
Chapitre 17 : Un bateau pour l’ Odièk et un compagnon pirate
-Donc, tu veux venir avec nous ?
Vlad faisait les cent pas dans la petite chambre de l’auberge où ils logeaient, Link était allongé sur le lit, perdu dans ses pensées et Félix était assis sur une chaise posée contre le mur.
Eileen était assise en tailleur et fixait Vlad de ses yeux marron, attendant la réponse du groupe, celle qu’elle redoutait et en même temps celle qu’elle espérait.
Ils était rentrés depuis une heure, et dès leur arrivée dans les chambres, elles les avaient bombardés de questions sur ce qui avait attiré Glacialis ici et pourquoi, sur la quête que Link avait terminée, ou pensait avoir terminée en éliminant Ganondorf, le Seigneur du Mal et enfin l’acharnement de ses divers ennemis à vouloir le tuer jusqu'à maintenant, puis comment il avait rencontré ses compagnons, Vlad et Félix.
Eileen avait aussitôt proposé de les accompagner vers leur destination, ou plutôt un but vu que Link et son groupe n’en avaient pratiquement aucune à part trouver un passage pour le crépuscule.
-Mais d’ou viens-tu ? demanda Link au bout d’un long moment de silence.
-D’Odièk, répondit Eileen. Une fois là-bas, il me sera facile de convaincre mes parents de me laisser partir avec vous.
-Il faudrait déjà il y aller, fit remarquer Félix qui prenait la parole pour la première fois depuis qu’ils étaient rentrés. Les bateaux ne partent qu’une fois par mois.
-Près du port, il y a toutes sortes d’auberges et de tavernes. Allons-y faire un tour. S’il y a quelqu’un qui voudra nous accompagner, il sera le bienvenu.
Dès le soir, ils se rendirent dans lesdites tavernes et après un énième bar, ils commencèrent à se décourager. Mais la dernière fut la bonne, une auberge appelée : Auberge de La Double Ecluse. Ils en poussèrent les portes et une atmosphère pleine d’alcool en tout genre arriva à leur narines.
-Je commence à désespérer, se lamenta Félix aux oreilles de Link. Si seulement on pouvait rapidement trouver un bateau pour Odièk, le tour est joué…
-Un bateau pour Odièk ? Dit une voix caverneuse. On peut s’arranger.
Tout le groupe sursauta. L’homme qui venait de parler avait un manteau bleu marine avec des signes bleu ciel. Tous ses autres vêtements avaient une couleur noire ou bleue, des bottes d’un noir d’encre aux pieds, un bandeau que l’on porte généralement sur le front et qui dissimulait son œil, sans parvenir à cacher une longue et fine cicatrice qui ressortait de part et d’autre du bandeau bleu. Ses cheveux étaient bleus, son œil unique également.
-Asseyez-vous, dit-il d’une voix rauque.
Ils s’assirent et commencèrent à discuter.
-Alors, vous avez besoin d’un bateau ?
-Vous en possédez un ?
-Ouais, leur dit-il, souriant a moitié, découvrant quelques dents en or et d’autres, parfaitement entretenues, blanches et saines. Vous voulez aller a Odièk ? Je suis capitaine d’un navire et je contrôle un équipage.
-Pour qui travaillez-vous ?
-Pour le plus offrant, dit-il en ricanant, découvrant sa mâchoire à nouveau. Ce sera un peu cher, bien entendu, mais il faut bien payer mes compagnons, et comme la mer est dangereux en ce moment…
-Bien sûr, dit Link en sortant sa bourse. Comment s’appelle-t-il, ce bateau ?
-La Dorée.
-Hum, Hum.
La voix qui l’interrompit fut encore plus dure et grave que celle du capitaine de la Dorée qui avait failli s’étouffer dans sa chope de bière en entendant la voix glaciale.
Elle provenait d’un homme a l’allure de pirate qui portait un chapeau de paille et un manteau noir. Il avait une petite barbe et un sourire mauvais arborait son visage.
-Je pensais que tu n’aurais pas le courage de revenir ici, après les dettes de jeu que tu as envers moi, dit-il d’une voix traînante.
-Je suis sur le point de faire une bonne affaire. Je vais accompagner ces gens a Odièk et…
Il y eut un grand éclat de rire parmi les marins et les ivrognes qui traînaient dans le pub.
-C’est trop loin et trop dangereux ! Criait l‘un.
-Les monstres vont te crever ! dit un autre.
Et les rires fusèrent de plus belle.
-Alors, avorton, où est l’argent ? dit l’homme.
L’autre s’était levé et lui dit :
-Je vais te payer au retour de mon voyage ! s’enporta-t-il.
-Si je n’ai pas l’argent demain… Lui fit le forban.
Et il cracha au pied du marin, fit volte-face et …
CLAAAAC !
Le gredin fut projeté de terre sous la force du coup de poing que son adversaire lui avait donné et retomba sur le sol dans un grand fracas. Il essuya un filet de sang qui coulait de sa bouche et lui dit :
-Piers Spark, tu as signé ton arrêt de mort… Tuez-le ! dit-il.
Deux hommes grands et costauds surgirent et sortirent leur épée.
-Lâche ! dit Piers.
-TUEZ-LE !!!
Les deux autres se jetèrent sur lui.
L’un leva haut son épée et asséna un coup vertical que Piers ne pu éviter qu’en plongeant sur la droite.
Le coup fracassa une table et il y eut un hurlement déchirant : le colosse s’était crevé un œil sur un éclat de bois. Piers brandit un poing massif avec lequel il frappa l’homme au menton. Ce dernier fut projeté en arrière sur une distance de 5 ou 6 mètres, passa par-dessus le comptoir et percuta le miroir qui vola en éclats dans une pluie de verre brisé. La victime du choc fut assommée et retomba sur le sol, inerte.
Le deuxième monta sur le comptoir et Piers le suivit ; ensuite, ils commencèrent à se battre.
Piers se mit à tourner sur lui-même, le bras tendu, l’épée a la main, se rapprochant de son adversaire. Au moment où la lame allait percuter la gorge de l’autre, le marin se baissa, et au lieu de lui trancher la gorge, il le frappa à la jambe. Le blessé hurla et tomba en arrière. Piers lui donna un coup de pied entre les deux couilles et son adversaire glissa sur le comptoir en projetant des verres et des bouteilles par terre, puis tomba du bar pour fracasser une ou deux tables supplémentaires.
-À nous deux, lâche ! cria Piers en se tournant vers le gredin.
Mais la scène qui s’était déroulée sous les yeux des clients de l’auberge avait déclenché une bagarre générale et tout le monde se tapait dessus, à présent. Au milieu de la bagarre, il y avait Piers et l’autre qui commençait à se battre. C’est alors que celui qui avait été projeté du comptoir se réveilla. Par chance, il n’était pas mort car le verre broyé n’avait pas encore atteint les multiples plaies de son visage causées par ce même verre, provenant des verres (ça fait beaucoup de verre) et des bouteilles fracassées. Il ramassa une bouteille, la seule qui était encore intacte, se dirigea vers le dos de Piers et lança sa bouteille…
SHCLAC !
Une ronce avait jaillit de nulle part et fouetté le projectile qui avait explosé dans les airs, puis il y eut un hurlement de douleur car Vlad avait sorti sa dague, quasiment courut le long du dos de celui qui semblait être l’un des deux gardes du corps de l’ennemi de Piers, avait posé ses pieds sur ses épaules, s’était lancé en avant, retourné dans les airs et frappé le fourbe a la gorge avant de retomber par terre, tandis que Piers, écumant de rage, donna un coup de lame si puissant que l’épée de l’autre vola en l’air et que ce dernier, désarmé, tomba sur le dos.
À peine avait-il produit le moindre son qu’un pic de glace jaillit du sol et transperça le malheureux dans le dos.
-Ca t’apprendra à être lâche au point d’envoyer quelqu’un me frapper dans le dos ! crachat-il.
Puis il se tourna vers Link et lui dit :
-Un membre de votre groupe m’a sauvé la vie. Par conséquent, je m’excuse pour cette scène odieuse et je vous offre mes services gratuits. Départ demain a la première heure, au port.
Sur ces mots, il tourna les talons, jeta une bourse pleine au comptoir pour payer les dégâts et sortit.
À suivre…