers le cœur. Emi esquiva de justesse l’attaque et manqua de tomber du toit. Elle dégaina rapidement son épée et tenta un coup horizontal à deux mains. Cependant Harumi fit un pas gracieux sur le côté et contre-attaqua en pointant les cotes. Emi fit une rotation et enchaîna avec un coup vertical, qu’Harumi bloqua avec sa lance. La fillette fixa la jeune épéiste dans les yeux pendant quelques instants avant de repousser son arme et de lui donner un coup de pied dans le ventre. Emi fit tomber quelques tuiles par terre avant de se baisser pour éviter le coup rapide de la jeune féline. Elle la fit tomber en arrière grâce à un croche-pied, ce qui lui permit de récupérer son épée à temps et de parer une autre attaque d’Harumi. Emi, alors sur le dos, fit basculer avec ses pieds son assaillante, qui tomba dans un arbre. Quelques secondes interminables et silencieuses passèrent avant que la fillette ne revienne à la charge. Le combat entre les deux jeunes filles relevait de l’équilibre, de la rapidité et de la précision. Un seul faux pas et chacune des deux combattantes risquaient de se faire blesser mortellement. A l’issue d’un énième blocage, une voix retentissa en bas de la maison sur laquelle elles se battaient en duel :
« - Eh ! Viens te battre contre quelqu’un de ta… euh… de ton poil, chat meurtrier ! »
Zélos se tenait près au combat, suivi de Colette et de Lloyd, épées et chakrams sortis. Harumi jeta un furtif coup d’œil vers eux, et évita de peu un chakrams que Colette avait lancé en sa direction. Elle exécuta une roulade latérale avant de s’échapper vers le bord opposé de la maison. Elle regarda Emi droit dans les yeux.
« - …Tu es ma prochaine cible… Fille de l’autre monde… »

   Elle tourna les talons et sauta derrière les grandes portes de la ville. La nuit empêchait de la voir plus loin.

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