
Chapitre 14: Découvertes au château.
Une fois l’heure tant attendue venue, chacun était prêt à partir pour le château.
Chris et Hélia attendaient dans la chambre la descente du guerrier téméraire. Ce dernier partit 10 minutes plus tôt pour avoir le temps de traverser toute la ville.
Dès qu’il virent l’épéiste dehors, ils refermèrent la porte et dévalèrent les escaliers à toute vitesse pour le suivre…
Chris entraîna la jeune fille par le poignet pour qu’elle suive son rythme vivace. Sa cadence la fatigua très vite et elle faillit tomber à plusieurs reprises. Le jeune voleur, pourtant, ne la lâchait pas.
Aujourd’hui était le jour du marché. Sur la place, de nombreuses personnes stationnaient le chemin pierreux et les marchands ne manquaient pas.
Des marchands de fourrures, de viandes, d’armes etc.…
Ils proposaient divers articles parfois banals ou parfois très rares. Ils arpentaient le chemin de ronde, enfoncé dans les murs épais. La ville était en fête.
Les portes étroites des maisons donnaient accès aux bâtiments et les toits couverts d’ardoises étaient plats mais bordés d’une manière de balustrade. Les gens admiraient la foule du haut de leurs sinistres fenêtres.
Dans tout le marché le plus impressionnant restait les conteurs d’histoires et les vendeurs de pierres précieuses.
Il était rare de croiser ces personnes, toujours dans les montagnes du Nord à traquer les pierres ou autre métal de grande valeur. Pour ce qui était des conteurs, il s‘aventuraient souvent dans les endroits maléfiques si bien que les plus superstitieux n‘osaient les approcher de peur qu‘ils soient maudits.
D’un côté, pour les jeunes gens, ils fut facile de se dissimuler dans cette foule de monde où on pouvait les confondre en tant qu’acheteurs mais d’un autre côté, suivre l’épéiste dans cette affluence de brouhaha restait difficile.
La longue rue du nom de ‘ l’allée de gloire ’ sillonnant la plus grosse partie de la ville menant au château, séparé lui-même de la ville par un pont-levis en bois symbolique.
Le plus difficile fut au moment de passer le grand pont qui séparait la ville du château : toujours remonté, il était surveillé en permanence par des gardes.
Guettant le bon moment, Chris attendait que le pont soit accessible quand, saisissant soudain le bon moment, il se rua dessus avec la jeune fille, s’accrochant au bord pendant qu’il remontait avant de rester enfin suspendu avec Hélia, tenue par le bras gauche.
Personne ne les remarqua, les gens étant trop occupés à se jeter sur les articles les plus précieux des vendeurs.
Ils attendirent au moins 5 minutes pour pouvoir passer de l’autre côté, dès qu’Alex fut amicalement reçu par les surveillants de service.
- Personne devant le château -…
D’une force admirable, Chris passa de l’autre côté d’une technique digne d’un trapéziste. Il se lâcha en glissant sur l’autre pont relevé.
L’effort avait mit les deux adolescents à terre mais Chris, bien que le plus fatigué, se releva et empoigna de nouveau Hélia avant de courir vers le château.
La grande forteresse de roc commençait à partir d’un arc de triomphe en pierre qui débouchait vers l’entrée du château. De couleur gris sombre, cette voûte était recouverte de lierre et devait être aussi vieux que l’imposant bâtiment lui-même…
Ils arrivèrent devant la courbe qui était le seul passage vers le château en dépit des colossales murs d‘enceintes qui l’entourait.
C’était une très belle citadelle : de taille imposante, ses tours de chaque côté des points cardinaux montaient très haut dans le ciel et les meurtrières parsemaient ces dernières comme s’il avait été construit en temps de guerre.
Les vigiles étaient en train de se relever en haut du chemin de ronde tandis qu’un donjon saillant se dressait au milieu du château entouré de pinacles. La roche était d’une couleur claire et propre: seuls les soldats auraient pu faire cela aussi bien.
Chris passa à gauche. Un superbe jardin se dessina devant eux. Il y avait des fleurs de toutes les couleurs: des rosiers qui grimpaient jusqu’aux fenêtres les plus basses, des géranium aux couleurs divers et des statues de monstres comme la terrible chimère ou celle du cerbère faisaient office un peu partout de décorations dans le jardin.
L’herbe était verte, coupée à ras, et la lumière passait largement à la lisière du jardin, l’enveloppant d’une chaleur étouffante.
Chris se dirigea vers le mur du palais, près d’un rosier aux épines tranchantes. Il tata le mur et, presque aussitôt, un sceau apparut. L’emblème du château plus précisément : un dragon ailé et gueule grande ouverte portant une couronne de 8 joyaux.
Ce sceau releva une porte coulissante qui ouvrait un passage secret.
Hélia était bouche bée. D’une voix calme elle lui demanda.
« Chris… J’aimerai savoir comment tu as su que les gardes partiraient avec Alex et qu’il y avait un passage secret ici…
- Ca c’est à force… d’espionner les nobles ! Les gardes se relèvent à des heures bien déterminées que je connais parfaitement! »
Il appuya à nouveau contre le mur pour refermer la porte derrière lui.
Une galerie de couloirs parsemait les sous-sols du château. Des passages secret qui étaient là depuis bien longtemps.
« Chris… Tu me surprends vraiment… tu sais… »
- Il y a beaucoup de chose que tu sais pas sur moi ! Mais je te dirais tout le moment venu ! » L’interrompit-il, faisant un clin d’œil discret tandis qu’il accélérait pour trouver la sortie des sous-sols.
Hélia remarqua plusieurs d’autres sorties à l’intérieur du tunnel qui arrivaient certainement dans les différentes salles du château mais le garçon continuait sans leur prêtait d’attention.
« A quoi peuvent bien servir tous ces tunnels qui serpentaient le château » ?
Telle était la question qu’elle se posait…
Il était évident qu’ils n’étaient pas les seuls à passer par ces souterrains, voilà pourquoi Chris était prudent et, à chaque croisement, vérifiait la sûreté du silence qui devait régner ici.
A chaque fois, il hésitait avant de désigner un chemin quelconque… Hélia se demandait s’il savait vraiment où il allait…
Sur le visage du voleur, la réflexion et la prudence rendait un visage sérieux aux yeux émeraude et phosphorescents toujours en éveil qui étaient dissimulés par les ténèbres du passage secret.
En y réfléchissant bien… Hélia avait remarqué que le truand semblait prendre un chemin déterminé mais qu’il essayait d’en dévier la trajectoire le plus possible, passant sur les chemins les plus sombres ou zigzaguant dans les croisements.
Avait-t-il entendu quelque chose?…
La jeune prêtresse était à bout de forces : la marche au pas de course dans les tunnels lui pesait sur l‘estomac. Elle manqua de trébucher lorsque le voleur s’arrêta brusquement devant une porte qui débouchait dans une pièce non-déterminée.
Il examina par les trous de la porte qui était dehors… mais personne n’était là… Il se décida alors à entrebâiller puis ouvrir prudemment la porte pour arriver dans la salle.
C’était un très grand séjour éclairé par des fenêtre immenses et des rideaux pourpres non-délimités qui traînaient par terre tellement leur longueurs était démesurés.
Le plancher était en marbre et aucun meuble n’était présent dans l’immensité de la pièce.
Au milieu, un tapis rouge qui allait de l’entrée jusqu’à un trône situé en hauteur tout au fond de la salle…
Il était en or massif, la couleur bouton d’or brillant intensément si bien qu’il était difficile de le regarder en face, les fenêtres transpercées par le soleil aveuglant les pupilles au point de verser des larmes.
Au dos du siège… le symbole royal avec le dragon symbolisant un pouvoir sans faille.
Le plafond, quant à lui, était en voûte avec des fresques recouvrant toute la hauteur. D’une part, des scènes de batailles contre d’ignoble monstres et, d’autre parts, des créatures protectrices des hommes dans leur plus grande beauté.
A l’entrée, il y avait deux immenses portes en marbre entourées d’une « ceinture » verte tout autour.
Chris ne semblait nullement impressionné.
Il avait baissé son bandeau sur ses yeux afin d’éviter que la lumière ne le gêne davantage, jetant de faux regards de tous les côtés, la chose qu’il cherchait restait introuvable.
Les yeux d’Hélia étaient irrités et en larmes. Elle essayait de cacher ses yeux des agressions lumineuses du marbre et autres source de lumière mais le garçon lui tenant la main n’était pas prêt de la lâcher et ses mouvements rendaient l’action impossible.
« Arghh !!! C’est pas vrai !!! Bon tant pis, on ferra avec !! » Stressa le petit brigand en courant vers les rideaux au ton carmin. Il tira alors avec violence les rideaux et se recouvrit avec Hélia dans les immenses tissus qui les rendirent invisibles.
Presque aussitôt, trois personnes entrèrent, plongées en pleine discussion. - Chris était décidément bien dans le tempo - .
De ces trois personnes, on y distinguait Alex, un garde et le roi reconnaissable par sa couronne étincelante.
C’était un homme haut et fort. Bien que maintenant trop vieux pour affronter les dangers, son courage restait présent dans son regard topaze assez posé.
Une petite moustache aussi blonde que ses cheveux d‘une noblesse assaillante se trouvait sous son nez. Son manteau, quant à lui, était un océan interminable au bout terminé par une petite fourrure blanche magnifique, facilement distinguable du reste de la pièce.
Il portait des gants et des chaussures qui ne ressemblaient à rien de commun. Ces dernières, assez inhabituelles, devaient être plus près de la sandale que d’une botte ou d’une chaussure aux caractéristiques normale.
Dans sa couronne en or était incrustés 8 pierres précieuses que Chris reconnut bien :
Un rubis, une topaze, une émeraude, une améthyste, un saphir, un béryl, une perle et un diamant.
A peine entré dans la salle, le soldat salua les deux autre hommes et sortit en fermant délicatement les portes. Les deux hommes commencèrent alors un long dialogue face à face :
« Je suis content que vous soyez venu, Alex ! J’avais peur que vous n’oseriez pas revenir me voir à cause de votre dernière mission » Entama le roi comme s’il essayait de recoudre une amitié perdue.
Alex semblait passible et sans volonté…
« Je ne suis pas venu pour le plaisir, simplement par devoir… Il aurait été vexant que je refuse votre offre, non ? »
- Hum… C’est ce que vous pensez Alex ? Dit celui-ci en étouffant une petite colère intérieure.
- Bon… De quoi s’agit-il? Allons droit au but, qu’est-ce que vous voulez exactement ?
- Pas d’impertinence je te pris… »
- Je ne suis pas impertinent ! Aujourd’hui je suis pressé !!! S’emporta le garçon qui n’en pouvait plus de ce double jeu.
« Avez vous quelque chose à me dire ? Insista-t-il devant le monarque malgré sa position.
Derrière les rideaux les adolescents écoutaient la conversation avec attention.
« Eh… Vas-y mollo Alex… ». Se dit Chris intérieurement. Il regarda alors Hélia qui ne semblait pas très à l’aise par le tissu posé malencontreusement sous leur nez. Il lui fit signe de faire le moins de bruit possible.
Alex continua en disant :
« Peut-être… au sujet de tous ces monstres qui rôdent dans le royaume en ce moment ?
- Gardez-votre calme Alex. Nous ne sommes pas là pour parler politique en évoquant les problèmes de ces derniers temps. Nous avons un sujet plus pertinent… qui nous concerne tous les deux. Mais pas seulement… nous deux… Cette fois ça s’étend encore plus loin. Il y a plus de deux personnes impliquées. »
- Vraiment… et de quoi s’agit-il ?
- Vous ne devinez toujours pas ?! S’étonna le roi de son manque de réflexion. Je veux, bien sûr, parler du drame que vous avez commis en entrant dans le ' labyrinthe maudit ' !
-… Comment savez vous que… ?
- Ne me demande rien ! Mes espions sont partout… Dit-il en mettant sa main devant lui comme pour empêcher Alex de parler.
- Sale type ! Susurra Alex dans sa barbe.
- Vous savez autant que moi ce qu’il s’est passé ! Ma fille est dans un coma depuis plusieurs jours ! Vous ne faites rien pour l’aider et vous voulez que je vous laisse faire ? Vous rêvez !
- Votre… fille… ? » Demanda Alex, les yeux ébahis.
- Ah ! Voilà qui est drôle ! Vous ne le saviez même pas ? Oh ! Mais que suis-je bête ! Vous ne pouviez pas être au courant… Mes deux filles se sont enfuies depuis 2 semaines et nous les recherchons avec les soldats ! Mes deux filles… » Répéta t-il.
« Il s’agit de Laya et d’Hélia mon cher ami ! » Enchaîna-t-il en prenant un ton oratoire. Et c’est à cause de vous… que ma fille est dans le coma depuis plusieurs jours ! » Acheva-t-il en s’exprimant d’une voix impulsif qui fut répétée par un écho invisible, voletant autour d‘eux.
Alex ne sut que répondre à une révélation si soudaine… Il regardait toujours le roi, le dardant d’un regard colérique. Enfin, il se décida à ouvrir la bouche pour prononcer quelque chose d’une faible voix.
« Vous voulez dire… que Laya et Hélia sont des princesses ? C’est pas impossible » . Fit-il cette fois d’un ton presque inaudible.
Derrière leur cachette extensible le garçon fit signe à Hélia pour savoir l’approbation des paroles du roi. La jeune prêtresse lui répondit d’un signe très indifférent de la tête, comme si ce propos la gênait terriblement.
Elle hésita… puis abaissa un 'oui' de la tête, très timide mais déterminé à l’avouer.
Chris était lui aussi un peu perdu, débouté par cette histoire qu’il n’avait pas devinée avant d’entrer dans le château. Il ne voulait pas perdre une miette du récit alors il dégagea un bout de l’encombrant tissu qui les recouvraient pour tendre l’oreille. Hélia, elle, commençait sérieusement à perdre son sang froid, à la limite de perdre ses moyens.
Le roi continuait son récit de plus belle tandis qu’Alex ne sut quoi répondre à cette révélation blessante pour lui.
« Je pensais qu’en tant que bon chevalier que vous étiez Alex… vous m’auriez raconté votre histoire rapidement… » Poursuivit le souverain, voulant en fait qu’Alex lui raconte son récit gonflé d’ennuis et de troubles. Le sujet qu’il ne voulait pas aborder depuis son retour du labyrinthe…
L’épéiste baissa la tête et finit par déclarer d‘une voix frémissante, comme se contenant de colère :
« C’est… C’est pour ça… que vous m’avez fait venir ici ?! Pour raconter une histoire qui ne vous concerne pas et dont je ne connais pas les détails ! »
- COMMENT CA !!! CETTE HISTOIRE NE ME CONCERNE PAS??? S’exclama soudainement le seigneur d’un ton assourdissant empli de rage:
IL S’AGIT DE MA FILLE JE VOUS SIGNALE !!! VOUS CROYEZ QUE J’ALLAIS VOUS LAISSER TOUS PARTIR SANS ME RACONTER SI ELLE VIT TOUJOURS ? DE PLUS, ELLE EST L’HÉRITIÈRE DU TRONE, IGNORANT ! »
Ces paroles résonnèrent plusieurs fois dans la salle avant de finir par s’éteindre…
« Pourquoi s’est-elle enfuie alors ? Elle aurait eu tout ce qu‘elle voulait… »
- Nous ne sommes pas là pour parler de ce genre de problème… je sais qu’il y avait une autre personne avec vous en plus de mes deux filles !
' Je vous déconseille de mêler Chris à cette histoire ridicule ! ' Pensa-t-il.
- Le garçon ? Hum, je dois réfléchir… Sa présence est toujours fantomatique et d’une vitesse affolante. »
- Son nom… Je veux son nom !
- Oh… Très bien… Il s’appelle Chris.
- Parles-moi un peu de lui… Qui est-il, que fait-il, ou vit-il ?
- Hum… Il ne s’agit que d’un petit chipeur, maraudeur pour survivre et où vit-il ?… Il ne me l’a pas dit… »
Parler ainsi gênait Alex pour l’amitié qui tenait envers Chris qui, toujours derrière son immense manteau, commençait aussi à prendre mal cette discussion sur sa personnalité.
« Je vois… Un vagabond… Laissez-tombez pour l’instant cette vermine et racontez-moi votre histoire. »
Si Chris, n’était pas en train de se cacher derrière son rideau barbelé de pourpre il se serait jeté sur le roi pour lui faire comprendre qui était la VRAIE vermine ici…
Cependant, Hélia réussit à le calmer avant qu’il ne déchiquette le tissu avec sa lame - retrouvée - pour passer au travers.
Alex se dandinait, mal décidé à parler. Enfin, dans une crue de courage, il se mis au ' garde à vous ' comme il l’avait souvent fait avant de partir sous la contrainte d’un devoir.
Il commença alors son rapport comme le fier chevalier qu’il était…
« Nous… Nous nous sommes introduits dans le labyrinthe il y a de cela quatre jours… Sans prendre gare, nous sommes partis en deux groupes dans le labyrinthe.
- Séparés en deux groupes en plus… Franchement Alex, vous me décevez beaucoup ! Coupa le roi. »
Le jeune chevalier continuait à parler sans s’arrêter pour si peu : sautant sauté les scènes avec les fantômes et les morts en guise de sécurité, il enchaîna :
« Lorsque nous fûmes en bas, Laya était déjà sur un champ de bataille, alors nous… et… elle s’est évanouie sans que nous comprenions son malaise.
- C’est… tout ? S’ahurit le roi. Vous ne savez rien d’autre?
- Non … J’étais avec, euh… la princesse Hélia pendant que Chris était avec l’autre princesse. » Évita-t-il de tutoyer les deux jeunes noblesses, sachant que le roi ne tolérait pas l’irrespect des gens de haute classe en prenant en même temps un petit plaisir à les vouvoyer.
« Je ne sais qu’une partie bien superficielle des évènements. Seul Chris pourrait vous donner tous les détails! »
- Hum… Je vois… Donc ce vaurien était avec Laya…
Levant le bras, il cria à cet instant :
« Gardes! Allez me le chercher sur-le-champ !
Alex commençait sérieusement à mal prendre la tournure des choses et entonna aussitôt :
« Je doute fort que vous le trouviez ! C’est un renard futé qui connaît bien les soldats depuis longtemps. Vous ne l’aurez pas à mon avis … D’ailleurs, je ne sais même pas où il est depuis ce matin…»
- Je m’en moque !!! Il le retrouveront, j’en suis certain! Ce vaurien ne perd rien pour attendre ! »
Chris n’en pouvait plus de calmer sa rage en ravalant sa salive, commençant à avoir des crampes partout à se balancer. Évidemment, s’il restait là, les gardes avaient peu de chance de le trouver en ville.
Il rabattit un bout de rideau qui le gênait afin de voir comment s’en sortait Alex. Hélia n’en pouvait plus des tissus vermeils et elle était au bord de tout lâcher quand elle ne put bientôt plus résister.
Chris fut le premier à réagir. Prêt, il commençait à émerger hors du rideau mais Hélia, ne voulant pas qu’il se montre au roi, le rattrapa brusquement.
Chris sursauta à côté, perdant l’équilibre avant d’entraîner dans sa chute la lourde étoffe qu’il tenait fermement dans les mains, Hélia obligée de suivre Chris dans le mouvement tandis que le rideau avait lâché prise de tout ce poids qui le gênait…
Tous deux roulèrent sur le sol, à l’intérieur d’un manteau de tissu engendrant un violent reflet de lumière pâle d’après midi tacheté de jaune et de rose sur le carrelage du sol…
Alex et le roi ainsi présents avaient reculé immédiatement. Il aurait put s’agir d’ennemis des contrées du Nord ou encore même des démons venus les tuer.
Alex fit un signe au roi et, de sa rapière flamboyante mêlée de rayons argents et jaunâtres, déplaça la rideau d’une rapide pointe pour l’envoyer sur le côté.
Gisant à terre, les deux adolescents étaient l’un sur l’autre : Chris en bas et Hélia en haut. Ils mirent un moment avant de se rendre compte qu’on les avait découverts. Puis, Chris fit un petit sourire à Alex qui n’en revenait pas de la présence de ses deux amis au château.
Ils se regardèrent tous les quatre, se dévisageant mutuellement du regard avant que Chris ne commence le premier :
« Hum… Salut… Alex… » Avait-il pris un ton enjoué malgré une gêne conséquente.
- VOUS ?! QU’EST QUE VOUS FAITES ICI ??? » S’emporta Alex qui sentait que la situation, déjà tendue, aller encore se dégrader.
- Hum… Tiens donc ! Cet enfant à la natte ne serait pas…Chris ? Devina le roi avec perspicacité en voyant le regard désabusé d’Alex. Excellent… Alors ce serra plus court que prévu… »
Il se rapprocha sur ces paroles et dévisageait le jeune garçon du regard mais, Hélia s’étant gracieusement relevée, Chris en profita pour reculer en effectuant une roulade arrière suivie d’un rétablissement bien mené en piqué.
« Alors mon garçon, commença le roi qui avait reprit un semblant de gentillesse, tu as tout entendu je suppose ?… Tu pourrais donc me raconter ta version de l’histoire… ?
- Cherchez pas à jouer le gentil avec moi… Envoya-t-il de défiance. JE vais tout raconter, ça me démangeait depuis le début…
« Alors voilà, lorsque Laya commençait à être bizarre, elle avait les yeux violets - quelque chose de pas très commun on va dire -.
« Et puis, elle a perdu le contrôle de sa magie. Enfin, contre notre dernière ennemi, elle est tombé dans les pommes quand elle a libéré pour la dernière fois son énergie qui à engendré une tempête de neige… Est-ce que ça allait comme résumé ?
- Elle a… perdu le contrôle de ses pouvoirs ?! C’est impossible ! Contesta l’homme à la couronne. Pas maintenant… non…jamais ma fille n’a perdu le contrôle de ses sorts ! Si elle l’a perdu c’est parce que quelque chose a interagi ou que quelque chose d’étrange a dû se passer.
- Exact! Effectivement, ses arcanes avaient un drôle d’effet avant, comme amplifiés ou renforcés…
- C’était donc ça… Elle a certainement attrapé ce virus… que je pensai presque disparu de nos jours. » Parla à peine le monarque, plongé maintenant dans d’énigmatiques pensées.
-' Disparu ' ? Compléta Alex ? Comment peut-elle l’avoir attrapé alors ?
- Hmmm… Il s’agit sûrement de cette maladie ancienne mais je ne pensais pas en revoir une un jour du même type… Il s’agit d’une ' confusion mentale ', une maladie que l’on pensait éradiquée depuis bien longtemps qui remonte à l’époque des Sages. Je ne sais pas comment vous avez fait chopé cette atrophie à ma fille mais, en tout cas, il va falloir réparer ça très vite. »
Chris demanda discrètement l’interprétation de cette maladie à l‘épéiste. Celui-ci lui expliqua simplement qu’il s’agissait d’une perte de connaissance suivie d’une perte de mémoire et de l’utilisation de sorts parfois dévastateurs si la personne en question était puissante.
« Je suppose que personne ne connaît quelle remède utiliser contre ce virus ? » Interrogea le souverain qui, de toute façon, ne s’attendait pas à une réponse favorable.
Tout le monde fit un ' non ' de la tête puis il reprit :
« Ca aurait été trop beau…
« Très bien » ! Soupira-t-il. Je trouverai moi-même la solution.
- Comment ça? » Faillit s’étouffer Alex. C’est notre amie ! On va pas vous laisser la sauver seul ! Laissez-nous vous aider !
- Ce sera inutile… Gardes! Débarrassez-moi de tout ce monde ! »
Soudain un éclair de stupéfaction traversa l’esprit de chacun. Tous se raidirent, hébétés par les dernières paroles du seigneur de la place. Aussitôt, une dizaine de soldats arrivèrent dans la pièce.
« Emmenez-moi Chris et enfermez-le ! » Ordonna-t-il pendant qu’une bombe semblait exploser dans la tête d’Alex.
- Attendez! Vous ne pouvez pas l’emmener ! Il vient de tout vous raconter et il a sauvé Laya dans le labyrinthe ! Vous ne pouvez pas faire ça ! » S’opposa le jeune garçon Alex comme s’il allait perdre son meilleur ami.
- C’est un hors-la-loi ! Il erre dans les rues à la recherche de personnes à troubler ! Il n’a pas su sauver ma fille et il est entré par effraction dans la forteresse donc il doit être puni ! Enfermez-le dans le donjon ! » S’obstina-t-il.
Hélia, tremblante, ne savait que faire et elle était bouleversée quand elle finit par dire, désespérée de sa décision :
- Papa ! Ce serait contre tes principes de condamner les personnes qui viennent de t’aider ! Tu trahirais ton propre code !!!
- Ne t’occupe pas de ça !!! Ce ne sont pas tes affaires pour l’instant ! » La renvoya son père.
- Si justement !!! Tu n’es vraiment qu’un égoïste qui pense qu’à soi et ses affaires ! »
Tout en disant ça, sa robe recevait parallèlement de minuscules gouttelettes, s’auréolant par des larmes furtives tandis que la princesse juvénile était choquée par la cruauté de son père…
Le roi ne lui répondit pas et ne la regarda même pas…
Chris tenta de se débattre mais le nombre imposants de soldats surpassait de loin sa férocité d’action. Malgré qu’il ait réussi à tenir en respect au moins des cinq chevaliers, le jeune voleur intrépide n’était pas de taille et deux autres hommes en cuirassent bloquaient au loin toute chance de fuite..
Alex et Hélia regardaient le spectacle avec des airs catastrophés quand, soudain, le souverain interrompit cet émouvant adieu en disant :
« Toi Alex ! Ne reste pas là les yeux rond comme des billes! Va me chercher Laya et ramène-la-moi sur-le-champ !
Presque aussitôt, l’interpellé maugréa :
- Oui, mon roi… » Serrait-il les poings tellement la rage était immense, sa fureur telle qu’il avait envie de brandir son épée et mettre à terre tous les soldats pour sauver son amis ! Malheureusement, les défenseurs de l’ordre de la chevalerie étaient trop nombreux et sa présence en prison n’aurait pas avancé l’affaire…
Une boule au fond de l’estomac, le bretteur dut donc se résoudre à suivre les gardes tandis qu’Hélia, à terre, avait les larmes aux yeux. Elle savait quelque chose de plus qu’Alex mais ses paroles, étouffées par ses pleurs, refusaient de sortir.
Alex fut ramené à l’entrée tandis qu’il voyait Chris se débattre de toutes ses forces, tentant de fuir l’emprise des soldats qui, même à sept, avaient du mal à conserver la fureur du truand courroucé : lâchant de toute part de violent coups de poings et de pieds qui s’amplifiaient à chaque coup, le petit rebelle se révoltait… mais Alex le regardait sans pouvoir agir. Une scène désastreuse…
Chris cessa bientôt ses attaques, désespéré, et regarda Alex qui lui aussi le fixait du regard comme une statue plantée là, sans vie, tétanisé. Le regard du prisonnier se détourna, essayant de lui dire quelque chose. Il était tourné vers le plafond orné de scènes dont principalement une très intéressante…
Un oiseau invisible, caché dans les flammes rougeoyantes. On ne voyait de lui que son ombre et les extrémités de ses membres -l e bout de ses ailes, son bec et ses queues - Son regard froid et cruel fixait le sol comme scrutant la scène avec ses perles écarlates flottantes qui semblaient illuminer la voûte.
Autour de lui, tout était comme mort… Son feu sacré brûlait de son châtiment les infidèles.
Alex continua le plus longtemps possible à regarda la scène tandis qu’il se rapprochait de la sortie du château.
Soudain un éclair déchira son cerveau, il venait de comprendre la signification de cette fresque !
Il s’agissait de l’oiseau Sacré du jugement ! Chris allait être sûrement jugé et exécuté par cet animal impitoyable…
Alex sentit ses jambes se dérober sous son corps tellement son effroi intérieur le rongeait. Chris lui fit signe qu’il comptait sur lui… Maintenant, il était l’espoir de tous.
Chapitre 15: Décision